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Actu-Environnement

''Pour s'adapter aux impacts du réchauffement global, l'humanité aura besoin d'écosystèmes sains, capables de résister au changement climatique''

Plus ancienne organisation de protection de l'environnement, l'UICN qui publie régulièrement la Liste rouge des espèces fragilisées et menacées d'extinction, est un acteur majeur de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité, dont la neuvième édition se déroule à Bonn (Allemagne) du 19 au 30 mai. Explications de Julia Marton-Lefevre, sa directrice-générale.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
   
''Pour s'adapter aux impacts du réchauffement global, l'humanité aura besoin d'écosystèmes sains, capables de résister au changement climatique''

   
Actu Environnement : Qu'est-ce qui se joue à cette neuvième Conférence sur la biodiversité ?
Julia Marton-Lefevre :
Je reviens de la réunion des ministres de l'environnement des pays les plus industrialisés à Kobé, qui prépare le G8 qui aura lieu au Japon en juillet prochain. Nous avons parlé de la biodiversité d'une façon sérieuse pour la première fois, du changement climatique, et d'un programme japonais autour des trois 'R' : Recycler, Réutiliser et Réduire les déchets. Ce qui est important, c'est que les dirigeants du G8 ont enfin compris que la biodiversité n'est pas un sujet séparé du changement climatique. Pour s'adapter aux impacts du réchauffement, l'humanité aura en effet besoin d'écosystèmes sains, capables de résister. Il importe donc que l'endurance des écosystèmes, et des êtres humains, soient mis au centre de l'attention.

AE : Quels sont vos atouts ? Sur qui pouvez-vous vous appuyer pour plaider la cause de la biodiversité ?
JML :
Ce qui est important ici à Bonn, c'est qu'il y a non seulement beaucoup de gouvernements, représentés au plus haut niveau par des ministres, mais il y a aussi énormément d'ONG, des entreprises, qui travaillent en partenariat avec la communauté des grands savants… Non seulement un mouvement politique, mais un mouvement social est en train d'émerger autour de la biodiversité, comme cela a eu lieu autour du climat. Pour moi, un des événements déterminants de cette conférence est la sortie du rapport sur les effets économiques de la perte de biodiversité, rapport demandé par l'IUCN et par la Commission européenne. Ce rapport a déjà fait grand bruit, d'ores et déjà surnommé le rapport Stern bis, coordonné par l'économiste indien Pavan Sukhdev. La version finale de ce rapport sera livrée lors de la COP 10 au Japon. Cette étude va réussir à expliquer cette idée assez complexe : les services des écosystèmes ont une valeur économique liée à leurs multiples fonctions et à leur rareté. Elle y parvient d'une façon claire et passionnée. Il faut à la fois savoir parler à l'économie et au grand public, car c'est aussi notre comportement qui doit changer, la façon dont on traite la nature. Imaginons un monde sans la nature….

AE : Justement, pourquoi la biodiversité est-elle si importante pour l'avenir de l'humanité ?
JML :
Question majeure, que nous n'avons peut-être pas su expliquer au grand public. La biodiversité est vitale. Elle nous donne tout : la nourriture, l'air qu'on respire, mais aussi le plaisir, le plaisir d'aller faire une promenade dans un parc, elle offre les plantes et les sources des médicaments, sans tout cela on n'aurait rien à manger, rien à boire, et pas de médicaments. Autre chose, que l'on n'a pas prise en compte quand on a négocié Kyoto, c'est que les forêts ont un rôle très important pour réguler le climat. Et, de plus, elles abritent une biodiversité très riche, les molécules actives des médicaments, les sources et la protection de l'eau. Il y a quelques années, je me suis rendue en Amazonie et suis montée sur un poste d'observation surplombant la canopée. C'était un spectacle extraordinaire, c'était vraiment émouvant de contempler cette vaste étendue verte et silencieuse à quelques dizaines de mètres d'altitude, au ras des cimes… Je n'oublierai jamais cette expérience.

AE : A ce propos, que pensez-vous de la négociation de Kyoto sur les puits de carbone ?
JML :
Je crois qu'elle a besoin d'être renforcée. C'est pourquoi il importe que les résultats de la présente conférence sur la biodiversité aient une influence sur la suite du déroulement des négociations sur le climat. Il faudrait développer des passerelles, des interconnexions entre ces négociations afin que ces divers domaines cessent d'être traités séparément. Le mécanisme de Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts
(REDD) est une piste très intéressante, qui non seulement permettrait de protéger les forêts, mais aussi leurs habitants, les communautés forestières qui vivent dans les forêts et qui dépendent des écosystèmes et des ressources fournies par les forêts. Ces communautés ont, du reste, un rôle crucial dans la conservation des forêts et dans la production de produits dérivés comme les plantes médicinales. Il importe de ne pas séparer l'approche scientifique et l'approche sociale et humaine des écosystèmes, comme nous le faisons à l'UICN.

