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Actu-Environnement

« On essaie de sauver ce qui peut l'être par des pêches de sauvetage »

La France connaît une sécheresse exceptionnelle assortie de canicules. Jean-Paul Doron alerte sur ses conséquences dramatiques sur les rivières et la faune piscicole, et explique les actions à mettre en œuvre.

Interview  |  Biodiversité  |    |  Laurent Radisson
   
« On essaie de sauver ce qui peut l'être par des pêches de sauvetage »
Jean-Paul Doron
Vice-président de la Fédération nationale de la pêche en France, FNPF
   

Actu-Environnement : Le niveau d'étiage et les températures de l'eau constituent-ils un phénomène exceptionnel cette année ?

Jean-Paul Doron : C'est dramatiquement exceptionnel, avec, malgré tout, des situations contrastées selon les départements et suivant la nature géologique des sols. Les cours d'eau sont soit sur des bassins sédimentaires, soit sur des socles granitiques, comme la région Ouest. Pour ces derniers, il n'y a aucun apport complémentaire qui vient soutenir le débit, à part le ruissellement. Aujourd'hui, ce qui est sûr, c'est qu'on n'a jamais connu de tels assecs, même en 1976, qui est une référence, ou en 2003. Certains cours d'eau sont des chemins de randonnée alors qu'ils n'avaient jamais été asséchés. Il y a des éléments aggravants suivant les régions. Dans les Deux-Sèvres, par exemple, on a déjà des sécheresses hivernales liées à l'alimentation des retenues de substitution, qu'on n'arrive d'ailleurs plus à remplir maintenant. Certes, c'est une crise qu'on n'a jamais connue, mais ça fait plus de dix ans que l'on constate une baisse récurrente du débit des cours d'eau. Elle n'est pas liée uniquement aux sécheresses et il faut aller chercher les causes ailleurs.

AE : Quelles sont les conséquences en termes de mortalité piscicole ?

JPD : C'est très variable en fonction du milieu, de la nature des espèces concernées, de leur fragilité, mais aussi de l'élévation des températures de l'eau. À 20 °C, on est proche de la température létale pour la truite fario. Les poches d'eau formées par des barrages ou des moulins ne sont pas la bonne solution. Ces masses d'eau inertes se réchauffent très rapidement, car il n'y a pas de renouvellement. S'y ajoutent des phénomènes d'évaporation, de sédimentation et d'eutrophisation très importants. La faune dans ces retenues n'a rien à voir avec le milieu naturel, puisque ce sont souvent des chevennes, des brochets ou des gardons, alors qu'on est sur des eaux salmonicoles où vit normalement la truite. Là où l'on pense qu'il y a beaucoup d'eau, c'est en fait pire que là où l'on a un écoulement naturel. Les températures sur une rivière naturelle sont beaucoup plus faibles que dans des milieux eutrophisés ou aménagés.

AE : Les dérogations accordées à certaines centrales nucléaires pour rejeter des eaux plus chaudes posent-elles des difficultés ?

JPD : Aujourd'hui, il y a des rejets qui sont effectivement plus chauds, donc une élévation des températures et une baisse de l'oxygène dissout dans l'eau. Pour autant, on n'a pas constaté de mortalité directe, mais on a aussi affaire à des espèces beaucoup moins exigeantes que des salmonidés, et sur des périodes où il n'y pas de flux migratoires. Par contre, il peut y avoir une mortalité ponctuelle en période nocturne quand il y a une surconsommation de l'oxygène dissout dans l'eau par les algues aquatiques liées à l'eutrophisation. En cas de très forte invasion d'algues, la teneur en oxygène peut chuter à des niveaux dangereux, voire létaux, et entraîner cette mortalité.

AE : Certaines espèces déjà fragilisées risquent-elles de disparaître ?

JPD : On a des espèces qui risquent d'être plus que fragilisées, notamment parce qu'elles sont présentes en tête de bassins versants. C'est le cas de la mulette perlière, un mollusque bivalve qu'on trouve en Bretagne, en Normandie et dans le centre de la France. Cette espèce vit sur des radiers, dans le sable, et ne se déplace pas alors qu'un poisson a la capacité de le faire. On la surveille comme l'huile sur le feu. Pour l'instant, ça tient le cap, mais on est dans une situation d'étiage qui a pratiquement deux mois d'avance. S'il n'y pas de pluie d'ici la fin de la période d'étiage, début octobre, la situation va être très compliquée. On a des populations de mulettes qui ont 80 ans. Si les radiers ne sont plus immergés, elles vont mourir. Les espèces piscicoles sont, quant à elles, plutôt sur des cycles de trois à cinq ans. S'il reste un stock ponctuel de géniteurs, la nature est en mesure de se régénérer. Mais il y a des secteurs qui sont malheureusement anéantis. Il faudra voir comment réensemencer. La difficulté vient du fait que l'on a des espèces génétiquement autochtones, associées à leur milieu, et on peut avoir différentes souches selon les bassins versants. Il n'est pas question d'introduire des souches qui n'ont rien à faire dans ces milieux. On n'a d'ailleurs pas de réserves à disposition. Plutôt que d'agir sur le facteur biologique, il vaut mieux agir sur le facteur physique et l'accessibilité des poissons. Les espèces ont une très grande facilité à recoloniser les milieux, pour peu que ceux-ci soient en état et que la qualité de l'eau soit au rendez-vous. Ce sont d'ailleurs les années les plus compliquées durant lesquelles on a les meilleurs retours en matière de reproduction. La nature est bien faite.

AE : Quels sont les secteurs anéantis ?

JPD : Ce sont ceux qui ont subi les affres des travaux d'hydraulique agricole connexes au remembrement, avec des recalibrages de cours d'eau : approfondissement, élargissement du lit, suppression de la végétation rivulaire. Sont aussi en cause le drainage des zones humides et hydromorphes, ainsi que la suppression des prairies.

AE : Les effets du réchauffement climatique sont-ils constatés sur les espèces ?

JPD : Plus les eaux vont se réchauffer, plus on va avoir des espèces qui vont remonter vers le nord et d'autres disparaître. Des espèces exotiques envahissantes, comme le Pseudorasbora, colonisent des secteurs où elles n'étaient auparavant pas en mesure de s'implanter et de se reproduire. On a aussi une modification profonde de la cohorte des populations. On voit apparaître des cyprinidés de type rotangles ou gardons dans des secteurs où l'on avait des espèces de cours d'eau intermédiaires. Il y a aussi un phénomène de dynamique de population. La modification des habitats et le réchauffement des eaux favorisent certaines populations plus productives, avec des phénomènes d'opportunisme. C'est le cas de l'aspe, dont la population explose dans la Loire après avoir colonisé le Rhin. Le silure, quant à lui, est malheureusement toujours en phase ascendante. On a par ailleurs constaté la diminution de la taille et du poids de certaines espèces de poissons, comme le saumon de printemps, qui passe deux ou trois hivers en mer. C'est lié aux changements climatiques.

AE : Est-il possible de mettre en œuvre des actions immédiates face à la sécheresse ?

JPD : On essaie de sauver ce qui peut l'être par des pêches électriques de sauvetage. Le champ électrique attire le poisson et l'anesthésie très brièvement, ce qui permet de le faire remonter en surface et de le récupérer à l'aide d'épuisettes. Le transport se fait dans des remorques sous oxygène. Outre les autorisations réglementaires, cela pose des difficultés d'organisation et implique des coûts liés aux hommes, salariés des fédérations de pêche et bénévoles, ainsi qu'aux moyens techniques à mobiliser. Le prix moyen d'une pêche de sauvetage est compris entre 1 800 et 2 000 euros, financé par les fédérations, mais cela peut varier du simple au double suivant le contexte. Ces mesures d'urgence modifient également le calendrier des interventions des fédérations. Souvent, à cette époque, on a des pêches d'inventaires environnementaux dans le cadre des réseaux de suivi de la directive-cadre sur l'eau ou des indices d'abondance truite ou anguille. On est donc obligé de les décaler ou alors de les annuler. Nous avons déjà effectué de 10 à 20 pêches de sauvetage par département, mais c'est toujours du cas par cas, car le remède peut être pire que le mal. La pêche de sauvetage n'est valable que dans certaines conditions. À certains endroits, on ne peut rien sauver, car on stresse un peu plus le poisson, on l'expose à des chocs thermiques et on doit trouver des endroits où il reste un peu d'eau pour les relâcher. Ce qui peut s'accompagner d'une forte mortalité. Il vaut mieux parfois laisser les poissons dans des poches d'eau, ne pas les stresser, et attendre un orage qui renouvellera la masse d'eau.

AE : N'est-il pas nécessaire de restreindre la pêche ?

JPD : La restriction de pêche s'attaque à la conséquence. De toute manière, les pêcheurs ne vont pas sur le bord de la rivière en ce moment, car les conditions ne sont pas favorables pour pêcher. Ou alors ils vont sur de grandes rivières ou de grands fleuves. De plus, les poissons ne sont pas mordeurs en cette saison, car ils se préparent pour remonter et pour frayer. C'est aux causes et à l'inaction régalienne qu'il faut s'attaquer, et de façon collective.

