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Actu-Environnement

Le nucléaire, une irresponsabilité environnementale ?

La fuite d'effluents contaminés à l'uranium survenue le 8 juillet dernier sur le site de la Socatri-Areva au Tricastin (Drôme) a conduit la société Areva à limoger le directeur-général de sa filiale, la Socatri, et à verser une indemnisation aux agriculteurs lésés. Cette affaire renvoie à la responsabilité environnementale et au principe « pollueur-payeur » en matière d'industrie nucléaire.

Décryptage  |  Energie  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com
Ce mois de juillet aura été riche en événements radioactifs. Après les dysfonctionnements du chantier EPR à Flamanville, le tour de France des accidents nucléaires se poursuit : le 8 juillet, 74 kilos d'uranium répandus dans des effluents sur le site du Tricastin, le 17, fuite sur une canalisation de l'installation nucléaire de la CERCA à Romans-sur-Isère, puis, le 18 juillet, contamination de 15 salariés intérimaires travaillant à la centrale nucléaire de Saint-Alban (Isère), et, le 23, contamination d'une centaine de personnes au Tricastin. Des événements à la fois graves et ordinaires, qui s'inscrivent dans la « banalité du mal » qu'évoquait la philosophe Hannah Arendt, sorte de fatalité de la société du risque, dont l'opinion ne sait quelle gravité réelle leur attribuer. Quelques 900 incidents ''mineurs'' du type de ceux déclarés ces derniers jours au Tricastin sont recensés chaque année dans le nucléaire en France, témoignant, selon les experts, du bon contrôle de la filière, mais révélateurs, selon les écologistes, de la dangerosité de cette énergie. Cette série noire du nucléaire survient alors que la loi sur la responsabilité environnementale a été adoptée le 22 juillet 2008. Si celle-ci a inscrit dans le droit français la notion de préjudice écologique, elle n'a pas pris en charge le risque nucléaire. En effet, du fait des risques particuliers inhérents à l'industrie nucléaire et de leur caractère transfrontalier, la responsabilité civile des opérateurs ne relève pas du droit commun.

Un régime exorbitant du droit commun

En Europe, les exploitants d'installations nucléaires, publics ou privés, civils ou militaires, sont couverts par la Convention de Paris du 29 juillet 1960, la Convention complémentaire de Bruxelles du 31 janvier 1963, le Protocole du 16 novembre 1982, puis celui de février 2004 modifiant cette Convention. Ces textes prévoient que la réparation des dommages causés par un accident nucléaire sera effectuée sur fonds publics, dans le cas où les dommages excéderaient le montant couvert par l'assurance ou la garantie financière de l'exploitant. Mais cette « réparation » est elle-même limitée. En France, la transposition en droit interne de ces conventions s'est effectuée au travers des lois du 30 octobre 1968 et du 11 mai 1990 qui reposent sur le principe de la responsabilité objective de l'exploitant et de lui seul en cas d'accident nucléaire, mais limitent pour le moment cette responsabilité à 90 millions d'euros par accident, les coûts supplémentaires étant supportés par l'Etat dans la limite de 380 millions d'euros. La garantie financière sera portée à 700 millions d'euros dès l'application du Protocole de 2004, qui dépend maintenant de la ratification de l'ensemble des pays signataires.

Ces garanties publiques ne s'appliquent en fait qu'à des accidents nucléaires de niveau inférieur ou égal à 5 sur l'échelle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui s'élève jusqu'au niveau 7. La catastrophe de Tchernobyl fut de niveau 7, tandis que l'accident de Three Mile Island (Etats-Unis, 1979) fut de niveau 5, comme celui de Windscale (Grande-Bretagne, 1957), et celui de Saint-Laurent-des-eaux (France, 1980) de niveau 4. Même les riches Etats-Unis ne couvrent pas les accidents de niveau 6 et 7. Ce qui veut dire que les immenses conséquences de tels accidents seraient supportées par les victimes. La possibilité – et la réalité historique à Tchernobyl – d'accidents de niveaux 6 et 7 devrait être reconnue et prise en charge par l'industrie nucléaire. Une ''écotaxe'' assurancielle pourrait s'appliquer pour tous les niveaux d'accidents nucléaires, mais elle n'existe pas.

Une proposition équitable d'internalisation des coûts du risque nucléaire majeur a été formulée par deux économistes allemands. Elle consiste à appliquer le principe « pollueur-payeur » en prélevant une taxe d'un centime d'euro par kWh produit par chaque réacteur dans le monde. En l'an 2000, la production nucléaire primaire d'électricité des 440 réacteurs du monde fut de 2586 TWh (2586 x 109 kWh). Le fonds ainsi constitué par les sommes recueillies auprès des opérateurs nucléaires serait donc abondé à hauteur de plus de 25 milliards d'euros par an. En vingt ans, le montant de ce fonds serait d'un ordre de grandeur suffisant pour indemniser les victimes et couvrir les autres coûts d'un accident nucléaire majeur.

