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Greenpeace propose d'instaurer un ISF climatique

Gouvernance  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

Alors que la discussion du projet de loi de finances pour 2021 (PLF 2021) débute en séance publique à l'Assemblée nationale, Greenpeace France publie un rapport qui milite pour l'instauration d'un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) climatique. Pourquoi climatique ? Parce que cet impôt, qui frapperait les ménages au patrimoine supérieur à 1,3 million d'euros, verrait son barème renforcé en fonction de l'empreinte carbone des avoirs financiers détenus.

D'après les estimations de l'ONG, le patrimoine financier des ménages assujettis à l'ISF en 2017, avant sa suppression, était associé à l'émission annuelle de 97 millions de tonnes d'équivalent de dioxyde de carbone (tCO2eq). « L'introduction d'une composante carbone (au niveau actuel de 44,6 €/tCO2eq) appliquée à l'empreinte carbone moyenne des placements financiers de ces ménages permettrait ainsi de rapporter environ 4,3 milliards d'euros à l'État », estime Greenpeace.

L'ONG, qui a exploité les données de l'Insee et de la Banque de France avec l'appui du cabinet Carbone 4, montre que les ménages les plus riches affichent une empreinte carbone associée à leur consommation et à leur mode de vie beaucoup plus importante que celle des plus pauvres. Mais leur patrimoine financier est associé à une empreinte carbone plus importante encore. « Ainsi, le patrimoine financier des 1 % des ménages les plus riches est associé à une empreinte carbone 66 fois supérieure à celle des 10 % les plus pauvres », calcule Greenpeace.

« La mobilisation des Gilets jaunes contre la taxe carbone a démontré que la question de l'acceptabilité sociale constituait un élément clé de la transition écologique. Il est contre-productif de décréter l'urgence climatique sans l'articuler à l'impératif de justice sociale : il faut que l'effort contributif des uns et des autres soit proportionnel à leurs moyens et à leurs responsabilités (…) », estime Clément Sénéchal, chargé de campagne politique climatiques de l'ONG. La hausse programmée de la fiscalité carbone avait été annulée en décembre 2018 par le Premier ministre Édouard Philippe sous la pression de la rue. En février 2019, des députés de diverses tendances avaient déposé une proposition de création d'un ISF vert. Mais elle était restée lettre morte.

Réactions3 réactions à cet article

 

Je me demande si il n'est pas plus juste de taxer la consommation que la possession. Si je possède un château peu chauffé, son impact carbone est il supérieur au gros SUV que je ne possède pas car loué en leasing ? Une taxe sur le carbone ajouté (venant en remplacement d'une partie de la TVA) me semblerait plus pertinente. Le problème étant en revanche qu'elle ne pourrait pas être progressive, mais juste proportionnelle.

ldane | 14 octobre 2020 à 09h39
 
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Idane : vous avez raison , on peut posséder une grande maison que l'on chauffe raisonnablement, consommer végétarien et bio, rouler en électrique ou en hybride rechargeable, privilégier les transports en commun , éviter de prendre l'avion, décider d'installer une pompe à chaleur à la place d'une chaudière à gaz ou à fioul, faire isoler correctement son logement, etc...mais la vérité c'est qu'il existe des ayatollahs écolos pauvres qui veulent se venger des riches et n'ont aucun discernement. Les gilets jaunes sont les premiers à rouler en diesel et à ne pas vouloir de la taxe carbone et qui nous prouve qu'ils se nourrissent de bio etc...moi je voudrais bien voir les statistiques à l'appui de ces constatations. Après c'est vrai que quand on n'a pas d'argent on ne consomme pas , mais bon, on pourrait aussi pousser les gens à se suicider en masse, comme ça plus de problèmes, pratique et radical.

gaïa94 | 16 octobre 2020 à 18h29
 
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@Idane & Gaïa94 : Certes, il existe des nantis qui préservent l'environnement. Mais c'est à l'image des poissons volants, ce n'est pas ce que l'on rencontre le plus souvent dans l'océan. Il est manifeste que les revenus et le patrimoine sont des éléments déterminants pour consommer - parfois ad nauseam ! - et fatalement, pour polluer. Hervé Kempf l'a admirablement démontré (Cf. "Comment les riches détruisent la planète". Le Seuil). Aussi, l'on peut toujours se donner bonne conscience "à pas cher" en mangeant bio, quand l'on peut se le permettre, et simultanément, s'octroyer quelques allers-retours à "Nouille-Orque" pour y faire les soldes, parce que décidément, l'on ne trouve plus rien à se mettre dans les boutiques des Champs-Elysées. Un ISF coloré - même légèrement - en vert aurait le mérite de faire participer les plus aisés à "l'effort de la transition écologique". Mais soyez rassuré(e)s, les serviteurs du COUAC 40 au pouvoir ne devraient guère se montrer réceptifs à ce genre de suggestion.

Tonton Albert | 19 octobre 2020 à 15h04
 
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