AE : Quelles sont les actions de fond à mener ?

JPD : On ne peut pas dissocier les causes de la sécheresse, aggravée par le changement climatique et les épisodes caniculaires, de tout ce qui a été fait pour ne plus retenir l'eau en tête de bassin versant, les aménagements agricoles, mais aussi l'urbanisation. Il en est de même pour les inondations, car « aux mêmes causes, les mêmes effets ». L'hydromorphologie, la préservation du lit mineur et du lit majeur d'un cours d'eau sont essentielles. La nature peut s'adapter pour peu que l'on ait, à l'échelon du bassin versant, un certain nombre d'éléments naturels qui permettent de garder de l'eau et d'en restituer graduellement. L'enjeu est donc de faciliter la connectivité des cours d'eau, de restaurer la continuité écologique et l'hydromorphologie du cours d'eau et des zones humides. Il s'agit de prioriser les solutions fondées sur la nature. Malheureusement, on est encore dans une logique de déménagement paysager. Ce n'est plus possible ! On va vers la désertification des territoires. Il faut prendre conscience que derrière chaque robinet, il y a une rivière. Lorsque l'eau ne coulera plus au robinet, ce sera l'électrochoc. On y arrive.

Réactions26 réactions à cet article

 

En pleine sécheresse le gouvernement vient de lancer les alertes inondations en France ... Une pluie, même forte, n'est pas un raz de marée mais elle ne devient AUTOMATIQUEMENT si on ne retient pas l'eau : Retenir en AMONT pour ne pas inonder en AVAL, c'est la base de l'hydrologie depuis des millénaires mais pas de l'administration française qui, depuis plus de 20 ans, facilite l'écoulement de l'eau en détruisant TOUS les systèmes de retenues ... . Dans les rapports du GIEC il est clairement écrit qu'il n'y aura pas moins d'eau mais une dégradation dans la répartition annuelle des pluies (inondations et sécheresses) ! Inondation c’est quand l’eau repart trop vite vers la mer, sécheresse c’est quand elle est repartie trop vite… . Les pompiers n'en ont pas encore fini avec les feux qu''ils vont enchainer avec les inondations ... . Actuellement les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations (La Sèvre Niortaise est à 75%) alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30% ... ce qui provoque des inondations ET un assèchement mathématique des bassins hydrologiques. Avec 10% du volume des inondations on ne parlerait plus de sécheresse. . Une ville rejette en moyenne dans la rivière, par son assainissement collectif, 4 à 6 fois plus d'eau que sa propre consommation (eaux usées et eaux de ruissellement) . La SEULE et UNIQUE façon de manquer d'eau douce c'est de renvoyer trop de pluie dans la mer ! .

laurent | 29 août 2022 à 09h22
 
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Dans ma région, celle ou Zola situe son roman "La Terre", sécheresse puissante, mares à sec, les animaux sauvages ont soif. Il y a encore des agriculteurs qui arrosent avec de puissants jets en plein soleil... ils sont sans doute le droit, les corbeaux viennent se doucher dans le jet!
Nous avons disposés de petits bassins pour las oiseaux et autres bestioles.
Le sol est encore humide en profondeur, les arbres anciens résistent bien.
Tout est très sec, nous avons mis des tuyaux partout en cas d'incendie.
Il me semble que notre corps souffre aussi du manque d'humidité dans l'air, nous faisons partie du vivant.
Les ronces prolifèrent, avec de très bonnes mûres.
Les pommes sont en avance sur leur maturité, certaines sont maigrichonnes.
Faut-il creuser partout des bassins de rétention, en demandant aux "écologistes" de ne pas les détruire ?
Notre station d'épuration fonctionne, l'eau de la commune arrive, nous la rejetons, nettoyée, dans notre terrain (grand fossé).
Il faut dire que nous habitons une ancienne ferme. Comme les autres, elle est au point bas car il fallait une mare pour les animaux.
Notre puits, utilise avec parcimonie pour faune et flore, baisse mais survit.
De tout cela la leçon est claire, il faut changer nos façons de vivre, de manière intelligente, sans tomber dans les excès.
Ainsi j'ai utilisé sur mon téléphone un outil pour voir les avions, on voit les petits jets privés. Il y en a bien peu par rapport aux gros porteurs qui nous emportent en vacances.

