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Photovoltaïque : les signaux sont au vert pour relancer la production de panneaux en France

Baisse des coûts, crise du Covid et guerre en Ukraine… De nombreux facteurs plaident en faveur d'une relocalisation de la production de panneaux photovoltaïques en France. Le pacte industriel européen devrait faciliter la réalisation des projets.

Energie  |    |  S. Fabrégat
Photovoltaïque : les signaux sont au vert pour relancer la production de panneaux en France
Actu-Environnement le Mensuel N°435 Cet article a été publié dans Actu-Environnement le Mensuel N°435
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La filière photovoltaïque bénéficierait aujourd'hui d'un alignement des planètes pour relancer l'outil de production en France. Alors que de nombreux acteurs plaident depuis des années pour une relocalisation de la production des panneaux, de nombreux arguments semblent faire pencher la balance de ce côté.

La baisse des coûts de production rend la part de la facture liée au transport plus prégnante. La crise du Covid et la guerre en Ukraine ont engendré des tensions sur l'approvisionnement et souligné, si cela était nécessaire, la trop forte dépendance à la production asiatique. « Nous dépendons exclusivement de la Chine ; il est urgent de se réapproprier cet outil industriel », a déclaré Xavier Daval, le président de la branche solaire du Syndicat des énergies renouvelables (SER), lors du colloque photovoltaïque, organisé le 21 mars à Lyon.

Couvrir en partie la demande domestique

Au moment où la France, et plus globalement l'Union européenne, cherchent à renforcer leur souveraineté énergétique, relocaliser la fabrication de panneaux solaires semble primordial. La France compte à elle seule installer 4 gigawatts (GW) de solaire chaque année, pour atteindre 120 à 150 GW en 2050. « Du point de vue de l'État, c'est une nécessité d'avoir une industrie photovoltaïque dès lors que l'on prévoit une place aussi importante pour le solaire dans notre mix énergétique. Il faut avoir une politique de l'énergie et, en parallèle, une politique industrielle de l'énergie », analyse Romain Bonenfant, chef du service Industrie à la direction générale des Entreprises du ministère de l'Économie. « Le plan industriel européen prévoit de produire 40 % des éléments nécessaires en Europe, ce qui représente 15 GW », souligne-t-il.

 
La Commission va suspendre l'interdiction des aides d'État dans certains secteurs, dont la fabrication des panneaux solaires  
Vincent Bes, Photowatt
 
La Commission européenne a en effet présenté, début février, son Pacte vert pour l'Europe. Ce plan prévoit de faciliter le développement de technologies et de produits contribuant à la décarbonation de l'économie, comme le solaire, l'éolien, l'hydrogène ou encore les batteries. Pour y parvenir, les aides d'État seront facilitées pour les technologies bas carbone et les approvisionnements en matériaux critiques devraient être davantage sécurisés.

« Depuis trois ans, nous essayons de convaincre l'Europe de remettre le solaire dans la course. On y est enfin arrivés ! La Commission va suspendre l'interdiction des aides d'État dans certains secteurs, dont la fabrication des panneaux solaires : c'est un véritable changement de paradigme », se félicite Vincent Bes, le P-DG de Photowatt, l'un des seuls fabricants tricolores, basé à Bourgoin-Jallieu (Isère).

Un changement de cap nécessaire au moment où les États-Unis et l'Inde prennent la voie de la Chine, en distribuant des aides massives à la fabrication mais aussi à l'installation des productions photovoltaïques locales. « Les aides pourront atteindre jusqu'à 350 millions d'euros en France pour des investissements dans des usines. Et si on peut démontrer qu'ailleurs dans le monde des usines bénéficient de plus, l'Europe est prête à s'aligner », se réjouit ce pionnier du solaire.

Se démarquer et agir sur la demande

« Ce sera très compliqué d'aller jusqu'à la souveraineté, mais l'objectif est de rétablir un certain équilibre dans le rapport de force, estime Lucas Weiss, directeur général de Voltec Solar. Il y a une prise de conscience au niveau français et européen, mais il faut que l'ensemble des acteurs y trouvent un intérêt », poursuit cet autre fabricant français. Tous insistent en effet sur la nécessité d'agir sur un deuxième levier : le marché.

« Ce qui manque, c'est l'incitation ou l'obligation aux développeurs de se tourner vers les produits locaux, reconnait Vincent Bes. L'écart de prix est de 10 centimes par watt entre la Chine et l'Europe, soit 5 €/MWh. » Sans l'engagement de l'aval de la filière, il sera difficile de lancer de nouvelles productions locales pérennes. « Il faut des règles pour que la compétition ne soit pas faussée, des mesures qui agissent sur la demande pour flécher, inciter, voire contraindre, notamment la commande publique », insiste Paul Toulouse, directeur activité énergie chez Systovi, un fabricant basé à Carquefou (Loire-Atlantique).

D'autant que l'écart des prix avec les produits asiatiques s'est fortement réduit. « Le solaire peut être compétitif avec de la production locale. Les ordres de grandeur de prix varient selon le type de projets. Si les centrales au sol tirent les prix vers le bas, le photovoltaïque sur bâtiment peut, pour des motivations esthétiques ou climatiques (bilan carbone par exemple), tendre vers des prix plus élevés », analyse Mélodie de l'Épine, responsable de projets de recherche et développement à l'Institut Becquerel.

Les fabricants tricolores qui ont résisté l'ont fait en se démarquant de la production asiatique. « Les sociétés françaises ont su créer la différence, amener une valeur ajoutée supplémentaire : Voltec, avec des modules très bas carbone, Systovi, en développant des solutions innovantes pour les bâtiments, Photowatt, en pariant sur les wafers bas carbone… », détaille Lucas Weiss.

L'innovation est le maître mot pour résister au low cost chinois. Voltec Solar s'est ainsi associé à l'Institut photovoltaïque d'Île-de-France (IPVF) pour lancer une gigafactory misant sur la technologie du silicium pérovskite. Une ligne de production pilote devrait être lancée dès cette année, avant la mise en service d'un premier démonstrateur industriel d'une capacité de 200 MW par an en 2025, afin d'atteindre une production de 5 GW en 2030.

Une autre gigafactory devrait être mise en service d'ici à 2025 par Carbon, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Objectif : fabriquer chaque année l'équivalent de 5 GW de cellules photovoltaïques à haut rendement, de 3,5 GW de modules mono et bifaciaux ainsi que des plaquettes de polysilicium. Mais l'ambition de ses fondateurs est bien plus grande. « Nous souhaitons ouvrir six gigafoctories d'ici à 2030. Les Chinois sont compétitifs parce qu'ils ont réussi à massifier », martèle Pierre-Emmanuel Martin, président de Carbon.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour,
1 question SVP : pouvez-vous m'expliquer la mention "de 10 centimes par watt entre la Chine et l'Europe, soit 5 €/MWh" ?
(du reste, je devine que l'unité doit-être des MW et non des MWh ...).
Je vous remercie.
Patrice GUITARD - référent EnR - DDT de l'Aveyron

DDT12 | 24 mars 2023 à 10h55
 
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