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L'assainissement est au centre de la Journée mondiale de l'eau 2008

Aujourd'hui se tient la Journée mondiale de l'eau qui fait défaut à plus d'un milliard de personnes. 2,6 milliards d'individus manquent d'installations d'assainissement et d'hygiène, provoquant chaque semaine le décès de 42.000 personnes.

Eau  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
L'assainissement est au centre de la Journée mondiale de l'eau 2008
   
L'Assemblée générale des Nations Unies a déclaré l'année 2008 comme l'Année internationale de l'assainissement. Organisée par l'UNESCO, la Journée mondiale de l'eau, qui est célébrée cette année le jeudi 20 mars au lieu du 22 mars, met ainsi en relief les questions d'assainissement. Depuis 1993, la célébration de cette journée vise à faire prendre conscience que la mise en valeur des ressources en eau contribue à la productivité économique et au bien-être social de tous.

La Journée et l'Année internationale de l'Assainissement ont pour but de sensibiliser et susciter l'action en vue d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d'ici 2015 à trois niveaux : l'hygiène, l'assainissement au niveau des ménages et la gestion des eaux usées. Pour tendre vers l'Objectif millénaire pour le développement concernant l'assainissement de l'eau, 1,6 milliard de personnes devraient avoir accès à de meilleurs services d'assainissement de 2005 à 2015, a déclaré Koïchiro Matsuura, le directeur général de l'Unesco. Il ne faudrait pas que les tendances observées depuis 1990 se poursuivent. Le monde risquerait de manquer sa cible de près de 600 millions de personnes, a-t-il ajouté.

Selon l'UNICEF, l'absence d'installations sanitaires de base, de mauvaises conditions d'hygiène et la consommation d'eau non potable contribuent au décès de plus de 1,5 million d'enfants qui succombent chaque année à des maladies diarrhéiques. Toutes les 20 secondes, un enfant meurt à cause de l'absence de services d'assainissement, qui se traduit par des conditions d'hygiène catastrophiques, a rappelé le Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, à l'occasion du lancement de la Journée mondiale de l'eau.

Alors qu' 1 milliard de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau potable, 2,6 milliards de personnes – soit 41% de la population mondiale - n'ont pas accès à des installations améliorées d'assainissement qui pourraient faire baisser de plus d'un tiers le nombre de décès de jeunes enfants liés à la diarrhée, a indiqué l'ONU. Et si l'on ajoute à cela la promotion de l'hygiène - apprendre à bien se laver les mains, par exemple - deux tiers de ces décès pourraient être évités, a précisé l'Organisation des Nations unies.

Le manque de salubrité et d'hygiène provoque chaque semaine le décès de quelque 42.000 personnes dans le monde tandis que 5 millions de personnes par an meurent de maladies liées à l'eau (choléra, diarrhée, hépatite, typhoïde..). Selon le PNUE, la pollution par les eaux usées, dont une grande partie se retrouve dans les eaux côtières, est responsable de la perte annuelle de quatre millions d'heures-personnes pour cause de maladie, soit une perte économique de 16 milliards de dollars par an. Dans les régions où une forte proportion de la population n'est pas suffisamment desservie en eau salubre et n'a pas un accès adéquat à un système d'assainissement, les eaux usées se déversent directement dans les ruisseaux, rivières, lacs et marais, contaminant les écosystèmes côtiers et marins et polluant l'environnement.

Les dirigeants politiques qui ont adopté les Objectifs du Millénaire envisageaient qu'en 2015, la proportion de personnes n'ayant pas accès aux services d'assainissement de base aurait été réduite de moitié, mais les progrès actuels sont bien trop lents pour que ce but puisse être atteint, a souligné Ban-Ki Moon.

En 2015, 2,1 milliards de personnes n'auront toujours pas accès aux services d'assainissement de base, prévient l'ONU. Au rythme où vont les choses, en Afrique subsaharienne, l'objectif ne sera atteint qu'en 2076. Il y a eu des avancées, mais plusieurs facteurs font obstacle au progrès : la croissance démographique, la pauvreté rampante, l'insuffisance d'investissements et surtout, le manque de volonté politique, a indiqué Ban-Ki Moon. Selon le Secrétaire général de l'ONU, un investissement annuel d'environ 10 milliards de dollars pourrait permettre de réduire de moitié le nombre de personnes qui n'ont pas accès à un assainissement de base d'ici à 2015. S'il est maintenu, ce même investissement pourrait permettre d'équiper le monde entier en sanitaires d'ici dix ou vingt ans.

Certes dans une moindre mesure, il convient de noter que l'absence d'assainissement touche également les pays européens. Une étude récente de la Commission Economique pour l'Europe (CEE) montre que plus de 100 millions d'Européens n'ont pas accès à l'eau potable dont 16% de la population en Europe de l'Est. Dans la région pan-européenne, 37 enfants meurent chaque jour de diarrhée. En Europe occidentale, la prise de conscience des défis présentés par les changements climatiques sur l'environnement conduit les pays à s'inquiéter de l'apparition de maladies.

A l'occasion de la journée mondiale de l'eau, l'ONG Action contre la Faim a souhaité sensibiliser les élus de France à la loi Oudin qui permet notamment aux maires de consacrer 1% de leur budget Eau et Assainissement à des réalisations solidaires. L'association humanitaire organise à Paris et dans 13 autres villes en province des animations autour de cette initiative et remettra une pétition au président de l'Association des maires de France. Si toutes les collectivités et services de l'eau appliquaient la loi Oudin, 5 millions de personnes par an pourraient bénéficier d'un accès à l'eau dans le monde, soit autant que le nombre de personnes qui en meurent aujourd'hui, a souligné Action contre la Faim.

De son côté, le Ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo marquera cette journée par la visite de l'usine de production d'eau potable Edouard Imbeaux de la communauté urbaine du Grand Nancy en Meurthe-et-Moselle. Il s'agit d'une usine en cours d'aménagement pour recycler à terme l'eau et ainsi économiser à l'issue du chantier, 5.000 mètres cube/jour, c'est-à-dire 1,8 millions de mètres cube par an, donc à peu près 7 % des volumes prélevés annuellement en Moselle par la collectivité. Selon le ministère, M. Borloo entend ainsi souligner les enjeux et les défis que représente l'eau pour la planète et la survie de l'humanité.

Réactions1 réaction à cet article

 
Préserver l'eau ! Revaloriser celle qui file !

''Il s'agit d'une usine en cours d'aménagement pour recycler à terme l'eau et ainsi économiser à l'issue du chantier, 5.000 mètres cube/jour, c'est-à-dire 1,8 millions de mètres cube par an, donc à peu près 7 % des volumes prélevés annuellement en Moselle par la collectivité.''
Voilà une bonne opération ! dans le même esprit ou similaire, il faudrait se doter de moyens pour prélever dans nos cours d'eau, surtout dans les périodes de fort débit, des m3 vitaux à traiter et inclure dans le circuit nappe phréatique. A généraliser ! en France, dans les régions sujettes à sécheresse chronique et répétitive et dans les pays émergents souffrant de pénurie d'eau. Valoriser celle qui existe, enrayer les pollutions en pistant les pollueurs à mettre à contribution. Unesco et Unicef: prendre le mal à la source en responsabilisant les gouvernants et pollueurs. Ce n'est en faisant l'aumône! Bon courage ! A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 21 mars 2008 à 09h44
 
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