28plouki | 29 août 2022 à 12h47
 
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vous avez joué aux apprentis sorciers en supprimant des seuils dans lesquels justement les poissons et toute la faune venait se réfugier, reconstruisez ses seuils en faisant payer ceux qui les ont détruit, avec leurs sous, pas ceux des contribuables, marre de payer pour les erreurs des soi disant sachants dont leur savoir n'a d'égal que leur arrogance !OFB Office Français de la Bêtise
la sécheresse, nos ainés en ont connue, maintes fois, colliger les débits d'eau depuis cent ans, apprenez l'histoire, regarder en arrière,

kaelia | 29 août 2022 à 14h11
 
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Bonjour, je trouve cet article très intéressant. Pour une fois, il est décrit avec justesse, les causes, les conséquences et les solutions pour y remédier. Retenir l'eau en hiver avant qu'elle ne parte à la mer oui mais pas aux moyens de grands fossés qui vont remplir de grandes bassines mais en restaurant les zones humides et en permettant aux rivières de voir leurs débits fluctuer et de remplir leurs nappes d'accompagnement. Les seuils ne sont pas n'ont plus une solution, il vaut mieux que les poissons se retrouvent dans un trou d'eau naturel de la rivière alimenté par des eaux fraiches qui passent à travers les graviers! Bref éternel débat dont il serait vraiment utile de sortir....

Alicha | 29 août 2022 à 17h59
 
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Au vu de mon ressenti, ce n'est pas de la sécheresse, mais du deséchessement!
J'avais organisé la récupération naturelle des eaux de pluie, mais aucune goutte ne vient, nous tirons un peu sur le pluie pour la mini-mare, et utilisons avec parcimonie l'eau de la ville. Nous aimons les animaux avec de petits points d'eau, ils apprécient.
Physiquement, rester dehors sèche les yeux, il faut donc s'humecter pour revivre ! C'est assez effrayant.
La solution ? En fait c'est plutôt le mauvais scénario.

28plouki | 29 août 2022 à 18h13
 
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Merci à Jean-Paul Doron pour cette remarquable synthèse. Pour les tenants des retenues en tous genres, qui organisent inlassablement la pénurie pour ceux qui sont en aval, je n'aurai qu'un exemple, qui concerne de très grandes retenues d'eau (leur rêve!). En ce moment les grands barrages de Dordogne évaporent nettement plus d'eau qu'ils n'en reçoivent de l'amont. On n'ose parler de "perte sèche"! Quand cessera-t-on de faire passer la "ressource " que l'on crée par un seuil ou un barrage pour une "source", comme si la retenue d'eau "créait" de l'eau, alors qu'on en perd au final par l'évaporation, sans même parler de qualité, et qu'on encourage la surconsommation. On ne crée pas de la ressource : on la prend! Et on la prend à tous ceux qui sont à l'aval. Madame Lambert a déclaré sur France-Inter le 18 août dernier : "« Quand les nappes sont saturées et que l’eau ne rentre plus dans le sol et que l’eau court de ces pluies diluviennes, est-ce qu’on n’est pas assez réfléchis, intelligents, et dans l’anticipation pour dire : stockons en prévision des moments de manque ». Encore faudrait-il que les nappes soient saturées. On saura le lui rappeler. Après avoir vidé les nappes, voilà que son agriculture industrielle voudrait installer de nouveaux évaporateurs en surface!
Quant au discours sur les inondations, c'est carrément du comique involontaire.

petite bête | 29 août 2022 à 19h29
 
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@petite bête si on vous écoute il faut couper toutes les forêts parce que les arbres évaporent au m2 deux fois plus d'eau qu'un étang ... l'évaporation c'est la base du cycle de l'eau sur les continents et c'est pour cela qu'il ne pleut pas dans les déserts: cf INRAE nouvelle représentation du cycle de l'eau

laurent | 30 août 2022 à 08h55
 
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Dans le combat pour l'eau, des pays font des barrages sur des fleuves donc le pays suivant reçoit moins d'eau. D'autres pays pompent dans le fleuve frontalier et rusent pour pomper plus que l'autre.
Alors comment faire pour garder notre eau et que chacun y ait sa part ? Les petits barrages pour éviter des inondations, ou des zones où l'eau rentre dans la terre, je n'en sais rien mais ce me semble bien de garder cette eau lors des averses géantes qui surviennent maintenant, genre 100mm en 3 heures! J'ai eu un jour 40 mm en 30 minutes et tout déborde ! Ensuite ça sèche.

