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Plan solaire du gouvernement : attention aux effets d'annonce !

Le plan solaire présenté fin juin pourrait relancer une filière moribonde, à condition que les mesures soient bien calibrées et pérennisées, alerte Laurent Bénédit, président du Comité stratégique EnR solaire thermique d'Uniclima.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com

Dans le cadre de la loi sur la transition énergétique de 2015, le nombre d'installations solaires thermiques doit doubler d'ici 2025 pour atteindre 4 millions de m2. Afin d'accompagner cette évolution, le gouvernement a annoncé fin juin, par la voix de son secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, un coup de pouce pour l'achat d'équipements solaires, permettant aux ménages d'économiser sur leur facture de chauffage et/ou d'eau chaude sanitaire. Si nous ne pouvons qu'applaudir cette mesure, qui semble aller dans le bon sens en matière d'économie d'énergie et de réduction de la pollution, nous tenons à alerter le gouvernement sur certains points nécessitant la plus grande vigilance.

Un futur effet yoyo possible et à éviter !

Prochainement, les foyers souhaitant investir dans un équipement permettant d'utiliser directement la chaleur produite à partir du rayonnement solaire pour le chauffage domestique et/ou la production d'eau chaude sanitaire pourraient profiter d'une prime supplémentaire à l'achat de 1.200 € pour un CESI (Chauffe-Eau Solaire Individuel) et 3.600 € pour un SSC (Système Solaire Combiné). Ces solutions thermiques apparaissent en effet comme étant à la fois simples à mettre en œuvre et réellement efficaces, puisqu'elles permettent une réduction conséquente de la facture des ménages, tout en faisant du bien à la planète.

Si cette mesure incitative va dans le bon sens, elle doit néanmoins s'inscrire dans la durée. La filière solaire a déjà trop souffert ces dernières années de ces effets d'aubaine. Si l'Etat souhaite sincèrement engager cette transition énergétique, il faut donner à ce secteur, en baisse de 25% actuellement, une certaine forme de lisibilité dans le temps. Il s'agit de mettre en place des dispositifs attractifs et pérennes, au risque sinon d'assister à un effet yoyo et à un nouvel effondrement du marché à moyen terme.

Et si le coup de pouce au solaire devenait une "usine à gaz" ?

Par ailleurs, la mise en place de ces aides en faveur des dispositifs solaires ne doit pas pour autant se transformer en "usine à gaz". Le gouvernement doit rester prudent et faire attention à ce que les futures exigences réglementaires et donc techniques dans ce domaine, restent compréhensibles pour les acteurs de la filière.

Les systèmes solaires dédiés à la production d'eau chaude sanitaire seule se composent d'un ballon de stockage et d'un ou plusieurs capteurs solaires thermiques. Pour ces produits, l'Etat semble se diriger vers une approche du calcul de la performance par système plutôt que vers des exigences par composant, qui nous semble pourtant celle à privilégier. En effet, vouloir mesurer l'efficience d'une installation d'un point de vue global va obligatoirement nécessiter des calculs et donc complexifier l'approche pour les installateurs, compte tenu du nombre conséquent de combinaisons possibles au risque de provoquer un réel blocage. En revanche, en adoptant une approche par composant, il suffira alors d'établir un critère de performance des pertes thermiques du ballon et un autre autour de l'efficience du capteur solaire.

Part du solaire thermique dans la construction dès 2020 : des mesures trop imprécises

Par ailleurs, parmi les mesures d'aides annoncées pour accélérer le déploiement de l'énergie solaire, le gouvernement réfléchit à imposer un taux minimum de chaleur renouvelable, dès 2020, dans tous les bâtiments neufs. Si la question n'est pas encore tranchée, cette décision a déjà été prise chez certains de nos voisins européens, plus avancés dans leur transition énergétique, à l'image de l'Allemagne. Une annonce officielle pourrait donc prochainement avoir lieu, en parallèle de la future réglementation thermique, qui se profile à travers l'actuelle expérimentation du Label E+C-.

Avis d'expert proposé par Laurent Bénédit, responsable Réglementation Europe du Nord-Ouest chez Connectivité Chaffoteaux et président du Comité stratégique EnR solaire thermique & biomasse d'Uniclima

Réactions1 réaction à cet article

 

Dans la mesure où la facture d'un même équipement est/serait identique en Vendée (plus ensoleillée que le midi) ou au sud du Nord, il n'est pas forcément logique d'aider également les ménages soucieux de préserver l'environnement et de voir décroître le de plus en plus dangereux parc nucléaire français insensé.

Mais quoi qu'il en soit, si nos irresponsables politiques étaient à la hauteur, ils auraient pris pour le solaire producteur d'électricité et ils prendraient pour celui-c i des mesures dissuasives afin d'éviter les arnaques et les surfacturations de ces équipements.

Sagecol | 09 août 2018 à 09h27
 
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