En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Au-delà du choc Trump, le monde des affaires veut aller de l'avant à la COP 22

Le secrétaire d'Etat John Kerry a fait un vibrant plaidoyer en faveur de l'orientation de l'économie américaine vers la sortie du carbone et s'est déclaré confiant dans la poursuite de l'élan mondial déclenché par l'Accord de Paris.

Gouvernance  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com

Plus de 360 entreprises et investisseurs, plus d'une douzaine de multinationales mais aussi des petites entreprises familiales issues de plus de 35 pays ont envoyé un message fort hier à la COP 22 au président Obama, et à son successeur Donald Trump, pour réaffirmer leur soutien à l'Accord de Paris et la nécessité d'accélérer la transition vers une économie bas carbone au Etats-Unis comme dans le reste du monde.

"Mettre en œuvre l'Accord de Paris va encourager les entreprises et les investisseurs à convertir les milliards de dollars déjà investis dans les secteurs bas carbone en milliards de milliards de dollars nécessaires à l'ensemble du monde pour apporter à tous la prospérité sur la base d'énergies propres", a fait savoir le puissant réseau Low Carbon USA hier lors d'une conférence de presse à Marrakech.

"L'échec d'une économie bas carbone menace la prospérité américaine", ont renchéri les signataires, parmi lesquels les multinationales et entreprises DuPont, Gap Inc., General Mills, Hewlett Packard Enterprises, Hilton, HP Inc., Kellogg Company, Levi Strauss & Co., L'Oreal USA, NIKE, Mars Incorporated, Schneider Electric, Starbucks, VF Corporation, et Unilever.

"Il est vital que le monde des affaires affiche son engagement renouvelé dans la lutte contre le changement climatique", a affirmé Barry Parkin, directeur de la soutenabilité chez Mars Incorporated. "C'est un moment important dans l'histoire politique et économique, et nous devons absolument nous rassembler pour résoudre les défis immenses qui attendent notre planète. Le changement climatique, la raréfaction de l'eau et la déforestation sont de sérieuses menaces pour la société. Il est impératif que des multinationales telles que Mars prennent leur part face à de telles menaces".

"Plus que jamais, Levi Strauss & Co est convaincu de l'importance de réaffirmer son engagement pour faire face au changement climatique en soutenant l'Accord de Paris", a déclaré Michael Kobori, vice-président de la soutenabilité de l'emblématique multinationale du jean. "Construire une économie efficiente sur le plan énergétique aux Etats-Unis, alimentée par de l'énergie à bas carbone, assurera la compétitivité de notre pays et la position de leader des entreprises américaines sur le marché mondial, tout en faisant ce qu'il faut pour le futur de notre planète".

John Kerry ovationné

Etats-Unis, Chine, Inde, Brésil, Union européenne, et l'Australie le 10 novembre dernier, au total 109 pays représentant plus de 75% des émissions de gaz à effet de serre, ont ratifié l'Accord de Paris, entré en vigueur le 4 novembre dernier. "Le monde est en train de se mettre en marche vers un futur à base d'énergies propres", a déclaré John Kerry hier. "La communauté internationale est plus unie que jamais et personne ne doit douter désormais qu'une écrasante majorité de citoyens américains savent que le changement climatique est en cours", a renchéri le secrétaire d'Etat sous un tonnerre d'applaudissements, citant Churchill qui, pendant la Seconde Guerre mondiale en appelait les Alliés à accomplir leur "devoir".

Dans leur déclaration, les entreprises en appellent les dirigeants politiques américains à soutenir fermement la poursuite de politiques à bas carbone afin que les Etats-Unis réalisent voire dépassent leurs objectifs climatiques. Elles engagent le pays à poursuivre les investissements domestiques et à l'étranger afin de continuer à donner des signaux clairs et de susciter la confiance des investisseurs. Elles enjoignent les Etats-Unis à maintenir leur participation à l'Accord de Paris afin de confirmer leur engagement sur le long terme.

"La dynamique énorme déclenchée par le monde des affaires et par la communauté des investisseurs ne peut pas être inversée et ne peut être ignorée par l'administration Trump. Le train a démarré et se mettre en travers des rails serait de la folie", a déclaré Matt Patsky, président de Trillium Asset Management. "Néanmoins nous savons qu'il est temps de rappeler à l'administration à venir que pratiquement chaque entreprise classée à l'index Fortune 500 [qui représentent deux tiers du PIB américain, ndlr] et plus de 100 milliards de milliards d'actifs ont reconnu la réalité du changement climatique et la nécessité d'y faire face".

"Les élections changent notre gouvernement mais ne changent pas le cours de la réalité", a affirmé Matthew Hamilton, directeur du développement durable à Aspen Skiing Company, du nom d'une célèbre station de ski du Colorado. "Trente jours sans gel sont autant de jours en moins pour notre activité qui emploie plus de 6,1 millions de personnes dans le domaine des loisirs de plein air".

Inquiétudes et exhortations se mêlent à la COP 22, où les discours sont unanimes : la dynamique de l'Accord de Paris est irréversible, veulent croire les parties prenantes. Les réseaux Under2Coalition, consortium de 65 Etats, dont la Californie, qui estiment représenter un tiers du PIB mondial, We Mean Business, qui publie un guide pour le long terme, et le World Business Council for Sustainable Development, vétéran du verdissement de l'industrie, multiplient les initiatives, comme pour se conforter dans le monde inconnu qui s'annonce.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Agnès Sinaï

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager