En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

La région Ile-de-France annonce un plan d'action pour la qualité de l'air d'ici l'été

Le nouvel exécutif francilien veut disposer d'un plan opérationnel d'ici l'été. Parmi les priorités les embouteillages, le diesel, une écotaxe poids-lourds, mais aussi… les vieilles chaudières au bois.

Transport  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

La présidente (LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a annoncé ce lundi 11 avril que son objectif était de disposer d'un plan d'action pour la qualité de l'air opérationnel d'ici l'été. Cette annonce a été faite à l'occasion d'une conférence organisée par la région "afin de donner un souffle nouveau à la politique régionale sur ce sujet".

"Un million et demi de franciliens sont exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation", a précisé Mme Pécresse, reprenant les chiffres d'Airparif dévoilés trois jours plus tôt. Pour mettre fin à cette situation, la présidente de région entend mettre à profit la nouvelle légitimité donnée à sa collectivité par la loi Notre, de telle sorte que l'on puisse "sortir du tête-à-tête Etat/Ville de Paris" qui prévalait jusque là.

Agir sur les causes structurelles

"Nous disposons de plusieurs leviers d'action à travers notre compétence sur les transports, le développement économique, le logement en partie, et l'aménagement du territoire", précise l'ancienne ministre du Budget. Celle-ci met en avant des moyens nouveaux, avançant une augmentation de 150% des crédits d'investissement affectés à la qualité de l'air. L'opposition socialiste, au contraire, dénonçait quelques jours plus tôt la baisse du budget d'Airparif alors que Mme Précresse se serait engagée à le doubler.

En ce qui concerne les méthodes, la présidente de région souhaite agir sur les causes structurelles plutôt que de proposer des solutions de court terme, pointant à cette occasion le coût et l'inefficience des mesures de gratuité des transports. "Le vrai sujet, c'est la pollution chronique et pas les pics de pollution qui ne durent que 16 jours par an", appuie Chantal Jouanno, vice-présidente (UDI) chargée de l'écologie et du développement durable au sein de la collectivité francilienne.

Mme Pécresse entend également favoriser le travail en commun sur une question qui, par définition, se joue des frontières géographiques. A cet égard, elle juge "scandaleux" l'arrêté, paru le 9 avril, relatif à la gestion des épisodes de pollution qui prévoit de consulter tout le monde sauf la région. "Nous déposons un recours auprès de la ministre de l'Environnement à ce sujet", a indiqué Valérie Pécresse, qui estime ce texte contraire à la loi Notre.

Diesel, écotaxe régionale et embouteillages

Quelles sont les causes structurelles visées par la présidente de région ? Mme Pécresse en avance trois principales : les vieilles chaudières au bois, le diesel et les embouteillages. Pour le diesel, Chantal Jouanno mentionne la dédiésélisation du parc du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) ainsi que le soutien au développement des nouveaux véhicules urbains.

Mais la nouvelle majorité souhaite aussi mettre en place une écotaxe régionale. "Le dispositif aura une double vertu, souligne l'ancienne secrétaire d'Etat à l'écologie : dissuader le transit de poids lourds et financer des mesures de lutte contre la pollution de l'air en Ile-de-France". Les deux élus reconnaissent la complexité du sujet, la nécessité d'un dialogue avec l'Etat et sans doute de l'adoption d'une loi. Mais elles soulignent aussi le consensus politique qui existe sur cette déclinaison du principe pollueur-payeur. L'instauration d'une écotaxe régionale a en effet fait l'objet de plusieurs propositions depuis l'abandon de l'écotaxe nationale, dont le principe avait pourtant été voté à l'unanimité lors du Grenelle de l'environnement.

Quant aux embouteillages, "il existe une carte des dix points noirs d'Ile-de-France (…) depuis 17 ans", tacle Valérie Pécresse à l'attention de l'opposition. Elle salue la création du boulevard intercommunal du Parisis, lancé il y a 20 ans sous la présidence de Michel Giraud et qui vient de s'achever dans le Val d'Oise.

Le duo exécutif entend aussi systématiser les études d'impact sur le climat et sur la pollution de l'air des grands projets. Il donne comme exemple les prochaines fermetures de voies sur berges à Paris. "Si l'étude révèle un impact négatif sur les transports, nous demanderons des mesures compensatoires à la Ville de Paris", indique Mme Pécresse, qui évoque le financement de parkings en banlieue ou de nouvelles lignes de bus ou de tramways.

"Smart Région de la mobilité durable"

Concernant les vieilles chaudières à bois, Chantal Jouanno prévoit de faire appel à un mécanisme incitatif plutôt que d'imposer un remplacement systématique comme cela peut être pratiqué en Suisse ou en Allemagne.

Autres propositions présentées par l'élue en charge de l'écologie ? Le lancement d'une estimation du coût économique de la pollution en Ile-de-France, à l'instar de l'étude menée au plan national par une commission d'enquête sénatoriale, dont les résultats ont été rendus publics en juillet 2015. Mais aussi la création d'un Lab dédié à la pollution de l'air. Beaucoup d'entreprises travaillent déjà sur la question, souligne Chantal Jouanno, mais elles ne sont pas organisées en pôle d'excellence, déplore-t-elle.

"Nous avons l'ambition de devenir la Smart Région de la mobilité durable", affirme Valérie Pécresse, qui propose d'utiliser l'intelligence digitale pour optimiser les déplacements. Et l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur de citer l'exemple d'Optimod à Lyon, un outil qui centralise en temps réel les informations sur l'ensemble des modes de transport et qui permet aux usagers d'adapter leurs comportements en fonction.

Réactions2 réactions à cet article

 

favoriser tout simplement les véhicules électriques, les vélos, les vtc à pédales assistés, les chaises à porteurs... et surtout ne pas se déplacer pour rien ! Appel aux philosophes, pour penser le "déplacement", avec la tendance à l' Ubiquité qui obsède nos dirigeants. Il faut penser à la raison du déplacement, remplir les airbus, est un autre sujet.

jeanmaco | 12 avril 2016 à 21h02
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Le principe pollueur payeur toujours bafoué !
Après la Cop 21 nous n’avons pas supprimé les aides aux énergies fossiles.
Pas de transition énergétique sans transition fiscale.

ActiVE | 13 avril 2016 à 20h23
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Laurent Radisson

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager