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La Banque européenne d'investissement durcit ses règles de prêts aux énergies fossiles

Energie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

La Banque européenne d'investissement (BEI) a adopté le 23 juillet de nouvelles lignes directrices "pour renforcer son appui aux investissements" dans les projets dédiés aux énergies renouvelables, à l'efficacité énergétique et aux réseaux d'énergie ainsi que dans des activités connexes de recherche et d'innovation (RDI), a-t-elle annoncé dans un communiqué.

La BEI estime que ces secteurs "nécessiteront les plus gros investissements dans les années à venir". Une assistance technique sera également fournie pour aider à la mise au point de projets "dans ces secteurs clés". Ces nouveaux critères de prêt s'accompagnent de lignes directrices "simplifiées, pour financer des projets d'efficacité énergétique, afin de favoriser le cofinancement de programmes nationaux dans ce domaine et de permettre un soutien accru en faveur de bâtiments à consommation d'énergie quasi nulle". Le montant des investissements dans ces secteurs n'a toutefois pas été précisé.

"Accorder la priorité aux prêts en faveur de l'efficacité énergétique, des énergies renouvelables, des réseaux d'énergie et des activités de RDI dans l'énergie aidera l'UE non seulement à remplir ses objectifs dans ce domaine et en matière d'action en faveur du climat, mais aussi à créer des emplois locaux dans toute l'Europe", a déclaré Mihai Tanasescu, vice-président de la BEI chargé des opérations de prêt en faveur de l'énergie.

La banque a également adopté des critères d'émissions carbone plus restrictifs pour le financement des centrales de production d'énergie à partir de combustibles fossiles. La BEI inclut désormais dans ses prêts, une limite maximale d'émission de 550 grammes de CO2 par kilowattheure (gCO2/kWh) produits. Ce qui devrait exclure les centrales à charbon qui émettraient autour des 800 gCO2/kWh mais pas les centrales au gaz pouvant atteindre ce seuil fixé. Le gaz "devrait demeurer un combustible de transition vers un système énergétique à faible intensité de carbone et la norme d'émission garantira que les prêts se limitent aux projets qui contribuent de manière positive à la croissance économique de l'UE et qui sont cohérents avec sa politique climatique", estime la banque européenne.

Une exception est toutefois prévue. "Le problème, c'est que la BEI se réserve le droit de dépasser cette limite si la sécurité d'approvisionnement ou des enjeux développement sont en jeu, ce qui laisse la possibilité de financer des centrales ultra polluantes", a déploré Malika Peyraut, de l'ONG Les Amis de la Terre. Et d'ajouter : "La politique de la BEI permet toujours le financement de projets gaz et pétrole, y compris des projets portant sur les hydrocarbures non conventionnels tels les gaz de schiste, alors que la Commissaire européenne au Climat Connie Hedegaard avait demandé que de tels prêts soient stoppés".

Ces cinq dernières années, la BEI a financé plus de 70 milliards d'euros dans le secteur de l'énergie. Ses prêts à l'appui de projets de production d'électricité à partir de combustibles fossiles "ont considérablement diminué et les fonds accordés durant la même période aux centrales au charbon ou au lignite ont représenté moins de 1,5% du total des financements accordés dans le secteur de l'énergie", a fait valoir la banque.

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