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Rayons éclairage des grandes surfaces : le consommateur grand perdant

Affichage douteux, qualité inégale, prix en forte hausse : Henri Coulloumme-Labarthe, dirigeant du cabinet conseil spécialisé dans la réduction des coûts d'éclairage Opus Light, revient sur les raisons du désamour des Français pour les lampes basse consommation.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com

Sur le marché résidentiel, largement dominé par les grandes surfaces, les enquêtes menées auprès des consommateurs montrent que ceux-ci perçoivent les ampoules qui leurs sont proposées comme chères, de qualité inégale et donnant un rendu moins agréable que les lampes classiques.

Quelle est la situation exacte 3 ans après l'entrée en vigueur en 2009 de la directive européenne "EUP" qui a interdit progressivement la commercialisation des ampoules incandescentes gourmandes en énergie, au nom de la lutte contre le changement climatique ?

Une inflation des prix vertigineuse, pour une offre peu lisible

Tout d'abord, le prix moyen des ampoules a indéniablement explosé, passant d'un niveau de 1 à 2€ à 4 à 5 €, ce qui est probablement inédit en terme de taux de progression. La facture est d'autant plus salée pour nos concitoyens qui restaient en Europe les plus friands des ampoules incandescentes, peu onéreuses à l'achat ; en effet, celles-ci sont beaucoup plus simples à fabriquer que les lampes à économie d'énergie (lampes basse consommation "LBC" ou LED), et leurs usines de production, très anciennes pour la plupart, depuis longtemps amorties.

Cette inflation subite aurait du s'accompagner d'une démarche pédagogique de la part des industriels et des grandes surfaces pour faciliter le choix des lampes à substituer et argumenter sur l'économie en coût global - énergie et durée de remplacement compris - qui fait la force des lampes basse consommation.

Au lieu de cela, ceux-ci ont eu le tort de multiplier à l'envi les nouvelles références de lampes censées être plus vertueuses, en maintenant dans leurs rayons des modèles de qualité très inégale.

Il en résulte la plus grande confusion pour les usagers à l'heure du choix fatidique de la "bonne" ampoule, d'autant que les informations disponibles sont techniques et peu explicites.

La qualité des lampes de substitution laisse souvent à désirer

Si les LBC consomment 4 à 5 fois moins que les ampoules incandescentes, on sait que leur point faible est la fragilité aux allumages et extinctions fréquents, ainsi que la lenteur de l'allumage. Or, il a fallu attendre 30 ans pour que les fabricants se voient imposer par les pouvoirs publics un affichage obligatoire des performances de leurs lampes répondant à ces problématiques bien connues des consommateurs.

Quant à la technologie LED, elle reste encore relativement chère à produire pour des besoins d'éclairage d'ambiance, où une luminosité minimale est souhaitée. Sur le secteur résidentiel, les fabricants et distributeurs ont voulu tirer partie de la réglementation et prendre des parts de marché en ciblant un coût de vente final inférieur à 10 €, de façon à challenger les autres lampes.

Autant dire qu'à ce prix la plupart des lampes proposées n'ont pas la longévité attendue, ont une lumière peu qualitative et surtout n'éclairent pas suffisamment, même si elles s'allument instantanément, avantage apprécié des consommateurs.

De plus, et c'est là le plus gênant, la technologie LED n'est pas "normalisée" contrairement aux lampes traditionnelles, de sorte que les fabricants fournissent des données techniques selon des standards de qualité qui n'engagent qu'eux-mêmes. Celles-ci sont souvent présentées de façon abusive voire trompeuse, citons l'exemple emblématique de la fameuse étiquette énergétique présentée de manière flatteuse ; le problème est que réglementairement, l'étiquette énergétique s'applique à toutes les lampes sauf aux LED...

Le consommateur n'est pas dupe et souvent échaudé par des essais non concluants a tendance, comme le montre une récente enquête, à privilégier la prudence en continuant à acheter les lampes à incandescence résiduelles dites "à flux amélioré" (mais qui n'économisent que 20% à 30% en moyenne contre 70% à 80% pour les LBC et LED). Une aubaine pour les fabricants traditionnels (Philips et Osram principalement) qui peuvent ainsi compenser les baisses de volume par des marges bien plus généreuses, car le surcoût de fabrication de ces lampes par rapport aux ampoules précédentes est loin d'être en rapport avec les hausses de prix pratiquées (x 4 en moyenne).

