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L'humanité a épuisé les ressources naturelles annuelles depuis jeudi 13 août

Depuis le jeudi 13 août, l'humanité puise dans les réserves de la planète : les ressources que la Terre peut produire en une année ont été épuisées, selon Global Footprint Network. A la veille de la COP21, cet indicateur sert d'alerte.

Biodiversité  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

Dans le contexte d'accueil de la 21e conférence des parties (COP21) en décembre à Paris, le calcul du jour du dépassement prend une résonnance particulière en France. Chaque année, l'organisation non gouvernementale Global Footprint Network estime en effet le jour à partir duquel l'humanité a épuisé l'intégralité des ressources naturelles que la planète peut produire en une année. En 2015, notre consommation "à crédit" a commencé le 13 août, selon cette dernière. L'année dernière, le point de bascule s'est opéré légèrement plus tard, le 19 août, tandis qu'en 1992, il n'a débuté que le 21 octobre.

 
Un besoin d'1,6 planète Les besoins de l'humanité nécessiteraient aujourd'hui 1,6 planète, selon le WWF. La plupart des pays développés surexploitent leurs propres biocapacités. Ainsi, pour l'association, les besoins du Japon nécessiteraient 5,5 fois la superficie de ce pays. Il faudrait de la même manière 3,8 Italie pour satisfaire la consommation des Italiens, 3,5 Suisse pour celle des Suisses, 3,2 Egypte pour les Egyptiens et 3 Grande-Bretagne pour les Britanniques. Les Français quant à eux nécessiteraient 1,4 France et les Américains 1,9 USA.
 
Ce calcul du jour du dépassement passe par la division de la biocapacité mondiale (les ressources écologiques que la Terre est capable de générer en un an) par l'empreinte écologique mondiale (la demande annuelle de l'humanité) puis sa multiplication par le nombre de jour dans une année. Il comprend donc l'empreinte carbone qui correspond à la superficie nécessaire pour séquestrer les émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles et de la production de ciment.

Selon le Global Footprint Network, l'empreinte carbone représente désormais plus de la moitié de l'empreinte écologique totale de l'humanité. "L'empreinte carbone de l'humanité reste la composante à plus forte croissance de l'écart grandissant entre l'empreinte écologique et la biocapacité de la planète, pointe Mathis Wackernagel, président de l'ONG et co-créateur de l'indicateur. Il nous faudrait deux fois la biocapacité globale des forêts pour absorber les émissions mondiales de carbone". Et les émissions de CO2 en excès, non absorbées par les terres, s'accumulent dans l'atmosphère et l'océan.

"A quatre mois de la fin de la Conférence Paris Climat 2015, le WWF appelle les gouvernements à se mobiliser pour arrêter les modalités et les engagements d'un plan d'urgence pour la période 2015-2020, interpelle dans un communiqué Diane Simiu, directrice des programmes du WWF France. C'est la seule voie possible si on veut contenir le réchauffement en dessous de 2°C et ainsi limiter les impacts du changement climatique sur la planète et l'humanité". Pour l'association, quatre leviers pourraient permettre de contenir le pic des émissions de gaz à effet de serre avant 2020 : un objectif de 25% des énergies renouvelables dans la consommation énergétique mondiale, le doublement du taux d'efficacité énergétique pour atteindre 2,4% par an, la protection des forêts et de l'usage des terres et enfin, un financement de la lutte contre le changement climatique avec une feuille de route claire vers les 100 milliards de dollars ainsi qu'un retrait des soutiens à l'industrie du charbon.

Un jour du dépassement, le 16 septembre en 2030 ?

Selon le Global Footprint Network, si les émissions mondiales de carbone sont réduites d'au moins 30% en dessous des niveaux actuels d'ici 2030 et que l'empreinte écologique continue à se développer au rythme actuel, la journée du dépassement pourrait reculer jusqu'au 16 septembre 2030 (contre le 28 juin 2030 si notre trajectoire est maintenue).

Toutefois, l'ONG souligne que des efforts supplémentaires devront être réalisés. S'appuyant sur l'exemple du Danemark, qui depuis les années 1990 a réduit ses émissions de 33%, l'ONG estime que l'extension de l'empreinte danoise à toute l'humanité nécessiterait 2,85 planètes comme la Terre. "La Conférence internationale sur le climat qui aura lieu en décembre à Paris – Le Bourget sera l'occasion d'avancer mais il va falloir faire un grand pas, les dirigeants politiques devront alors montrer leur véritable capacité à gérer et gouverner … sur le long terme, estiment Julien Bayou, Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux d'Europe Ecologie les Verts, dans un communiqué. Une solution existe pour ne plus vivre à crédit vis-à-vis de la planète : la transition écologique de la société et du développement économique".

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