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Quand les spécialistes des insectes en appellent aux photographes amateurs

Le MNHN et l'OPIE invitent les photographes amateurs de tout âge à partager leurs clichés d'insectes pollinisateurs afin de mieux connaître cette population. Un nouveau moyen d'agir au quotidien pour la préservation de la biodiversité.

Biodiversité  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
Quand les spécialistes des insectes en appellent aux photographes amateurs
© H.Savina-Opie
   
Festival de Cannes oblige, les appareils photos sont de sortie depuis quelques jours. Ce phénomène pourrait se prolonger dans les mois à venir avec comme cibles privilégiées non pas les stars du grand écran mais les abeilles, papillons et autres insectes pollinisateurs. Le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN), l'Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) et leurs partenaires1 lancent en effet une nouvelle initiative de science participative baptisée Suivi Photographique des Insectes Pollinisateurs ou SPIPOLL. Le principe ? les citoyens sont invités à photographier les différents insectes qui butinent les fleurs de leur jardin ou du parc voisin puis à les transmettre au MNHN. ''Nous avons très peu de spécialistes et quelques milliers d'espèces pollinisatrices en France, nous avons donc recours aux photographes amateurs'', explique Romain Julliard initiateur du projet au Muséum. ''C'est un événement naturaliste, scientifique et participatif qui nous permettra d'obtenir des données précieuses pour nous concernant les espèces observées et les dates d'observation'', ajoute Gilles bœuf, Président du Muséum.

 
choisissez une fleur de votre jardin, installez-vous à proximité et photographiez tous les insectes qui viennent la butiner pendant vingt minutes  
Romain Julliard, MNHN
 
Mais il ne s'agit pas de photographier partout, tout le temps. Un protocole précis doit être respecté pour que les données soient exploitables par les chercheurs : ''choisissez une fleur de votre jardin, installez-vous à proximité et photographiez tous les insectes qui viennent la butiner pendant vingt minutes'', explique Romain Julliard. Une fois triées, recadrées et sélectionnées (une espèce d'insecte par photo), les photos doivent êtres mises en ligne sur le site internet du SPIPOLL2. Un logiciel permet de géolocaliser les prises de vues et de nommer précisément l'espèce photographiée en répondant à plusieurs questions : taille, couleur, forme des antennes...

Les insectes pollinisateurs sont tous ceux qui butinent les fleurs au stade adulte : mouches, coléoptères, papillons et surtout abeilles, insecte emblématique dont la population est en déclin. Ils sont attirés par le parfum ou la couleur des fleurs et sont récompensés de leur visite par le nectar qu'ils consomment et qui leur fournit l'énergie nécessaire pour continuer à butiner de fleur en fleur.
Rien qu'en Europe occidentale, des milliers d'espèces de lépidoptères (papillon) ou d'hyménoptères (abeilles) sont impliquées dans la pollinisation. Il s'agit là d'un des principaux « services de la biodiversité » dont certains auteurs cherchent à chiffrer la contribution. Selon une étude franco-allemande dirigée par Jean-Michel Salles du CNRS, et Bernard Vaissière de l'INRA, l'apport des insectes pollinisateurs aux principales cultures mondiales en 2005 peut être évalué à 153 milliards d'euros, soit 9,5 % de la valeur de la production alimentaire mondiale. Les déclins des insectes pollinisateurs comme l'abeille fait donc craindre des répercussions écologiques et économiques irréversibles.

Avec cette initiative le Muséum espère constituer une base de donnée et mieux connaître ces populations d'insectes : ''à court terme, cet inventaire nous permettra d'en savoir plus sur la manière dont s'organisent les populations d'insectes dans différents milieux. À moyen terme il s'agira de suivre l'état de santé de la pollinisation'', explique Romain Julliard. Et d'en déduire des politiques de conservation.

Le SPIPOLL complète ainsi les dispositifs de suivi participatif déjà mis en place par le Muséum : oiseau commun, chauve-souris, papillons ou encore escargots. La 5e édition de l'Observatoire des Papillons des Jardins (OPJ) et la 2e édition de l'Opération Escargots ont d'ailleurs été lancées en avril dernier. 8.482 jardins ont déjà participé à l'OPJ depuis 2006 et 701 à l'observatoire des escargots lancé en 2009. Les volontaires ont ainsi dénombré plus de 64.000 papillons et 960 escargots. Avec le SPIPOLL, le Muséum espère collecter près de 100.000 photos en un an. Le site internet sera officiellement ouvert le 21 mai prochain à la veille de la Journée mondiale de la biodiversité, ce qui laisse quelques jours pour constituer les premières collections. À bon entendeur…

Notes

1 - Fondation Nicolas Hulot, Fondation Nature et Découvertes, Natureparif, Région Ile-de-France, UNAF, Conseil Général de l'Isère, UPMC, Yves Rocher. 2 - Site du SPIPOLL

Réactions3 réactions à cet article

 
encore un thermomètre...

