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Actu-Environnement

Lancement de la production d'hydrogène en mer

Une plateforme flottante de production d'hydrogène vert va être testée en mer, juste à côté d'une éolienne flottante, elle-même à l'essai, à 20 km au large des côtes du Croisic. Un démonstrateur qui doit préfigurer un développement industriel massif.

Reportage vidéo  |  Energie  |    |  Baptiste Clarke
Actu-Environnement Le Mensuel N°429 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°429
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La société Lhyfe vient d'inaugurer sa toute nouvelle usine de production d'hydrogène. Elle est installée sur une plateforme flottante déjà mise à l'épreuve par la société GEPS Techno pendant deux ans en mer. Une première mondiale. Encore à la taille du démonstrateur, l'usine va être testée pendant six mois à quai, puis pendant un an au large des côtes du Croisic (Loire-Atlantique), à environ un kilomètre de l'éolienne flottante installée sur le site d'essai SEM-REV, opéré par l'École centrale Nantes, l'école d'ingénieurs qui participe activement à ce programme expérimental. L'éolienne et la plateforme seront donc connectées pour produire de l'hydrogène vert en mer. Voir le reportage vidéo.

L'hydrogène pour stocker les ENR marines

Beaucoup d'attentes reposent sur le développement de l'hydrogène. En effet, l'usage de cette énergie ne rejette pas de CO2, à condition que ce gaz soit produit à partir des énergies renouvelables (hydrogène vert). À l'inverse, la production d'hydrogène gris, à partir d'hydrocarbures, génère 10 kg de CO2 par kilo d'hydrogène. Elle ne présente donc pas d'intérêt écologique. Mais pour produire de l'hydrogène vert, il faut s'appuyer sur l'électrolyse de l'eau réalisée grâce à des énergies renouvelables. Une méthode très chère, d'autant plus qu'en mer, l'eau doit d'abord être désalinisée.

La France a pour ambition de développer l'éolien en mer, posé et flottant, pour atteindre une puissance de 5 GW en 2028. Mais les éoliennes ne produisent pas toujours en phase avec les besoins électriques du réseau, le surplus, voire la totalité, pourrait être transformé en hydrogène.

Problème : pour que les parcs éoliens en mer se développent sans trop d'encombres, ils sont installés loin des côtes afin de ne pas nuire au paysage. Une distance coûteuse. Le prix du raccordement électrique entre une éolienne et une usine de production d'hydrogène sur la côte serait tel qu'il semble préférable (selon les cas) de produire directement de l'hydrogène en mer, sur une plateforme flottante, proche de l'éolienne. Puis de livrer le carburant via des pipelines.

Des tests essentiels pour valider la technologie

Mais avant d'aller plus loin, de nombreux essais restent à réaliser en conditions réelles. Notamment pour vérifier que l'usine prototypée de la société Lhyfe fonctionne correctement en mer, où les conditions sont difficiles. « Avec des vagues de 15 mètres et des vents de 150 kilomètres par heure », détaille Bertrand Alessandrini, chercheur à Centrale Nantes. Il va falloir vérifier que l'eau puisée en mer, nécessaire à la production d'hydrogène, soit bien dessalinisée et purifiée, vérifier les différents problèmes liés à la corrosion. Et aussi, faire fonctionner la plateforme en milieu isolé, sans l'intervention physique d'un opérateur en dehors des phases de maintenance… Les défis sont nombreux.

Pendant le test, cette usine de 1 MW produira environ 400 kg d'hydrogène par jour. Mais les objectifs de la société Lhyfe sont bien plus ambitieux. « Les usines à taille industrielle seront 100 à 200 fois plus grosses que notre démonstrateur, et nous avons déjà établi un plan de développement massif pour l'avenir », annonce Thomas Créach, le directeur technique de la société. À l'horizon 2030-2035, Lhyfe entend fournir une puissance de 3 GW d'hydrogène. Un carburant utilisé pour décarboner des flottes de véhicules, bus, camions, bateaux, avions, ou des industries, qui fonctionnent encore au gaz naturel. L'hydrogène peut aussi servir de moyen de stockage de l'énergie et être à nouveau transformé en électricité grâce à des piles à combustible ou encore alimenter en partie le réseau de gaz naturel… Le potentiel est énorme. À voir à quel coût ce carburant sera produit et donc à quel prix il sera vendu pour trouver un équilibre économique cohérent.

