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Le plan de relance soutient la plantation de 7 000 km de haies en deux ans

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

L'annonce avait été faite lors de la présentation du plan de relance le 3 septembre dernier. Elle a été recyclée à l'occasion du One Planet Summit consacré à la biodiversité, qui s'est tenu le 11 janvier à l'Élysée. Le Gouvernement a prévu d'allouer 50 millions d'euros sur deux ans à la plantation de 7 000 km de haies et à la gestion durable des 90 000 km de haies existantes.

Un objectif louable lorsque l'on connaît le rôle des haies dans la protection de la nature. « Outil clé de la biodiversité, les haies en bordure de champs permettent d'abriter des animaux auxiliaires de cultures (pollinisateurs, prédateurs de ravageurs), lutter contre l'érosion des sols, améliorer la qualité et l'infiltration de l'eau dans le sol, stocker du carbone et s'adapter au changement climatique », rappelle le ministère de l'Agriculture.

Ce dernier annonce le lancement du programme dès ce début d'année à travers des appels à projets lancés par les directions régionales de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) dans chaque région. Ces appels à projets, qui s'adressent à tous les agriculteurs, comportent deux volets : un pour le financement des projets d'implantation de haies, l'autre pour le soutien d'actions d'accompagnement et d'animation.

L'objectif de 7 000 km de haies est toutefois dérisoire par rapport aux destructions enregistrées. « Depuis 1950, 70 % des haies ont disparu des bocages français et continuent de diminuer », admet lui-même le ministère de l'Agriculture. Elles ont régressé à un rythme de 45 000 km par an dans les années 1960-1980, avant de passer à 15 000 km par an dans les années 1980-1990, selon une étude publiée par Solagro en 2006.

Réactions7 réactions à cet article

 

Après des décennies de conseil et d'accompagnement actifs (ah, les si juteux travaux connexes !) par les DDAF puis les DDT pour la destruction du bocage un peu partout en France au nom du principe sacré de l'agrandissement parcellaire gage de productivité des exploitations agricoles, il y a donc quelqu'un au ministère de l'agriculture qui se souvient des rôles essentiels que jouent les haies ! Quelle merveilleuse nouvelle que voilà en ce début d'année ! A moins que ces nouvelles haies aient aussi - et surtout - pour fonction future de produire du BRF, donc de l'économique à court terme et une valeur proche de zéro pour la biodiversité...
On notera aussi la dissonance entre l'effort de com' du ministère pour 7000 km de haies et son silence assourdissant durant des décennies pour la disparition des 3/4 des haies depuis les années 50...

Pégase | 12 janvier 2021 à 19h18
 
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Ce qui est franchement rigolo, c'est que dans le même temps ou on replante, les agriculteurs détruisent les haies les unes après les autres, vous allez me dire que ça va récolter le carbone en en faisant du BRF si utile en permaculture (essayé cette année, aucun pied de tomate malade, des fruits sucrés dont je ne savait pas quoi en faire/) ben non en tant que BRF le paysan du champs à 300m a fait un énorme tas 8m de large, 5 m de haut et mis le feu qui a duré 2 jours et asphyxié toute la vallée.
Je croyais bêtement que les brûlis étaient interdits, j'm'a ben trompé!
Et même pas une ville à côté pour remercier de leurs diesels, on s'est entrefumés!

pemmore | 13 janvier 2021 à 10h41
 
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Il y a quelques jours un grand quotidien racontait la destruction de haies magnifiques suivant le remembrement local dénoncé par un agriculteur . avec la bénédiction des technocrates de la DDT et du préfet .
On vit une époque formidable .

sirius | 13 janvier 2021 à 19h09
 
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700km de haie, une poussière, face à la destruction organisé pour le remembrement massif encouragé par une administration à l'écoute du lobby agricole inféodé à celui de l'agroalimentaire ce depuis plus de 50 ans
merci les fonctionnaires et la SAFER ; que font les élus locaux dans commissions et les plan d'urbanismes ????.

DA57 | 15 janvier 2021 à 09h18
 
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@DA57 : quelques élus soucieux de l'avenir de leurs communes s'interrogent, argumentent face au(x) représentant(s) de la chambre d'agriculture qui siège(nt) en commissions et poussent à l'économique basique à tout crin donc à l'agrandissement et simplification du parcellaire agricole. Mais beaucoup d'élus locaux sont encore issus du milieu agricole conventionnel et voient plutôt d'un bon œil la suppression des haies qui les gênent et pensent qu'elles ne rapportent rien. Il n'y a donc pas que les SAFER et les DDT (dont les mentalités de certains agents ont bien changé mais font encore trop rarement le poids face aux thuriféraires de l'intensification agricole). Je l'ai personnellement constaté dans diverses commissions d'élaboration de PLU de communes rurales et de commissions préfectorales traitant d'agriculture et/ou d'aménagement du territoire.
Ça s'explique hélas aisément, la disparition des haies encore aujourd'hui. Et les choses bougent beaucoup trop lentement, qui plus est avec de redoutables stop and go si ce n'est marches arrière au grès des gouvernements.

Pégase | 15 janvier 2021 à 10h50
 
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Pays de la loire, Normandie et Bretagne sont spécifiques du bocage qui influe sur le mode de vie, des hameaux, des fermes au milieu de nulle part recherchés par des familles jeunes et aisées.
Qui dit bocage dit des haies partout, ben non ou j'ai mon terrain de loisirs les seules zones vertes sont les terrains de loisirs avec un étang en général puits de carbone supposés, et les anciennes lignes de chemin de fer (un ballast même centenaire ne se laboure pas), même les rus n'échappent pas aux des'haies'tification, lol!
Un petit tour sur google map est édifiant.
Nos si jolies campagnes "beaucéifiées" petit à petit ont quelque chose d'effrayant.

pemmore | 15 janvier 2021 à 11h06
 
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Si, si, pemmore, même le ballast d'un ligne ferroviaire centenaire désaffectée peut se labourer si l'emprise est vendue et si les terres alentours disposent d'un bon potentiel agronomique ! Des centaines de kilomètres d'anciennes voies de chemin de fer sont désormais cultivées en intensif un peu partout en France.
Le seul moyen de conserver un semblant de linéaire de haies dans un paysage d'open-field agricole est l'achat par les collectivités territoriales de l'emprise de l'ancienne voie ferrée, quitte à en faire ensuite une voie verte, très prisée pour le tourisme vert (qui, rappelons-le, est aussi une source de revenus locaux). La conservation de ces emprises et de leurs ouvrages d'art constitue aussi un hommage aux hommes qui ont sué pour créer ces voies de communication. Et conserve intacte la possibilité de les remettre un jour en service.

Pégase | 15 janvier 2021 à 12h33
 
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