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Les achats éco-labellisés et les labels Green IT, comment s'y retrouver ?

Les achats responsables s'inscrivent davantage dans la stratégie des entreprises et investissent désormais les directions IT. Comment se repérer face aux labels existants ? Réponse de Dominique Ortoli, consultante RSE et membre de l'Alliance Green IT.

Avis d'expert  |  Gouvernance  |    |  Actu-Environnement.com

Le choix du label dépend des critères recherchés et identifiés en amont par l'entreprise. Au moment du choix d'un fournisseur, la direction du système d'information (DSI) s'assure avant tout de la conformité du produit aux besoins exprimés, de son évolutivité en lien avec les évolutions logicielles, ou encore de la disponibilité des pièces détachées assurant la réparabilité du produit, au-delà de sa garantie de base ou des extensions de garantie standard.

Si ces points sont essentiels, d'autres éléments deviennent des critères de choix : on peut s'intéresser à la gestion de la fin de vie du produit IT (Information technology - ou technologies de l'information) ou à la cohérence globale de l'infrastructure mise en place avec la démarche Green IT de l'entreprise.

Selon les critères recherchés, on dénombre aujourd'hui pléthore d'éco-labels plus ou moins reconnus. En général, ceux-ci reprennent les exigences réglementaires imposées aux produits IT et plus largement aux équipements numériques à l'échelle nationale ou européenne (Éco-design, directive européenne Rohs, directive européenne relative aux Déchets d'équipements électriques et électroniques - DEEE). Ils servent alors de standards pour les produits commercialisés en Europe.

Il faut aussi distinguer l'écolabel du label Green IT : le premier concerne le produit tandis que le second est applicable à la démarche Green IT de l'entreprise.

Des labels pour garantir la performance énergétique du produit

Les labels énergétiques s'intéressent au niveau de consommation énergétique du produit sans prendre en compte d'autres formes d'impacts (pollution, taux de recyclabilité, etc.). Le label américain Energy Star est le plus connu. Il porte sur la consommation d'énergie pendant la phase d'utilisation. Disponible aux États-Unis pour une cinquantaine de catégories de produits parmi lesquels on compte les lave-linges, les réfrigérateurs ou les téléphones mobiles, le label ne concerne que les équipements de bureau en Europe (ordinateurs, écrans, imprimantes, photocopieuses, fax...). La version en vigueur est Energystar 6.1. Notons qu'une convention existait entre la Commission européenne et le gouvernement américain, via l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) pour utiliser l'Energy Star en Europe. Cette convention est arrivée à échéance le 20 février 2018.

Les labels couvrant les impacts environnementaux de l'ensemble du cycle de vie du produit

Les labels environnementaux sont des écolabels censés couvrir les impacts environnementaux d'un produit, de l'extraction des matières premières au recyclage, en passant par l'usage. Parmi les principaux labels concernant les produits IT, nous trouvons Nordic Swan, Blue Angel et TCO.

Blue Angel, créée en Allemagne, demeure la plus vieille certification environnementale existante. Elle dispose d'un large ensemble de critères, comme la prise en compte du recyclage dès la conception des produits, la diminution des pollutions lors de la fabrication, la réduction de la consommation d'énergie, des émissions chimiques, et du bruit, puis la prise en compte de la fin de vie du matériel informatique.

Nordic Swan est, quant à lui, le label écologique officiel des pays nordiques. Il définit des critères stricts et adaptés aux enjeux environnementaux propres à chaque produit. Par exemple, les écrans d'ordinateur doivent consommer moins d'un watt en mode « veille ».

Le label TCO assure le respect des critères de qualité (luminosité, qualité de l'image), environnementaux (respect de la norme Energy Star, respect de la directive Rohs sur l'utilisation de substances dangereuses, y compris les métaux lourds…) et de santé (faibles émissions électromagnétiques et sonores). Il concerne les ordinateurs, leurs écrans, certaines imprimantes, les téléphones mobiles...

Les labels RSE pour garantir les bonnes pratiques du fournisseur au niveau social et sociétal

En plus de critères environnementaux, les labels dits RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) donnent des indications sur la gouvernance, l'éthique dans les affaires et les pratiques sociales du fournisseur. Parmi les labels axés sur les produits et services IT, seul Epeat affiche prendre en compte des critères RSE avec, par exemple, des critères de performance en matière de responsabilité environnementale et sociale pour la conception des ordinateurs. Epeat est devenu le label le plus répandu aux États-Unis pour les ordinateurs et les écrans, étendu, depuis 2013, aux équipements d'impressions (copieurs, imprimantes, scanners...) et plus récemment à la téléphonie mobile. Il repose sur 23 critères obligatoires et 28 optionnels. En fonction du nombre de critères respectés, les entreprises se voient attribuées le label Gold, Silver ou Bronze. Le label fonctionne sur la base de l'autoévaluation mais des contrôles réguliers sont opérés.

Les labels Green IT pour évaluer la démarche globale de l'entreprise en matière de numérique responsable

Les entreprises qui, au-delà d'une démarche d'achats responsables, mènent des actions plus globales en matière de Green IT peuvent prétendre à l'obtention d'un label Green IT, lequel récompensera leur démarche. Il s'agit d'un engagement dans la durée, associé à un plan de progrès. Ces bonnes pratiques peuvent être par exemple, de dissocier le renouvellement des unités centrales des périphériques (écran, clavier, imprimantes...) ; de favoriser l'allongement de la durée de dotation des produits indépendamment de leur amortissement comptable ; de mettre en place des outils collaboratifs comme le systèmes de partage de fichiers afin de limiter l'envoi par mail de documents de plus en plus lourds, ou encore de favoriser l'adoption d'éco-attitudes par les utilisateurs eux-mêmes.

Aujourd'hui, en dehors de suivre les prérequis de la norme ISO 26 000, laquelle n'est pas une norme certifiable contrairement aux normes ISO 9001, 14001 ou 45001, seul le recours à une évaluation ou labellisation peut valoriser la démarche.

En juin 2019, le label Numérique Responsable soutenu par le ministère de la Transition écologique et solidaire était lancé en France, devenant le premier label récompensant la démarche d'amélioration continue visant à réduire l'empreinte écologique, économique et sociale des technologies de l'information et de la communication (TIC).

Avis d'expert proposé par Dominique Ortoli, consultante RSE et membre de l'Alliance Green IT

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