28plouki | 30 août 2022 à 09h31
 
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@petite bete et Mr Doron: vos théories sur l'évaporation de l'eau en rivière est un modèle "shadock": Selon vous comme il y a davantage d'évaporation quand il y a de l'eau que quand il n'y en a plus il vaut mieux ne plus avoir d'eau ou presque pour éviter l'évaporation !!
Vous me faites penser aux gens trés riches qui se plaignent de payer trop d'impôts: mais même lorsqu'ils ont payés leurs impôts ils leur en reste beaucoup beaucoup: l'évaporation de l'eau c'est pareil mais il en reste toujours plus quand il y en a beaucoup au départ !!!Enfin comme le dit justement Laurent, l'évaporation ici c'est de la pluie plus loin...
Quand à ceux qui pense toujours qu'une retenue d'eau organise la pénurie de l'aval, vous n'avez toujours pas compris la différence entre le niveau de l'eau et son débit !! il y a le même débit en aval qu'en amont c'est la hauteur d'eau qui est différente.
En ce qui concerne la théorie "Doron" sur les températures de l'eau c'est une énorme blague: l'eau en profondeur d'une retenue à 1.5m ou plus est plus fraiche que l'eau de surface d'un filet d'eau de 5cm impropre à la vie aquatique, généralement parsemé d'assecs en période de sécheresse....

dch | 30 août 2022 à 10h10
 
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Après 18 années d'agence de l'eau j'arrive encore à être surpris par l'ineptie. A l'évidence que se passe-t-il lorsqu'on fait un barrage : l'eau qui s'écoulait, en étant retenue prend plus de place qu'auparavant. Or l'évaporation est liée à la surface mise en contact avec l'air. Et même à surface égale, un étang évaporera plus qu'un cours d'eau. Autre phénomène, en stagnant l'eau se réchauffe, ce qui augmente encore l'évaporation et diminue le taux d'oxygène dissous. C'est du niveau SVT de classe de troisième de collège.
Pour Laurent, le fait que les arbres évaporent n'empêche pas qu'ils participent en même temps à la rétention d'eau dans les sols, sans oublier leurs autres avantages environnementaux. Encore une fois, n'appliquez pas sur les autres les exagérations inverses des vôtres.

petite bête | 30 août 2022 à 19h31
 
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Je crois qu'il y en a pas mal qui devraient faire quelques recherches en matière d'hydrologie, parce que franchement c'est du n'importe quoi. C'est le problème des "rézosocios" : il est utile de donner la parole à tout le monde, cela permet de mesurer le niveau auquel on doit s'attendre. Pour ce qui est du fait que les retenues et barrages n'auraient pas d'influence sur le débit, c'est malheureusement inexact du fait de l'évaporation par l'effet de retenue : ralentissement et étalement. Par exemple les grands barrages de Dordogne évaporent en ce moment plus d'eau que le dernier d'entre eux (le Sablier à Argentat) n'en restitue : autour de 14 m3/seconde. Et il n'entre que 4 m3 en tête de bassin. Et que cette eau retombe "plus loin" c'est-à-dire très, très loin, cela nous fait une belle jambe : on le voit en ce moment.

petite bête | 30 août 2022 à 19h45
 
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@Mr Doron
suite...
Vos déclarations je cite: "Les poches d'eau formées par des barrages ou des moulins ne sont pas la bonne solution. Ces masses d'eau inertes se réchauffent très rapidement, car il n'y a pas de renouvellement"
C'est évidemment totalement faux: Un exemple: , une retenue de rivière (un bief de Moulin) de 300m de long et 7m de large pour 1.5m de profondeur fait un peu plus de 3000m3 d'eau stockée, c'est déjà une belle retenue: si la riviere fait 500l/s en étiage ce qui est assez classique le RENOUVELLEMENT total de l'eau de la retenue se fait en moins de 1h30mn: c'est justement ce qui fait l'intérêt des retenues en rivière c'est que justement les eaux ne sont pas dormantes!
Autre contrevérité flagrante: "La faune dans ces retenues n'a rien à voir avec le milieu naturel, puisque ce sont souvent des chevennes, des brochets ou des gardons, alors qu'on est sur des eaux salmonicoles où vit normalement la truite" vous confondez totalement eaux dormantes et eaux de rivières.
Il y a encore 25 ans les truites étaient innombrables dans nos rivières, à la grande satisfaction autrefois des pécheurs que l'on trouvait la plupart du temps dans les retenues des Moulins d'ailleurs. Si ces populations ont été décimées en 25 ans ce n'est surement pas les seuils de barrage centenaires qui en sont responsables.....
Il n'y a ni logique et ni base scientifique sérieuse dans vos déclarations, mais en revanche beaucoup d'idéologie .

