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Technologies, finances et marché : comment optimiser la gestion de son parc éolien ?

Guy Auger, Président Directeur Général de Greensolver, revient sur les moyens disponibles pour assurer un rendement optimal de son actif éolien.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com

Dans un environnement où les marges s'érodent constamment sous les coups de boutoirs des changements de règlementations, il est aujourd'hui fondamental pour un investisseur de bien comprendre et d'utiliser tous les moyens disponibles afin d'assurer un rendement optimal de son actif éolien.

Des facteurs piliers d'une bonne rentabilité

Tout d'abord, il faut distinguer deux situations : 1 - un investissement fait au moment où l'actif est prêt à être construit ; 2 - un investissement réalisé une fois l'actif déjà construit et en exploitation. Cette différence est fondamentale, car les leviers d'optimisation de la performance ne sont pas les mêmes à chacune de ces deux étapes.

Lorsque les actifs sont prêts à construire, les vecteurs à prendre en compte sont la qualité du site, le coût total de l'investissement (CAPEX), le coût du capital et la structuration de l'investissement lui-même. La qualité du site est importante, car elle permettra (ou non) une optimisation dans le temps. Un site bien venté sera toujours plus facile à optimiser qu'un site faiblement venté, peu importe à quel prix on l'a acheté.

La maîtrise du CAPEX est capitale car dans l'éolien les montants sont massifs, et de leur maîtrise dépend la rentabilité de l'investisseur. A ce sujet deux facteurs sont à planifier et surveiller de près : le niveau global des investissements doit être maîtrisé, ce qui, dans l'environnement marché actuel, est parfaitement réalisable avec une gestion de projet indépendante incluant la stratégie achat et le temps de construction doit être optimisé. En effet, plus le parc éolien est construit rapidement, plus rapidement la vente de l'électricité contribuera à rembourser les frais de construction. Une étude menée par Greensolver en 2012 a d'ailleurs démontré que la maîtrise d'un calendrier de construction serré permettait des gains de CAPEX de l'ordre de 5 à 8%, directement applicable à la valeur du projet.

Les vecteurs financiers que sont le coût du capital et la structuration de l'investissement sont l'apanage des investisseurs, ce qui les différencient les uns des autres, en fonction de leur stratégie et marchés.

Des décisions cruciales pour un rendement optimal

Une fois l'actif construit, il est primordial de faire les bons choix en termes de stratégie opérationnelle. En effet, à ce stade de l'investissement les leviers de rentabilité sont moins nombreux, quoique très importants.

Le plus important levier est sans conteste le Facteur de Charges. Cet indice correspond au rendement de l'éolienne. Il varie en fonction du vent et de la disponibilité-machine qui, elle-même, dépend de la qualité de la turbine et de la maintenance. En France, une éolienne ne fournit de l'électricité que 25% du temps environ (23% en 2013). Il est donc primordial de porter une attention particulière aux facteurs pouvant améliorer ce facteur de charges. La puissance produite par une éolienne étant un facteur du cube de la surface balayée par les pales, les éoliennes sont de plus en plus grandes, plus techniques. Le facteur de charges est de plus en plus complexe. Il est important de suivre de près cet indicateur, afin d'en comprendre les leviers et de résoudre rapidement tout incident le diminuant, en utilisant des outils comme Greensolver Index par exemple.

La qualité de la maintenance doit être suivie de près, non seulement en terme de planification (optimiser en fonction de la météo et des contraintes du site) mais surtout en terme de réactivité : avec une machine qui déjà n'a un potentiel de production que de 25%, tout arrêt technique compte quadruple ! De plus, la qualité de la turbine a une importance déterminante ; il faut comprendre les causes des pannes afin de mieux les anticiper et ainsi réduire les temps d'arrêts et augmenter la disponibilité machine.

Quelle que soit la position prise par les investisseurs, il y a toujours un facteur de risque. Dans le premier cas (parcs prêts à construire), il peut y avoir des surprises lors de la construction influant le CAPEX. Les études sur le vent déterminant la qualité du site sont elles-mêmes bâties sur des niveaux d'incertitude pouvant aller jusqu'à plus de 20%.