AE : Quelles sont les raisons d'espérer ?
JML :
C'est que les médias s'intéressent et répercutent de plus en plus nos messages. Les jeunes générations aussi sont de plus en sensibles à l'avenir de la planète. Un mouvement est en train d'émerger. Il faut rester optimistes. On peut regretter que cela ait pris tellement de temps. Qu'importe, il faut aller de l'avant. On a déjà fait tellement de choses incroyables…

AE : Quelle est la position de l'UICN sur les agrocarburants ?
JML :
Il faut être très prudent : tout dépend d'où et comment. Les biocarburants de deuxième et de troisième génération pourraient contribuer à une petite partie de la solution mais il est inconcevable de transformer de vastes surfaces de terres arables en cultures énergétiques, au risque de ne plus produire suffisamment de nourriture et d'affamer les petits paysans du sud pour faire rouler des grosses cylindrées au Nord. Seules ne peuvent être retenues que des options qui évitent de vastes monocultures mobilisant de vastes surfaces arables. Par exemple, des cultures de plantes endémiques comme le jatropha, qui ne se développent que sur des terrains spécifiques, sur sols désertiques où rien d'autre ne pousse, dans ce cas-là, seraient envisageables.

AE : Comment faire respecter concrètement la protection de la biodiversité ? Faut-il créer un tribunal de la biodiversité, assorti d'un système de sanctions ?
JML :
Sans aller vers des systèmes autoritaires, il faut réaffirmer l'observance, la mise en œuvre effective des accords environnementaux. À L'UICN, nous avons une section juridique très importante. Évidemment, cela va prendre du temps de mettre en œuvre un système international de sanctions pour crimes environnementaux. Cela commence par les pays eux-mêmes, qui peuvent appliquer des sanctions chez eux.

Réactions5 réactions à cet article

 
s'adapter aux impacts du réchauffement global ...

bonjour!
un très grand bravo pour les propos tenus par Julia Marton-lefevre notamment, lorsqu'elle évoque la foçon peu sérieuse dont le protocole de Kyoto a considéré le role de la biodiversité eu égard aux problèmes du réchauffement de la planète et des changements climatiques

mais si nous pouvons nous permettre une suggerer à Julia
est ce possible d'attirer l'attention de ce qu'elle appelle le mouvement politique et le mouvement social sur la question de la nécessité du reboisement à grande echelle par la création de puits de carbone de manière à les répartir sur la surface de la planète plus particulièrement aus Sahara Africain (dans le Sahara Algérien il existe de l'eau) ne serait ce que pour reconstituer les espaces détruits?, nonobstent les mesures qui seront préconisées dans les futures négociations pour éviter les déboisements anarchique que subissent les forêts de part le monde

DAOUD Alger Abdallah | 29 mai 2008 à 12h44
 
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Re:s'adapter aux impacts du réchauffement global .

Que voulez vous dire pas dans le sahara il y a beaucoup d'eau?

Faites vous partie de ceux qui pensent qui'ls suffit de pomper l'eau dans le sol pour en avoir?

Savez vous que l'asséchement des sols et l'avancée des déserts ne vient pas des rayons du soleil mais de l'asséchement des sols par toutes sortes d'activités humaines et que cela modifie le climat plus que le co2. Mettez donc de l'eau dans le sahara au lieu d'en retirer , le soleil fera pousser des arbres.

Ceux qui ont trop d'eau l'évacuent par drainage .
Ceux qui ont pas essez d'eau en pompent dans le sol.
Dans les deux cas ils participent à l'abaisement des nappes et à l'avancée désertique.
Il faut demander à ceux qui n'ont pas de problème d'eau de laisser passer les canaux de distribution de l'eau pour la transporter des zones trop humides vers les zones séches.

http://pagesperso-orange.fr/biefs.dupilat/images/projetbiefgier.jpg

jeandb | 30 mai 2008 à 18h52
 
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y-a-t-il beaucoup d'eau au Sahara?

bonjour!
comme indiqué je tente de donner quelques éléments de réponsesaux questions posées!
1 / y-a-t-il beaucoup d'eau au Sahara OUI et constituée de ce que l'on appel l'ALBIEN mais cette eau exise aussi au niveau du fréatique, qui d'ailleurs pose problème de nos jours (des remontées et mélangées aux eaux usées)
2 / assainissement des sols et avancé des déserts: effectivement il aurait lieu de pfaire procéder à des études appropriées sur un ensemeble de questions
pour votre info, savez-vous que lors d'une réunion du NEPAD (Afrique) il aurait été proposé de ramener les du Fleuve Congo pour réalimenter le lac Tchad !!!
en notre qualité d'association civile nous avons proposé de faire reboiser notamment au coeur du Sahara par la création de puits de carbone c'est à dire là où il sera possible (ctuellement il exixte des exploitations agricoles alimenté par l'eau de l'Albien, les villes du Sud de l'Algérie sont également alimentées par cette eau, dernièrement il a été deicdé d'alimenter la ville de TAM par un pipe ligne de plu de 700 KM )
si les décideurs lisent vos réponses aux questions posées je serais sur que tous partegeront vos idées

DAOUD Alger | 31 mai 2008 à 12h02
 
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Re:Re:s'adapter aux impacts du réchauffement glob.

bonjour!