Aux Etats-Unis, au milieu des années cinquante, alors que le nucléaire civil commençait à intéresser quelques investisseurs privés aux Etats-Unis, se posa la question de la responsabilité des opérateurs en cas d'accidents. Les compagnies d'assurances refusant de couvrir un risque difficilement chiffrable, le sénateur Clinton Anderson et le député Melvin Price proposèrent au Congrès, dès 1957, une loi de court terme (10 ans) destinée à aider le développement du nucléaire civil naissant en apportant la garantie de l'Etat fédéral en cas d'accident. Plus précisément, cette loi plafonnait la responsabilité de l'industrie nucléaire à 560 millions de dollars et limitait la couverture des compagnies d'assurances privées à 100 millions de dollars par réacteur. Plusieurs fois prorogé, l'actuel Price-Anderson Act rehausse ces plafonds à 9,1 milliards de dollars et 200 millions de dollars respectivement. Le coût de la catastrophe de Tchernobyl a été estimé à 360 milliards de dollars pour les seuls pays de Russie, Ukraine et Biélorussie. Le coût d'un accident nucléaire majeur aux Etats-Unis est évalué entre 500 et 600 milliards de dollars selon la situation géographique du réacteur qui serait en cause. Compte tenu du plafond de 9,1 milliards de dollars, on peut dire que l'industrie nucléaire américaine n'est responsable que de 2% des coûts potentiels d'un accident majeur dû à son activité ! Les autres 98% seraient payés par le contribuable, via le Trésor fédéral. Autant dire qu'on est loin du principe « pollueur-payeur » de la Conférence de Rio (1992). Une étude a estimé que le Price-Anderson Act est l'équivalent d'une subvention publique annuelle de 3,4 milliards de dollars 1990 de frais d'assurances évités à l'industrie nucléaire américaine.

Le 22 juillet dernier a été transposée en droit français, avec un an de retard, la directive (2004/35 du 21 avril 2004) sur la responsabilité environnementale en ce qui concerne la prévention et la réparation des dommages environnementaux. C'est la première réglementation européenne strictement fondée sur le principe « pollueur/payeur ». Lors du débat parlementaire, le député Yves Cochet (Verts) a proposé la création d'un fonds d'indemnisation des victimes, provisionné par les entreprises elles-mêmes, plutôt que par le contribuable. La question du délai de prescription suite au fait générateur d'un dommage environnemental a également été posée. Sa durée, fixée à 30 ans, s'avère insuffisante pour se tourner vers les industriels responsables de dommages, tels que la persistance de la radioactivité, ou l'incidence des PCB dans le Rhône, qui perdure plusieurs décennies après leur interdiction. Enfin, le député s'est étonné que le nucléaire fasse partie des activités exemptées de responsabilités environnementales : la loi doit s'appliquer aux dommages éventuels environnementaux et de santé humaine que pourraient causer les centrales nucléaires.

Qu'il s'agisse de l'indemnisation des victimes, de la remise en état de l'environnement après un accident nucléaire, ou de la durée de la responsabilité d'un industriel tel que le groupe Areva après un dommage en France, ce qui frappe, c'est la disproportion entre les financements prévus par les Conventions européennes et les coûts réels, qui incombent à la collectivité. Les dommages nucléaires sont toujours explicitement exclus des polices d'assurance, ce qui implique que les dossiers d'indemnisation ne seront pas gérés par les assureurs habituels des victimes, mais par un dispositif spécifique. Quant aux maladies présumées avoir pour cause l'accident nucléaire, elles sont définies par décret. Les niveaux d'indemnisations sont également fixés par décret. L'interlocuteur en cas d'accident grave n'est pas clairement désigné. Il reste à instaurer un guichet unique afin que les victimes puissent identifier un seul référent pour l'indemnisation. Et surtout, à élaborer des dispositifs de gestion de situation post-accidentelle, non pas tant « pour » la société, qu' « avec » elle.


* Michael Kelly et Johannes Welcker, ''Risk Cover for Nuclear Power Stations'', http://www.uni-saarland.de/fak1/fr12/welcker/Nuclear_Risk.html
** J.A. Durbin et G.S. Rothwell, ''Subsidies to Nuclear Power Through Price Anderson Liability Limit'', Contemporary Policy Issues, Vol. VII, 1990, pp. 73-79.

Réactions32 réactions à cet article

 
Vision purement humaine !!

Il faut tout de même savoir que l'accident de Tchernobyl (horreur s'il en est une !!) a généré une des plus grande réserve naturelle. En effet, débarrassée de son principal prédateur dans un rayon de 30 Km (zone de sûreté), la nature a retrouvé une profusion de vie et développé un écosystème d'une richesse inconnue jusqu'alors dans la région.

Comme quoi, les conséquences d'un accident nucléaire majeur ne représentent des milliards de dollars que pour notre espèce en indemnité d'assurance. Pour d'autres, c'est la garantie de vivre sereinement dans un environnement désormais protégé par la peur d'un grand prédateur.

Fragued | 01 août 2008 à 20h24
 
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Re:Vision purement humaine !!

une réserve naturelle?? plutot un laboratoire d'observation de ce a quoi pourrait ressembler une région entiére voir plus dans nos pays aprés un e catastrophe nucléaire (seisme,guerre,attentat,accident sur stockage de déchéts etc)le probléme c'est que la nature a repris ces droits mais quels droits? les sols sont contaminés pour des milliers d'années et quel vont étre les réactions des plantes et des animaux(cancers malformation ,mutation????)arrétons de parler d'assurance nos modes de fonctionnement occidentaux basés en partie sur une prise en charge des risques (accident ,maladie,etc)ne peuvent pas faire face a de pareilles catastrophes on parle ici de milliers de malades de contamination sur des milliers d'années de zones mortes( dans l'état actuel de nos connaissances) pour des générations.Le nucléaire est dangereux,il coute une fortune,recherche ,construction,gestion, démentélement et maintenant assurance ,il faut en sortir et vite (si c'est encore possible).
Réchauffement climatique,perte de biodiversité, pollution des océans,nucléaire c'est la bétise de l'espéce humaine qu'il faudrait chiffrer!!!

lionel gaulier | 02 août 2008 à 09h39
 
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STOP au dogmatisme!!!

