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Imprégnation de la population française par les polluants : l'Invs publie les premiers résultats

Dans le cadre du plan santé environnement, l'Invs a mesuré les concentrations de plusieurs polluants dans la population française. Les modes d'alimentation et l'usage de certains produits expliquent de grosses différences avec d'autres pays.

Risques  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

L'Institut National de Veille Sanitaire (Invs) vient de publier les premiers résultats d'une étude d'imprégnation de la population française par différents polluants de l'environnement. Les analyses ont porté sur des contaminants chimiques de l'alimentation et de l'environnement retenus en fonction de leur intérêt en santé publique : 11 métaux, 6 polychlorobiphényles (PCB) et trois familles chimiques de pesticides (organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes). Ces substances chimiques ou leurs métabolites ont été dosés dans des prélèvements de sang, d'urine, ou de cheveux recueillis auprès d'un échantillon de la population dans le cadre de l'Étude nationale nutrition santé (ENNS).

Des résultats "globalement bas" pour les métaux et les pesticides organochlorés

Résultats, selon l'Invs "la population française présente des niveaux d'exposition aux métaux lourds et aux pesticides organochlorés globalement bas et conformes aux niveaux observés à l'étranger." La concentration moyenne en plomb chez les adultes de 18 à 74 ans est de 25,7 μg/L. L'Invs constate ainsi que la plombémie a baissé de 60 % environ depuis une étude similaire réalisée en 1995. En revanche, les niveaux de cadmium urinaires, dont la moyenne est de 0,29 μg/g de créatinine, sont assez similaires à ceux observés dans des études françaises précédentes et à ceux d'autres études conduites en Europe et aux États-Unis. "Le seuil de 2,5 μg/g de créatinine correspondant à une augmentation du risque d'atteinte rénale n'est dépassé que dans 1,5 cas pour 1.000", précise l'Invs.

Les concentrations en mercure dans les cheveux sont quant à elles "relativement faibles" et toutes inférieures au seuil de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) fixé à 10 μg/g (0,59 μg/g chez les adultes et 0,37 μg/g chez les enfants). Ces niveaux sont supérieurs à ceux des Allemands et des Américains mais inférieurs à ceux des Espagnols. Sachant que le poisson constitue le principal apport de mercure organique dans la population générale, l'Invs estime que l'alimentation est la cause de ces différences de concentration : "la consommation de poisson est deux fois moindre en Allemagne et aux États-Unis qu'en France et supérieure en Espagne".

Pour les pesticides organochlorés (peu ou plus utilisés en France comme le lindane ou le DDT), l'Invs constate que les concentrations varient de 0,30 ng/g à 120 ng/g dans le sérum sanguin suivant le pesticide recherché et de 0,36 μg/g à 10,3 μg/g dans les urines. Si pour certains pesticides les taux sont inférieurs ou identiques à ceux observés aux Etats-Unis et en Allemagne, la France se distingue sur le 2,5-dichlorophénol, une substance issue de la dégradation du paradichlorobenzène, un pesticide utilisé comme antimite, désodorisant dans les toilettes ou désinfectant. "Cette observation doit conduire à la recherche d'une possible particularité française dans l'exposition à cette substance", note l'Invs.

Des niveaux plus élevés pour les PCB et les autres pesticides

Concernant les polychlorobiphényles, les niveaux français sont notablement plus élevés que ceux observés aux États-Unis et en Allemagne. La concentration moyenne en PCB (tout PCB confondus) atteint 290 ng/g soit quatre à cinq fois plus que dans la population américaine. En revanche, ce taux est inférieur à celui observé en République tchèque. 3,6 % des femmes en âge de procréer (18-45 ans) ont une concentration de PCB supérieure au seuil sanitaire proposé par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) de 700 ng/g de lipides et 0,4 % des autres adultes ont une concentration supérieure au seuil de 1.800 ng/g de lipides. Pour l'Invs, il est nécessaire d'expliquer ces spécificités françaises qui seraient liées à l'alimentation ou à l'usage de certains produits.

Les pesticides organophosphorés utilisés depuis le début des années 1970 comme alternative aux composés organochlorés, ont été retrouvés dans plus de 90 % des échantillons urinaires. Les concentrations varient de 0,75 μg/g à 7,10 μg/g, soit des taux similaires à ceux retrouvés en Allemagne mais supérieurs à ceux des Etats-Unis.

Pour les pesticides de la famille des pyréthrinoïdes (insecticides actuellement les plus utilisés) retrouvés dans plus de 80 % des échantillons, les niveaux moyens français sont environ trois fois plus élevés que ceux observés aux États-Unis et supérieurs aux niveaux allemands (de 0,16 μg/g à 0,72 μg/g). "Il est vraisemblable que les usages soient différents en France et dans ces pays", justifie l'Invs.

En complément de cette première étude réalisée dans le cadre du deuxième Plan National Santé-Environnement, l'InVS a prévu de lancer fin 2012 une enquête nationale de biosurveillance incluant un volet chez les enfants. Elle permettra de connaître les évolutions par rapport aux données de cette première étude tout en élargissant à une centaine de substances dosées. Des polluants émergents ou appartenant à d'autres familles chimiques, comme les perturbateurs endocriniens, seront intégrés.

Réactions4 réactions à cet article

 

Bonjour,
Cet article est intérêssant, mais serait beaucoup plus parlant si les LOAEL (Low Observable Adverse Effet Level) extrapôlées à l'homme (si les données ne sont disponibles que chez l'animal) étaient communiquées.
En effet, certains composés (autres que les CMR) n'ont pas d'effet délétère sur la santé humaine en-dessous d'une certaine concentration, appelée la NOAEL (No Observable Adverse Effet Level).
Du coup, on ne sait pas si les concentrations moyennes détéctées dans l'échantillon sont néfastes ou non pour l'homme.
De plus le carac téère CMR de certains composés devrait être précisé (ex : DDT...).
Bonne journée.

Annabelle | 23 mars 2011 à 11h52
 
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Bonjour,

c'est bien, maintenant on est bien avancé de savoir à quelles concentrations de telles ou telles substances nous sommes imprégnés et si nous le sommes plus ou moins par rapport au allemands ou américains.

Maintenant on attend la partie 'interprétation' de l'étude.
Quels sont les risques liés à ces imprégnations ? Aucun mot là-dessus pour l'instant... on attend...

Laurent | 24 mars 2011 à 08h22
 
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On commence à nous dire que la pollution intérieure est plus importante
que celle de l'air extérieur! Bien sûr, on utilise les objets et produits
qu'on nous propose et que nous ne pouvons pas contrôler! Alors, on est
obligé de faire confiance ,mais à qui? les producteurs qui ne respectent
pas les normes si elles existent! Seul critère valable: Notre état de santé,mais trop souvent c'est trop tard pour réagir car les fameuses
enquêtes épidémiologiques ne figurent que dans les plans des experts.

arthur | 30 mars 2011 à 20h57
 
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Pour ce qui concerne les seuils d'exposition et les risques associés il est intéressant de lire le livre de MM Robin : notre poison quotidien

plombio | 08 avril 2011 à 11h24
 
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