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Perturbateurs endocriniens : les experts peinent à établir les éléments d'identification

Le Centre commun de recherche de l'UE a publié, quelques jours après l'Efsa, un rapport sur l'identification des substances perturbatrices endocriniennes et souligne, comme l'agence, les lacunes actuelles et la nécessité de poursuivre les recherches.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Mandaté par la DG Environnement de la Commission européenne pour mettre en place un groupe consultatif d'experts sur les perturbateurs endocriniens en 2011, le Centre commun de recherche (JRC) publie, ce 3 avril, un rapport qui fait la synthèse des réflexions actuelles sur l'identification des substances perturbatrices du système endocrinien. Ces travaux, comme l'avis remis par l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) le 20 mars, permettront à la Commission d'arrêter une définition, qui servira de base à des révisions législatives visant à améliorer le contrôle et la gestion des risques liés à ces substances dans de nombreux secteurs d'activités (pesticides, biocides, produits pharmaceutiques, produits chimiques industriels, contrôles qualité de l'eau, suivi de l'exposition professionnelle…), via l'établissement de critères horizontaux d'identification et d'évaluation. La Commission pourrait proposer une première version de la future stratégie européenne au mois de mai.

Etablir un lien de causalité plausible entre effets et modes d'actions

Le groupe consultatif s'est appuyé sur les travaux menés par l'OCDE, sur le rapport "Kortemkamp" de 2012 sur l'état de l'art de l'évaluation des perturbateurs endocriniens et sur d'autres travaux scientifiques jugés pertinents. Ils ont retenu la définition adoptée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2002, tout comme l'a fait l'Efsa dans son avis. Ainsi, un perturbateur endocrinien est "une substance ou un mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien et induisant de ce fait des effets nocifs sur la santé d'un organisme intact, de ses descendants ou au niveau des (sous)-populations ".

Les éléments d'identification des substances PE doivent donc reposer sur la démonstration d'un effet indésirable, basée sur des preuves convaincantes d'un lien de cause à effet biologiquement plausible entre cet effet indésirable et un mode d'action PE. En outre, cette perturbation du système endocrinien ne doit pas être une conséquence secondaire d'un autre type de substance toxique.
Le groupe d'experts estime que la pertinence des données pour l'homme doit être supposée, en l'absence de données appropriées démontrant leur non-pertinence. Pour les animaux, il indique qu'il existe des données généralement considérées comme pertinentes pour toutes les espèces.

Comme l'Efsa, les experts réunis par le JRC ont souligné la difficulté d'établir ce lien de causalité. Le groupe n'a pas tranché sur l'établissement ou non d'une distinction entre facteurs relevant de l'identification et facteurs relevant de la caractérisation des dangers. Ainsi, pour le plomb par exemple, la puissance, la gravité, l'irréversibilité et la toxicité du plomb sont considérés comme ne faisant pas partie de l'identification, mais plutôt de la caractérisation des dangers. Les experts considèrent néanmoins ces effets comme pertinents, pour le classement et l'établissement des priorités.

Des lacunes dans les essais actuels

Selon eux, toutes les preuves disponibles, à la fois positives et négatives, doivent être prises en compte pour l'identification des PE : données épidémiologiques chez l'homme, données de terrain, études écotoxicologiques sur les animaux, données in vitro, approche QSAR (Quantitative structure-Activity relationship, basée sur les descripteurs moléculaires), approches analogiques…

Les tests standardisés développés par l'OCDE doivent quant à eux être complétés. Ceux-ci sont "principalement axés sur l'identification des substances agissant par interférence avec les hormones œstrogènes, androgènes, thyroïdiennes et stéroïdiennes, chez les mammifères, les poissons et les amphibiens, mais pas chez les oiseaux ou les invertébrés".

De plus, il n'existe pas d'essais normalisés sur les mammifères qui permettraient l'étude des effets, à une étape ultérieure de la vie (cancer, ménopause, sénescence), d'une exposition in utero ou au cours de la petite enfance. `

Ils recommandent donc de mener des travaux sur ces questions. L'émergence de problèmes de santé chez l'homme ou d'impacts négatifs sur les populations animales pourrait guider les travaux afin d'établir un lien de cause à effet avec les PE.

Réactions1 réaction à cet article

 

Les difficultés que rencontrent les experts sont la preuve que si cette notion est pertinente tout le reste ne l'est pas clairement.
Il est assez édifiant de comparer les formules développées des hormones naturelles avec celles des fameux perturbateurs endocriniens: dans la trés grande majorité des cas on est bien en peine de trouver une analogie. Dans ce cas la perturbation provient d'un interférence située en amont ou en aval dans la chaïne biochimique de l'hormone.

ami9327 | 03 avril 2013 à 17h10
 
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