Quand on voit la virulence des anti nucleaires... On a vraiment l'impression que c'est une croisade basee sur des peurs plus que des faits. Le bilan actuel humain et ecologique (guerres, marees noire, tensions politiques ect...) des energies fossiles est plusieurs ordre de magnitude au dessus de celui du nucleaire et leurs effets les plus graves sont encore a venir (rechauffement climatique). De plus l'energie thermique est a son crepuscule alors que le renouvelable et le nucleaire sont a leur aurore. Pour ce qui est du niveau technologique nucleaire actuel, l'humanite sommes encore a un niveau tres bas: Le reacteur pilote de 4 eme generation japonais de 100MW Fuji est un reacteur surgenerateur a sel fondu utiliant du thorium et produit 0.1% de dechets de longue duree de vie compare au reacteur a eau pressurise pour produire la meme quantite d'energie. Cela est possible grace a la transmutation des actinides mineurs et une utilisation a 97% du carburant nucleaire au lieu des 3-4% actuels... Je ne parle meme pas de la fusion...lol

Tout ca pour dire: restons ouvert, il y encore beaucoup de potentiel non explore qui pourrait bien apporter une partie de la solution a nos problemes energetiques.

Peace

Nag | 03 août 2008 à 17h34
 
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Re:STOP au dogmatisme!!!

on cherche actuellement des pictogrammes (a l'image des hiéroglyphes égyptiens) qui permettront aux générations futures de se prémunir contre les déchéts radioactifs que nous allons leurs laisser en héritage (10000 ans et +)on peut en effet penser que notre civilisation va avoir du mal a passer le cap de la fin du siecle( au rythme actuelle changement climatique,voir catastrophe nucléaire))et que dans 10000 ans(et avant) nos descendants a la recherche de leur passé devront bien étre prévenus s'ils tombent sur un de ces vestiges.Alors que propose tu?
Peace oui mais green-peace

lionel gaulier | 04 août 2008 à 10h32
 
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Re:STOP au dogmatisme!!!

Tout à fait d'accord...ne parlons pas de la fusion qui va toujours produire des dechets dangereux (environ 30 000tonnes), utiliser une centrale électrique et donc une ligne THT juste pour faire fonctionner qq minutes "un truc" qui ne produira même pas d'énergie, plomber la recherche européenne au détriment des EnR, utiliser du tritium (dont la dose mortelle est de 1mg alors qu'ITER en contiendra 2kg), dénaturaliser des zones classées Natura 2000, etc.

Alors pourquoi vouloir recréer le soleil ??? on connait un moyen de récupérer l'énergie qu'il produit : panneaux solaires, éolien, biomasse,...

D'autant que l'uranium reste une ressource finie, et qu'avec l'augmentation du cours actuellement, on s'en rend de plus en plus compte !

"Ni nucléaire, ni gaz à effet de serre"

Arnaud | 04 août 2008 à 11h16
 
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Re:STOP au dogmatisme!!!

Depuis 50 ans le nucléaire est une solution qui se cherche un problème à résoudre.

Le G7 s'est engagé à corps perdu dans le charbon à partir des années 70 suite à l'augmentation des couts du pétrole : fausse bonne idée. On va donc peut-être réfléchir un petit peu cette fois avant de repartir massivement dans une direction... La filière nucléaire étant réputé pour son gout du secret qui empêche toute étude d'analyse de vie (sur l'extraction de l'uranium par exemple), il faudrait d'abord remédier à ça...

Je ne suis pas non plus d'accord sur le fait que l'énergie atomique est à son aurore, il se ferme plus de centrales qu'il ne s'en construit actuellement. Si elle veut inverser cette tendance le nucléaire devrait s'occuper de financer des recherches pour corriger ses défauts (cout élevé, extraction et enrichissement de l'uranium, traitement des déchets), plutot que des campagnes de publicité avant le journal de tf1...

Tilleul | 04 août 2008 à 11h17
 
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Re:Re:Vision purement humaine !!

C'est exactement ce que je disais !! Nous n'avons qu'une vision purement humaine des choses. Les centaines de Km² autour de Tchernobyl n'ont rien d'une zone "morte". Bien au contraire !!

En l'absence de présence humaine, la nature a retrouvé des droits comme nulle part ailleurs et sans le moindre mouvement écologique extrémiste.

Fragued | 04 août 2008 à 11h25
 
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Re:Re:Re:Vision purement humaine !!

sauf que l'on ne sait pas comment va évoluer la zone dans les années a venir.Quand on voit les enfants qui naissent aprés la catastrophe on peut se poser des questions,quelle va étre la réponse de la nature,a suivre..

lionel gaulier | 04 août 2008 à 11h43
 
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Re:Re:Re:Re:Vision purement humaine !!

Alors laissons faire la nature sans intervenir !! Nous verrons bien le résultat de son auto-gestion.

Fragued | 04 août 2008 à 11h53
 
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Re:STOP au dogmatisme!!!

