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JO de Tokyo : l'absence du public réduit leur empreinte carbone

Selon les analystes de Greenly, application mesurant l'impact environnemental des entreprises, les Jeux olympiques de Tokyo ont réduit de 12,5 % leurs émissions polluantes en évitant de faire venir des spectateurs étrangers pour raisons sanitaires.

Gouvernance  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
JO de Tokyo : l'absence du public réduit leur empreinte carbone

Les Jeux olympiques de Tokyo, toujours en cours dans la capitale japonaise, ne sont pas exempts d'une empreinte carbone – même en l'absence de spectateurs. Les data scientists de Greenly, une technologie mobile pour entreprises d'évaluation de leur impact environnemental, ont publié une analyse regroupant les données rendues publiques par les organisateurs des JO sur le sujet. « C'était l'occasion de rappeler l'impact carbone colossal des Jeux, et plus largement des grands événements sportifs, en s'interrogeant sur les moyens de limiter cet impact sans sacrifier l'esprit du sport », confie Greenly dans un communiqué.

L'effet de Jeux en huis clos

L'objectif des Jeux de Tokyo était d'émettre 20 % de moins de gaz à effet de serre (GES) que les précédents, pour une quantité d'émission attendue évaluée à 2,7 millions de tonnes. Compte tenu du récent regain de l'épidémie de Covid-19 dans le pays organisateur, les différentes épreuves olympiques se tiennent finalement à huis clos. En conséquence, Greenly estime que l'absence de spectateurs internationaux – et donc de nombreux vols aériens polluants vers Tokyo – constitue une économie de 12,5 % d'émission de GES (soit 340.000 tonnes de CO2 en moins).

   
Evaluation de l'empreinte carbone des trois derniers Jeux olympiques. © Greenly
 
   

« Même si la mesure peut sembler peu engageante d'un point de vue festif et humain, rationner la présence de voyageurs non locaux est une solution efficace. L'instauration de quotas par pays (en fonction de la distance par rapport à la ville organisatrice) ou le choix des futurs organisateurs en fonction d'un critère de centralité géographique serait pertinent [à l'avenir] », proposent ainsi les experts de Greenly. Ces derniers soulignent cependant que le déplacement des spectateurs étrangers (et les émissions qu'ils induisent ensuite sur place) n'est pas la plus importante source de pollution.

Bâtiments et athlètes : plus gros pollueurs ?

En premier lieu, on retrouve la construction des infrastructures puis le déplacement des athlètes. D'après les chiffres avancés par Greenly, et en prenant la réduction précitée, 63 % des émissions de GES des JO de Tokyo proviendraient de la construction des lieux d'épreuves. Les data scientists préconisent donc que « la construction à outrance de stades inutilisables après la fin des Jeux [soit] ainsi à limiter, quand la mise en place de réseaux de transports de type métro peut être amortie sur de nombreuses années. »

L'empreinte carbone des sportifs, quant à eux, varierait surtout en fonction de la taille des délégations et de la distance parcourue pour rejoindre Tokyo. À cet égard, les 613 athlètes américains auraient, à eux seuls, engendrés l'émission de 900 tonnes de CO2 dans l'atmosphère. L'envoi de 325 chevaux au total pour les épreuves équestres auraient injectés 5 000 tonnes de plus, par voie aérienne, et le périple de la Flamme olympique de Grèce au Japon, 3 000 supplémentaires. En comparaison, la fabrication de lits en carton plus « verts » pour les athlètes, pensés par les organisateurs japonais, ne constituerait qu'une réduction de 0,05 % des émissions de GES prévisionnelles (avant les nouvelles restrictions sanitaires dans la capitale d'accueil) des Jeux.

Mise en garde pour Paris 2024

« Des Jeux plus responsables devront d'abord réduire les émissions liées aux transports et à la construction, en faisant venir les athlètes en train, en utilisant plus de bâtiments existants, des matériaux bas carbone pour les nouveaux, ou en développant des infrastructures positives pour les villes », conclut Greenly. Les experts mettent par ailleurs en garde la France qui organisera la prochaine édition des JO à Paris en 2024.

La « contribution positive pour le climat » sur laquelle la France compte pour compenser ses émissions (c'est-à-dire, par le biais de projets d'évitement) ne serait pas suffisante, à leur avis : « la réduction des émissions reste la priorité », avant tout. Pour rappel, la capitale française s'est fixée comme objectif ambitieux de ne pas dépasser 1,5 millions de tonnes de CO2 – autrement dit, presque moitié moins que le Japon cette année.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bravo pour ce morceau de bravoure journalistique !
Et, je vais vous le dire tout à fait entre nous, si ces Jeux n'avaient pas eu lieu, on aurait pu parler de "neutralité carbone".

Albatros | 30 juillet 2021 à 10h06
 
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