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Peut-on modifier les habitudes de consommation d'eau des Français ?

Une enquête du CGDD décrypte les habitudes de consommation d'eau potable des Français et leur méfiance par rapport à l'eau du robinet. Elle s'intéresse également à leur ouverture à des ressources alternatives.

Eau  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

Quelles sont les raisons exactes qui poussent les Français à s'orienter de plus en plus vers l'eau en bouteille ? Pour répondre à cette question, le Commissariat général au développement durable (CGDD) a chargé l'Institut français d'opinion publique de conduire un sondage sur la perception et la consommation de cette ressource sur le territoire.

Durant les trente dernières années, la demande en bouteilles d'eau a en effet été multipliée par trois et 20% des consommations d'eau des ménages passent par des systèmes de filtration domestique de l'eau, selon le CGDD.

"Dans le même laps de temps, on a constaté une amélioration générale de la qualité des milieux aquatiques sur le territoire métropolitain, même si quelques problèmes ponctuels (accidents industriels et agricoles) sont survenus localement", estime-t-il.

Les résultats de l'enquête montrent que si deux tiers des Français considèrent comme bonne la qualité de la ressource en eau, la moitié estime toutefois que cette dernière s'est dégradée au cours des 10 dernières années et continuera sur cette tendance à l'avenir. Les principaux responsables selon les personnes interrogées seraient les secteurs agricoles et industriels.

Les freins : mauvais goût et dureté

Parmi les principaux freins cités à la consommation d'eau du robinet figurent le mauvais goût et la dureté. "Une part non négligeable des Français n'en consomme pas par crainte d'une pollution, constate le CGDD, la crainte d'une contamination par les résidus de produits utilisés dans l'agriculture (nitrates et pesticides) est majoritairement citée".

L'organisme met en avant le fait qu'un tiers des Français ne connaît pas le circuit de l'eau domestique : certains considèrent qu'après traitement, les eaux usées sont directement redistribuées au robinet, alors qu'en réalité elles sont rejetées dans le milieu naturel (dont les sols jouent également un pouvoir épurateur).

Une des difficultés à l'avenir sera d'ailleurs de concilier les objectifs de protection tout en ménageant le budget des Français, selon le Centre d'analyse stratégique.

Dans son enquête de février 2014, l'UFC-Que Choisir rappelait que si 98% des Français bénéficient d'une eau de très bonne qualité, les pressions que subissent les ressources naturelles restent préoccupantes.

Concernant l'aspect financier, l'utilisation de l'eau en bouteille s'est traduite par une hausse des dépenses des ménages français, selon le CCDD. Il a estimé à 298 millions d'euros annuels les dépenses engendrées par la crainte de mauvaise qualité de l'eau du robinet du fait des pollutions agricoles et industrielles entraînant un report vers l'eau en bouteille et la filtration domestique.

Si le CGDD estime que l'eau du robinet est de 30 à 250 fois moins chère que l'eau en bouteille, le facteur prix ne semble toutefois pas être déterminant dans ce cas. "Même en cas de baisse substantielle de leurs revenus, une large majorité de buveurs d'eau en bouteille déclarent qu'ils continueraient à (…) boire [de l'eau en bouteille]", indique le CGDD.

Une modification des modes de consommation possible ?

Concernant la perception de la quantité disponible, les trois quarts des sondés (avec quelques différences entre le Nord et le Sud de la France) estiment qu'elle reste suffisante. Pour la majorité, la diminution de la quantité d'eau disponible sera liée à la hausse de la demande.

"Sur le plan quantitatif, plusieurs études tendent à montrer que la hausse de la demande en eau et le changement climatique aboutiront, à long terme, à une diminution de la quantité d'eau disponible", souligne le CGDD.

Une question sous-jacente de ce travail repose précisément sur ce point : déterminer dans quelle mesure les Français sont prêts à accepter des changements dans leurs modes de consommation pour diminuer la pression sur la ressource en eau d'un point de vue quantitatif.