Réactions18 réactions à cet article

 

le bilan global de l'hydrogène (même l'hydrogène vert) est mauvais, l'hydrogène est un moyen de stockage très très couteux (comme les moteurs à hydrogène d'ailleurs ) il faut au moins 2kwh pour stocker 1 kwh ... comme le dit l'ADEME pour être rentable il faut des systèmes les plus simples possibles et les plus prêts des centres de consommation ! La production en mer double les couts de production ...

laurent | 07 octobre 2022 à 09h07
 
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La fuite en avant, l'hubris techno ! Plus c'est fou plus on fonce. L'éolien est une ineptie, qui nous produit un courant instable et sale, qu'il soit terrestre ou offshore (la seule différence étant qu'il devient invisible : mais c'est bien ça l'objectif, cachez ces machines qui m'horrifient, un des moteurs des délocalisations). L'associer à une technologie futuriste : jusqu'où iront-ils ?! Quel sera le vrai prix du courant, que coûteront les inévitables frais de réparation, le démantèlement est-il prévu, etc. La transition énergétique a bon dos, on voit bien que l'objectif est encore et toujours de faire du fric.

dmg | 07 octobre 2022 à 10h25
 
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Malgré son nom qui ne sonne vraiment pas gaulois, c'est donc une entreprise française. Cocorico.

Est-ce qu'il n'y a pas la perspective réaliste de ramener à terre la production de méthane avec des méthaniers de taille adaptée ?

Aucun danger que ces éoliennes assez loin des côtes ne perturbent la santé et les finances les humains et les bovins et les ovins qu'il sera encore intelligent et éco-défendable de produire après la très nécessaire réduction de la consommation de viande.

Les chauve-souris non plus ; malheureusement encore des oiseaux sans doute seront victimes, mais ....

Non à l'éolien terrestre, sauf quand très exceptionnellement il ne nuit pas d'une manière ou d'une autre aux êtres vivant aux environs. TRES difficile de reconnaitre qu'on s'est trompé.

Quoique rien ne vaut l'énergie ondulatoire marémotrice surtout en France

Sagecol | 07 octobre 2022 à 10h29
 
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Bonjour Baptiste,

Excellent article. Savez-vous, s'il vous plaît, quelle serait la consommation d'hydrogène liquide nécessaire à une voiture, un bus, un camion de 38t aux 100 km?
Merci de votre réponse , belle fin de semaine.

Dominique SAUMET correspondant journaliste à la Nouvelle République à Poitiers.

Dominik | 07 octobre 2022 à 10h52
 
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J'ignore si c'est une bonne idée ou une "usine à gaz" ingérable, mais on a des ingénieurs en France et la méthode expérimentale est toujours valide.

28plouki | 07 octobre 2022 à 14h33
 
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Les éoliennes sont bien déjà raccordées au port le plus proche, pourquoi n'est-il pas possible de produire l'hydrogène sur le sol quand la consommation serait plus faible et la production toujours présente?
Merci

jmf | 07 octobre 2022 à 20h50
 
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Avec tous mes vœux de réussite, car là est l'avenir de l'énergie, à moins que la fusion nucléaire arrive à maturité. En attendant, rejetons la fission : coût désormais prohibitif, dangerosité dans un monde instable politiquement comme on le voit en ce moment avec la centrale ukrainienne, déchets dangereux sur des centaines de milliers d'années etc...

petite bête | 08 octobre 2022 à 11h47
 
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Bonjour, merci.
A priori, avec 1kg d'hydrogène, un véhicule léger pourrait parcourir 100 km, ça vous donne une idée, un bus ça serait plutôt 8 à 9 kg.

Baptiste Clarke Baptiste Clarke
08 octobre 2022 à 17h38
 
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Les piles à combustibles existent déjà aux USA pour certains camions réfrigérés lorsqu'ils n'ont pas le droit de faire tourner leurs moteurs pendant qu'ils se reposent. Evidemment ce n'est pas ce qui fait avancer le camion, pas encore, mais c'est autant de carburant fossile non consommé. Le seul obstacle est, pour l'instant, le coût. Mais songeons au rendement des premières automobiles, et soyons sûr que, nécessité faisant loi, on ne tardera pas à voir émerger des tas de solutions.

petite bête | 08 octobre 2022 à 18h54
 
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Concernant la fusion nucléaire, le proto Iter serait près en 2050, et si cela fonctionne en test, ensuite il faudra monter des centrales à fusion. Donc... patience.
L'hydrogène, cela existe déjà, il faut l'électricité pour produire, et avec l'eau salée il faut retourner le sel dans la mer ? Pas simple mais tout est bon, sinon retour au XIX ème siècle. D'après mes photos de famille vers 1880, les gens étaient heureux, leur souci était la santé bien sûr. Mais désormais la technologie médicale est meilleure. Alors, retour au XIX ème siècle, et soyons heureux!