Dans le cas d'un actif en exploitation, la turbine demeure toujours un risque, car il s'agit d'un actif complexe, soumis à des aléas climatiques, et situé à plus de 80 m du sol en moyenne. De même, l'organisation et les méthodes de maintenance utilisées ont un impact direct sur l'efficacité de la machine, qui se mesure sur la durée.

Ces risques sont bien sûr rémunérés par le rendement obtenu lors de la détention de l'actif, mais ces rendements étant en constante baisse, la maîtrise des risques est primordiale.

Un panorama d'investisseurs en constante évolution

À ces facteurs opérationnels, l'investisseur doit associer la considération du marché et de ses évolutions. En effet, depuis quelques années, le coût de capital baisse car on compte de plus en plus d'acteurs entrants sur le marché des actifs renouvelables. Le secteur du renouvelable est devenu une catégorie d'actifs à part entière, ce qui permet aux institutionnels et autres fonds de pensions (danois, suédois, canadiens…) d'investir directement dans les actifs. De même les fonds grand public, allemands notamment, avec un faible taux de rendement attendu, sortent de leurs frontières et investissent partout en Europe. Le résultat est que là où, historiquement, les investisseurs recherchaient un rendement entre 10 et 12%, aujourd'hui le marché a évolué et le rendement moyen recherché se situe entre 6 et 8%, pour des actifs en exploitation.

De même, le nouveau phénomène de cotations publiques (IPO) de sociétés où l'on groupe des actifs éoliens ou solaires en exploitation, séduisent nombres d'investisseurs grâce à une promesse de riches dividendes récurrents (6%) et commencent à fleurir sur le marché. Dans la dernière année, 12 de ces « Yield Cos » ont été créés en Angleterre et aux Etats-Unis.

Un marché européen tourné vers la France

Aujourd'hui, la France est devenue la terre de choix des investisseurs du secteur renouvelable. Tristement peut-être, car elle l'est devenue par opposition aux alternatives des investisseurs. En effet, malgré les errements de nos gouvernements successifs dans le secteur solaire, et malgré l'acharnement de procédures rendant difficile les projets éoliens, la mécanique de support aux énergies renouvelables en France est restée stable. C'est cette stabilité qui rassure les investisseurs et fait de notre secteur un des rares secteurs attractifs pour des investisseurs en France. Partout ailleurs, de nombreux facteurs bloquants paralysent le reste du marché européen.

De nombreux pays ont instauré des mesures rétroactives dévastatrices aux mécanismes de soutien aux ENR, en Espagne, République Tchèque, Italie, Grèce… Ajoutons à ces facteurs un manque de liquidités des banques dans certains marchés freinant le financement de nouveaux projets (Italie en particulier) et des changements rapides et non coordonnés des mécanismes de soutien semant le trouble sur l'avenir (Angleterre, Pologne etc.), ou encore des marchés saturés (Allemagne). Finalement il n'y a bien plus que la France pour offrir un marché de taille significative, un environnement stable et une politique de soutien lisible, qui puisse inspirer confiance aux investisseurs internationaux.

Le nécessaire accompagnement d'un expert indépendant

Les investisseurs sont d'excellents financiers, pour qui l'accompagnement d'experts est indispensable afin de bénéficier de conseils avisés sur toute la durée du projet, éviter les mauvaises surprises et ainsi optimiser leur rendement.

En effet, un parc éolien représente des investissements significatifs (près de 1,5 million € par turbine, droits compris). Il est donc nécessaire de s'entourer de professionnels pour superviser et coordonner les aspects techniques des projets nécessitant un savoir-faire d'experts : achat de turbines, négociations fournisseurs, gestion de chantier, interface avec les assureurs, banquiers et contre-experts en phase de construction.