Encore un thermomètre alors que la biodiversité est d'ores et déjà gravement atteinte ! De quelle "politique de conservation" à venir nous parle t'on dans cet article ? il n'y a pas de volonté politique de réduire l'impact de l'agriculture sur l'environnement, donc les abeilles sauvages et semi-domestiques meurent. C'est ça, la réalité, et toutes les bonnes idées du museum n'y peuvent rien. A la limite, tout cela participe d'un spectacle qui nous détourne du réel...

botanion | 20 mai 2010 à 07h35
 
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Interdire les insecticides dangereux...

Interdire les insecticides dangereux aura plus d'effet pour la conservation de la biodiversité que de demander à la société civile de prendre des photos des derniers insectes encore debout!
Selon le Mouvement pour la défense et le respect des générations futures (MDRGF), le Grenelle 2 constitue « une régression sur l'usage des pesticides et amoindrit le niveau de protection de la population et de l'environnement ».

L'Assemblée nationale a accepté, lors des débats, la mise sur le marché des insecticides dangereux pour les abeilles, comme le Gaucho ou le Cruiser. Après les éoliennes et la taxe carbone, les pesticides représentent un nouveau recul de la majorité par rapport aux promesses du Grenelle 1.

Le Mouvement a annoncé son intention de « passer à l'offensive » et de contester cet amendement qu'il juge contraire aux textes européens. L’ONG a estimé qu'il constituait une « régression vers une situation jamais vue en France et bien pire que celle qui prévalait en 2007 avant le Grenelle ».

Pour François Veillerette, porte-parole du MDRGF, « le gouvernement vient de se couvrir de honte en cédant aux lobbies agrochimiques ».
Doit-on continuer à financer un système chimico- dépendant non viable ou enfin permettre l’installation d’une agriculture biologique, respectueuse du sol, de la biodiversité et de notre bien-être, seule solution véritablement durable – y compris pour les agriculteurs ?

Océane | 20 mai 2010 à 11h40
 
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Pesticides; halte à l'hypocrisie!

Depuis trop longtemps nos autorités gouvernementales , nationales et européennes nous baladent, en annonçant la réduction de x% des pesticides d'ici .... un horizon bien trop lointain. Les produits dangereux pour l'environnement et l'homme sont connus, donc il est possible de les interdire purement et simplement. Au lieu de cela on frappe d'interdiction une spécialité commerciale, quand la pression est trop forte, et aussitôt on autorise la même molécule , ou une très proche sous un autre nom, exemple Gaucho, Régent et Cruiser.Si réellement il y a volonté d'interdire l'usage des pesticides, c'est aux familles de produit, ou aux molécules qu'il faut s'attaquer, pas à une spécialité commerciale en particulier.Combien de spécialités avec des noms différents contiennent du glyphosate, depuis qu'il est passé dans le domaine public et que le Round Up est dénoncé? Par ailleurs on trouve toujours sur le marché, pour les jardiniers amateurs, des produits théoriquement interdits depuis des années, de qui se moque -t-on? A quand un étiquetage clair, et lisible sans microscope? A quand l'arrêt du discours des lobbies qui prétendent qu'utilisés en respectant les doses et les précautions préconisées, leurs produits de sont pas dangereux, alors que la plupart sont soit perturbateurs endocriniens, reprotoxiques, neurotoxiques ou cancérigènes, en eux-mêmes, indépendamment des doses ? Quand cessera l'ignoble pratique consistant à vendre aux pays pauvres les produits les plus dangereux interdits en Europe? A quand une législation mondiale qui éviterait qu'un pesticide interdit en Europe revienne dans nos assiettes via les fruits et légumes en provenance des pays du tiers monde, après avoir empoisonné les populations locales? OGM j'en veux pas, pesticides non plus!

Ya basta | 25 mai 2010 à 00h19
 
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