En dehors du fait que nous prenons par ce statu quo, du retard sur la voie de l'efficacité énergétique, cette situation engendre une méfiance vis-à-vis des LED, technologie pourtant la plus prometteuse en terme de qualité et de longévité et qui plus est porteuse d'emplois dans notre pays.

Pour ne pas obérer son potentiel de développement, il apparaît urgent de prendre des mesures drastiques en vue de corriger les problèmes de qualité actuels.

Solutions pour améliorer la qualité de l'offre et l'information consommateur

En premier lieu, il appartient aux pouvoirs publics de faire appliquer les réglementations sur les étiquetages par des contrôles ciblés et des sanctions exemplaires à l'encontre des fraudeurs.

Par ailleurs, la lisibilité des informations figurant sur les emballages doit être grandement améliorée : aux sempiternelles mentions commerciales « nombre W en LBC/LED éclairent nombre W" (qui n'éclairent personne...), il convient de substituer l'indication d'économie annuelle en € par rapport à une ampoule classique, calculée à partir d'hypothèses standard reconnues.

D'autre part, la possibilité de tester les principales gammes de lampes doit être offerte pour que les consommateurs puissent se faire une opinion concrète de la qualité ainsi que de la consommation. Les moyens à mettre en place (douille alimentée en électricité et petit compteur d'énergie) sont peu onéreux et faciles à mettre en place, qu'attend-t-on pour les généraliser ?

Mais tous les efforts ne peuvent pas venir que de la distribution ; il importe parallèlement de peser sur la qualité de l'offre et à ce titre les pouvoirs publics gagneraient à s'inspirer des expériences réussies menées à l'étranger.

Certains Etats ont ainsi eu l'intelligence d'agir en amont avec la mise en place de labels de qualité, qui impliquent des exigences minimales de performance auxquels sont tenus de se conformer les fabricants, tests à l'appui. Des dispositifs reconnus tels Minergie en Suisse et Energy Star en Amérique du Nord ont ainsi permis de dynamiser les ventes de matériels de qualité.

Les suisses ont même été plus loin en agissant "en aval" sur l'offre effective en magasin : ainsi, l'agence nationale de l'énergie propose un guide comparatif Topten gratuit en ligne qui classe les différentes gammes d'ampoules selon leur rapport qualité/prix à partir des caractéristiques relevées chez les distributeurs.

Enfin, sachant que le ticket moyen pour acheter une lampe de qualité est de toute façon élevé, il convient d'être plus inventifs sur la manière de vendre les nouvelles solutions d'éclairage, en proposant, par exemple, des formules de location tenant compte des économies d'énergie réalisées et de la forte longévité des lampes.

Avis d'expert proposé par Henri Coulloumme-Labarthe, dirigeant de OpusLight.

Réactions14 réactions à cet article

 

Bon article, avec ces nouvelles ampoules on se fait avoir, elles sont trop chères et ne durent pas plus longtemps que les anciennes ampoules classiques
il y a lieu de mieux réglementer et imposer une standardisation, d'ailleurs cela correspond aussi au développement durable

naphtes | 13 novembre 2012 à 08h53
 
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Effectivement, dans la plupart des cas, les lampes basse consommation ne tiennent pas les promesses mentionnées sur l'emballage, notamment en termes de durée de vie. On nous les vend 4 fois plus cher (voire plus) que les anciennes lampes à incandescence, au prétexte qu'elles durent de 8 à 10 fois plus longtemps, mais, dans de nombreux cas, elles ne durent finalement pas plus longtemps que les anciennes ampoules. Ainsi, dans notre cuisine, nous avons, depuis 18 mois environ, une lampes équipée de 3 ampoules basse consommation. Celles-ci sont censées durer 8000 h en moyenne. Or, deux ampoules ont déjà dû être changées, soit une durée de vie réelle d'à peine 1000 h, en étant généreux sur l'évaluation...

Tom | 13 novembre 2012 à 09h57
 
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En fait, chacun aura pu le constater chez lui, les ampoules halogènes, outre leur prix d'achat 2 à 3 fois supérieur aux ampoules à incandescence, ont une durée de vie entre 2 et 6 mois, jamais plus.
J'ai l'impression de passer mon temps à acheter des ampoules depuis qu'on ne trouve plus d'ampoules à incandescence.
Je ne veux pas acheter des LBC dont l'allumage est trop long, la lumière trop faible et le recyclage impossible et les leds ne tiennent pas leurs promesses.
Je crois que je vais chercher des ampoules incandescentes sur le marché parallèle (internet, étranger, brocantes...). Là au moins, on sait ce qu'on peut attendre de ces produits.
Les lois interdisant ces ampoules sont à mon avis complètement stupides car l'économie d'énergie réalisée est trop faible au regard de la durée de vie et de l'impact écologique des autres lampes.

pitlift | 13 novembre 2012 à 10h01
 
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Tout est exact dans cet article. Vous avez écrit, ce que tout le monde ou presque pense. merci.

bienvivrebio | 13 novembre 2012 à 10h03
 
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Il faut replacer les responsabilités où elles sont vraiment.

