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L'incendie d'un stock de déchets dans les Bouches-du-Rhône se poursuit, la justice est saisie

L'incendie qui sévit dans un centre de tri de déchets, dans les Bouches-du-Rhône, depuis un mois, devrait être éteint d'ici cinq jours. Les associations de protection de l'environnement, les communes et les riverains portent plainte contre X.

Déchets  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
L'incendie d'un stock de déchets dans les Bouches-du-Rhône se poursuit, la justice est saisie

Depuis le 26 décembre 2021, un incendie sévit dans un centre de tri de déchets situé à Saint-Chamas, dans les Bouches-du-Rhône, exploité par la société Recyclage Concept 13. Malgré une première opération de noyage des déchets incendiés et la destruction de plusieurs bâtiments pour faciliter l'accès des pompiers, une partie des déchets, non accessibles, se consument toujours et générent des fumées plus ou moins importantes. Ce vendredi 4 février, les opérations de transfert des déchets éteints ont commencé. Les sapeurs-pompiers du Sdis pourront alors atteindre la zone centrale du sinistre où couve le feu, afin de le résorber et diminuer drastiquement l'émission de fumées. Selon la préfecture, cinq jours d'intervention seront encore nécessaires pour éteindre définitivement l'incendie.

Des fumées irritantes

Il aura donc fallu un mois pour venir à bout du sinistre. Un mois pendant lequel les riverains ont été exposés aux fumées. L'association Atmosud, agréée pour la surveillance de la qualité de l'air de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a été mandatée par la préfecture pour suivre les impacts de l'incendie. Concernant les particules fines (PM10), la norme d'alerte a été dépassée onze jours depuis le début de l'événement. La station de mesure installée près du site révèle, qu'au plus fort de l'incendie, la pollution a atteint 800 µg/m3 de particules fines à certaines heures de la journée, quand le seuil d'alerte journalier pour préserver la santé est dix fois plus bas. « Cela entraîne mécaniquement un niveau élevé de particules très fines, ponctuellement très élevé, pouvant entraîner des effets respiratoires et cardiovasculaires réversibles lorsqu'elles sont inhalées », explique la préfecture.

 
Si la situation n'est pas alarmante, elle se dégrade progressivement et l'inquiétude des populations riveraines augmente  
Santé publique France
 
Un suivi sanitaire a d'ailleurs été mis en place. Il s'appuie sur une surveillance des consultations chez les médecins généralistes, des passages aux urgences et des plaintes déposées spontanément sur la plateforme d'Atmosud. Du 26 décembre 2021 au 23 janvier 2022, 320 plaintes ont ainsi été déposées, mais le nombre de passages aux urgences pour les symptômes et pathologies ciblés n'a pas fortement augmenté après le début de l'incendie. Santé publique France note néanmoins une légère progression des symptômes irritatifs et respiratoires. Ce qui la pousse à conclure que, « si la situation n'est pas alarmante, elle se dégrade progressivement et l'inquiétude des populations riveraines augmente ».

Dépôts de plainte en série

Cette inquiétude se traduit aujourd'hui par une plainte contre X déposée par les communes de Saint-Chamas et de Miramas, l'association Étang nouveau, l'ADPLGF et près de 200 riverains, représentés par le cabinet d'avocats TTLA. « L'exposition a de tels taux de particules fines dans l'air, même de courte durée, présente un risque certain pour la santé de l'ensemble de la population vivant à Saint-Chamas. Ces derniers ont déjà fait remonter plus de 400 signalements de nuisances, faisant état de maux de gorge, de tête, de vertiges ou encore de nausées », justifie la commune dans un communiqué. La plainte a été déposée pour mise en danger de la vie d'autrui et atteintes à l'environnement devant le pôle santé publique environnement du tribunal judiciaire de Marseille. Elle s'ajoute à celle déposée par l'association de protection de l'environnement locale FNE 13 pour atteinte à l'environnement et non-respect des prescriptions du Code de l'environnement au regard des conditions d'exploitation du site.

Trop de déchets stockés

 
Un secteur accidentogène Le secteur des déchets et des eaux usées est de loin le secteur d'activité le plus accidentogène. Il représentait, en 2020, 22 % de l'ensemble des accidents industriels, selon le dernier bilan établi par le Bureau d'analyse des risques et pollutions industrielles (Barpi). Et cette proportion pourrait encore croître, si rien n'est fait. Le secteur a, en effet, vu le nombre de départs de feu presque doublé en cinq ans.
 
La société Recyclage Concept 13 fait, en effet, l'objet d'alertes récurrentes de la part du maire de Saint-Chamas. Une enquête a été diligentée par la Dreal et a conduit le préfet des Bouches-du-Rhône à prendre un arrêté de mise en demeure. « Le site, autorisé à admettre moins de 1 000 m3 de déchets non dangereux, dit banals, accueillait en réalité près de 30 000 m3 de déchets divers, dont la nature exacte demeure à ce jour en suspens », explique la commune de Saint-Chamas. Et la manière dont l'exploitant a géré le sinistre en dit long sur son sérieux : « Ce qui est aberrant dans ce dossier, c'est que nous avons des pseudos gérants ou pseudos exploitants d'entreprise, qui n'assument pas leurs obligations. Lors de la pose du bassin de rétention, l'entreprise s'est déclarée inapte et incapable de gérer et, surtout, de prendre en charge financièrement la somme importante. Quand il a fallu démolir la structure, l'exploitant attend la dernière minute pour faire intervenir une entreprise (…). On demande à l'exploitant l'évacuation des déchets à sa charge, mais comme il n'est pas assuré, c'est compliqué », a détaillé Didier Khelfa, maire de Saint-Chamas, lors du conseil municipal du 20 janvier dernier.

L'entreprise devait se mettre en conformité et revenir à un niveau de volume de déchets inférieur à 1 000 m³ avant le 31 décembre 2021. Elle n'en a pas eu le temps. L'incendie s'est déclaré trois jours avant. « Il faut que maintenant nos actions, que j'espère groupées, nous permettent d'identifier et de faire condamner les responsables. On sait qu'ils ne payeront pas, mais notre objectif est avant tout de faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais », espère le maire.

Réactions2 réactions à cet article

 

Marseille déverse des tonnes de poubelles tous les ans dans la mer ... et ce n'est pas nouveau !

laurent | 07 février 2022 à 08h57
 
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N'aurait-il pas été plus productif de réaliser un incinérateur avec valorisation de la chaleur pour le réseau urbain (dont piscines chauffées) ou pour les besoins industriels ?
On préfère le "tri sélectif", c'est plus vendeurs auprès des gogos, même si la "valorisation" des matières triées est négative depuis presque dix ans...
Bravo !
NB : ceux qui promeuvent le "tri sélectif" ne sont pas ceux qui bossent dans les salles de tri des déchets.

Albatros | 08 février 2022 à 19h41
 
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