En phase d'exploitation, le rôle des experts indépendants est encore plus important. Tout d'abord ils doivent impérativement être « indépendants ». Un responsable d'exploitation tient à optimiser le rendement de l'actif dont il a la gestion, un responsable de maintenance tient à optimiser ses résultats financiers en respectant ses engagements contractuels minimum. Confier l'exploitation au mainteneur, même si il est actionnaire minoritaire, c'est comme faire surveiller un magasin de bonbons à un enfant, il ne pourra s'empêcher de se servir…

De même un expert indépendant doit être « expert ». On ne s'improvise pas gestionnaire exploitant de parc. Et ce n'est pas parce qu'on est un bon développeur, sachant gérer les administrations patiemment, obtenir diverses autorisations et négocier avec des propriétaires terriens, qu'on est capable subitement de gérer des alertes techniques, entrer dans le détail de rapports de maintenance et être capable d'analyser les causes d'arrêt ou les courbes de puissances afin d'optimiser de quelques dixièmes de points une disponibilité machine.

Une fois le parc construit, un investisseur dispose de vingt ans pour le rentabiliser. Or, l'âge médian du parc éolien français est aujourd'hui de 5 ans. L'éolien est encore une technologie relativement nouvelle et en constante évolution. Pour cette raison, et comme toute infrastructure, elle doit être gérée par des professionnels du secteur qui seront à même d'anticiper les futures transformations du secteur.

Avis d'expert proposé par Guy Auger, Président Directeur Général de Greensolver

Réactions5 réactions à cet article

 

Il aurait été bienvenu de préciser qu'une éolienne fournie de l'électricité 25% du temps environ à sa puissance nominale, le facteur de charge étant, selon le Panorama des Energies Renouvelables 2013, "le rapport entre l’énergie effectivement produite et l’énergie qu’aurait pu produire une installation si cette dernière fonctionnait pendant la période considérée à sa capacité maximale"

Ventouse | 03 juin 2014 à 10h08
 
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Il eut été plus simple d'aller à l'essentiel: le meilleur moyen d'optimiser un parc éolien reste le lobbying auprès des politiques.
1) s'assurer d'un "guichet ouvert" de subventions grâce au tarif de rachat. C'est fait
2) Préparer une réforme juridique qui limite ou supprime le droit de recours des riverains, c'est en route.

Norma32 | 03 juin 2014 à 11h57
 
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La France dépend à 90% de son approvisionnement en fuel
La France est plus qu'indépendante en électricité : elle exporte près de 20% de sa production
Pour sa TRANSITION ENERGETIQUE (le climat = une mode passée) la France investit massivement dans plus de production électrique fatale (de mauvaise qualité, en somme)
En matière d'indépendance énergétique, proclamée essentielle, on peut l'augmenter considérablement en investissant plutôt dans des domaines que nous délaissons : économies par isolation des bâtiments, hydraulique au fil de l'eau, méthanisation, revalorisation du transport ferroviaire de marchandises , géothermie.
Et surtout il faut investir dans la recherche qui reste le parent pauvre alors qu'elle est la véritable porteuse d'une vraie transition énergétique et de l'avenir du monde.

passisot | 03 juin 2014 à 18h25
 
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Le facteur de charge dans des zones où l'on implante coute que coute, c'est à dire peu ventées, descend à 18%.

Number8 | 03 juin 2014 à 18h40
 
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ces machines son tellement perverses à plusieurs titres que seul une optimisation écologique peut avoir du sens ...soit :

- éoliennes flottantes plus au large
- pas d'introduction de l'électricité produite dans le réseau EDF
- stockage sans batteries !! , autoconsommation trés locale ou transformation directe en hydrogéne pour faire marcher nos voitures .....mais bon je crois pas que l'Etat , politiques et écologistes politiques y trouve leur compte !!!

tout le reste n'est que business malsain , stupidité , gaspillage et pollution de notre environnement ....pour rien ou presque .... ! c''st tellement gros !!!!!

carl | 04 juin 2014 à 13h05
 
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