On est d'accord et j'ajoute que les opposants aux centrales nucléaires n'ont pas une claire conscience du monde en lequel ils vivent. Ils refusent de penser la réalité telle quelle est. Faites donc l'expérience de leur tenir ce discours:
"moi je suis pour l'énergie solaire nucléaire" (ben oui, l'énergie solaire nous vient su Soleil qui tire son énergie de la fusion nucléaire),
"moi je suis pour l'énergie géothermique nucléaire!" (ben oui, notre Terre est elle-même une gigantesque centrale nucléaire),
"moi je suis pour le développement de l'énergie éolienne nucléaire" (ben oui, l'énergie éolienne est une forme d'énergie solaire nucléaire... ),
"moi je suis pour que l'on continue à utiliser les énergies fossiles nucléaires" (ben oui, les énergies fossiles sont de l'énergie solaire nucléaire qui a été stockée sur des millions d'années).
Toutes nos énergies sont une forme d'énergie nucléaire: il n'existe pas d'autres énergies!
Rappelez-leur que le granit est radioactif, que Mère nature a créé des concentrations d'uranium si fortes, en Afrique, que des réactions en chaîne s'y sont produites et que le vent et l'eau de ruissellement ont disséminés tous les sous-produits radioactifs, que de brûler du charbon libère ce qu'il contient d'éléments radioactifs et que la quantité ainsi rejetée dans l'atmosphère est supérieure à tout ce qui a été produit par les accidents nucléaires (Tchernobyl compris), que nous ne faisons finalement que de prendre à la Terre des éléments radioactifs et de les lui restituer.
Il s'agit là de simples faits. Qu'est-ce qui justifierait d'éviter de les penser si ce n'est d'avoir un esprit biaisé? Mais ils ont besoin de leur de leur cheval de bataille par lequel ils se sentent exister. Au fond, s’ils s’opposent c’est pour s’affirmer, pour se construire : c’est plus facile en s’opposant. La passion avec laquelle ils défendent leur point de vue vient de ce qu'ils ont conscience de penser faux.

Lucien

Lucien | 05 août 2008 à 02h09
 
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Re:Re:STOP au dogmatisme!!!

"une forme de" mais une forme non dangereuse contrairement a celle crée par l'homme, tu as raison l'homme n'est pas assez malin, pas assez humble pour pouvoir égaler la nature (il faudrait d'abord qu'il la comprenne).Quand tu parle de cheval de bataille tu as également raison mais ce n'est pas pour exister c'est pour éviter de ne plus pouvoir exister au sens propre cette fois ci.

lionel gaulier | 05 août 2008 à 11h14
 
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Une évaluation bien timide !

La seule évaluation réaliste que l'on ait des dommages causés par un accident majeur et des sommes à dépenser pour y faire face est celui de Tchernobyl. C'est à l'aune de cette expérience qu'il faut calculer la taxe provisionnelle pour accident à ajouter au prix de vente du kWh d'origine nucléaire. La réalité de Tchernobyl infirme l'évaluation très minorée d'Actu-environnement.

Notons en premier lieu qu'une taxe ajoutée au coût du kWh n'a rien à voir avec le principe pollueur-payeur, puisqu'elle ne correspond pas en l'occurrence à une sanction pour un dommage réalisé mais à une provision pour avoir de quoi faire face à un dommage hypothétique. C'est donc un autre principe qu'il faut invoquer ici, celui de l'obligation collective d'assurance, à décider démocratiquement mais peut-être selon une autre procédure que celle ayant abouti à faire avaliser par le Parlement toutes les décisisons nucléaires !

Au 0,01 $/kWh timidement demandé aux consommateurs (car la taxe est tjs payée par le consommateur), on trouve qu'il faudrait en fait ajouter 0,08 $/kWh, soit presque 10 fois plus ! La "protection" offerte par la proposition suggérée par Actu-environnement est donc tout-à-fait insuffisante, voire illusoire.

On dirait que la "surprise" (une très mauvaise surprise) de Tchernobyl s'est estompée et que la stratégie de communication du lobby a repris le dessus. En effet, tout se passe comme si le discours pré-Tchernobyl sur les risques "réels" du nucléaire avait de nouveau force de loi, même dans le cerveau des écologistes.

C'est très inquiétant.

Voici le raisonnement qui conduit au chiffre de 0,08 $/kWh (soit 2 à 3 fois le coût de production brut sortie alternateur).


Considérons l’accident survenu sur le PWR (250 MWé) de Chooz en 1968. Il s’en suivit un arrêt de 18 mois. Le coût de la réparation n’a été publié nulle part, noyé dans les bilans d’EDF. En revanche on peut calculer le manque à gagner de la production sur la base actuelle d’environ 0,04 €/kWh : 110 M€.
L’accident de Three Mile Island, survenu 11 ans plus tard en mars 1979, est plus éclairant. Le réacteur ne fut pas remis en service. Délaissons la question du manque à gagner d’une production qui, de toutes façons, a été couverte par d’autres moyens, et ne retenons que la perte d’un investissement productif très loin d’être amorti, soit 1 Md $ actualisés, et au moins 2 Md $ (au cours de 1984) à actualiser à environ 4 Md € aujourd’hui pour le nettoyage d’une installation avec un cœur de réacteur fondu à 60%. En gros, une perte de 5 Md €, portant uniquement sur un investissement négatif et donc non-productif, sauf de savoir. Il s'agit d'accidents avec peu ou pas d'émission de polluants radioactifs.

