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Alain Vidalies lance le plan d'actions pour le fret fluvial

Le secrétaire d'Etat en charge des transports a lancé le plan d'actions pour le fret fluvial. Il vise notamment la mise aux normes des navires et l'amélioration des performances et de la sûreté des voies navigables.

Transport  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Le 15 septembre, Alain Vidalies a engagé la mise en œuvre du plan d'actions pour le fret fluvial. En octobre 2015, le secrétaire d'Etat chargé des transports avait validé les grandes lignes de ce plan. Celui-ci s'organise autour de deux grandes thématiques structurantes : la compétitivité, l'innovation et la sécurité, d'une part, et le développement commercial, d'autre part. Un an plus tard, Alain Vidalies annonce les trois axes directeurs retenus. Il s'agit d'accroître le niveau de performance environnementale et économique de l'offre fluviale, d'investir dans le réseau, et de se préparer aux opportunités des nouveaux marchés émergents. Le suivi du déploiement des actions retenues sera réalisé par un comité de suivi qui se réunira "au moins une fois par an [pour] enrichir les actions à conduire".

Mise aux normes de la flotte

Le premier axe vise à renforcer la performance environnementale et économique de l'offre fluvial en s'appuyant sur l'innovation. Il s'agit notamment d'engager la mise aux normes de la flotte en application du règlement européen sur les émissions polluantes des moteurs des engins mobiles non routiers (EMNR) publié le 16 septembre. Ce texte vise à réduire les émissions de monoxyde de carbone (CO), d'oxydes d'azote (NOx), d'hydrocarbures et de particules fines (PM). "Une part importante des moteurs équipant la flotte française est ancienne (30 à 50 ans)" et ne respecte pas les nouvelles normes, explique le secrétaire d'Etat. Il souhaite donc obtenir la reconnaissance automatique des moteurs routiers Euro VI pour une utilisation sur des bateaux fluviaux, réaliser des essais de maritimisation de ces moteurs, ou encore obtenir un cofinancement européen pour le soutien à l'innovation et à l'investissement dans des moteurs de bateaux aux normes.

Alain Vidalies a aussi annoncé le lancement d'un nouveauplan d'aides à la modernisation et à l'innovation (PAMI) pour prendre la suite du PAMI 2013-2017. Celui-ci devrait proposer 20 millions d'euros de fonds publics sur cinq ans, contre 16,5 millions pour l'actuel. Il doit permettre aux transporteurs fluviaux de moderniser la flotte de transport de marchandises pour adapter l'offre de cale à la demande de transport. Le nouveau PAMI "comporte un volet « réduire les consommations et les émissions polluantes » qui pourra permettre de soutenir la mise aux normes des moteurs", explique le ministère qui espère ainsi pouvoir remotoriser 15% de la flotte. D'autres aspects environnementaux seront abordés, tels que la réduction et le traitement des rejets à l'eau ou la gestion et l'optimisation de l'énergie à bord. Les autres volets visent le soutien à l'innovation et le repositionnement des transporteurs sur des marchés porteurs.

L'amélioration de la performance du transport fluvial passe aussi par un regroupement des efforts de recherche et développement au sein de Voies navigables de France (VNF) et entre l'établissement et les autres acteurs du secteur. Pour cela, VNF va créer un centre national d'innovation fluviale (le Centre Batelia). Enfin, à partir du premier trimestre 2017, les transporteurs pourront estimer les émissions de CO2 à partir des données renseignées lors de la déclaration de chargement de marchandises en ligne.

Améliorer et promouvoir le service

En matière d'amélioration des performances et de la sûreté des voies navigables, il est prévu l'élaboration de plans d'actions par bassin, adaptés aux niveaux de service du réseau. Il s'agit de proposer des services qui tiennent compte des trafics et des types de bateaux de chaque bassin. L'objectif est notamment d'améliorer la régularité et les services au quotidien, et de réduire l'impact environnemental. Dans le même esprit, le plan ministériel prévoit de rendre "intelligentes" les voies d'eau en renforçant et optimisant les services d'information fluviale (SIF). Le but est notamment d'améliorer l'information sur les chenaux, la gestion du trafic, la gestion des flux de transport (statistiques, péages fluviaux et redevances portuaires) et l'optimisation de la logistique. Autres mesures proposées : les bateaux fluviaux bénéficieront d'un accès encadré sur certaines portions maritimes des quatre principaux estuaires de métropole (Seine, Loire, Gironde et Rhône) et l'Etat annonce poursuivre la révision des règlements particuliers de police.

Enfin, le plan d'action prévoit de redynamiser la chaîne logistique. Pour y parvenir, le gouvernement prolonge le plan d'aide au report modal (PARM) pour la période 2018-2022. Destiné aux chargeurs, il vise à augmenter les tonnages transportés par voie d'eau et à développer les transports à haute valeur ajoutée. Il s'articulera autour de trois volets (études, expérimentations et installations de transbordement) et sera doté de 20 millions d'euros. De même, le secrétaire d'Etat en charge des transports veut favoriser le report de la route vers le fret fluvial grâce à des outils d'aide à la décision destinés aux industriels et à l'identification des itinéraires des transports exceptionnels. Enfin, la formation et la communication ne sont pas oubliées. S'agissant de communication, l'objectif sera de convaincre les collectivités locales d'intégrer le transport fluvial dans leurs marchés publics et dans leurs politiques de planification.

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