En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Néonicotinoïdes et épandage de pesticides : premiers désaccords au sein du gouvernement

Après les déclarations contradictoires des ministres de l'Ecologie et de l'Agriculture par médias interposés, le Premier ministre Edouard Philippe a indiqué que le gouvernement ne reviendrait pas sur l'interdiction des néonicotinoïdes.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

En révélant un document de travail du gouvernement daté du 21 juin, RMC a mis à jour les discordes au sein de la nouvelle équipe gouvernementale. Ce document prévoit de revenir sur l'interdiction des néonicotinoïdes, de l'épandage aérien des pesticides et de supprimer l'autorisation allégée pour les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP). Le Premier ministre a sifflé la fin de la partie par voie de communiqué en fin de matinée : "Par la loi du 8 août 2016 sur la reconquête de la biodiversité, la France a décidé l'interdiction de l'utilisation des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018, en raison de leurs effets négatifs pour les insectes pollinisateurs. […] Dans le cadre des discussions sur le projet de loi 'Droit à l'erreur', le Gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016. Cet arbitrage a été pris à l'occasion d'une réunion tenue à Matignon le 21 juin dernier".

Plus tôt dans la matinée, le sujet a donné lieu à des déclarations contradictoires de la part des deux ministres concernés, par médias interposés. "Les interdictions de néonicotinoïdes et [l']épandage aérien ne seront pas levées, les arbitrages ont été rendus en ce sens", a affirmé le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, sur Twitter, lundi matin. Son collègue de l'Agriculture, Stéphane Travert, a été moins affirmatif lors de son passage sur BFM TV : "L'arbitrage [sera] celui du Premier ministre. Nous devons avoir une discussion avec mon collègue Nicolas Hulot, moi je suis totalement ouvert à cette discussion, je n'ai pas de difficulté à avoir une discussion avec lui sur la manière dont nous devons sortir de ce sujet. Puisque nous ne sommes pas conformes au droit européen, trouvons les sorties". Le tout nouveau ministre de l'Agriculture a notamment évoqué la possibilité de dérogations, pour certains néonicotinoïdes qui n'auraient pas de produits de substitution. La loi prévoit que les dérogations ne soient possible que jusqu'en 2020.

Ne pas aller plus loin que la réglementation européenne ?

Stéphane Travert laissait entendre que la France renoncerait à aller plus loin que ce que prévoient les textes européens. Pour rappel, la loi sur la biodiversité prévoit l'interdiction progressive, à partir du 1er septembre 2018, de sept substances de la famille des néonicotinoïdes, pointées du doigt pour leurs impacts sur les abeilles notamment. L'Union européenne n'envisage d'interdire que trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiamétoxame). L'exécutif européen aurait d'ailleurs demandé à la France de renoncer à l'interdiction des autres substances.

Sur l'épandage aérien des produits phytosanitaires, la France prévoyait de l'interdire tout en maintenant la possibilité de signer des dérogations pour un nombre de cultures restreint comme la vigne et les cultures de riz, comme le permet la directive européenne de 2009. Selon Générations futures, le document gouvernemental envisage d'allonger la liste des dérogations jusqu'au maximum de ce que permet la réglementation européenne.

Enfin, sur les PNPP, la loi d'avenir agricole a créé une procédure d'autorisation simplifiée, pour accélérer leur accès au marché. Mais depuis, le ministère de l'Agriculture trainait des pieds pour inscrire de nouveaux produits sur la liste des substances concernées.

Réactions2 réactions à cet article

 

lE PLUS PRÉOCCUPANT DANS CETTE AFFAIRE EST LA FORMIDABLE PERMÉABILITÉ DES SERVICES DU MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE AUX DIRECTIVES ET CONSIGNES DE LA FNSEA.
Il est grand temps que cette administration retrouve un peu de dignité et retrouve sa mission d’intérêt général plutôt que d'outil corporatif.

le neurone en vadrouille | 27 juin 2017 à 11h04
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Le plus préoccupant dans cette affaire est la formidable perméabilité des services du ministère de l'environnement aux directives et consignes de la FNH.
Il est grand temps que cette administration retrouve un peu de dignité et retrouve sa mission d'intérêt général plutôt que d'outil propagandiste.

Albatros | 28 juin 2017 à 18h31
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…