dch | 30 août 2022 à 22h45
 
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petite bête : une foret retient 70% des pluies pour alimenter le cycle par sa très forte évaporation .... une ville rejette 90% des pluies dans les rivières et toute l'eau pompée dans les nappes ... En France les rejets urbains sont 10 fois plus importants que les prélèvements agricoles dans les nappes phréatiques, on disposerait d'un volume suffisant pour entretenir une couverture végétale vivante sur toute la surface agricole utile, la ré-utilisation des "eaux usées" n'est pas possible parce que les rejets sont trop toxiques parce que les traitements ne sont pas suffisants dans les stations d'épurations ... Après 18 années d'agence de l'eau vous n’êtes pas choquée par cette pollution massive et illégale de tous les cours d'eau jusqu'à la mer en passant par les bassins ostréicoles ?

laurent | 31 août 2022 à 09h02
 
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@petite bete
Vos arguments sur l'évaporation sont incompréhensibles et irrecevables:
1) ce qui est important pour la faune aquatique et la biodiversité, c'est l'eau qui reste et pas celle qui est partie non ? et il vaut mieux 2 m de profondeur d'eau qui évapore que 5cm au soleil surchauffée avec des assecs non ?
2) puisque vous faites de l'hydrologie depuis 18 ans vous devez savoir que l'évaporation ici c'est de la pluie plus loin
3) enfin, ne confondez pas systématiquement rivières et grand barrages, cela n'a rien à voir : votre calcul est aberrant car il ne s'applique pas du tout aux rivières ou l'eau est courante, oui monsieur, même dans une retenue, la plupart du temps ombragées d'ailleurs et encaissées: votre calcul de 14m3/s est aberrant, et correspond a une étendue libre de 600km2 soit 60km sur 10km : je ne connais que le lac Leman de cette taille! ridicule
4) pour une rivière, prenez le bief décrit plus haut, c'est 2 à 4m3/jour d'évaporation pour un stockage de 3000m3: pas de quoi casser 3 pattes à un canard... mais surtout cela permet à la biodiversité et la faune de survivre en période de sècheresse! Si vous avez 20 biefs sur la rivière, c'est 20 zones de sauvegarde de la biodiversité et 40 à 80m3 par jour d'évaporation seulement soit même pas quelque litres par seconde au total

dch | 31 août 2022 à 10h00
 
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Est-il utile de répondre au lobby des moulins, qui crient partout que l'on veut "détruire les moulins", alors qu'il ne s'agit que de leur faire respecter les règles qui les régissaient du temps où ils servaient à quelque chose?
Pour ce qui est du réchauffement dans les biefs, plus ou moins "courants" et de toute façon moins que la partie libre du cours d'eau, il suffit de mesurer la température. Et les faits sont têtus : une retenue réchauffe toujours l'eau. Et puisque "autrefois" semble si merveilleux, mettez vos actes en conformité avec vos paroles : une turbine, ce n'est pas la même chose qu'une roue de moulin. Et encore faut-il qu'il reste de l'eau à turbiner, ce qui va être de moins en moins le cas.

petite bête | 31 août 2022 à 10h25
 
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@petite bete... à nouveau
Pour le lac d'Argentat que vous citez en exemple vous avez du vous TROMPER GRAVE comme on dit: la réserve d'eau est de 7millions de m3 : avec votre évaporation soit disant à 14m3/s vous devriez vider le lac par évaporation en moins de 10 jours!! une vrai cocotte minute votre lac!!
Je comprends mieux : en fait vous et Mr Doron suggérez de vider le lac d'Argentat comme ça plus d'évaporation, plus d'eau non plus, ni poissons et plus d'électricité non plus d'ailleurs.
En plus d'etre faché avec les calculettes l'agence de l'eau c'est ambiance "shadock" !

dch | 31 août 2022 à 10h51
 
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encore @petite bete...
Comme tout idéologue vous ne connaissez pas vos sujets et répétez inlassablement ce que l'on vous a dit:
1)Les moulins équipés de turbine ont commencé en 1850 environ soit plus de 170 ans: ils ne peuvent évidemment pas etre tenu responsable de la disparition des truites et autres migrateurs intervenue depuis 25 ans seulement
2) les turbines actuelles et leur grilles sont ichtyocompatible c'est a dire qu'elle empêche le poisson de passer donc le problème n'est pas la ne vous en déplaise.
D'ailleurs avez vous vu déjà du hachis de poisson derrière une turbine ? moi jamais. En revanche des poissons morts dans les rivières asséchées par l'agence de l'eau, oui et beaucoup.