La catastrophe de Tchernobyl (explosion du réacteur N° 4 de 1 000 MWé) donne à chiffrer l’ampleur certaine, et donc non hypothétique, du risque nucléaire réalisé. Sans tenir aucun compte des vies humaines anéanties, hier, aujourd’hui et à l’avenir, le bilan des pertes provoquées par la catastrophe selon les sources gouvernementales des trois Etats les plus touchés (Biélorussie, Russie et Ukraine) se monterait à 500 Md $, somme non actualisée au cours de 1990. Ce chiffre ne prend son sens réel que rapporté aux budgets respectifs des trois Etats (Voir : Marie-Hélène Labbé, Le grand retour du nucléaire, Editions Frison-Roche 2006, pp.146-148.) :
- 22% du budget biélorusse en 1991 et encore 6% aujourd’hui (alors que des millions de personnes contaminées chroniquement restent sans suivi médical et sans prophylaxie) ;

- 25% du budget ukrainien en 1991 et encore 3,4% aujourd’hui ;

- les chiffres russes n’ont pas été publiés bien que l’oblast de Briansk ait été aussi sévèrement contaminé que les régions les plus touchées de la Biélorussie.

Un accident de cette ampleur en Europe occidentale où la densité de population est forte et où, tant la richesse accumulée que les niveaux de production et les coûts salariaux sont incomparablement plus élevés, engendrerait des pertes beaucoup plus importantes. On peut se faire une idée des pertes économiques provoquées par une catastrophe équivalente survenant au cœur de l’Europe occidentale et concernant un ensemble d’Etats peuplé de 200 millions d’habitants en appliquant les ratios conservatifs par défaut de 25% pour les cinq premières années et de 7% pour les 15 années suivantes des parts de buget à consacrer à la liquidation des conséquences. L’addition du budget de ces états tourne autour de 1 000 Md $ (péréquation à partir du budget français 2005). On trouve alors une perte cumulée sur 20 ans de 2 300 Md $.

Ce chiffre est évidemment sous évalué. En effet, on sait que les moyens budgétaires des trois républiques n’ont pas permis de prendre toutes les mesures de sauvegarde nécessaires (destruction des récoltes contaminées, relogement des populations exposées, diagnostics en continu et prophylaxie). On sait aussi que dans ces trois pays les doléances des citoyens trouvent quelques difficultés à être prises en considération. Par ailleurs la couverture médicale héritée du communisme est à la charge des états et non d’un système financé par les acteurs économiques ; et la part de la Russie n’est pas connue. Enfin, les pays d’Europe étant beaucoup plus insérés dans l’économie mondiale, s’ajouteraient des pertes commerciales proprement incommensurables. Il n’est donc pas irréaliste d’envisager un coût très au delà des 4 000 Md $ plutôt que proche des 2 300 Md $ obtenus par une péréquation simpliste. Tout cela sans considérer les dommages aux personnes, bien entendu, car la tragédie n’est pas chiffrable.

Si on se donne pour objectif la contitution d'un fonds de garantie accident propre à réunir en dix ans la moitié de cette somme de 4 000 Md $ afin d'être à même de financer les énormes dépenses engendrées par les mesures à prendre durant les cinq premières années (le reste serait collecté au cours des 10 années suivant l'accident pour indemniser les dépenses résiduelles et commencer à reconstituer le fonds), on trouve que la taxe accident majeur doit se monter à 0,08 $/kWh

YvesLenoir | 05 août 2008 à 12h45
 
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Re:Une évaluation bien timide !

a quand un bilan chiffré de la filliére nucléaire fait par une entité indépendante ????Puisque seuls les chiffres sont digne de considération a l'heure actuelle.A voir aussi l'invention de Daniel Nocera sur le stockage de l'énergie solaire trés interessant..(massassuchet institute of technology)et propre

lionel gaulier | 05 août 2008 à 13h49
 
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Re:Re:STOP au dogmatisme!!!

Les faits c'est surtout qu'il est plus sain de vivre en Bretagne qu'à Krasnokamensk et que le soleil garde ses déchets pour lui...

Tilleul | 05 août 2008 à 15h10
 
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chacun cherche son énergie

Pardon d'être ni un pro-truc, ni un anti-machin, mais toutes les réactions des gens, sauf peut être une ou deux, sont systématiquement des réactions extrémistes.

Où les Pro-nucléaires nient les effets de la radioactivité.

Où les anti-nucléaires nient l'existence de pollution des produits carbonés.

Où tout un chacun nit les possibilités de guerres, même si elles sont évoquées, quelle que soit la ressource dont nous devenons dépendants.

Où cette dépendance, au fond, est nié par chacun d'entre nous.

Car oui, quelque soit l'avis sur le nucléaires, l'éolien, le charbon ou quoi que ce soit, nous sommes toujours dépendant à l'énergie, à dose toujours plus grande.

Alors j'attends qui voudra bien que nous nous prenions par la main, disions que le problème n'est pas les autres, mais nous, et que nous commencions enfin à réfléchir par nous même et mettre le doigt là où ça fait mal, c'est à dire notre propre comportement.

Car nous consommons de l'énergie, et les industries consomment de l'énergie pour nous, les transports transportent nos marchandises (ou nous mêmes), etc.

Alors ?

julien.yung | 05 août 2008 à 15h52
 
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Re:chacun cherche son énergie

le probléme avec nucléaire c'est que tout le monde est concerné et pour des milliers d'années.Et il ne s'agit bien sur pas de choisir entre la peste et le choléra (carbone ou nucléaire )!!!

lionel gaulier | 05 août 2008 à 21h37
 
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Re:chacun cherche son énergie

Bonne question.

