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Investissement socialement responsable : un futur acteur de la transition écologique?

L'investissement socialement responsable pourrait jouer un rôle dans la transition écologique. Ce dernier doit cependant améliorer la transparence dans ses pratiques, estime le CGDD.

Gouvernance  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Investissement socialement responsable : un futur acteur de la transition écologique?

Comment mettre l'investissement socialement responsable (ISR) au service de la transition écologique ? Le Commissariat général au développement durable (CGDD) s'interroge sur les évolutions à conduire pour y parvenir, dans une note de synthèse. Selon ce dernier, il reste aujourd'hui à instaurer une plus grande transparence des fonds d'investissement ISR." Il s'agit d'une première étape vers une définition plus précise de l'ISR, une évaluation partagée de son poids réel dans les marchés financiers et de son impact sur l'économie", estime le CGDD.

7 stratégies différentes pour l'ISR

Devant l'absence de consensus sur ce qu'est l'ISR, le forum européen de l'ISR, l'Eurosif, a sélectionné sept stratégies différentes : la sélection "Best in class", les investissements thématiques (les meilleures pratiques sociales, environnementales et de gouvernance dans un secteur lié au développement durable), l'exclusion normative (exclusion des émetteurs dont les pratiques sont en violation avec des normes et conventions internationalement reconnues), l'exclusion sectorielle (forme historique de l'ISR, qui exclu les entreprises tirant une part significative de leur chiffre d'affaires d'activités jugées néfastes pour la société), l'intégration ESG (prise en compte des questions environnementales, sociales et de gouvernance dans l'ensemble du processus de gestion), l'engagement (faire évoluer le comportement des entreprises via des pratiques de dialogue, un exercice actif de ses droits de vote) et l'impact investing (consiste à investir dans des entreprises, projets ou fonds, dans le but de générer un impact social ou environnemental).

"En pratique, ces stratégies peuvent se combiner, ou se recouper en partie, ce qui rend le calcul de la part de chacune dans le total des investissements dits ISR difficile ", souligne le CGDD.

Ces stratégies disparates de l'ISR se traduisent par des écarts dans l'estimation des encours.

L'approche française contestée

En France, 345 fonds d'investissement (sur un total de 7.550) sont engagés dans l'ISR et 50 sociétés de gestion sur 600 (en septembre 2012).

L'approche qui domine est la "Best in class" : la sélection par secteur d'activité des entreprises ayant les meilleures pratiques concernant l'environnement, le social et la gouvernance sans qu'aucun secteur ne soit exclu ou privilégié a priori.

Cette dernière est toutefois contestée : des entreprises aux pratiques controversées ou des domaines considérés comme incompatibles peuvent se retrouver dans des fonds ISR. Par exemple, un groupe dans l'armement présentant les meilleures pratiques dans son secteur pourrait y figurer.

"Il devient nécessaire de pouvoir évaluer la performance écologique, sociale et de gouvernance des fonds qui se revendiquent ISR et ainsi mesurer la contribution de l'ISR (...) à la transition écologique", note dans son analyse le CGDD.

La stratégie Best in class pèse pour 283,2 Md€ au niveau européen, dont 115 Md€ pour la France.

Vers une plus grande transparence ?

Un premier pas vers plus de transparence a été accompli en France, selon le CGDD. Le gouvernement impose désormais aux sociétés de gestion de portefeuilles de communiquer sur la manière dont elles intègrent des critères de développement durable dans leur politique d'investissement. Ce dispositif est complété par celui sur les obligations de transparence en matière sociale et environnementale des entreprises.

"Le dispositif réglementaire ISR devrait donc pousser la finance de marché classique à intégrer des critères de développement durable dans ses choix d'investissement et à demander aux émetteurs de fournir le reporting extra-financier exigé par la loi", projette le CGDD.

Vers un nouveau label ISR

Lors de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre 2012, le gouvernement a notamment annoncé la création d'un label ISR. Cette initiative est inscrite dans la feuille de route ministérielle de septembre 2012 pour la transition écologique. Ce label pourrait améliorer l'évaluation du marché de l'ISR et de la réalité de son impact sur le développement durable, selon le CGDD. Deux labels existent déjà pour permettre aux particuliers d'identifier les fonds ISR : le label ISR de Novethic (lancé en 2009) et celui du Comité intersyndical de l'épargne salariale (initié en 2002).

"Le déploiement de l'ISR passe par une définition sans ambiguïté, partagée et transparente de ce qu'il recouvre, de ses objectifs et de ses pratiques, y compris de gestion financière, assure t-il, cette définition renforcera les processus de labellisation, qui doivent garantir une information fiable, opérationnelle et traçable, afin d'être acceptés par le plus grand nombre".

Réactions1 réaction à cet article

 

Un label, voilà LA solution. Greenwashing ou socialwashing, même combat... A lire absolument, le rapport développement durable de British American Tobacco (en attendant celui des fabricants de mines antipersonnelles.
Une idée: l'investissement simplement honnête.

Albatros | 19 août 2013 à 15h32
 
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