dch | 31 août 2022 à 12h11
 
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Bravo dch de tenir tête à une personne qui n'a d'autres arguments que de dire que son contradicteur serait à la solde des lobbies !
Et bienvenue au club des contradicteurs de ce type de sachant omniscient qui pense que la présence dans des instances bureaucratiques comme des agences de l'eau a valeur de blanc-seing pour écrire n'importe quoi et dénigrer quiconque ose opposer un raisonnement contradictoire.
Je parie que cette "petite bête" est de ceux pour lesquels la protection de l'environnement est incompatible avec la démocratie.
Non, nous ne voulons pas de cet écologisme dogmatique !
Allez, courage !
Et merci à Actu-E de me permettre de m'exprimer même si je ne suis pas "dans le ton" !

Albatros | 31 août 2022 à 16h33
 
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après une sécheresse catastrophique les rivières vont subir des crues destructrices ... comme partout dans les zones désertiques donc sans couverture végétale ! en régulant le débit des rivières on ne bloque ni l'eau ni les poissons mais on garantit un débit régulier TOUTE l'année ! Dans les projets de réserves collinaires on garde toujours au moins 30% pour le soutien d'étiage en régulant les débits hivernaux ! si les retenues posent problèmes il faudra éradiquer un élément clé de la biodiversité : le castor !

laurent | 31 août 2022 à 16h57
 
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Laurent, que les forêts « alimentent le cycle », qui pourrait être contre ? Pour les rejets urbains je vous signale que les eaux usées traitées de l’amont, une fois assimilées par le milieu naturel, sont les prélèvements de l’aval. Cela se vérifie partout. On a mis des années avant que les eaux traitées des villes soient conformes à la directive ERU. Ces eaux usées traitées ne sont pas toxiques et sont assimilées par le milieu récepteur. Il est de même absurde de comparer des rejets (ce qui retourne au milieu) à des prélèvements (ce qu’on y prend). Et pour les différences entre prélèvement et consommation je vous renvoie aux données IFEN : si l’agriculture ne prélève que 16 % de toute l’eau prélevée (environ 33 milliards de m3/an), elle consomme 45 % de toute l’eau ‘’consommée’’ (5 à 6 milliards) qui est de ce fait ‘’exportée’’. Sur ces 2,7 milliards (en moyenne) réellement consommés par la monoculture intensive, 75% le sont en été. Et peu importe où on la retrouve, cet été nous montre que ce n’est pas chez nous.
Pour dich : la retenue d’Argentat (ce n’est pas un lac) à elle seule ne pourrait bien sûr évaporer de telles quantités. Il s’agit en fait de l’ensemble des barrages de la haute Dordogne, dont Bort, Marèges, l’Aigle, le Chastang et enfin le Sablier. Lisez mieux avant de vous précipiter.

petite bête | 31 août 2022 à 17h13
 
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petite bête : si les rejets urbains ne sont ps toxiques pourquoi l'ARS interdit les plages et le ramassage des coquillages après chaque pluie ? les traitements sont conformes aux exigences de l'état mais pas propres du tout et si les rejets n'étaient pas toxiques ont pourrait les recycler pour des usages non domestiques comme l'arrosage ... ce que l'ARS interdit à cause de la toxicité ...

laurent | 31 août 2022 à 19h27
 
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@petite bete...
dingue, on vous prend en flagrant délit de raconter n'importe quoi avec vos 14m3/s d'évaporation de la retenue d'Argentat alors vous expliquez piteusement qu'en fait il faut prendre toute les retenues de la Dordogne! Ben voyons !! et vos 4m3 d'entrée en tête de bassin, mais monsieur, dans ce cas il faut prendre l'ensemble du bassin versant... enfin bref vous pataugez et vous nous prenez pour des gogos.
Une dernier couche pour l'hydro de l'agence de l'eau depuis 18 ans qui en connait un rayon: vous croyez pas que cela fait deja un petit moment que ca s'évapore sur la Dordogne ? un gros demi siècle non ? voire un peu plus ? alors ou est le problème ?
Le problème est que vous avez décidé pour des raisons purement idéologique que l'évaporation c'est mal, les barrages c'est mal, les retenues des moulins c'est mal etc ...ce qui est bien c'est la riviere "sauvage" comme vous dites! Utopie neo-ecolo du 21° siecle: même au temps du slip en peau de bison, il y avait déjà des retenues dans les rivières, notamment celle des castors. C'est cette idéologie "naturaliste" de la table rase qui consiste a détruire tout ce que l'homme a pu faire parce que c'est "mal". Bientôt vous expliquerez qu'il faut détruire les Pyramides non ?

