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Invendus non alimentaires : l'Ademe estime le gisement à 4,3 milliards d'euros

L'Ademe a évalué le gisement des invendus non alimentaires, ainsi que les voies d'écoulement. 4,3 milliards d'euros de produits ne trouvent pas preneurs, notamment à cause des effets de mode. Un tiers de ces produits finissent encore au recyclage.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Invendus non alimentaires : l'Ademe estime le gisement à 4,3 milliards d'euros

L'Agence de la transition écologique (Ademe) vient de présenter une étude sur les gisements et causes des invendus non alimentaires et leurs voies d'écoulement. L'étude pointe du doigt le renouvellement rapide des gammes de produits et les fins de série comme première cause d'invendus. Si une part importante de ces 4,3 milliards d'euros d'invendus est écoulée par le biais des déstockeurs, l'étude signale cependant qu'un tiers reste détruit et recyclé. Le don, troisième voie d'écoulement, doit être privilégié, défend l'Ademe.

Pour rappel, l'article 35 de la loi antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) prévoit, qu'à partir de janvier prochain, les producteurs, importateurs et distributeurs de produits non alimentaires neufs sont tenus de réemployer (notamment par le biais du don à des associations de lutte contre la précarité et des structures de l'économie sociale et solidaire (ESS) agréées), de réutiliser ou de recycler leurs invendus. Cette obligation concerne les produits inclus dans une filière de responsabilité élargie du producteur (REP), à partir de janvier 2022, et l'ensemble des produits, au plus tard à la fin de 2023. En outre, l'obligation de réemploi s'impose tout particulièrement à certains produits d'hygiène et de puériculture listés dans un décret paru en décembre 2020.

1,6 milliard d'euros de vêtements et chaussures invendus

Concrètement, l'Ademe a interrogé 70 acteurs et 500 établissements représentant douze secteurs, chacun faisant l'objet d'une fiche. Cette étude, qui porte sur les chiffres 2019, est la plus complète à date, même si les données utilisées sont parfois lacunaires car « certains acteurs n'ont pas répondu aux sollicitations ou n'ont pas souhaité transmettre de données chiffrées », explique l'Ademe. De « grands acteurs de la vente en ligne [et] certains acteurs déstockeurs » figurent parmi ceux restés silencieux.

Afin d'estimer le gisement d'invendus, l'étude s'est basée sur leur valeur, plutôt que sur le poids ou le nombre d'unités, les acteurs ne communiquant pas sur les volumes. Globalement, les invendus représentent, en moyenne, l'équivalent de 3 % du chiffre d'affaires des entreprises étudiées, soit 4,2 milliards d'euros. Une première étude, réalisée en 2014, estimait ce montant à 6 milliards, soit 4,2 % de la valeur des biens non alimentaires consommés, rappelle l'Ademe, précisant que la comparaison entre les deux études est délicate (la méthodologie et le périmètre ayant changés).

 
Certains acteurs n'ont pas répondu aux sollicitations ou n'ont pas souhaité transmettre de données chiffrées, [notamment] les grands acteurs de la vente en ligne [et] certains déstockeurs  
Ademe
 
Bien sûr, la proportion d'invendus varie selon les secteurs : 8,9 % pour les produits culturels, 4,1 % pour les vêtements et chaussures, 2,9 % pour les jouets et 1 % pour les produits d'entretien (secteur affichant la plus petite part). Exprimés en valeur absolue, cette estimation reflète une autre réalité : le tiers du montant provient du secteur des vêtements et chaussures, avec 1,6 milliard d'euros. « L'écart avec le secteur des produits culturels, second en termes de valeur d'invendus, est conséquent, puisque ce secteur génère 0,9 milliard d'euros », précise l'agence.

Que deviennent ces invendus ? Le premier débouché est le déstockage, qui permet d'écouler 42 % des invendus (en termes de valeur marchande). La deuxième solution retenue par les distributeurs est le recyclage (27 %). Le don suit avec 21 %, puis la destruction (7 %) et la réparation (3 %). À noter que l'Ademe précise qu'« il n'a pas été possible d'estimer la part des produits envoyés en déstockage, en don ou même en recyclage puis finalement détruits ».

Des effets de mode marqués

L'étude se penche sur l'origine de ces invendus, c'est-à-dire sur les raisons qui expliquent que certains produits ne sont pas vendus. La première cause est l'obsolescence marketing (changement de gamme) ou les fins de série. Un tiers des invendus sont liés à ces effets de mode. Le secteur de l'habillement est concerné, mais aussi celui des jouets ou celui des cosmétiques. Les autres causes identifiées sont de la surproduction, l'absence de débouchés commerciaux ou encore des produits légèrement défectueux. Une dernière source, plus récente, est le développement de la politique commerciale du « satisfait ou remboursé » qui accompagne la vente en ligne de certains produits.

L'Ademe a aussi réalisé cinq scénarios prospectifs à cinq ans afin d'évaluer les meilleures solutions pour réduire la part des invendus envoyés en filière de gestion des déchets (cet objectif étant au cœur du dispositif législatif adopté avec la loi Agec). Le scénario le plus favorable implique d'abord une combinaison d'actions fortes de prévention, c'est-à-dire une révision des stratégies de production et de commercialisation. La proportion d'invendus passe ainsi de 3 à 2 % en cinq ans. Pour y parvenir, l'Ademe recommande en priorité aux entreprises de revoir les aspects qui « [aboutissent] intrinsèquement à des invendus ». Elle pense en particulier aux changements trop fréquents de gamme, aux effets de mode, à l'obsolescence marketing et à la surproduction.

Ensuite, ce scénario implique une progression du don, qui atteint 31 %, et devance ainsi le recyclage (23 %). Pour y parvenir, il convient de mettre à profit les retours positifs tirés des dons de produits alimentaires. Cet aspect concerne notamment l'organisation des acteurs du don qui doivent renforcer leur capacité de tri, de stockage et de suivi. Cet enjeu logistique est d'autant plus important que la mise en œuvre de la loi Agec devrait aboutir à une plus grande hétérogénéité des dons et de leur qualité ainsi qu'à une augmentation du nombre des donneurs. La pérennisation des dispositifs de défiscalisation est aussi jugée nécessaire pour maintenir la dynamique.

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