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Lancement de l'Initiative PArtenariale Nationale pour l'émergence des Energies Marines

12 régions, instituts, universitaires et industriels se regroupent au sein de l'IPANEMA afin de partager leurs connaissances et développer une filière industrielle des énergies marines qui pourraient produire 1,5 Mtep/an en France à l'horizon 2020.

Energie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
Lancement de l'Initiative PArtenariale Nationale pour l'émergence des Energies Marines
Projet Anaconda développé au Royaume-Uni
© Checkmate Seaenergy
   
Le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du Territoire (MEEDDAT), l'ADEME, l'Ifremer, de nombreuses régions et des industriels ont décidé de s'associer pour développer l'utilisation des énergies marines. À travers l'Initiative PArtenariale Nationale pour l'émergence des Energies Marines ou IPANEMA, les 12 partenaires* s'engagent à partager leurs connaissances pour faire émerger une filière scientifique et industrielle dans ce domaine.

Il s'agit surtout de créer des sites d'essais en mer car pour l'instant en France les installations de production d'énergie à partir des énergies marines sont encore en laboratoire, portées par des universités, des entreprises ou par les pôles de compétitivité. Ces projets s'intéressent à la fois à l'utilisation de l'énergie des vagues (projet SEAREV par exemple), aux courants marins grâce à des hydroliennes (projet HARVEST), à la biomasse marine et notamment aux algues (projet SHAMASH) ou encore à l'utilisation de l'énergie du vent grâce à des éoliennes offshore flottantes (projet EFEM).

Un potentiel français estimé à 1,5 Mtep d'ici 2020

Avec une zone maritime de 10 millions de km2, la France dispose en effet d'un important potentiel notamment pour l'hydrolien et l'éolien marin (second potentiel d'Europe). Les sites pouvant accueillir des hydroliennes sont bien spécifiques et identifiés (Raz Blanchard, Fromveur, Raz de Sein, Héaux de Bréhat, Raz de Barfleur…). Le potentiel français est évalué entre 5 et 14 TWh/an selon EDF, soit entre 2,5 et 3,5 GW de puissance en fonction des durées annuelles de fonctionnement considérées.
Concernant l'énergie des vagues, la ressource est également au rendez-vous. La puissance moyenne transmise par les vagues sur la façade atlantique française est estimée à 45 kW par mètre de ligne de côte soit un potentiel cumulé de 417 TWh par an. Selon la dernière étude prospective de l'Ifremer, en métropole, le potentiel français peut être estimé à 10% au moins de la ressource théorique soit 40 TWh/an principalement sur la façade atlantique. Dans les DOM-COM, un fort potentiel est identifié à la Réunion, en Polynésie et en Nouvelle Calédonie ainsi que, localement, en Martinique et Guadeloupe.

Au total, l'Ifremer estime que les énergies marines pourraient permettre de produire 1,5 million de tonnes d'équivalent pétrole (Mtep) par an en France à l'horizon 2020. Ceci représenterait 17,2 TWh/an soit 7,7 % des 20 Mtep d'augmentation de la production d'énergie renouvelable, ce dernier objectif étant celui envisagé dans le cadre du Grenelle de l'Environnement. Dans ce scénario, ces 7,7 % se décomposeraient en 5,2 % pour l'éolien marin et 2,5 % pour les autres énergies marines.

Reste désormais à structurer la filière afin de faire émerger les projets et commencer à produire les premiers kwh. Selon l'Ifremer, il est d'autant plus stratégique de s'approprier rapidement ces technologies qu'il est encore temps d'en faire des atouts compétitifs de long terme.

Des avancées chez les voisins européens

Mais la recherche progresse vite en Europe. La première ferme houlomotrice a été inaugurée le 24 septembre dernier au nord du Portugal. Equipée de la technologie Pelamis, cette ferme se compose de plusieurs cylindres reliés par des articulations qui abritent un système de pistons convertissant l'énergie des vagues en courant électrique. Trois convertisseurs de ce type sont en place. Ils seront prochainement complétés par 25 autres machines pour une puissance totale installée de 21MW. Une fois au complet, le projet devrait satisfaire la demande d'électricité annuelle moyenne de plus de 15.000 ménages portugais.
Le Danemark a également prévu d'allouer 3 millions d'euros à la construction d'un prototype à l'échelle 1/2 du concept Wave Star. Installée dans le sens de la houle, cette machine est composée de plusieurs flotteurs qui au passage d'une vague se soulèvent les uns après les autres. Les flotteurs sont reliés à des cylindres hydrauliques qui alimentent un moteur hydraulique relié à un générateur qui produit l'électricité.
Le Royaume-Uni a quant à lui prévu d'installer l'appareil développé par la compagnie Checkmate Seaenergy baptisée Anaconda. Long tube flexible en caoutchouc rempli d'eau, l'anaconda est placé dans le sens des vagues et amarré au fond marin. Lorsqu'une vague vient frapper l'une des extrémités du tube, une « onde » se crée. La vague extérieure, qui se déplace à la même vitesse que l'onde intérieure, va augmenter la puissance de cette onde. Une fois arrivée en bout de tuyau, l'onde transmet sa puissance à des turbines, permettant la production d'électricité. Une version réduite de l'appareil sera construite l'an prochain et testée en pleine mer et la version à taille réelle sera installée d'ici 5 ans.

Réactions2 réactions à cet article

 
Oui, très bien, mais

ça coûte bien plus cher de produire 1 kw en mer que d'économiser 1 kw à terre ou que de produire à terre.
Aussi les priorités doivent-elles être mises dans le bon sens :
1- réduction du parc nucléaire surdimensionné (réduction des coûts et des nuisances),
2- économies massives d'électricité (économies pures),
3- développement du solaire domestique (seule véritable énergie propre),
4- développement de l'éolien (terre d'abord) industriel et domestique,
5- amélioration du rendement des centrales hydrauliques.
6- On s'apercevra alors que la production d'électricité marine, en France, a finalement que peu d'intérêt car il existe d'autres solutions moins coûteuses.

rené-pierre | 31 octobre 2008 à 12h52
 
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Oui, mais....évitons de ré-inventer la roue...

..celle-ci existe; il suffit d'adapter le pneu!
OUi, comme dit ci-dessus et repris ci-dessous:
''Reste désormais à structurer la filière afin de faire émerger les projets et commencer à produire les premiers kwh. Selon l'Ifremer, il est d'autant plus stratégique de s'approprier rapidement ces technologies qu'il est encore temps d'en faire des atouts compétitifs de long terme.''

Oui, la synergie UE peut et DOIT permettre d'avancer plus efficacement. Par exemple, pourquoi ne pas mutualiser avec EMEC de nos amis brittanniques toutes les technos EnR marines déjà inventoriées et en partie testées...et d'en reprendre les pistes les plus cohérentes en versions industrielles...sans repasser par la case ''proto''....
Laissons un excès de chauvinisme franchouillard au placard; la roue existe, ce n'est pas la peine de la ré-inventer, il suffit de mettre le pneu (français) qu'il faut!
Et pour ce qui est d'éviter les gâchis, un OUi fort et massif aux économies d'énergies, aux solutions d'isolation et d'orientation des maisons pour les rendre passives quant à leurs besoins, voire actives quant à l'exploitation PV de leurs toits...OUI au Bouquet des Solutions EnR et DD !!
A Bons entendeurs...Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 03 novembre 2008 à 11h10
 
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