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Au menu des fêtes : huîtres diploïdes ou triploïdes ?

A l'heure des fêtes de fin d'année, les ostréiculteurs s'activent pour fournir la demande. Les chercheurs aussi sont de la partie pour proposer à la filière des huîtres résistantes et naturelles. L'équation est-elle soluble ?

Reportage vidéo  |  Biodiversité  |    |  Baptiste ClarkeActu-Environnement.com
Au menu des fêtes : huîtres diploïdes ou triploïdes ?

Depuis plusieurs années, la filière ostréicole cherche par tous les moyens à s'assurer une production stable, régulière, de qualité et si possible résistante aux aléas climatiques et aux maladies. C'est dans cette optique que sont nées les huîtres triploïdes : "mises au point" par les chercheurs de l'Ifremer, elles sont commercialisées depuis 2000. Le matériel génétique de l'huître se compose initialement de 10 paires de chromosomes. Chez l'huître triploïde, toutes ces paires sont remplacées par des triplets soit trente chromosomes au total à la place des doublets de l'huître diploïde. Cette modification génétique les rend théoriquement stériles. L'énergie qu'elles n'utilisent pas pour produire des organes de reproduction (gamètes), elles la mettent à profit pour grossir plus vite. Ces huîtres ne sont pas laiteuses quelque soit la saison. Des avantages non négligeables pour les ostréiculteurs ayant choisi d'élever ce type d'huîtres.

Depuis 2008, la filière ostréicole est par ailleurs confrontée à une mortalité accrue des jeunes huîtres (naissains). Baptisé OsHV1 ou Vibrio aestuarianus, ce virus décime entre 60 et 90% des larves. Selon les professionnels du secteur, il s'attaquerait également à certains adultes mais pour l'instant seules ceux de la catégorie des huîtres triploïdes seraient touchés. Si la sensibilité accrue de ces huîtres au virus OsVH1 doit encore être démontrée par des études scientifiques, elle interroge les professionnels de la filière et les pousse à remettre en question leurs pratiques. Certains appellent à ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier et à diversifier l'origine des huîtres.

Des diploïdes résistantes et "made in Méditerranée" c'est possible !

Sur le bassin de Thau, la plus grosse zone conchylicole de la Méditerranée à l'origine de 10% de la production française, 60% des larves sont triploïdes et 40% sont diploïdes issues de différentes écloseries. En effet, la reproduction naturelle des huîtres diploïdes est quasi-inexistante dans le bassin de Thau. Même pour les huîtres naturelles, les ostréiculteurs doivent se fournir auprès d'autres bassins ostréicoles notamment de la côte Atlantique. Mais ces naissains ne sont pas forcément adaptés aux conditions climatiques de la Méditerranée et ne sont pas la clef d'une production maîtrisée. Pour continuer à favoriser la diversification des sources d'approvisionnement et notamment le développement de filières locales, l'Ifremer a évalué la viabilité d'un captage naturel sur le bassin de Thau. Les résultats sont positifs. Si 90% des naissains restent touchés par le virus, l'élevage des adultes rescapés produit des huîtres de grande qualité selon les producteurs associés à l'expérimentation.

Un étiquetage très limité

La question de l'origine des huîtres interpelle les consommateurs. Mais aucun étiquetage ne la précise. Le label "agriculture biologique" permet d'en savoir un peu plus car son cahier des charges exclut les huîtres issues d'écloseries qu'elles soient diploïdes ou triploïdes. Une seule certitude : toutes les huîtres creuses produites en France n'ont rien d'endémique car l'espèce a été introduite dans les années 50 et provient… du Japon.

© Musique : Musicloops.com / Slow Zombies - Sergei Stern / Echoes - Christian Larssen / Ambient Swirl - James Mcilwraight / Fast Track - Julio Kladniew

Réactions2 réactions à cet article

 

"Cette modification génétique les rend théoriquement stériles".

Alors comment sont produites ces huîtres ?

Zugzwang | 23 décembre 2014 à 16h30
 
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On croise des huitres « normales », diploïdes (à deux jeux de chromosomes, (2 n = 20 chromosomes) avec des huitres tétraploïdes (à quatre jeux de chromosomes, (4 n = 40 chromosomes).

L’Ifremer gère en exclusivité un cheptel de 150 géniteurs tétraploïdes, qui reste confiné dans son laboratoire de La Tremblade (Charente-Maritime). Ces géniteurs sont mis à la disposition des écloseurs pour effectuer les croisements.

Wackes Seppi | 29 décembre 2014 à 19h17
 
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