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Centrales nucléaires japonaises : le monde retient son souffle

Si les cœurs de réacteurs ne sont officiellement pas touchés, le souvenir de Tchernobyl et d'une nouvelle catastrophe nucléaire majeure est dans toutes les têtes… à l'heure où nombre de pays ont prévu de relancer leurs programmes nucléaires.

Risques  |    |  David Ascher Actu-Environnement.com
   
Centrales nucléaires japonaises : le monde retient son souffle
   

Il y aura certainement un avant et un après.

Tandis que 2 nouvelles explosions se sont produites lundi 14 mars au niveau du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima n° 1, accidenté à la suite du séisme puis du raz de marée qui a touché le Japon vendredi, la situation est hasardeuse et pour le moins anxiogène.

Dans la nuit de dimanche à lundi une avarie a provoqué l'arrêt du système de refroidissement du réacteur n° 2 de la centrale de la préfecture d'Ibaraki, à 120 km au nord de Tokyo.

Au total, onze des 50 réacteurs nucléaires du Japon sont arrêtés depuis le séisme, provoquant une importante chute dans l'approvisionnement en électricité.

Défaut des systèmes de refroidissement

Les réacteurs de Fukushima ont été arrêtés depuis la perte d'alimentation des systèmes de réfrigération, normalement assurée en cas d'urgence par des générateurs diesel. Or sans refroidissement, le coeur du réacteur peut fusionner et commencer à couler au fond de l'enceinte de confinement à l'instar de la catastrophe de Tchernobyl.

La situation n'en est heureusement pas à ce point. La première explosion sur le site de Fukushima, samedi 12 mars, a été évaluée au niveau 4 sur une échelle de 0 à 7 des événements nucléaires et radiologiques (Ines), contre 5 pour celui de Three Mile Island aux Etats-Unis en 1979 et 7 pour celui de Tchernobyl. Toutefois, une fusion partielle est en cours comme le montre la présence de césium dans l'atmosphère après que la centrale ait relâché ses excédents de vapeur. A l'heure actuelle, et en dernier recours, l'eau de mer est utilisée pour refroidir le coeur.

Coupures de courant

Près de deux millions de foyers sont, ou ont été, privés d'électricité dans le nord du pays, où les températures sont hivernales. 1,4 million d'habitations n'ont plus d'eau courante. La compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) a d'ores et déjà reçu l'autorisation de planifier des interruptions locales par rotation, afin d'éviter que des régions entières ne soient coupées aléatoirement d'électricité de façon imprévisible. Jusqu'à la fin du mois d'avril, les habitants de Tokyo et des régions environnantes subiront ainsi des mesures « d'effacement » sur des durées de plus de trois heures.

La relance des programmes nucléaires en question

Déjà les opposants au nucléaire se font entendre dans le monde entier pour dénoncer les risques inconsidérés du choix électronucléaire. Autant Tchernobyl assumait l'image d'une centrale vieillissante dans une Union Soviétique à bout de souffle, autant le Japon est à la pointe de la technologie. Le pays s'est toujours préparé au risque sismique. Mais force est de constater que les mesures de précaution n'auront pas suffi à éviter tout incident nucléaire.

De quoi relancer le débat autour des programmes de relances nucléaires dans le monde, et notamment en Europe où plusieurs pays dont la France et l'Italie s'efforcent de faire reconnaitre le nucléaire comme énergie décarbonée au même titre que les énergies renouvelables. Si Nathalie Kosciusko-Morizet prévient que l'heure n'est pas au débat sur le nucléaire en France, l'eurodéputé Vert Daniel Cohn-Bendit a déjà demandé un référendum : ''On a va vous dire qu'il n'y a pas de risque de tremblement de terre en France, mais l'Italie veut construire un EPR […] on ne peut pas dire qu'il n'y aura pas de tremblement de terre en Italie et que la France ne sera pas concernée'', a t-il confié au journal Le Monde.

