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Les détails de l'intégration des forêts dans le marché du carbone continuent de faire débat

Validée en 2007 à l'occasion de la conférence internationale de Bali, l'intégration des forêts au marché du carbone est en cours de négociation. Plusieurs points restent encore à régler d'après une étude de la Mission Climat de la Caisse des Dépôts.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Les détails de l'intégration des forêts dans le marché du carbone continuent de faire débat
   
Le potentiel d'absorption du carbone atmosphérique par les plantes est connu depuis très longtemps et fait l'objet de toutes les attentions scientifiques dans un contexte de réchauffement global et de nécessaire maîtrise du taux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Il est déjà pris en compte dans le protocole de Kyoto à travers la notion des puits de carbone. Concrètement il est possible d'obtenir des crédits de carbone en plantant des arbres. Cependant rien n'est prévu à l'heure actuelle au sujet de la déforestation.
Pourtant la déforestation notamment tropicale est responsable de 15 à 20 % de l'ensemble des émissions humaines de gaz à effet de serre (GES). L'empêcher peut donc se traduire en émissions de CO2 évitées ce qui pourrait théoriquement être traduit en crédits de carbone. Le principe d'intégration de la non-déforestation dans les mécanismes de protocole de Kyoto a été validé en décembre 2007 à Bali par les signataires de la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) est désormais un outil de lutte contre le changement climatique à part entière qui devrait être opérationnel dès 2013. Les négociations se poursuivent pour définir les modalités d'intégration au prochain protocole international qui prendra la révèle de celui de Kyoto.

La difficile évaluation des stocks de carbone

Une étude de la Mission Climat de la Caisse des dépôts publiée récemment soulève ainsi plusieurs questions. La définition du terme « forêt » par exemple doit être commune. Selon la FAO, une forêt est une étendue terrestre d'une superficie supérieure à un demi-hectare, dont au moins 10 % de la surface est recouverte d'arbres mais le protocole de Kyoto est à l'heure actuelle moins précis. Par ailleurs, évaluer la quantité de carbone stocké par hectare est une tâche ardue. Les résultats varient énormément selon les conditions locales, le type de foret et sa gestion. Côté déforestation chaque continent a son propre contexte même si l'agriculture est la cause de déforestation la plus fréquente.
Le rapport de la mission climat note également que le secteur forestier n'est pas en vogue dans le cadre des mécanismes de développement propres (MDP) : en 2007, les projets forestiers représentaient seulement 0,1 % de l'offre en crédits MDP et ces crédits forestiers s'échangeaient à environ 2-3 €/tCO2, c'est-à-dire 65 à 80 % de moins que les autres crédits MDP, expliquent les auteurs. Les initiatives REDD n'attirent pas les investisseurs et sont surtout réalisées dans le cadre de la compensation carbone volontaire : les émissions réduites par ces initiatives sont financées par des entreprises ou des particuliers qui souhaitent volontairement compenser leurs émissions de GES.

Une connexion délicate avec le marché du carbone

Malgré tout, les réflexions avancent. Le rapport explique par exemple que les techniques de télédétections peuvent permettre de cartographier les territoires et de connaître l'évolution des forêts et par conséquent les stocks de carbone. Ce type de capacité de contrôle est de plus en plus fréquemment exploité par les pays pour contrôler la déforestation en temps réel, remarquent les auteurs.
La question est ensuite de savoir comment connecter ces stocks au marché du carbone afin de leur donner de la valeur. Selon le rapport de la Mission Climat, trois options sont possibles : établissement d'une taxe sur les MDP, recours aux revenus issus des ventes aux enchères et création de crédits REDD négociables. Une taxe pourrait être prélevée sur chaque vente de crédits carbone issus des MDP ou sur les revenus des ventes aux enchères des quotas CO2 afin de récompenser les initiatives REDD. La troisième option consiste à convertir les réductions des émissions dans le cadre des initiatives REDD en crédits carbone pouvant être vendus aux industries ou aux pays à des fins de conformité.

Ces trois solutions sont en cours d'étude et de négociations au sein des instances internationales. La vigilance est de mise car il ne faudrait pas déstabiliser le marché du carbone. Selon le rapport, les initiatives REED pourraient représenter plus d'un milliard de tonnes de CO2 par an soit autant de crédits carbone. L'arrivée sans précaution sur le marché d'un si grand nombre de crédits risquerait de faire baisser le prix du carbone et réduirait les efforts de réduction d'émissions.

Réactions1 réaction à cet article

 
foret et biodiversité

les forets anciennes sont a la fois des puits de carbonne et des sources de biodiversité tres importantes et devraient a ce titre bénéficier de double credit,la perte de biodiversité (qui se chiffre en milliards d'euros)etant aussi importante que le réchauffement climatique.

lio | 27 septembre 2008 à 11h00
 
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