Une réutilisation de l'eau de pluie bien acceptée

Concernant les eaux de pluie, 9 Français sur 10 seraient favorables à leur réutilisation pour l'alimentation en eau potable, selon le sondage. La réutilisation des eaux usées apparaît comme un sujet plus délicat : 5% des personnes interrogées accepteraient qu'elles soient redistribuées directement au robinet après traitement, pour contribuer à préserver la ressource en eau. En revanche, 68% accepteraient de consommer des fruits et légumes arrosés avec des eaux usées traitées. "Les Français consomment déjà des fruits et légumes importés de pays où la réutilisation des eaux usées pour l'irrigation est fréquente (Espagne notamment) sans nécessairement le savoir", pointe le CGDD.

Pour se préparer aux enjeux de pression quantitative sur la ressource, le Commissariat général au développement durable préconise la mise en place d'outils de communication mais également économiques. "Outre la mise en place d'une plus grande information du public concernant l'état général des ressources en eau (comme cela est d'ailleurs demandé dans la Directive Cadre sur l'Eau), le prix de l'eau devrait, à travers toutes ses composantes (rémunération du service d'eau et du service d'assainissement, taxes et redevances), refléter au mieux les pressions s'exerçant sur la ressource à un instant donné", conclut le CGDD.

Réactions19 réactions à cet article

 

Dans notre pays la ressource en eau n'est vraiment pas une question préoccupante et c'est encore histoire de faire peur qu'on brandit ce sujet que les professionnels savent très bien gérer.

Laurent Berthod | 27 juin 2014 à 13h27
 
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Très bon article. Un autre aspect est que même lorsque l'on fait l'effort de baisser sa consommation, des frais fixes ainsi que l'abonnement font que le prix global au m3 est d'autant plus élevé, ce qui n'incite pas à faire mieux encore. De même on voit des opérateurs comme Véolia proposer le télérelevé mais le faire payer à la fois par abonnement mensuel à perpétuité (quelques euros) et par paiement du compteur (plus d'une centaine d'euros), ce qui est totalement anormal puisque l'économie réalisée par l'absence de relevé via une personne profite amplement et très majoritairement à l'opérateur. Il y a en outre de multiples méthodes pour économiser l'eau qui ne sont pas majoritairement employées ni diffusées et qui ont par ailleurs un impact important sur la consommation d'énergie via la production/récupération d'eau chaude. Et il y a encore de trop nombreuses fuites dans le réseau, sans parler de quelques pots-de-vin à la Bygmalion qui finissent comme le plus souvent à la charge des contribuables !

Energie+ | 28 juin 2014 à 04h42
 
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Les eaux usées ne peuvent pas être pire que le bombardement chimique imposé aux fruits et légumes de l'agriculture traditionnelle.

lio | 28 juin 2014 à 11h56
 
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Quand on a la chance ,comme nous en Alsace, de disposer d'une eau de nappe phréatique , dont les contrôles au robinet ,démontrent la pureté et le respect des normes ,on doit s'abstenir des bouteilles plastiques ,sauf en cas de pollution à la source qui nécessite une chloration très provisoire , sans odeurs.
Et pourtant, les Grandes Surfaces continuent à remplir des rayons de paks d'eau minérale qui rapportent, par manque d'informations

arthur | 28 juin 2014 à 13h12
 
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Aujourd'hui l'eau est le 3em secteur le plus corrompu après l'armement et le BTP ! Alors que c'est une ressource vitale pour l'humanité. Que font nos gouvernants pour moraliser tout cela, où trempent-ils aussi dans cette corruption, ceci expliquerai cela ?
Alors que l'on voit bien que la ressource eau va finir par se raréfier.
pour info 60 millions de consommateurs teste des douchettes à économie d'eau et préconise la pose de matériel d'économie d'eau sur les robinets et WC.
L'étude montre qu'une famille de 4 personnes peut réduire de 30% sa facture d'eau (de 150 m3 /an à 100 m3) soit 50 m3 d'économie d'eau par an, tout en gardant le même confort.
Il est indiqué que ces matériels d'économie d'eau permettent au final une économie entre 217 et 267 € /an ce qui représente 45% de la facture d'eau (30% d'économie pour l'eau et 15% supplémentaire sur l'énergie).