dch | 31 août 2022 à 22h22
 
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Pour dich : pas de réponse car pas de temps à perdre avec quelqu'un qui ne sait pas lire. Vous avez tout ce qu'il faut sur le site de l'agence de l'eau Adour-Garonne, ainsi que sur Vigicrues.
Pour Laurent : dois-je vous apprendre que dans les villes les réseaux sont séparatifs? Il y a le réseau "eaux pluviales" et le réseau "assainissement". Lors de forts épisodes orageux les sols (le bitume surtout, mais aussi les toitures) sont lessivés et cela entraîne dans le réseau eaux pluviales une forte pollution par les hydrocarbures, résidus de pneus, dépôts de résidus de combustion etc. C'est pour cela que des plages peuvent, parfois être fermées. Et s'il arrive que l'autre réseau, celui de la station d'épuration, soit saturé, il me semble a priori qu'un rejet dilué est moins nocif que le rejet brut qui lui-même est soumis à des normes que l'on aimerait assez voir appliquer à l'agriculture. Vos tentatives pour essayer de nous faire croire que ce sont les villes qui polluent les cours d'eau et non les rejets - directs et non traités - de l'agriculture, cela a quelque chose de touchant. On peut toujours se raconter les histoires qui nous bercent, mais c'est plus difficile de les faire avaler.

petite bête | 01 septembre 2022 à 10h39
 
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Pour dich. Voici ce que j'avais écrit (voir plus haut):
"Par exemple les grands barrages de Dordogne évaporent en ce moment plus d'eau que le dernier d'entre eux (le Sablier à Argentat) n'en restitue : autour de 14 m3/seconde. Et il n'entre que 4 m3 en tête de bassin. " Cela veut dire que le barrage d'Argentat restitue 14 m3/seconde et non qu'il les évapore. Mais quand on veut répondre avant d'avoir compris ce qu'on lit...

petite bête | 01 septembre 2022 à 10h45
 
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@petite bête
Effectivement j'avais mal compris vos propos assez alambiqués, pardonnez moi. Mais maintenant que vous donnez les explications complémentaires on constate que votre raisonnement est bien complètement faux: En effet vous dites que les grands barrages de Dordogne évaporeraient plus de 14m3/s, qui est, dites vous, le débit en sortie du barrage d'Argentat. En réalité sur la totalité des barrages que vous citez l'évaporation totale est de 1à 2 m3/s (pour env 25km2) on est très loin des "plus de 14m3/s" prétendus! Et encore comme il fait souvent assez frais dans cette région que je connais bien, ce calcul correspond à une période très chaude telle que nous venons d'avoir mais pendant 1 mois seulement et évidemment beaucoup plus faible le reste de l'année.
Donc en période de sècheresse intense, le débit en sortie du barrage serait de 16m3/s au lieu de 14m3/s s'il y avait zéro évaporation ? il est où votre problème ?
En plus vous oubliez que les précipitations rechargent les retenues donc compensent largement le déficit d'évaporation.
Et en final vous n'avez toujours pas expliqué les fondements de la religion "anti-évaporation" qui semble guider l'idéologie de l'agence de l'eau dont on constate à partir de votre exemple qu'elle n'a pas de sens.
C'est d'ailleurs encore plus idiot en rivière car les taux d'évaporation sont plus faibles.
L'évaporation existe depuis la nuit des temps, je ne sais ou vous avez été chercher que dans nos régions tempérées cela pose un problème

dch | 01 septembre 2022 à 14h53
 
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En matière d'évaporation, les chiffres varient selon les intérêts des uns et des autres. Je ne suis pas un anti-barrages systématique, puisque pour un certain nombre d'entre eux, ils sont utiles. Et pour "désalambiquer" j'ai bien écrit que "en ce moment" les grands barrages de la chaîne Dordogne évaporent plus d'eau qu'ils n'en restituent pour la rivière à l'aval d'Argentat. Ce n'est pas le cas la nuit, je vous l'accorde. Mais c'est tout de même considérable. C'est un constat, pas une accusation. Et puisque je suis dans cette région, je peux vous dire que cette année, la fraîcheur dans les gorges ressemble plutôt à un four.

petite bête | 01 septembre 2022 à 16h30
 
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