Qui a interdit les bonnes vielles ampoules à incandescence ? L’État ! C'est lui le responsable de toute cette gabegie.

Pour quelles économies d'énergie ? Peanuts. Surtout qu'en hiver, où l'on s'éclaire plus longtemps, les lampes à incandescence participaient au chauffage du logement. C'est une mesure typiquement Shadock ! L'écologisme c'est la planète Shadock !

Laurent Berthod | 13 novembre 2012 à 10h29
 
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Le penser ne suffit plus, il faut le dire !
Il est dommage que je ne sois pas en contact avec ceux qui pourraient mettre ceci en pratique (je pense aux municipalités surtout). Si quelqu'un peut tenter le coup, je suis partant pour bâtir l'argumentation.
Bonne journée

pitlift | 13 novembre 2012 à 10h30
 
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J'ai déménagé il y a 30 mois.
En m'installant, j'ai mis des LBC à tout les plafonds, sauf cuisine (il me restait quelques ampoules à incandescence). J'ai mis des ampoules à flux amélioré aux lampes de chevet et j'ai un néon dans la salle de bain.
Aucun remplacement de fait depuis.

Comme le dit l'article, l'offre est disparate mais il ne faut pas généraliser pour autant.
Et il faut surtout choisir le matériel adapté au besoin.

Une lampe LBC pour une pièce qu'on allume et éteint de nombreuses fois (toilettes, couloir,...) ne tiendra pas longtemps et ne donnera pas satisfaction à cause de son temps d'allumage (vous avez déjà traversé le couloir, dans le noir ou au mieux la pénombre).

Ce sont aussi ces informations que les fabricants / distributeurs doivent indiquer, faute de quoi, même avec une normalisation et un affichage des performances amélioré, les utilisateurs serons régulièrement déçus et comme Pitlift, ils iront acheter de "bonnes vielles" ampoules sur le net.

La règlementation peut beaucoup apporter. En temps normal le marché aussi (la demande) est censé tirer l'offre vers le haut mais cela fonctionne dans une société où les gens réflechissent, si possible en coût global, et avec une vision à au moins moyen terme ...
Tant pis.
Il ne reste donc plus que le legislateur ...

J'ajouterai enfin que les filières de retraitement des déchets ont beaucoup progressées et que cela continue, avec la montée des volumes (logique d'ailleurs).

Tombour | 13 novembre 2012 à 11h01
 
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Il est urgent d'attendre que les LED soient au point. Encore que j'ai acheté des GU50 premières générations qui étaient censées durer 60 000 heures : la plupart sont déjà grillées au bout de 4 ans... les accords passés sur les ampoules classiques entre les différents trusts de l'éclairage ont la vie dure...

En attendant, vivons sur nos stock d'ampoules classiques. Les ampoules basse consommations durent peu (je me suis reconnu dans l'exemple de Tom et sa cuisine!) et les halogènes moins longtemps que les classiques, même si le confort de luminosité est excellent.

illico | 13 novembre 2012 à 12h05
 
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Il est urgent d'attendre que les LED soient au point. Encore que j'ai acheté des GU50 premières générations qui étaient censées durer 60 000 heures : la plupart sont déjà grillées au bout de 4 ans... les accords passés sur les ampoules classiques entre les différents trusts de l'éclairage ont la vie dure...

