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« Les indicateurs de gestion de l'eau incarnent une lutte entre des projets politiques incompatibles »

Les modèles et indicateurs utilisés pour gérer l'eau reflètent un contexte politique, économique et social qui influence et oriente les décisions, selon les travaux de Sara Fernandez. Explications de la chercheuse de l'Inrae.

Interview  |  Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
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« Les indicateurs de gestion de l'eau incarnent une lutte entre des projets politiques incompatibles »
Sara Fernandez
Chercheuse à l'Inrae
   

Actu-Environnement : Dans vos travaux, vous montrez que les modèles et les indicateurs utilisés pour gérer l'eau ne sont pas objectifs et orientent les décisions. Pourquoi ?

Sara Fernandez : Ces indicateurs sont des intermédiaires entre sciences et actions publiques : ils contiennent ainsi des éléments d'ordre hydrologique, météorologique, etc., mais constituent également une négociation pour la répartition des droits d'accès à l'eau. Par construction ils renferment des ambiguïtés qui peuvent s'avérer productives ou générer des impasses. L'analyse historique, en particulier celle des débits d'objectif d'étiage (DOE), dans le sud-ouest de la France, le montre assez bien.

Cette région comporte d'importants ouvrages hydrauliques, construits depuis le XIXe siècle, qui ont toujours été justifiés par un besoin de corriger un manque d'eau. On dit que la Garonne manque d'eau. Est-ce que c'est la même chose que de dire que les êtres humains manquent de vertèbres parce qu'ils n'en ont que 33 ? Cela peut sembler absurde : les êtres humains n'ont ni trop de vertèbres, ni pas assez, ils en ont 33. De la même manière, on peut considérer que l'eau de la Garonne, c'est juste l'eau de la Garonne sans discussion. Dire que la Garonne manque d'eau depuis deux siècles et demi pourrait alors revenir à dire qu'elle ne correspond pas à ce que certains veulent d'elle. Et c'est bien ce qui se passe avec les DOE. Comment et par qui...

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