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Les investissements en faveur des énergies renouvelables ralentissent dans les pays en développement

Le Climatescope démontre une baisse des investissements dans les renouvelables dans les marchés émergents. Les investisseurs sont frileux face à des objectifs de développement d'ENR peu ambitieux et au manque d'impulsion politique dans ces pays.

Energie  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
Les investissements en faveur des énergies renouvelables ralentissent dans les pays en développement

Selon Bloomberg New Energy Finance (BNEF), les investissements dans les énergies propres dans les pays ne faisant pas partie de l'OCDE ont diminué de 40 milliards de dollars (Mds$), passant de 151,6 Mds$ en 2015 à 111,4 Mds en 2016. Cette baisse n'est pas seulement imputable à la diminution des coûts des énergies renouvelables.

La réduction de 27% des investissements en Chine entre 2015 et 2016 explique en grande partie ce ralentissement. Les autres marchés émergents tels que le Brésil, l'Inde, la Turquie, le Mexique et l'Afrique du Sud ont attiré 270 Mds$ d'investissements depuis 2010. Mais les fonds en provenance des pays riches stagnent depuis 2014. La Chine, quant à elle, autofinance ses projets d'énergies renouvelables par le biais de la China Development Bank et par des fonds privés.

Selon les calculs de Bloomberg New Energy Finance publiés dans le Climatescope, la contribution aux énergies décarbonées est encore largement insuffisante. Les fonds déployés en ce sens de la part des pays les plus riches de l'OCDE envers les Etats moins développés sont passés de 13,5 Mds$ en 2015 à 10 Mds en 2016. Ce montant inclut les financements publics et les capitaux privés.

Décrochage en 2015

A la conférence climatique de Copenhague en 2009, les pays riches se sont engagés à abonder un fonds vert à hauteur de 100 Mds$ par an à partir de 2020 pour soutenir le reste du monde face aux impacts du changement climatique, mais entre 2015 et 2016, les flux financiers ont décroché de 10 Mds$.

Il s'agit de changer d'échelle si le monde veut éviter les pires impacts du changement climatique, souligne Bloomberg. Selon ses estimations, 7.700 Mds$ seront investis dans des projets à zéro carbone à l'horizon 2040, mais 5.400 milliards de plus seraient nécessaires. Le secteur de l'électricité représente aujourd'hui environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre dans les marchés émergents. Et les émissions totales de CO2 des pays non membres de l'OCDE ont grimpé de 65% entre 2002 et 2012 en raison de taux de croissance économique exceptionnels en Chine et dans d'autres pays émergents.

Renforcer la confiance des investisseurs

Pour Ethan Zindler, de BNEF, ''les pays les plus riches ont été plus lents à investir que prévu, compte tenu des promesses faites il y a huit ans à Copenhague. Mais dans de nombreux cas, les pays pauvres n'ont pas construit les cadres politiques nécessaires pour renforcer la confiance des investisseurs et attirer des investissements dans les énergies propres."

Vingt-cinq pays examinés dans le cadre de Climatescope se sont engagés à atteindre des objectifs plus ambitieux de réduction des émissions de CO2 si les pays les plus riches respectaient entièrement la promesse de Copenhague. Dix-neuf autres pays ont déclaré qu'ils annuleraient totalement leurs engagements si une assistance suffisante n'était pas fournie. Le Brésil, par exemple, s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 37% par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2025. Cependant, ce pays a également annoncé qu'il réduirait ses émissions de 43% en cas de soutien suffisant de la part de la communauté internationale.

Réactions1 réaction à cet article

 

Au fond, n’est-il pas illusoire de ne faire reposer le développement des EnR que sur le « marché » ?
Les « Paradise Papers » ne viennent-ils pas de démontrer encore une fois que les investisseurs privilégieront toujours le profit facile et à court terme, ainsi que l’opacité, alors que la véritable transition énergétique dont nous avons cruellement besoin implique forcément un effort sans précédent pour faire muter nos comportements, notamment par une baisse drastique de nos consommations, et ce alors que les indicateurs de croissance de la valeur boursière ne reposent précisément que sur elles !

philippeb81 | 14 novembre 2017 à 08h45
 
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