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En 2030, la France devra gérer deux fois plus de déchets radioactifs qu'aujourd'hui

Selon le dernier inventaire publié par l'Andra, 1,1 million de déchets radioactifs tout type confondu est présent sur le sol français à l'heure actuelle. Ce volume doublera d'ici 2030 ce qui pousse l'Andra à prévoir de nouveaux centres de stockage.

Déchets  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
En 2030, la France devra gérer deux fois plus de déchets radioactifs qu'aujourd'hui
Centre de stockage de déchets de faible et moyenne activité à vie courte (CSFMA) de l'Aube
   
Conformément à la loi du 30 décembre 1991, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) réalise un inventaire complet des déchets radioactifs présents sur le territoire français sur la base des déclarations des producteurs. Le dernier en date, relatif à la situation au 31 décembre 2007, vient d'être publié par l'agence. Au total, cette édition comptabilise 1,153 million de m3 de déchets.
Outre l'industrie électronucléaire (62%), ces déchets ont pour origine la recherche et la défense (17% chacun), l'industrie non électronucléaire (3%) et le médical (1%) soit au total un millier de producteurs. 69% de ces déchets sont de Faible et Moyenne Activité à vie courte1 (FMA-VC), 20,1% de Très Faible Activité (TFA), 7,2% de Faible Activité à Vie Longue (FA-VL), 3,6% de Moyenne Activité à Vie Longue (MA-VL), 0,2% de Haute Activité (HA) et 0,1% « non définis ».

1.121 sites entreposent ou stockent les déchets radioactifs en France

Ces déchets sont actuellement répartis sur 1.121 sites d'entreposage et de stockage en France2. Certains déchets dits « historiques » ont été immergés en Atlantique en 1967 et 1969, sur deux sites à plus de 4.000 mètres de profondeur et dans le Pacifique entre 1967 et 1982.
D'autres déchets historiques sont stockés dans d'anciens sites miniers (19 au total). Un vingtième site est celui de l'usine de COMURHEX, à Malvési, dont les bassins contiennent des effluents liquides issus d'un traitement chimique. Des déchets sont également stockés dans des anciennes décharges (12 sites) et sous forme de buttes, remblais ou lagunes (8 sites) sans oublier 3 sites de la Polynésie française.

Les déchets plus « récents » sont stockés en surface dans les centres de l'Andra : 89.331 m3 dans le centre de stockage TFA de Morvilliers (10) et 735.278 m3 dans le centre de stockage FMA-VC à Soulaines-Dhuys (10).
Les autres volumes sont entreposés le plus généralement sur leur site de production en attente de stockage ou de l'ouverture de nouveaux centres. C'est le cas des 41.757 m3 de déchets de Moyenne activité à vie longue et des 2.293 m3 de déchets de Haute activité pour lesquels un projet de centre de stockage profond (à 500 mètres) est à l'étude pour une mise en service prévue en 2025. Les déchets HA MA-VL sont issus du retraitement des assemblages de combustibles usés en sortie des réacteurs à eau pressurisée. Ils représentent un faible volume mais une très grande radioactivité. Une zone de 200 km2 autour du laboratoire de Bure (55) pourrait accueillir ce centre de stockage. En attendant ces déchets sont stockés sur les sites de La Hague, Marcoule et Cadarache.
Enfin 82.536 m3 de déchets FA-VL attendent leur centre de stockage à faible profondeur (entre 15 et 200 mètres) en cours d'étude avec une mise en service prévue vers 2019. Deux communes ont récemment été identifiées comme étant susceptibles d'accueillir ce centre : Auxon et de Pars-lès-Chavange (10). Dans l'attente, 11 sites les entreposent3.


Et les volumes vont continuer d'augmenter. L'Andra fonde des hypothèses propres à chaque secteur d'activité susceptible d'engendrer des déchets radioactifs afin d'établir des prévisions sur les volumes à venir. D'ici 2030, l'inventaire prévoit un volume total d'environ 2.250.000 m3 de déchets. Les volumes de déchets de Faible et moyenne activité à vie courte vont augmenter de 27%, les déchets de Faible activité à vie longue de 39%, les déchets de Moyenne activité à vie longue de 12,5% et les déchets de Haute activité de 60%. Mais ce sont surtout les volumes de déchets de Très faible activité qui vont voir leur volume tripler d'ici 2030 pour atteindre 869.311 m3.

Notes

1 - Vie courte ≤ 31 ans et Vie longue > 31 ans. La limite de 31 ans a été déterminée par la période radioactive du césium 137 (30,05 ans). Il s’agit d’un produit de fission facilement mesurable, représentatif de l’ensemble des produits de fission contenus dans les déchets radioactifs. 2 - Téléchargé le résumé de l’Andra 3 - La Hague, Saclay, Saint-Laurent des Eaux, Chinon, La Rochelle, Itteville, Burgey, Jarrie, Bollène, Marcoule, Cadarache 4 - Téléchargé le rapport de synthèse

Réactions2 réactions à cet article

 
Avenir

Saturation dans l'avenir, quel impact sur les sol et les nappes phréatiques, pendant combien de siècles les génértions futures vont payer nos erreurs actuelles?

cépé | 09 juillet 2009 à 08h39
 
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vie courte ?

Bonjour, votre note n° 1 sur "vie courte" et "vie longue" laisse croire qu'un déchet à "vie courte" n'est plus radioactif au bout de 31 ans... Or il ne s'agit pas de la durée de vie d'un élément, mais de sa DEMI-vie. Donc même un déchet dit "à vie courte" est encore dangereux après 31 ans : au bout de 150 ans, un bloc de césium 137 émet encore 3 % de son rayonnement initial.

potato | 13 juillet 2009 à 19h08
 
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