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Relocalisation de l'industrie photovoltaïque : la filière s'organise

A la demande du Gouvernement, les filières industrielles planchent sur la potentielle relocalisation de leurs activités. Pour le photovoltaïque, des travaux sont menés pour réimplanter tout ou partie de la chaîne de valeur en France.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Relocalisation de l'industrie photovoltaïque : la filière s'organise
Actu-Environnement Le Mensuel N°408 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°408
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Au printemps dernier, alors que la crise sanitaire révélait les difficultés d'approvisionnement de la France dans certains domaines, le Gouvernement a demandé aux filières industrielles de plancher sur les enjeux de réindustrialisation de certaines activités et/ou la sécurisation des approvisionnements stratégiques.

Le Comité stratégique de filière (CSF) Industries des nouveaux systèmes énergétiques s'est saisi du sujet, et notamment des « opportunités de reconquête industrielle » dans le domaine du photovoltaïque. Le CSF lance un appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour identifier les acteurs à mobiliser et les projets à développer. Une feuille de route permettra d'organiser la filière et ses ambitions. Elle est annoncée pour mai 2021.

 
L'objectif : bâtir une offre technologique et industrielle française parmi les meilleures mondiales à l'horizon 2030  
CSF
 

Un écosystème à renforcer

Aujourd'hui, l'essentiel de la chaîne de valeur de la filière photovoltaïque se situe en Asie. Mais face à l'appétit chinois, « il y a urgence à construire une filière solaire compétitive en France », analyse le CSF. D'autant que les indicateurs sont au vert : « Du fait de l'automatisation des procédés, le différentiel de coût de main d'œuvre impacte de moins en moins le coût de fabrication des modules photovoltaïques ou autres composants, alors que le coût du transport devient proportionnellement plus important », souligne le CSF.

Par ailleurs, les travaux français portant sur de nouvelles technologies solaires à faible empreinte environnementale ouvrent la voie à de nouveaux débouchés. Le fort développement de l'autoconsommation constitue également un débouché majeur, notamment pour les systèmes intégrés au bâti portés par différents acteurs français. D'autres gisements sont à rechercher parmi les systèmes hybrides, tels que l'agrivoltaïsme, ou encore dans le développement de services logiciels et de nouveaux business models.

 
Un projet d'usine en Moselle ? Le groupe norvégien REC Solar ambitionne d'ouvrir une usine de fabrication de panneaux photovoltaïques à Hambach, en Moselle, en se basant sur la technologie de l'hétérojonction. L'objectif : produire 2 GW par an d'ici 2022 et 4 GW à partir de 2025. Le projet d'usine, s'étendant sur 150 000 m2, a fait l'objet d'une demande de permis de construire fin août. Il doit désormais être soumis à une concertation préalable, sous l'égide de la Commission nationale du débat public (CNDP).
 

« La chaîne de valeur solaire photovoltaïque ne se limite pas aux cellules, modules et panneaux mais comprend également des domaines moins « visibles » mais tout aussi stratégiques : câbles DC [courant continu], transformateurs, EMS [energy management system], stockage, etc. », précise le CSF.

Alors que les fabricants de cellules et modules photovoltaïques se comptent sur les doigts de la main en France, les équipementiers représentent une vingtaine d'entreprises et les fabricants de composants électriques et de structure comptent une centaine d'acteurs  à l'échelle nationale. Les intégrateurs et ensembliers sont une vingtaine, quand les installateurs sont plus d'un millier.

La reconquête industrielle « s'appuiera sur l'accompagnement des acteurs existants ou souhaitant s'implanter en France et la facilitation, la consolidation et l'amplification de leurs projets, comme point de départ à partir duquel reconstruire une nouvelle dynamique de filière », souligne le CSF.

Un AMI et une feuille de route

Le lancement d'un AMI constitue la première pierre de cette ambition de reconstruction d'une filière française. Le CSF souhaite, à travers cet appel, « identifier de façon la plus exhaustive possible les acteurs de la chaîne de valeur du secteur photovoltaïque, recenser les projets pour lesquels ils ont des besoins à court ou moyen terme, puis fédérer la filière autour d'une feuille de route commune dont l'élaboration pourra résulter de ce travail d'identification ». Tout acteur présent, directement ou indirectement, sur la chaîne de valeur de la filière photovoltaïque est invité à se manifester et à présenter ses ambitions.

Ce travail permettra de démontrer le potentiel industriel français et l'écosystème sur lequel il s'appuie (ou peut s'appuyer) sur les différents segments des chaînes de valeur technologiques et industrielles. L'objectif est également de mettre en œuvre des projets industriels afin d'engranger de l'expérience, de développer des compétences... Ceux-ci pourraient candidater à l'appel à projets Secteurs stratégiques, qui sera lancé en 2021 avec une enveloppe de 100 M€.

La feuille de route permettra, d'ici mai 2021, de formaliser les objectifs de la filière et les dynamiques à mettre en oeuvre. Elle « devra avoir comme priorité de développer une approche filière cohérente autour d'une offre technologique et industrielle française parmi les meilleures mondiales à l'horizon 2030, tirant parti des pépites industrielles déjà existantes en 2020 ».

Elle se concentrera sur la production de composants stratégiques, d'équipements, de solutions et de services, et les innovations (technologiques, organisationnelles, conceptuelles, de services, économiques et financières...) à développer. Si besoin, la feuille de route proposera des évolutions réglementaires ou normatives susceptibles d'accompagner la construction de cette chaîne de valeur.

Réactions1 réaction à cet article

 

Enfin ! Il aura fallu payer le prix de la crise sanitaire, pour que les intelligences se réveillent.

Jack | 11 novembre 2020 à 08h37
 
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