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L'injection de biométhane issu de station d'épuration se concrétise

La publication des textes autorisant l'injection de biométhane provenant de Step fin juin a permis le déblocage de projets comme celui de la station d'épuration de Strasbourg-la Wantzenau.

Energie  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
L'injection de biométhane issu de station d'épuration se concrétise
Environnement & Technique N°340 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°340
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La pose de la première pierre de la future unité de purification du biogaz produit à la station d'épuration de Strasbourg-la Wantzenau, mardi 2 septembre, marque le coup d'envoi de l'injection future de biométhane dans le réseau de gaz naturel local.

Ce premier pas symbolique s'inscrit dans le cadre du projet Biovalsan, soutenu par le programme Life+ de la Commission européenne.

Lancé en 2012, à l'initiative de la Communauté urbaine de Strasbourg et ses partenaires, il vise à terme l'injection de 1,6 million de m3/an de biométhane (l'équivalent de la consommation de 5.000 logements BBC).

Après une phase d'études préalables et le choix du procédé de filtration membranaire pour l'épuration du biogaz, les investissements avaient été mis en suspens dans l'attente de la modification réglementaire autorisant ces injections. La publication des trois textes règlementaires au Journal officiel le 26 juin a finalement permis de relancer les opérations.

L'unité d'épuration du biogaz devrait ainsi être installée en mai 2015 et la première injection serait prévue pour septembre 2015.

Aujourd'hui, le biogaz produit par les digesteurs de la station est valorisé sur le site par l'intermédiaire d'une cogénération chaleur-électricité. Le passage à une injection du biométhane devrait encore améliorer les performances de la station. "C'est la solution de valorisation la plus rentable sur le plan énergétique, celle qui présente le moins de pertes", a assuré lors de la visite de l'installation Daniel Karcher, directeur régional Grand Est à la Lyonnaise des Eaux, à l'AFP.

Animation de présentation de la station d'épuration de Strasbourg-la Wantzenau par les porteurs du projet © Data Projekt - Réseau GDS
 

La filtration membranaire devrait permettre de transformer le biogaz en biométhane (avec une teneur en méthane supérieure ou égale à 97%) avec un taux de perte inférieur à 1%. Elle assure une stabilité dans le biométhane produit (variation de composition des effluents traités dans une station d'épuration).

D'une manière générale, les composants principaux du biogaz sont le méthane (60 à 65%), le dioxyde de carbone (35 à 40%), l'eau, l'azote, l'hydrogène sulfuré, l'oxygène, des composés aromatiques, des composés organo-halogénés (chlore et fluor) et des métaux lourds.

Le CO2 contenu dans le biogaz, sera récupéré en totalité pour potentiellement être valorisé localement à terme. Les partenaires envisagent ainsi de l'utiliser par exemple pour la culture sous serre (les végétaux transformeraient le carbone en matière végétale).

L'investissement global hors subventions du programme LIFE+ (dont le co-financement s'élève à 50% des investissements) représente près de 4 millions d'euros, amortissables sur 15 ans.

Gérer l'augmentation du volume de boues, grâce à l'injection

Dans la course à la première injection nationale de biométhane dans un réseau, la Communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole (Métro) se situe également en bonne position avec la modernisation (investissement prévisionnel de 43 millions d'euros) de sa station d'épuration (en régie) Aquapôle.

Pour gérer l'augmentation du volume de ses boues d'épuration, liée à l'installation d'une troisième étape de traitement de dénitrification, la Métro a opté pour une méthanisation de ses boues (aujourd'hui en majorité incinérées et utilisées comme compost pour la part restante). Le biogaz produit sera en partie utilisé par Aquapôle (20 à 30%) et l'excédent devrait également être purifié et injecté dans le réseau de gaz naturel.

Les méthaniseurs devraient être opérationnels d'ici la fin de l'année. Et la Métro est en cours de contractualisation (marché de concession de travaux) avec un groupement d'entreprises pour l'épuration du biogaz et l'injection de biométhane.

Ces deux initiatives pionnières permettront un retour d'expérience encore inexistant en France.

Elles pourraient également inciter d'autres villes à franchir le pas. Lors du colloque national biomasse, Ségolène Royal envisageait ainsi un objectif pour l'injection réseau du biométhane "de l'ordre de 10%" de la consommation française de gaz.

Pour sa part, le syndicat national des entreprises du traitement de l'eau (Synteau) estimait insuffisants les tarifs prévus par la réglementation.

Autre point d'interrogation : la garantie de la consommation de cette production dans un contexte de réduction nationale de l'utilisation du gaz. Et dans certaines régions, le fait que le biométhane ne puisse pas remonter du réseau de distribution au réseau de transport national de gaz pourraient constituer une limite au développement de la filière.

Réactions9 réactions à cet article

 

1.6 millions de m3/an = 2 MW PCS de puissance injecté dans le réseau de gaz naturel pour un investissement de 4 M€, ça fait du 2 000€/kW.