rom | 30 juin 2014 à 11h54
 
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Dans un premier temps les ressources en eaux sont toujours d'un très bon niveau , mais la qualité qui soit disant diminue est fausse ou en de ça de la réalité.Le monde agricole(éleveur compris) en France utilise plus de 70% de notre ressource et paye que 10% de la facture globale, 100% de pollution est émise par ce secteur et n'ai même pas taxé au même niveau que les particuliers.Les solutions seraient l'arrêt pur et simple des pesticides et autres produits , la gestion des cultures suivant la pluviométrie locale pour ne pas utilisé trop la ressource , la récupération des eaux de pluie pour les particuliers, la gestion de la distribution au niveau local et non par des sociétés multinationales qui n'ont qu'un seul but le résultat financier

famm | 01 juillet 2014 à 06h58
 
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L'eau en bouteille....un bel enrobage plastique contenant de l'eau d'usine de potabilisation...
Que dire de l'effet rétractation/dilatation de l'eau et du plastique des bouteilles stockées dehors en plein soleil....
Et on ne connait pas le temps de contact entre l'eau et le plastique....
Bref cela me fait doucement rigoler... les gens qui ont peur de l'eau du robinet devrait commencer par demander à leur mairie les résultats d'analyse de l'ARS pour savoir ce qu'ils boivent avant de se jeter sur une eau en bouteille qui coûtent beaucoup plus chère et qui est beaucoup moins surveillé....

Vinc | 01 juillet 2014 à 09h20
 
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Quand on évitera de raconter n'importe quoi, les français pourront se faire une idée plus juste de la façon dont l'eau est gérée.
Lire que le recyclage des eaux de pluie serait une panacée pour certains est cocasse. J'ai envie de lancer l'alerte suivante: attention, les lobbies (auto, usines, énergies... et même les salopards qui vendent des citernes de récupération, sans compter ceux qui fabriquent les toitures en zinc de Paris, Zn que l'on retrouve dans l'eau de pluie!) ont sciemment rejeté tout un tas de polluants dans l'air que l'on retrouve dans les eaux de pluie...
Parmi les "secteurs corrompus", dans le palmarès on doit pouvoir compter celui de l'énergie, même celui des vertes éoliennes, non?

Albatros | 02 juillet 2014 à 14h12
 
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@Laurent Berthod : Je suis en l'occurrence un professionnel de gestion et traitement de l'eau (j'ai fait l'ENSIL, Ecole Nationale Supérieure d'Ingénieurs de Limoges), et si, la ressource en eau est une question préoccupante.

Robin | 02 juillet 2014 à 15h16
 
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Bravo. Mais avoir obtenu une peau d'âne n'est absolument pas une garantie. Ce n'est que le début d'un travail nécessaire...
Ce travail que ne font pas nombre de bourricots diplômés qui gravitent dans le "durable", en premier lieu nos fonctionnaires et notamment ceux du trop fameux "CGDD", véritable bande de b*******s.

Albatros | 02 juillet 2014 à 19h26
 
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Je réagissais surtout à la fâcheuse tendance de M. Berthod de lancer des phrases comme ça, sans preuve ni justification, ou alors en faisant dire aux gens ce qu'ils n'ont pas dit. Un peu du style de nombreux politiques : "les Français disent que ... les Français pensent que ... les Français veulent savoir ..." pour faire passer leur avis pour une vérité générale, ce qui est à mon sens une détestable manipulation.

Robin | 03 juillet 2014 à 12h03
 
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... Manipulation détestable largement employée également par les écolos de tous poils...
1 partout donc, la balle au centre.
Maintenant, causons sérieusement: la ressource en eau et son état sont préoccupants, OK mais au-delà de ce constat, on doit pouvoir quand même évaluer la criticité de cet état et convenir que notre pays comprend des situations locales très diverses en matière de ressource en eau, non? Et ceci en fonction de l'angle sous lequel on l'envisage: quantité (conflits d'usages), qualité (selon types et origines de polluants), administratif (là j'aimerais comprendre la cohérence entre les nombreuses instances, CGDD en tête puis, dans le désordre -forcément- Agences de l'eau, ONEMA, DREAL, etc.).
Poser correctement une question est une base qui doit s'apprendre dans les écoles d'ingénieurs... Ou alors vous apprend-on à lancer des alertes ou, mieux encore, à reprendre et amplifier les alertes des "lanceurs d'alertes" professionnels?