Quelle est l'origine du "comportement-consommation d'énergie".
En gros, ce que j'ai pu lire:
1/ la croissance de la consommation d'énergie remonte aux débuts de l'humanité, et à la première occasion celle-ci croît (le feu, la domestication des animaux,... croissance des populations, des durées de vie...).
Les phases de décroissance correspondent aux guerres.
Dans cette optique, si elle est confirmée, la question de Julien me semble relever d'un domaine plus fondamental qu'un enjeu de "comportement" de consommation d'énergie, en tout cas au sens ou celui-ci serait lié à une civilisation X ou Y et donc à un système de valeurs plus ou moins temporaire.

2/ a contrario:
- un pays développé produit proportionnellement plus dans des industries à faible consommation directe d'énergie (Internet, hôpitaux...) alors que les pays non développés sont plus dans l'industrie primaire, forte consommatrice. La "place" de l'énergie se décale, alors, devient "proportionnellement" moins prépondérante.
- la population humaine arriverait à un plateau d'ici quelques décennies.
- autres idées dans ce sens?

Il y a beaucoup d'éléments de réflexion dans un très bon livre édité par l'académie des sciences morales et politiques ("L'homme et sa planète", direction de Marcel Boiteux - 27 articles et 2 synthèses, 29 auteurs), mais on n'y trouve pas le "graal": réduire la consommation d'énergie sans remettre en cause des aspects très, très fondamentaux de la nature humaine.

Peut-être parce qu'il n'y a pas de réponse?

Autres idées? références?

toto | 05 août 2008 à 22h20
 
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Re:Re:chacun cherche son énergie

bref ,tu essaye de nous dire qu'une civilisation a l'image des gens qui la compose a une naissance et une mort,les causes de cette mort peuvent etre extérieures(bouleversement géologique,cométe s'écrasant a la surface de la terre,etc)ou intérieur( autodestruction,une forme de cancer que l'on refuserait de soigner,ou accident guerre etc)a partir d'un certain degré d'évolution il y aurait une forme de dégenérescence qui nous entrainerait inéluctablement vers le déclin (le destin)? Pas trés gai tout ça il faut dire que ça y ressemble sérieusement et la technologie ne nous sauvera pas elle ne fera que repousser l'échéance qui n'en sera que plus radicale.
A moins de de se remettre fondamantalement en question ,mais en sommes nous capable? Au vue des évenements actuels cela semble peu probable,a suivre..

lionel gaulier | 06 août 2008 à 17h37
 
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Re:STOP au dogmatisme!!!

Le renouvelable est à son aurore ?! Et quelle énergie a donc utilisé l'humanité depuis la nuit des temps jusqu'à la révolution industrielle ?

écolowoman | 07 août 2008 à 14h04
 
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Re:Re:STOP au dogmatisme!!!

Les panneaux solaires, la géothermie, c'est merveilleux, et je préfère ça à une centrale nucléaire dans mon jardin. Alors, pourquoi tant investire dans une énergie si unanimement décriée ? Pourquoi ne pas mettre la même somme pour soutenir l'industrie solaire, éolienne, géothermiques, bois, etc. ? Serait-ce donner le baton pour se faire battre ? Un cadeau pour nos futures générations ? Un lobby de l'industrie nucléaire ?

Non, la réponse est plus simple : retirez le nucléaire, et vous verrez qu'aucune solutions EnR acceptée (puisque les architectes des batiments de france refuseront les projets solaires dans les zones protégées, que les associations refuseront les projets éoliennes, que l'hydrolique ne peut plus aller beaucoup plus loin etc.) ne vous permettra à vous, cher ami anti nucléaire, d'allumer la télé.

Et ça, c'est la vrai catastrophe qui nous attends.

Faites tous les calculs du monde, et vous trouverez que la solution EnR ne peut exister que si vous modérez vos consommations. Donc la solution, c'est vous. Arrêtez de consommer, et on arrêtera les centrales. Point.

Il est extraordinaire de toujours demander aux autres de faire des efforts, et de ne jamais faire quoi que ce soit. A part une petite minorités d'écolo qui ont compris le principe, tout le monde veut un monde sans production d'énergie, mais avec une plus grosse télé, plus de téléphone, plus de joujous à pile, etc.

Que vous soyez pro ou anti nucléaire, il faut se prendre par la main, et s'infliger à soi ce que l'on veut pour les autres. Essayez, et on en reparle après.

Ni pour ni contre le nucléaire, ni pour ni contre les éoliennes. Pour un cerveau à chacun.

julien.yung | 11 août 2008 à 10h32
 
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Plus le temps passe plus les risques augmentent!

C'est un fait scientifique et une causalité statistique, ainsi qu'une réalité industrielle!
Les machines qui fonctionnent vieillissent. Même si leur entretien et leur maintenance est effectué correctement, le temps qui passe fragilise les matériaux dont sont constitués leurs composants.
Les centrales nucléaires ne font pas exception à la règle!
Donc nous nous dirigeons surement vers un accident plus conséquent d'ici la fin envisagé de l'exploitation des centrales, et pas forcément les plus vieilles, mais celles qui ont été le plus sollicitées.
L'opacité et la discriminnation positive en faveur du nucléaire (comme de toute les grosses organisation centralisée) ne permet pas d'être rassuré.
De plus, le temps qui passe érode le niveau de vigilance des opérateurs. C'est humain, rester en veille pendant des années sans aucune alerte endort!
Je suis ingénieur et j'opère dans le secteur pétrolier, on constate tous les jours ce type de comportement sur les palteformes pétrolières ou onshore. Même si les règles de sécurité sont renforcées et si de temps en temps on réactive les consciences...
Un des moyens de sensibiliser les exploitants, c'est de les toucher au porte monnaie!
Licencier le PDG, la belle affaire!