Uniquement pour l'épuration du biogaz, l'odorisation et l'injection de biométhane. Si on rajoute les investissement de digestion des boues, de déshydratation du digestat et de traitement des jus, on se demande comment s'équilibre l'économie d'un tel projet

Peut être par les contributions du contribuable?

mobar | 04 septembre 2014 à 10h27
 
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Avec les problème d'approvisionnement et d'indépendance énergétique de la France pour les hydrocarbures je pense que l'injection de bio méthane dans les réseaux d'assainissement à toute sa place.
Quand bien même il ne serait pas possible de l'injecter, il y aurait certainement moyen de la stocker et de l'utiliser comme biocarburant pour faire rouler un parc de camions de collecte d'ordures par exemple. Je crois que cela se fait déjà du côté de Strasbourg justement.

Terra | 04 septembre 2014 à 10h28
 
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Mobar :

Vous oubliez de base dans le calcul les 50% de financement de life +. Diminuant le coût pour la collectivité à 2m d'€

Par ailleurs je ne comprend pas votre calcul : d'où tirez vous le 2 MW PCS ?
Parce que le PCS du gaz naturel (97 % de méthane) c'est 11.3 kwh/m3.

Donc avec 1.6 millions de m3 de gaz on a 18M kwh équivalent gaz naturel.
soit 22 ct du kwh. Alors certes le prix du gaz naturel est de 9-10 ct du kwh mais on est loin du 2000 € non ?

Et si on compte le financement de life+ on tombe à 11 ct du kwh.

Enfin, une fois ces équipements amortis le biogaz sera encore moins cher.

Comme on le voit avec les problèmes de politique étrangères, s'assurer une production de gaz a ce prix c'est plus que correct (je ne prend pas en compte les retombées annexes : richesse produite sur place, travail, ...)
Alors certes, on ne va pas chauffer la France avec ça car la production est ridicule. Mais c'est déjà mieux que d'incinérer les boues ou de les épandre non ? (il reste la gestion des digestat on est d'accord)

Je suis loin d'être callé en gaz, aussi mes calculs peuvent comporter des erreurs mais définitivement le pri du kw ne peut être de 2000 € ... les élus ne sont pas si stupides.

Terra | 04 septembre 2014 à 11h00
 
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De plus, ce bio-gaz existe, et comme le méthane, composant majoritaire est un très puissant gaz à effets de serre, on ne peut le larguer dans l'atmosphère, certain le brule mais alors on produit du gaz carbonique et autres polluants ce qui n'est guère mieux. On se retrouve sur la rentabilité des investissements concernant l'environnement, en plus de la rentabilité propre il faut prendre en compte les avantages environnementaux du projets et donc la réduction des dépenses induites par ces pollutions.

Duport Claude | 04 septembre 2014 à 12h00
 
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Contribuer financièrement à quelque chose de positif me parait tout à fait acceptable, si vos calculs sont justes "mobar", ça nous changerait un peu

lio | 04 septembre 2014 à 12h01
 
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je ne comprends pas la fin...
"Et dans certaines régions, le fait que le biométhane ne puisse pas remonter du réseau de distribution au réseau de transport national de gaz pourraient constituer une limite au développement de la filière."
merci de m éclairer

aneth | 04 septembre 2014 à 19h10
 
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L'utilisation de ce gaz ne pose pas de problème particulier, il était utilisé autrefois (peut-être encore) dans les fermes qui en produisaient dans des sorte de tour à lisier ; utilisation pour la cuisine et parfois le chauffage, mais les paysans avaient aussi le bois. Idem pour l'utilisation comme carburant entre les deux guerres mondiales et un peu après en parallèle de véhicules électrique, car ce n'est pas du tout nouveau les véhicules électriques !
L'injecter dans le réseau a posé la question de la corrosion des canalisations, apparemment résolues.

En Allemagne il a fallu mettre un frein à la production de ce gaz, car quelques-uns le produisaient à des fins industriels, petits industriels.

Maurice | 05 septembre 2014 à 08h07
 
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Toutes ces discussions, certes utiles et intéressantes, sont comparables avec celles qui concernent la Géothermie Profonde, càd qu'on tourne en rond,alors que le gaz ,bio ou pas représente une énergie potentielle trop longtemps ignorée , comme celui qui alimentait les torches des raffineries , puis enfin utilisé pour le chauffage des fours. Oui, toutes les sources de gaz, naturelles ou industrielles comme la Biomasse et les déchets , devront être valorisées pour compenser les fermetures des Centrales Nucléaires et Raffineries. Le charbon ne doit être qu'un complément car trop polluant

arthur | 05 septembre 2014 à 11h40
 
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Merci pour ce très bon article factuel et non militant. Belle réalisation à Strasbourg. Pour vérifier les facteurs économiques, on doit pouvoir contacter la collectivité. Une suite au prochain numéro?

Albatros | 05 septembre 2014 à 15h50
 
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