1/ oui il exixte de grande quantité d'eau au Sahara, soit une nappe Albienne et une nappe fréatique, cette dernière pose problème car mélangée aux eaux usées (rejets des villes Sahariennes)

2/ il suffit de forrer de quelques dizaines de mètres ou de milliers de mètres selon les endroits pour que cette eau jaillise

3/ à l'état actuel cette eau est d'ors et déjà utilisée pour la consommation domestique, de l'Agriculture au niveau de quelques endroits ou autre (industrie Pétrolière)

4/ le Sahara n'a pas été désertique durant toute son histoire, consulter les gravures rupestres ou les écris le concernant

5/ comme il ressort de vos dires, sans aucun doute durant son histoire c'est l'activité de l'homme qui a rendu possible sa désertification (ne pensez-vous pas que les desforestations qui s'opèrent de nos jours de par le monde ne constitent-elles pas les prémisses de désertification inéluctable?

6/ de cette sorte, toutes les fonctions assurées par les forets seraient batues en brèche notamment les rôles naturels de la photosynthèse, la vie biodiversitaire quasiment nulles, alors qu'un reboisement à grande échelle est entrepris, par la créaton de puits de carbone, une amélioration des climats pourrait toucher l'Europe

7/ les changements climatiques ne seraient -t-ils pas dus aux destructions des forets?

certains auteurs affirment que les rejets de co2 ne seraient pas directement impliqués sur les changements climatiques contrairement au roles joués par les forets

8/ notre association vise le retrait de cette eau dans le but de son utilisation sur place pour le seul bien fait de la nature et par voix de conséquence de l'humanité

9/ comme vous le dite si bien, pomper l'eau et la déplacer engendrerait à l'abaissement de la nappe et contribue à la désertification; MAIS, si cette même eau est utilisée sur place pour la création de puits de carbone, avec une bonne gestion, cela ne contribuerait-t-il pas à favoriser un rééquilibrage de la pluviométrie pour tout le bassin Méditerranéen et qui à terme aiderait les nappes à ce reconstituer?

en d'autre termes, pensez-vous que le fait de faire déplacer l'eau du fleuve du Congo pour réalimenter le Lac Tchad peut constituer une solution de sauvegarde de l'environnement local ou régional ou encore agirait sur la climatologie régionale - tropicla ou Méditerranéenne?

bien entendu les propositions n'intéressent pas les financiers du fait des délais de rentabilité égoiste et personnalisés tout en sachant que la rentabilité du reboisement existe avec certitude seulement pour le bien des communautés, pour la nature dans sa diversité et sa complexité

DAOUD Alger Abdallah | 01 juin 2008 à 11h26
 
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y a t'il beaucoup d'eau au Sahara?

Je veux simplement compléter la réponse qui a été donnée, oui en effet,il existe beaucoup d'eau au sahara , mais pas dans la totalité des régions, l'épreuve, l'algérie est train de réaliser un transfert d'eau sur une distance de 740 kms en double canalisation en vue de satisfaire l'alimentation en Eau Poatble de la ville de Tamenrasset , qui est une ville située dans une région saharienne.Oui l'eau est importante surtout au sahara Septentrional (Bas) , qui se distingue par des formations aquiféres, dont leur profondeur d'exhaure varie entre 100 m au sud et à plus de 2500 m au nord , cette eau est captée dans des formations géologiques, du complexe terminal et du continental Interclaire.Les eaux de ces nappes sont trés faiblement renouvelables, voire fossiles. L'eau de albien ( CI) est chaude pouvant dépâsser dans certains en droits les 55°c, ce qui nécessite au préalable son refroissement avant son utilisation.D'autres régions notamment celles situées au sud et au nord du sahara se caractérisent par des eaux superfcielles ( pluies)qui alimentent les nappes phréatiques ( libres) et les retenues ( barrages) Il faut reconnaitre que ces ressources en eau souterraines sont mal gérées et ont engendré des problémes d'hydromrphie pour les sols agricoles ( anaérobie) et la remontée des eaux des nappes phréatiques ,qui sont devues nuisibles pour l'environnement.

le soleil | 11 septembre 2008 à 16h19
 
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