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Ions perchlorate : l'Anses recommande des études sur la contamination de l'eau potable et des aliments

Saisie après une alerte sur la présence d'ions perchlorate dans l'eau potable en Aquitaine et Midi-Pyrénées, l'Anses conclut à un manque de données en France et préconise des enquêtes nationales, tout en fixant des valeurs limites de consommation.

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

 
Bordeaux : un quart des captages fermés Fin juin, après la détection de perchlorate d'ammonium dans l'eau potable, un quart des captages de la communauté urbaine de Bordeaux (Cub) ont été fermés. Des mesures de confinement du site pollueur ont été mises en place.
 
L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a été saisie le 31 janvier 2011 par la Direction générale de la santé (DGS) d'une demande d'avis sur les risques sanitaires liés à la présence d'ions perchlorate dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH). Ce sont les Agences régionales de santé (ARS) d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées qui ont signalé cette pollution liée à une activité industrielle à l'amont de points de captage d'eaux destinée à la production d'eau potable. ''Les données disponibles fournies par ces agences montrent une dispersion des valeurs aux différents points de prélèvement avec un seuil de quantification élevé jusqu'en 2009 (5 microgramme par litre), qui a diminué ensuite. Au robinet du consommateur, entre octobre 2006 et janvier 2011, la concentration maximale en ions perchlorate observée est de 11 μg/L'', note l'Anses. Selon la revue scientifique de l'Anses, les effets des ions perchlorate observés chez l'homme et chez l'animal porteraient essentiellement sur la fonction thyroïdienne. Dans son avis publié le 18 juillet, l'Anses recommande la réalisation d'enquêtes nationales de contamination de l'eau potable et des aliments et préconise des valeurs limites journalières.

Les produits laitiers et les légumes les plus contributeurs

L'enquête de l'Anses révèle qu'au niveau national, il n'existe pas de données de contamination ni d'exposition alimentaire par les ions perchlorate. Ces ions ne sont pas recherchés dans l'eau potable. Pourtant, le perchlorate d'ammonium figure dans de nombreuses applications industrielles en tant qu'oxydant, notamment dans les domaines militaires et de l'aérospatiale.

Les principales données connues sont issues d'études réalisées aux Etats-Unis. Ainsi, entre 2004 et 2005, la Food and drug administration (FDA) a mené une étude exploratoire afin d'estimer le niveau de contamination en ions perchlorate de 28 catégories d'aliments et de boissons. Ceux-ci ont été retrouvés dans de nombreux aliments (produits laitiers, oeufs, huile, fruits, légumes, viande, sucre…), avec des valeurs moyennes qui peuvent atteindre 115 μg/kg. Selon la FDA, les aliments les plus contributeurs de l'exposition alimentaire sont les produits laitiers (29-51 %) pour les enfants et les légumes (26-38 %) pour les adultes.

Valeurs limites et études sur la contamination aux ions perchlorate

Après étude, l'Anses constate que les ions perchlorate sont difficilement éliminés par des procédés utilisés dans les filières de traitement de l'eau destinée à la consommation humaine. L'agence préconise, au regard des données toxicologiques actuelles, une valeur limite dans l'eau potable de 15 μg/L pour les ions perchlorate en vue de prévenir les risques sanitaires liés à la consommation d'eau distribuée pour le consommateur adulte. Cette valeur est celle retenue par l'Agence américaine pour l'environnement (EPA).

En revanche, elle déconseille d'utiliser une eau présentant une contamination par les ions perchlorate pour la préparation des biberons des nourrissons jusqu'à 6 mois. L'Anses recommande la réalisation d'une enquête nationale sur la contamination des aliments en perchlorates, après avoir été informée d'une contamination de poudres de lait infantile en perchlorates commercialisées en France sur un faible nombre de données avec une valeur maximale quantifiée de 2 μg/kg.

Enfin, elle recommande que les autorités sanitaires inventorient les prises d'eau destinées à produire de l'eau destinée à la consommation humaine qui sont influencées par une émission industrielle d'ions perchlorate.

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