La proposition d'Yves Cochet est judicieuse, elle aurait plusieurs effets positifs :
- équiliber les coûts de la production d'électricité nucléaire par rapport aux sources renouvelables et sans risque à long terme, à condition que la taxe d'auto assurance ne soit pas symbolique,
- constituer un fonds assurantiel qui pourrait être en partie réinvesti pour soutenir le développement des économies d'énergies (car c'est le moyen le plus efficace et le plus durable de réduire les besoins énergétiques = "santé-sobriété" pour reprendre un slogan de la sécurité routière jadis utilisé, mais qui pourrait être recyclé!)
Mais cela aurait aussi pour conséquence de renchérir le coût de l'énergie au consommateur, et ça ce n'est pas bon pour le sacro saint "pouvoir d'achat" - Pourtant cela pourrait avoir un impact sur le comportement des individus à "chasser le gaspi" (encore un slogan à recycler!) Pourvu que la pédagogie de telles mesures soient correctement explicites!!! ce qui n'est pas gagné!
A quand une action politique énergique (et énergétique) pour faire évoluer le paradigme?
La mitrisation des consciences au quotidien (dormez braves gens on s'occupe de tout!) ne nous permettra pas de nous réveiller avant de recevoir le coup de massue sur la tête. Et en plus ce sera peut-être pour nos enfants ou nos arrières petits enfants...Alors à quoi bon.

J'ai initié il y a quelques temps une tentative d'action politique dans le dommaine des énergies (considérées comme le fondement de notre civilisation actuelle) auprès d'un député. Mais il faudrait une action de masse pour que les choses bougent!
Prenez contact si vous souhaitez que nous nous organisions de manière plus efficace ...Restez éveillés brave gens, ils ne s'occupent pas de tout!

Jack GEPY.

jack GEPY | 21 août 2008 à 07h37
 
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Re:STOP au dogmatisme!!!

Je suis assez étonné par la liste des ENR évoquées dans plusieurs commentaires....de l'eolien au bois.... en oubliant simplement que 15% de notre production française est hydroelectrique, moins ailleurs mais beaucoup plus dans d'autres pays... comment cette ignorance ou oubli ou ...?... est il possible ? N'avez vous jamais vu de moulins, n'aimeriez vous pas en avoir un et utiliser son énergie ? L'eau était pourtant déjà utilisée du temps des pharaons!

gece | 21 août 2008 à 09h45
 
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Re:STOP au dogmatisme!!!

On pourrait peut être aussi sortir du "tout ou rien" ... Il ne s'agit pas de fermer toutes les centrales du jour au lendemain, il s'agit d'orienter les investissement vers les économies d'énergies et les renouvelables pour fermer le plus de tranches nucléaires possible... et réduire le risque...
C'est un choix d'orientation politique plus que scientifique.. il n'y a pas Une Vérité.

Julbrit | 21 août 2008 à 09h54
 
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Re:Re:Re:chacun cherche son énergie

Bonjour,
Un ouvrage signé Diamond et intitulé "Effondrement..." que je dévore et qui suit votre raisonnement, analyse profondément le rapport des civilisations avec leur environnement et ce qui en a résulté...
Il ne pourra qu'étoffer la réflexion que vous menez et que je partage...

flavien | 21 août 2008 à 10h02
 
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Pollutions radioactives: l'argent ne sauveras pas

Comment peut on croire à notre époque que l'argent pourra sauver l'environnement?

Le problème n'est pas l'argent pour la dépollution radioactive (qui est d'ailleurs quasiment impossible, à moins de mettre toutes les matières polluées en centre de stockage = pourquoi pas? bonne idée, mettons des régions entières et leur cours d'eau en centre de stockage!!!)

Le problème c'est bien la simple utilisation de cette technologie hautement dangereuse...

et le photovoltaïque vous connaissez?

La France se fait une fierté de ses centrales, elle n'est meme pas capable d'assurer une réelle sécurité...
Qu'en est il des pays moins riches???

L'heure est grave et personne ne réagit...
dormons domrons jusqu'à la prochaine catastrophe nucléaire et son cortège de trisomies et cancers associés...

Une ingénieure en Génie de l'Environnement qui a peur...
pas vous?

Anonyme | 21 août 2008 à 13h12
 
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Re:Plus le temps passe plus les risques augmentent

oui c vrai il faut nous organiser.
Le peuple français doit créer un organisme de controle indépendant des centrales nucléaires et mettre en place des projets d'énergie renouvelables...

Faisons vite,
Associons nous
l'union fait la force

Comment faire?
Justement je cherche un travail, quitte à faire autant le créer pleinement et qu'il soit vraiment utile pour la sécurité de tous!

L'ingénieur En génie de l'environnement qui a peur
Amélie DODANE

Anonyme | 21 août 2008 à 13h18
 
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Re:Une évaluation bien timide !

au public les archives!

kikaji | 21 août 2008 à 18h07
 
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Significatif

de l'impasse dans laquelle le nucléaire nous a mis.