En attendant, vivons sur nos stock d'ampoules classiques. Les ampoules basse consommations durent peu (je me suis reconnu dans l'exemple de Tom et sa cuisine!) et les halogènes moins longtemps que les classiques, même si le confort de luminosité est excellent.

illico | 13 novembre 2012 à 12h06
 
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Désolé pour le post précédent, il est hors sujet (en fait, destiné à un autre fil de discussion).
Pour le chauffage, les lampes halogène devraient avoir le même effet (température de fonctionnement encore plus élevée que l'incandescent mais double enceinte limitant la transmission thermique par convection).
Ce qui m'embête le plus dans les LBC, c'est le coût de fabrication (énergie grise) et l'impossibilité de les recycler, plus une durée de vie honteusement mensongère.

pitlift | 13 novembre 2012 à 12h27
 
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Que penser du mercure que ces lampes contiennent ? et quelle énergie doit-on mettre en oeuvre pour leur fabrication?
Merci

Ben | 13 novembre 2012 à 23h15
 
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Merci, vraiment merci pour cet article iconoclaste.
On nous rabache à longueur de journée qu'il faut s'équiper en basse consommation, que ces lampes sont parfaitement au point et qu'au final on fait des économies substantielles.
Pourtant, quoi qu'il soit écrit sur le conditionnement de ces lampes sur leur durée de vie garantie, chacun peut constater qu'elles ont tendance à fumer beaucoup plus vite que les autres.
Le gap de prix d'achat est énorme pour un résultat auquel j'ai du mal à croire.
Quant à la pub sur le conditionnement annonçant des espérance de vie allant jusqu'à 10.000 heures, j'estime que ceci relève purement et simplement de la publicité mensongère sur lequel il conviendrait que les associations de consommateurs intentent une action.
Comment par ailleurs se retourner vers un revendeur en lui démontrant que l'ampoule morte qu'on a dans les mains n'a pas tenu la durée de vie annoncée et qu'il lui revient de nous l'échanger.
Quant à imaginer qu'on va garder les tickets de caisse correcpondant à chacun de nos achats d'ampoule ....
Bref d'accord avec vous pour faire du ménage dans les pratiques en la matière avant que les consommateurs envoient ballader tous les prophètes du développement durable avec leur cortège de profiteurs.
Amicalement

Filou33 | 14 novembre 2012 à 11h18
 
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J'utilise des ampoules fluocompactes depuis bien longtemps et je les trouve fiables contrairement à ce qui est dit. Elles éclairent très bien, sauf les spots pour cause de miniaturisation. Par contre, il est vrai qu'il faut savoir les utiliser et les choisir :
- Ne pas éteindre/allumer trop souvent. Cela fragilise les fluocompactes et limite leur durée de vie.
- La qualité est en effet très variable. Il est vrai qu'il y a un problème d'étiquetage. Il faut impérativement indiquer :
- La température de couleur. Elle est maintenant bien étiqueté, mais cela a mis du temps.
- Peu connu, l'indice de rendu des couleurs est très important pour le confort d'éclairage. Malheureusement, il est rarement indiqué.
- L'indication du temps d'allumage est maintenant obligatoire.

Il faut donc en l'absence d'étiquetage correct, opter pour des marques que l'on a déjà testé. Ce ne sont pas forcément les plus chères, mais pas low-cost non plus.

Les fluocompactes sont maintenant très au point mais leur qualité d'éclairage est variable. Plusieurs paramètres sont à prendre en compte. D'accord donc pour dire que les pouvoirs publics auraient dû mieux informer et rendre obligatoire l'étiquetage : t° couleur, indice rendu couleur, vitesse allumage, puissance éclairage normalisée.

Au fait : le recyclage est possible, et les magasins d'alimentation proposent souvent des bacs. Les leds deviennent intéressantes, mais c'est vrai qu'il y a peu c'était plutôt des veilleuses qu'autre chose.

zerytg | 15 novembre 2012 à 23h57
 
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C'est curieux que personne n'ait remarqué que PAR CONSTRUCTION les ampoules Fluocompactes ne sont pas aussi économiques que les TUBES FLUORESCENTS. La raison est simple ces ampoules comportent un ou plusieurs tubes qui émettent uniformément de la lumière et comme les tubes sont repliés toute la lumière émise vers l'interieur est perdue! En effet eclairer une surface opaque qui émet de la lumière est une gaspillage. Une fois qu'on a compris le problème on peut dire, en première approximation, que seul 1/4 de la lumière peut sortir librement, un autre 1/4 sort aprés réflexion et donc perte d'au moins la moitié de lumière. Le reste n'est que de la lumière PRISONNIERE.
pour revenir aux ampoules fluocompactes, leur durée de vie réelle est vraiment quelconque, rarement aussi longue qu'annoncée.
Cet éclairage n'est pas adapté aux courtes durées et paradoxalement cela incite a laisser inutilement allumé des ampoules dont la durée de chauffage (=atteinte de la puissance nominale) est trop longue.

ami9327 | 04 avril 2013 à 22h26
 
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