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“ La politique environnementale doit retrouver sa transversalité ”

A quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat Jean Lassalle précise pour Actu-Environnement ses propositions en matière de mix énergétique, d'agriculture ou encore de santé environnementale.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
   
“ La politique environnementale doit retrouver sa transversalité ”
Jean Lassalle
Candidat à la Présidentielle 2017
   

Actu-Environnement : Comment vous inscrivez-vous par rapport à la transition énergétique lancée par le précédent quinquennat ?

Jean Lassalle : La transition énergétique est une nécessité absolue pour notre planète. Mais il ne faut pas se tromper de combat, le plus important est celui du carbone. Nous atteignons des taux dans l'atmosphère jamais atteints. Il n'y a pas de remède miracle mais nous devons sortir de l'ère du pétrole pour passer à l'ère des énergies nouvelles. Le mix énergétique est incontournable. Le nucléaire représente aujourd'hui plus de 75% de notre énergie électrique, son empreinte carbone est faible, nous devons investir pour la sécurité et développer les énergies nouvelles du soleil et des océans.

AE : La santé est une préoccupation majeure des français. Que prévoyez-vous en matière de santé environnementale ?

JL : La santé est bien évidemment la préoccupation majeure des français. Tout d'abord le système de soin français qui est le meilleur au monde, ne doit plus être démantelé. Nous devons le conforter, le rassurer. En sortant du tout pétrole, nous améliorerons l'environnement des français. Nous devons aussi soigner le mal du siècle que constitue le stress permanent pour tout. C'est pour cela que je dis qu'il faut "retaper la France" pour que le peuple français retrouve le goût de la vie, de l'enthousiasme, de l'engagement positif, que l'on ne soit pas le peuple le plus pessimiste d'Europe. Les lanceurs d'alerte sont utiles, mais ils doivent être attentifs à ne pas être systématiquement catastrophistes. Quant au principe de précaution, je préfère le principe de responsabilité et de solidarité dans l'action.

AE : Comment envisagez-vous l'évolution du modèle agricole français ?

JL : Le modèle agricole français est bon, c'est lui qui a construit notre beau pays. Mais il dérive sous les coups de boutoirs de la financiarisation mondiale. Redonnons-lui son identité à taille humaine, familiale, nous devons quitter ce cycle infernal du "beaucoup plus, pour moins cher" qui produit plus de dégâts que de progrès. Toutes les agricultures ont leur place, les grandes cultures sont nécessaires, tout comme les agricultures de montagne. Elles ont toutes leur fonction de nourrir les hommes mais aussi de façonner nos paysages, entretenir nos territoires et maintenir le tissu social. Nous devons aussi, à l'avenir, plus nous préoccuper de l'état de nos sols et en cela, l'agriculture biologique a toute sa place.

AE : L'arrivée du phénomène de ZAD complique l'aménagement du territoire. Comment concilier développement économique local avec le respect des milieux ?

JL : Les outils technocratiques ne doivent pas supprimer l'échange, la concertation, l'explication, le débat. Nous devons replacer l'homme au cœur du développement de son territoire dans une organisation qui permette l'action publique. La gestion en patrimoine commun doit constituer la base de notre gouvernance des territoires.

AE : De quelle manière entendez-vous mettre en œuvre une politique environnementale au sein de votre gouvernement ? Quel budget prévoyez-vous pour vos mesures et comment les financez-vous ?

JL : La politique environnementale doit retrouver sa transversalité. Elle ne doit pas être un nouveau pouvoir, une nouvelle citadelle contestée par les uns, érigée en vérité ultime pour les autres. La politique environnementale doit être intégrée à tous nos modes d'actions avec plus ou moins de puissance en fonction des domaines. Les domaines de l'air et de l'eau sont vitaux pour notre planète, les problèmes de biodiversité sont importants autant pour la biodiversité ordinaire que pour les espèces emblématiques. Il faut toutefois cesser de semer le trouble dans les territoires où les populations sont déjà sous contraintes économiques fortes.

Nous devons redonner aux habitants des territoires le désir de s'engager positivement dans de nouvelles approches de prise en charge locale, adaptées au contexte des territoires avec moins de contraintes et plus d'envie. Nos administrations doivent être plus dans l'accompagnement, la pédagogie et la facilitation que dans le contrôle et la contrainte.

Je ne répondrai pas en termes de budget, vous trouverez suffisamment de candidats pour vous dire qu'ils prendront tant de millions ou milliards ici pour les remettre là, sans que cela ait la moindre chance d'être réalisé, rappelé, vérifié. Je préfère vous répondre que je ferai tout pour que la France retrouve des marges de manœuvre et de la capacité d'action. Quant au droit de l'environnement, je le crois suffisamment abondant et riche sans penser devoir en rajouter. Je crois plutôt qu'il doit retrouver de l'applicabilité et de l'humanité.

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