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Climat : l'Arabie saoudite conditionne son engagement au maintien de ses revenus pétroliers

L'Arabie saoudite propose de réduire ses émissions de CO2, à condition de bénéficier d'importants revenus pétroliers. Le royaume prévient : si le marché pétrolier devait chuter à cause des politiques climatiques, il brûlera lui même ses réserves. 10 novembre 2015

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Ce mardi 10 novembre, le royaume d'Arabie saoudite a remis sa contribution aux négociations climatiques en vue de la COP21 qui se tiendra à partir de la fin du mois à Paris. L'Arabie propose de mettre en œuvre "des actions et des plans" afin de réduire ses émissions jusqu'à 130 millions de tonnes de CO2 (MtCO2eq) en 2030. En 2010, selon les données de la Banque mondiale, l'Arabie saoudite émettait quelque 533 MtC02eq, soit 1,36% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Ces réductions seront obtenues "par des contributions en matière de diversification économique et d'adaptation", précise la contribution intentionnelle déterminée au niveau national (INDC), pour Intended Nationally Determined Contribution) remise au secrétariat général de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (Ccnucc).

L'Arabie rappelle qu'elle vise une croissance économique plus diversifiée, tout en maintenant une forte contribution des exportations pétrolières aux revenus nationaux. Elle conditionne donc son engagement "au fait que les conséquences économiques et sociales des mesures et politiques internationales de lutte contre les changements climatiques n'entraînent pas un fardeau disproportionné et anormal pour l'économie du royaume".

Développer les services ou l'industrie lourde ?

En conséquence, la contribution repose sur deux scénarios de référence à l'horizon 2030. "La principale différence entre les deux scénarios est l'allocation du pétrole produit soit au marché intérieur, soit à l'exportation", explique le document, précisant que des scénarios intermédiaires sont possibles. En clair, le royaume prévient qu'il ne compte pas réduire sa production pétrolière. En cas de recul de la consommation mondiale d'hydrocarbures du fait de politiques climatiques ambitieuses, il consommera lui-même son pétrole et son gaz. Ce recours accru aux ressources pétrolières qu'il exploite à bas coût est censé contrebalancer la perte de revenu liée à leur exportation.

Le premier scénario s'appuie sur le maintien d'importants revenus pétroliers et alloue les pétrodollars "vers des investissements dans des secteurs à forte valeur ajoutée, tels que les services financiers et médicaux, le tourisme, l'éducation, les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique". La réduction des émissions envisagée dans l'INDC correspond à ce scénario. Le second propose "une industrialisation nationale accélérée basée sur l'utilisation soutenable du pétrole et du gaz". Plus précisément, l'Arabie renoncerait à développer les services évoqués précédemment et se tournerait alors vers "une industrie lourde construite pour utiliser les ressources domestiques de pétrole". Les secteurs de la pétrochimie, du ciment, des mines et de la production de métaux seraient alors privilégiés. Néanmoins, le royaume est conscient que "la croissance économique serait beaucoup plus lente avec ce scénario". Un constat qu'il utilise pour justifier la réduction de son ambition en matière de climat.

A noter enfin que l'Arabie saoudite compte mieux comprendre les enjeux des changements climatiques et des politiques de réduction des émissions de CO2. "L'objectif de long terme est d'obtenir une croissance économique qui dépasse la perte de revenus déclenchée par la baisse de la consommation d'énergie fossile et les distorsions de marché, telles que les taxes sur les carburants, ainsi que les subventions et incitations dont bénéficient les sources d'énergie complémentaires", explique le document.

Réactions1 réaction à cet article

 

Arrêtons de leur emprunter de l'argent public. En route pour la mobilité électrique branché EnR.

ActiVE | 11 décembre 2015 à 20h37
 
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