28plouki | 08 octobre 2022 à 19h44
 
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Techniquement ça fonctionne mais c'est HORS DE PRIX .... c'est comme si on vous proposait un travail payer 100 euros mais qu'il fallait payer 200 euros de transport pour aller travailler ... personne ne ferait ça !

laurent | 09 octobre 2022 à 07h14
 
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Oui. Et si on avait tenu ce genre raisonnement lors de l'apparition des premières automobiles à moteur à explosion, on ne roulerait pas avec actuellement. De même avec les panneaux photovoltaïques, dont le coût de production et les performances ne cessent et ne cesseront de s'améliorer. Et ce n'est pas en perfectionnant la bougie qu'on a inventé la l'ampoule électrique à filament.

petite bête | 09 octobre 2022 à 11h43
 
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Le fait est que l'avantage financier d'une technologie n'est pas évident, dès que l'on prend en compte les coûts indirects.
Une technologie nouvelle tend à diminuer ses coûts par l'industrialisation, cf voitures Tesla de mr Musk. La technologie hydrogène peut sans doute s'améliorer, si la production n'est pas à risque.
Les éoliennes profitent du vent gratuit, mais on des côtés négatifs par ailleurs.
Quant au nucléaire, on sait maintenant que ce n'est pas la panacée, le but était aussi de produire des bombes. En faire des chaudières était une idée annexe. On verra pour la fusion, dans 30 ans ou... ? avant.
Partout les centres de recherche sont en action soit pour utiliser le pétrole d'une autre manière, les moyens sont colossaux. Notre humanité doit continuer de faire avancer la science, notre pays le fait, et le budget aurait du être bien plus grand au niveau européen, sauf que concurrence oblige, confidentiel Défense. La médecine fait des progrès aussi, avec la numérisation par exemple, les années qui viennent vont être décisives.

28plouki | 09 octobre 2022 à 12h27
 
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petite bête , il vous manque des bases scientifiques pour intervenir sur des sujets que vous ne maitrisez pas ! AUCUNE machine ne fabrique d'énergie, on peut la transformer, la stocker ou l'utiliser mais jamais la fabriquer, l'énergie,quoiqu'on fasse on en perd tout le temps !

laurent | 09 octobre 2022 à 12h50
 
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Laurent :
Je n'ai "que" vingt années d'agence de l'eau, mais cela m'a permis de m'appuyer sur des données fiables et non des opinions toutes faites. Vous ne savez rien de mes "bases scientifiques" si tant est que cela ait un sens, et je ne sais rien des vôtres, encore que vos propos ne donnent pas beaucoup d'indices cohérents sur ce plan. Alors ne parlez pas de maîtriser un ou des sujets. D'autant plus que souvent, lorsque l'on est spécialiste dans un domaine précis, on a une certaine tendance à croire qu'on peut répondre dans tous les domaines de la science.
Comme disait Schiller, qui n'était pas qu'un poète : "Le spécialiste, c'est quelqu'un qui ne voit que d'un œil".

petite bête | 10 octobre 2022 à 09h59
 
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Sur le fond on se doit d'invoquer le principe de Carnot, que l'on peut décliner de plusieurs manières, en disant que pour obtenir une calorie utilisable énergétiquement, il faut en consommer deux. Et alors? Si les calories à consommer (par exemple la lumière) sont infinies et gratuites, où est le problème? Ce principe est déjà utilisé par les barrages-réservoirs qui, malgré tous leurs défauts structurels, en stockant de l'eau stockent en même temps de l'énergie disponible, contrairement aux barrages "au fil de l'eau" pour lesquels les inconvénients environnementaux l'emportent très souvent sur les avantages énergétiques. Pour prendre un exemple, si le contribuable ne payait pas l'électricité produite par les microcentrales installées sur d'anciens moulins à plus du double de coût réel de l'énergie, il n'y en aurait pas beaucoup.

petite bête | 10 octobre 2022 à 10h20
 
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Magnifique défi auquel je souhaite beaucoup de succès ! J'espère qu'Actualité Environnement pourra nous donner les résultats de ce test prochainement (et des prochains si des améliorations sont programmées à la suite de ce premier lancement).

HMDD | 12 octobre 2022 à 23h46
 
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Voilà un commentaire posé et neutre qui fait plaisir à lire.

petite bête | 13 octobre 2022 à 19h18
 
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