Réactions6 réactions à cet article

 

"L'heure n'est pas au débat sur le nucléaire" mais au contraire !!
Qu'est ce qui justifie qu'on utilise une énergie qui peut être plus que dangereuse pour la population et l'environnement plutot qu'une autre (vent, soleil ...) ??
Peut être le fait que la France vende ces jolis EPR ... plein les poches à en crever !!
Personnellement habitant à 10km d'une centrale si on me proposait de remplacer la centrale par un champ de panneaux photovoltaiques ... le choix est déjà tout fait !

samanthaoups | 14 mars 2011 à 10h35
 
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NKM "L'heure n'est pas au débat sur le nucléaire"

Moi j entends "Non non non le gouvernement ne sortira pas de son déni".

Une catastrophe comme celle-ci ça peut ouvrir les yeux et les langues du peuple.. En route vers la révolution écologique !!!!

123soleil | 14 mars 2011 à 11h54
 
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Oui, l'heure n'est pas au débat sur le nucléaire !
Oui, il y a une situation grave.
Mais prendre des positions à chaud n'est jamais très constructif. Mieux vaut attendre le retour à une situation stabilisée quelle qu'elle soit.
Va-t-on supprimer tout tout trafic ferroviaire après le télescopage de deux trains?
Remarque 1: les installations ont bien résisté au risque sismique et c'est le tsunami qui a entraîné l'accident grave.
Remarque 2 : pour remplacer la production d'une des 58 tranches nucléaires françaises il faudrait plus de 40 km² de panneaux photovoltaïques !

André | 14 mars 2011 à 15h20
 
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@André "Va-t-on supprimer tout tout trafic ferroviaire après le télescopage de deux trains?"

Personne ne propose de supprimer l électricité, par contre beaucoup rappellent qu il n y a pas besoin de l énergie hautement polluante qu est le nucléaire pour en produire.

Non il ne s agit pas de remplacer les centrales par 40 km² de photovoltaique. Les monopoles dans le domaine de l énergie sont le modèle du passé. Le pouvoir de l énergie doit être dans les mains de chaque commune, chaque agriculteur, chaque citoyen. Les moyens durables pour produire de l énergie sont multiples, adaptés, intégrés.

Non à un pays sclérosé par un gouvernement à la merci des lobbys ancestraux.

--

"prendre des positions à chaud n'est jamais très constructif."

Dommage pour vous, il y a actuellement des débats extrêmement constructifs à la radio (mais peut-être pas à la radio française qui préfère peut-être faire du sensationnalisme plutôt que de réunir des chercheurs indépendants autour d une table..).

123soleil | 14 mars 2011 à 16h55
 
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Sans tsunami, vu la haute technologie japonaise, il est probable que
les centrales auraient résisté ! Toutefois,même dans ce cas,pourquoi
les crayons absorbants n'ont-ils pas pu freiner la réaction suffisamment?
Le principe de précaution devait tenir compte de cette éventualité?
On sait que ce principe n'a pas la faveur des chercheurs car il freine
leur soif de connaissance et il faut que la rentabilité soit assurée.
Est-ce le bore qui est utilisé?

arthur | 14 mars 2011 à 17h16
 
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Après Three Mile Island, Tchernobyl, la vérité devait bien éclater un jour : Non le nucléaire, ce n’est pas "peu dangereux, peu coûteux et peu émetteur de CO2" comme la propagande assénée depuis de nombreuses années cherche à nous le faire croire.

C’est une folie insensée. Un des rares process industriels avec un risque ultime aussi grave pour l’humanité et la planète.
Les sources d'énergie renouvelables offrent une possibilité rationnelle de sortie du nucléaire à condition d'avoir la volonté politique. Des exemples européens ou d'autres pays sont là pour nous démonter qu'il s'agit d'une réalité. Il n'y a pas de fatalité à exploiter le nucléaire ou à retourner au charbon !

ME Lille | 15 mars 2011 à 08h18
 
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