On ne peut alors constater que la législation spécifique au nucléaire ne reflète que l'état d'esprit de nos gouvernants de l'époque qui était de "faire quand même" en dépit des risques, plus ou moins bien évalués à l'époque, mais on a fait une terrible impasse, mais aussi, surtout, on a voulu mettre les dirigeants et l'industrie "à l'abri des emmerdements". Comme s'ils savaient déjà à l'époque.
On peut penser en fait que la volonté politique de l'arme nucléaire a été manipulée pour une industrie civile qui a voulu se développer aussi pour cause de "choc pétrolier". Mais tout était faux. Falsifié. Trop d'argent public à la clé.

On a fait à l'époque une impasse terrible. Absence (délibérée ?) d'études sérieuses sur le fait nucléaire, sur le facteur humain, sur la réalité de la contamination de l'environnement des centrales, sur le problème des déchets qui a été remis à plus tard. Des groupes de pression ont ainsi forcé la main de dirigeants bien mal informés (désinformés ?).

Aujourd'hui il faut considérer le résultat. A part l'arme atomique, mais espérons qu'elle ne sera pas utilisée en dehors du concept de dissuasion, qui nous assure une relative sûreté, rien ne va dans le nucléaire, civil donc : le problème des déchets n'a pas de solutions, la prolifération est réelle, le risque terroriste aussi, l'environnement de nos centrales est vraisemblablement bien plus contaminé qu'on ne le croit, les dysfonctionnements de l'industrie du nucléaire sont nombreux et récurrents, les ressources humaines insuffisantes en qualité et quantité, le facteur humain a été délibérément sous évalué, et la législation ne permet pas aujourd'hui d'indemniser les victimes correctement. Sans oublier que l'uranium ne vivra pas plus longtemps que le pétrole car les réserves s'épuisent aussi et qu'il n'a jamais été un substitut au pétrole.

La législation même, ancienne, peut être remise en question car elle ne tient pas devant les grands principes qui régissent notre société d'aujourd'hui. Pollueurs - payeurs, tout d'abord, mais aussi principe de précaution. Ne serait-ce que la cause d'empoisonnement. Mais après l'amiante, nous ne sommes plus à un scandale près.

Dans un pays où la densité d'installations nucléaires est anormalement élevée au vu des besoins énergétiques réels, les problèmes mis en évidence cet été risquent de se multiplier, ou au moins d'être enfin identifiés. A savoir notamment les problèmes sanitaires (on a atteint le temps nécessaire depuis la mise ne fonction des centrales pour que les cancers et les malformations génétiques se déclarent, soient identifiées comme tel). Et si la justice, une véritable justice, ne passe pas, il y a fort à parier que certaines personnes se feront justice toute seule, ou en masse. Quand on voit ce que la bêtise humaine est capable de créer comme conflits pour le prix de la pomme de terre, imaginons ce que la colère justifiée peut faire.

Il est donc urgent d'arrêter le nucléaire civil, ce qui signifie suspendre les deux réacteurs EPR et ne plus en construire, de réduire à la stricte suffisance le nucléaire militaire et de prendre toutes les mesures nécessaires à la résolution de la crise sanitaire et sociale à venir.
Pour ce qui est de l'énergie il existe des solutions pérennes et propres,donc sans nucléaire.

René - Pierre | 22 août 2008 à 12h32
 
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Re:Re:Re:Plus le temps passe plus les risques augm

La peur ne paralyse pas elle met en valeur l'iminence du risque et stimule l'action concrète.
La peur, l'inquiétude est le système d'alarme le plus basique, assurant la survie des espèces!

oui il faut faire qlq chose et il faut surtout arreter cette grande mascarade de la course à l'énergie polluante et radioactive, sachant ke les contaminations réelles sont passées en sourdine.

il faut réagir oui, et changer!
mais le changement ne doit pas forcément signifier prise de risque garantie au niveau mondial...

alors? qu'est ce kon peut faire?

Amélie | 22 août 2008 à 14h48
 
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Re:Re:Re:Re:Re:Vision purement humaine !!

Il me semble que ce n'est pas avec des suppositions ou des intuitions que l'on prend des responsabilités civiles.

JC HD | 23 août 2008 à 07h14
 
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Re:Pollutions radioactives: l'argent ne sauveras .

Il est temps de réagir avant qu'il ne soit trop tard!!
Aulieu du nucléaire, pourquoi pas une orientation vers le solaire, qui tout naturel et sans risque environnemental?
GNING

gningmmd | 25 août 2008 à 01h12
 
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Re:Re:STOP au dogmatisme!!!

d'accord à 200%.
le scénario négawatt.

des énergies transparentes sur les critères économique, environnemental et social pour permettre aux consommateurs, nous, d'être consultés.
une démocratie participative, car ce n'est pas qu'une affaire de spécialistes et de haut-fonctionnaires. Nos élus locaux ne sont pas des superhumains la pression est forte, il faut les soutenir.
beaucoup trop de secret pour garantir les filières. chacun essaie de noyer son prochain pour exister dans une cause soit anti soit pro.
c'est très infantile ces joutes.
Quelle instance pourra dire ce qui est sage et ce qui ne l'est pas?
on peut attendre que ça vienne d'en haut.
Mais je pense qu'une reflexion sur notre mode de vie et de ses limites seraient un bon départ.

Quel exemple donnons à nos enfants?
regardons nous dans un miroir et observons la vérité.

Au fait quelle est la perte de chiffre d'affaire du secteur tourisme en Drôme provençale pour cet été due aux problèmes survenus à Tricastin?

bonne journée

Anonyme | 26 août 2008 à 10h45
 
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