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L'intelligence artificielle dope l'anti-gaspillage et l'économie circulaire

La clé de la réussite en matière d'économie circulaire et d'anti-gaspillage est de réussir à mettre en contact de manière pertinente les détenteurs d'une ressource avec un usager potentiel. L'intelligence artificielle ouvre de nouvelles potentialités.

Déchets  |    |  Cécile Clicquot de Mentque Actu-Environnement.com

Le principe des plateformes d'échange ou de vente de ressources (déchets ou coproduits) ne date pas d'hier, même s'il y a 20 ans on appelait cela des "bourses de déchets". Leur développement s'est opportunément accru avec une prise de conscience de la limitation, voire raréfaction des ressources mais aussi plus globalement des enjeux de changement climatique qui imposent de généraliser les stratégies d'économie circulaire et de lutte contre toute forme de gaspillage.

Mettre en contact les détenteurs de ressources et les potentiels utilisateurs n'est cependant pas aussi simple qu'il y paraît. Le foisonnement de ressources et d'exutoires compliquant les croisements. Difficile aussi d'envisager alerter toute une communauté si elle n'est pas bien qualifiée. D'où le recours de plus en plus fréquent aux outils d'intelligence artificielle pour gagner en efficacité et en valeur ajoutée dans les échanges.

Analyse les données pour connecter les bons acteurs

Quelques exemples dans des registres différents illustrent cette évolution. La startup UpCyclea, par exemple, met en œuvre une plateforme baptisée "éco-matériauthèque" qui va recenser et gérer les informations relatives aux ressources usagées disponibles (matières, déchets, équipements), mais aussi entrer les besoins du marché et toutes les données pertinentes sur les acteurs de l'écosystème. Ainsi, quand une ressource est disponible, la plateforme trouve le meilleur exutoire grâce à des algorithmes intelligents qui vont analyser automatiquement le descriptif des matières ou produits ou les activités et compétences du marché susceptibles d'utiliser les ressources, et ce, en tenant compte des coûts logistiques. L'objectif est de permettre non seulement une identification rapide des filières les plus pertinentes mais surtout une rentabilité optimale pour faciliter ce processus d'économie circulaire.

On retrouve cette même logique d'analyse intelligente du descriptif des ressources disponibles dans les travaux de la startup néerlandaise Excess Materials Exchange, récemment mise à l'honneur par les prix remis aux "Innovateurs de moins de 35 ans" par la MIT Technology Review. Cette entreprise développe une place de marché qui permet, grâce à l'intelligence artificielle, de créer le maximum de valeur ajoutée en identifiant l'exutoire le plus intéressant. Plusieurs succès ont déjà été enregistrés à l'image de la valorisation de déchets de tulipes en fin de saison auprès d'une entreprise produisant des pigments naturels. Un autre exemple est la valorisation de fruits abîmés en un cuir végétal produit par une autre entreprise de pointe.

Une deuxième vie pour les fruits et légumes

Enfin, on soulignera le déploiement de l'application française Pepino, plateforme totalement orientée sur la problématique du gaspillage des fruits et légumes, développée par la société OuiGreens !. Celle-ci vise à mettre en relation les producteurs ou distributeurs avec les acteurs locaux en capacité de trouver un usage pour les produits, et ce, non seulement en fonction des quantités mais aussi de leur état, parce que ces critères influent fortement sur les débouchés possibles.

C'est donc la plateforme qui, grâce à des algorithmes intelligents, fait le lien entre les produits et les acheteurs potentiels et n'avertit qu'un seul acheteur prioritairement profilé pour chaque lot. Cette approche permet de vendre des lots moins courants et surtout d'augmenter le taux de valorisation. Il atteint aujourd'hui 50 %, soit le double des taux de valorisation constatés dans les systèmes de cession aux particuliers et aux associations. Ayant fonctionné pendant plusieurs mois sur la zone de Nice, l'application doit se déployer progressivement par territoire tout au long de 2019.

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