Albatros | 03 juillet 2014 à 14h21
 
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"Manipulation détestable largement employée également par les écolos de tous poils ... 1 partout donc, la balle au centre." , pourquoi parler des écolos ? Je ne suis pas en train de jouer à la gueguerre entre écolos et pas écolos. Je condamne ce type de manipulation pour tout le monde.
Plutôt que vous aussi me faire dire ce que je n'ai pas dit, vous feriez mieux d'écouter et de comprendre ce que l'on vous dit avant de réagir, ce qui est je pense une base qui s'apprend dès l'enfance.

PS : Avez-vous déjà travaillé dans les instances que vous citez ?

Robin | 03 juillet 2014 à 15h26
 
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Le ne saurais trop recommander à Robin, et à tout le monde, de lire "Pour en finir avec les histoires d'eau" de Henri Voron et Jean de Kervasdoué, aux éditions Plon. On y apprend beaucoup.

La ressource en eau n'est pas une question préoccupante en France.

Laurent Berthod | 03 juillet 2014 à 15h45
 
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Non, mais je les subis.
Pour anecdote, une réunion à l'agence de l'eau: 3 représentants de l'industrie (dont ma pomme) et pas moins de 3 "responsables" de l'agence et pas moins de 8 "chargés de missions" tous missionnés pour calculer les montants des redevances sur un système informatique foireux qui accuse un retard de plus de trois ans (les montants des redevances acquittées par les entreprises sont forfaitaires à titre conservatoire en attendant que le bidule fonctionne).
Et toutes mes excuses (et mes félicitations et encouragements) si vous n'êtes pas écolo.
Et tous mes respects au courageux Laurent qui subit ici les quolibets nourris des susdits écolos.

Albatros | 03 juillet 2014 à 18h19
 
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Merci à Albatros.

C'est à lui qu'il faut souhaiter bon courage en tant qu'industriel subissant en toute inutilité les conséquences néfastes à l'activité économique de l'absurde idéologie écologiste. Et avec ça on se plaint du chômage et de la pauvreté !

Pour ce qui me concerne, j'ai le cuir bien tanné !

Laurent Berthod | 04 juillet 2014 à 10h58
 
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Quelle Cacophonie de ces Commentaires ! faudrait-il prendre en compte? Non , uniquement le fait d'avoir pu s'exprimer! Pour l'essentiel, seul remède , la transparence des contrôles au robinet ,en valeurs réelles et la prise en compte quand il y a menace sur la qualité pour notre santé. On en est loin, car c'est toujours Buvez l'Eau sans modération , tout est conforme! Pourtant, rien que de savoir que des captages sont entourés de vignes ou de champs de Maîs traités, pose question ? Oui ou Non? O réponse attendue;

arthur | 10 juillet 2014 à 13h37
 
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Quand on cherche les résultats d'analyses, on les trouve: auprès de sa commune, de l'INERIS, de l'entreprise en charge de la production de l'eau... Les Agences disposent de synthèses pas trop mal foutues...
C'est vrai, suis-je bête, tous ce gens sont des complices pour empoisonner les gens. Mille excuses donc, le complot étant partout, il faut faire ses analyses soi-même.
Pardon pour la "cacophonie" et de dire ce que vous n'attendez pas...

Albatros | 10 juillet 2014 à 18h36
 
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pour info 60 millions de consommateurs teste des douchettes à économie d'eau et préconise la pose de matériel d'économie d'eau sur les robinets et WC.
L'étude montre qu'une famille de 4 personnes peut réduire de 30% sa facture d'eau (de 150 m3 /an à 100 m3) soit 50 m3 d'économie d'eau par an, tout en gardant le même confort.
Il est indiqué que ces matériels d'économie d'eau permettent au final une économie entre 217 et 267 € /an ce qui représente 45% de la facture d'eau (30% d'économie pour l'eau et 15% supplémentaire sur l'énergie).

tara88 | 14 juillet 2014 à 09h03
 
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