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Mieux connaître les « mauvaises herbes », pour mieux les gérer

Biodiversité  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Contrairement aux idées reçues, la présence de « mauvaises herbes » dans les champs n'entraînerait pas forcément de pertes de rendement, même sans désherbage. C'est ce que montrent des chercheurs de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) et de la Scuola Superiore Sant'Anna à Pise (Italie).
« La nuisibilité des adventices a majoritairement été étudiée par le passé en se focalisant sur la compétition d'une espèce adventice sur une culture. Cependant, peu d'études ont quantifié l'effet d'une communauté complexe (plusieurs espèces adventices), ce qui est pourtant souvent le cas dans les parcelles agricoles », explique l'Inra.
Pourtant, les pertes de rendement seraient liées à la prédominance d'une ou plusieurs adventices compétitrices. En revanche, la présence d'une flore spontanée diversifiée, aux caractéristiques biologiques variées, « peut permettre une complémentarité dans l'usage des ressources (lumière, eau, azote…) que se partagent les adventices et la culture, et ainsi réduire l'intensité de la compétition ».

Les espèces dominantes dans le viseur

Pendant trois ans, les chercheurs ont évalué la présence d'adventices dans des parcelles de céréales d'hiver (36 non-désherbées, 18 désherbées au cours de la saison). « Les scientifiques ont établi que quatre communautés d'adventices, parmi les six identifiées, génèrent des pertes de rendement, en absence de désherbage, variant de 19 % à 56 %. Le nombre d'épis par pied et de grains par épi (composantes du rendement) ont été systématiquement affectés lorsque des pertes de rendement ont été détectées ». Mais lorsque ces adventices sont diverses, la compétition avec la culture est réduite.
Ces résultats, à confirmer dans d'autres situations de culture, ouvrent des pistes pour la gestion de la flore adventice et les pratiques de désherbage, qui pourraient cibler seulement les espèces compétitrices mais aussi les dominantes.

Réactions3 réactions à cet article

 

Allez l'INRA, encore un petit effort et on va se rendre compte, études à l'appui, que la biodiversité sauvage présente plein d'atouts pour l'agriculture !

Pégase | 19 novembre 2019 à 12h30
 
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Cette étude de "malherbologie" (étude des mauvaises herbes) ne manque pas d'intérêt intrinsèque. Et si le spectre des baisses de rendements agricoles pouvait être repoussé autrement que par l'utilisation du désherbage chimique, je serais l'un des premiers à y contribuer.

Mais après lecture de l'article ci-dessus, qui relate fidèlement le communiqué de presse de l'INRA, je me permets de présenter les observations suivantes:
- L'INRA a étudié un échantillon de 54 zones de culture de céréales d'hiver, dont 36 non desherbées et 18 desherbées, sur 3 années d'échantillonnage: Il eût été plus pertinent de se pencher sur un échantillon comprenant 27 zones non desherbées et 27 zones desherbées et d'indiquer, pour les zones desherbées, les éventuelles différentes méthodes de désherbage.
- L'INRA a constaté, sans surprise pour moi, que 4 communautés d'adventices (ensemble d'espèces d'herbes non semées), parmi les 6 communautés d'adventices répertoriées dans cet échantillon, ont généré, EN L'ABSENCE DE DESHERBAGE, des pertes de rendement variant de 19% à 56%. L'INRA n'a pas, autant que je sache actuellement, indiqué le degré d'impact sur les rendements des 2 autres communautés d'espèces d'adventices qu'elle a relevées, dans cet échantillon.

Dès lors, affirmer que "toutes les communautés d'adventices ne génèrent pas de perte de rendement" ne peut être accepté, du moins scientifiquement et pour l'instant.

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 20 novembre 2019 à 15h26
 
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@Euplectes, le papier a été publié dans nature. Bien que ne l'ayant pas lu puisqu'il est payant, je fais assez confiance à cette revue pour penser que chacun des choix que tu remets en cause sont justifiés (dans le sens expliqués) dans l'étude.
Le résumé sur nature.com indique que la biomasse des communautés d'adventice baissait jusqu'à 83% en opposition à l'équitabilité de la communauté d'adventice alors que la production de la culture augmentait de 23%. Ils n'ont pas voulus communiquer sur ce dernier chiffre par prudence sans doute mais de toute façon ces conclusions doivent être vérifiées dans d'autres contextes avant d'être utilisables.

bIBU | 21 novembre 2019 à 17h24
 
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