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L'Initiative Rénovons propose un bouclier énergie pour protéger les ménages précaires

Face à la hausse des prix de l'énergie, les premiers chèques énergie de 100 euros sont envoyés, ce lundi, aux foyers modestes éligibles. L'Initiative Rénovons veut aller plus loin pour aider les ménages précaires en instaurant un « bouclier énergie ».

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
L'Initiative Rénovons propose un bouclier énergie pour protéger les ménages précaires

Pour répondre à la flambée des prix de l'énergie, le gouvernement a annoncé, en septembre et en octobre derniers, plusieurs mesures d'urgence. Ce lundi 13 décembre, débute l'envoi d'un chèque énergie supplémentaire de 100 euros qui sera attribué aux 5,8 millions de ménages les plus modestes déjà bénéficiaires. Ce chèque doit aider les bénéficiaires à payer leurs factures d'énergie et de chauffage, ainsi que certaines dépenses liées à la rénovation énergétique de leur logement. À partir de ce lundi, l'indemnité « inflation » de 100 euros est, elle aussi, versée pour 38 millions de bénéficiaires (qui gagnent moins de 2 000 euros net par mois) « pour protéger leur pouvoir d'achat ». Enfin, un « bouclier tarifaire » est mis en place, qui consiste à geler les tarifs réglementés du gaz (à leur niveau d'octobre 2021). Le gouvernement prévoit aussi de limiter l'augmentation des tarifs réglementés de vente de l'électricité à 4 % en février 2022.

   
Coûts et bénéfices du bouclier énergie © Initiative Rénovons
 
   

Augmenter le chèque énergie et interdire les coupures de courant

Mais pour le collectif « Initiative Rénovons », qui lutte contre la précarité énergétique des ménages, ces aides d'urgence sont insuffisantes. Les membres du collectif, dont l'association Cler-Réseau pour la transition énergétique, le Secours catholique et Schneider Electric, plaident pour instaurer, dès 2022, « un bouclier énergie », afin de « protéger durablement et efficacement les ménages confrontés à la flambée des prix des énergies ».

Ce 13 décembre, lors d'une conférence de presse, ils ont présenté dix mesures qui composent ce dispositif afin de réduire la précarité énergétique et accélérer la rénovation énergétique des logements. Pour rappel, selon l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), 5,6 millions de foyers, soit 12 millions de personnes, seraient aujourd'hui en situation de précarité énergétique. « Un chiffre relativement stable depuis dix ans, ce qui signifie une forme d'échec des politiques publiques malgré les volontés affichées, et nous craignons une aggravation de la situation avec la hausse spectaculaire des prix de l'énergie », prévient Jean Merckaert, directeur action plaidoyer France Europe du Secours catholique. Ce dernier critique le bouclier tarifaire, « qui lisse, certes, les effets de la hausse du gaz, mais finalement, qui étale la charge, et donc vient entériner des prix hauts durablement ».

 
Geler les prix et lisser les factures sur le long terme ne réduit pas le montant total de la facture à régler  
Initiative Rénovons
 
« La solution de court terme, via le bouclier tarifaire, est nécessaire mais insuffisante car elle ne répond ni aux besoins immédiats des personnes les plus touchées ni aux besoins futurs de l'ensemble des habitantes et habitants de notre pays. Geler les prix et lisser les factures sur le long terme ne réduit pas le montant total de la facture à régler », pointe ainsi le collectif.

De même, l'Initiative Rénovons appelle l'État à revaloriser le montant du chèque énergie à hauteur d'au moins 700 euros pour les 3,5 millions de ménages les plus en difficulté. « On souhaite aussi que ce chèque énergie soit automatisé le plus possible, car il y a encore, aujourd'hui, un taux de non-recours de l'ordre de 20 % », ajoute Jean Merckaert. Les membres demandent également que soient « abonder » par tous les fournisseurs d'énergie les Fonds de solidarité pour le logement (FSL) « qui doivent venir en aide aux ménages en situation d'impayés d'énergie ». Leur bouclier énergie consiste aussi à mettre en place, pour tous les fournisseurs, une interdiction des coupures de courant en cas de factures impayées. « Certains énergéticiens ont fait un pas important dans ce sens ces dernières semaines », rappelle Jean Merckaert. À l'instar d'EDF et de Plüm énergie, qui proposent un service minimum d'électricité autour de 1 000 watts.

Éradiquer les passoires, favoriser les rénovations performantes

Par ailleurs, la loi Climat d'août 2021 prévoit d'interdire de louer, dès 2025, les logements « passoires énergétiques » classés G, puis, en 2028, ceux classés F. Sur le moyen et long termes, Jean-Baptiste Lebrun, directeur du Cler-Réseau pour la transition énergétique, estime qu'il faut « prendre des mesures structurantes permettant de rénover les logements jusqu'à un niveau de consommation très bas (niveau BBC) ».

Pour le prochain quinquennat, le collectif propose de mettre en place une loi de programmation pluriannuelle pour la rénovation énergétique des bâtiments. Cette loi« regroupera l'ensemble des dispositifs budgétaires, les moyens règlementaires, fiscaux et financiers adaptés et prévoira leur évolution pour une période de cinq ans ». Il s'agit « dès 2022 et 2023, d'annoncer et de préparer une obligation de rénovation des logements à l'horizon 2030, en commençant par les mutations des passoires énergétiques (leur vente ou leur mise en location) », préconise Jean-Baptiste Lebrun. Le collectif appelle aussi à « calibrer » les aides publiques vers la rénovation énergétique performante (niveau BBC en priorité), en fonction de la situation économique du bénéficiaire, « de manière à prendre en charge 100 % du coût des travaux pour les ménages les plus modestes ».

Le collectif demande aux candidats à l'élection présidentielle de mettre en œuvre les mesures du bouclier énergie. Celles-ci permettraient des économies sur les factures pouvant atteindre en moyenne 1 100 euros par an, et d'encourager « le développement de centaines de milliers d'emplois ».

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