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Actu-Environnement

L'Anses pointe les risques sanitaires associés aux LED

L'Anses considère qu' "il est nécessaire de restreindre la mise sur le marché grand public des systèmes d’éclairage à LED", notamment ceux présentant une luminance trop forte et ceux ayant trop de bleu dans le spectre lumineux.

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Les recommandations formulées dans l'avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) visent à limiter la commercialisation de certaines diodes électroluminescentes (LED) présentant un risque sanitaire. L'Agence juge que les LED présentant plus de risques liés à lumière bleue que les éclairages traditionnels devraient être retiré du marché. Par ailleurs, l'Anses recommande d'adapter aux spécificités des ampoules LED la norme NF EN 62 471 relative à la sécurité photobiologique des lampes. Il s'agit notamment "de prendre en compte les populations sensibles et les personnes particulièrement exposées (certaines populations de travailleurs : installateurs éclairagistes, métiers du spectacle, etc.)."

De même l'Anses juge nécessaire une bonne application des normes relatives au confort et à l’ergonomie visuelle, en particulier sur les lieux de travail et dans les foyers. Dans ce cadre, les luminances des LED devraient être limitées avec, par exemple, des dispositifs optiques ou des luminaires adaptés. Le but est de limiter les risques d'éblouissement.

Enfin, la troisième recommandation concerne l'amélioration de l'information des consommateurs, notamment par le biais d'un étiquetage plus précis.  L'information à afficher concerne en particulier la qualité de la lumière et le niveau de sécurité photobiologique.

Une lumière éblouissante et bleue

Deux risques ont été identifiés et justifient l'avis rendu par l'Agence "par la gravité des dangers associés" : des luminances très élevées et un déséquilibre du spectre lumineux des LED.

En matière de luminosité, les mesures effectuées "font apparaître que certaines LED accessibles à l’achat pour le grand public […] appartiennent à des groupes de risque plus élevés que ceux des éclairages traditionnels." De plus, l'Agence estime que la norme NF EN 62 471 "n’est pas tout à fait adaptée à des éclairages utilisant des LED", notamment parce que les valeurs limites d’exposition ne sont adaptées, les protocoles de mesures sont ambigus et certaines populations sensibles ne sont pas prises en compte.

Pour justifier cet avis, l'Anses rappelle que les LED peuvent présenter des luminances 1.000 fois plus élevées que le niveau entraînant une gêne. Au-delà de l'inconfort visuel, cette luminance importante peut entraîner des risques d'éblouissement. Cette forte luminosité des ampoules LED s'explique par le fait que les modèles vendus dans le commerce laissent apparaître les diodes électroluminescentes pour ne pas atténuer la luminosité des ampoules. Cette pratique "pourrait conduire à un non respect de ces exigences normatives", selon l'Anses.

S'agissant du déséquilibre du spectre lumineux, les mesures soulignent un risque d’effet photochimique associé à lumière bleue de certaines LED. Le niveau de ce risque "dépend de la dose cumulée de lumière bleue à laquelle la personne a été exposée" et "résulte généralement d’expositions peu intenses répétées sur de longues durées." L'Anses qualifie d'important, le niveau de preuve associé à ce risque qui touche surtout les enfants, les personnes atteintes de certaines maladies oculaires et certaines populations de professionnels soumis à des éclairages de forte intensité.

Cependant, les conclusions de l'Anses concernent uniquement les LED utilisant une diode bleue pour produire de la lumière et "ne peuvent donc être extrapolées aux LED qui mettraient en œuvre d’autres méthodes." En effet, il existe actuellement trois méthodes pour fabriquer une lampe à diode électroluminescente émettant de la lumière blanche. Tout d'abord, il est possible de combiner une diode émettant dans le bleu avec une substance qui modifie la lumière bleue en lumière jaune. La deuxième méthode est identique à la première, mais une diode émettant dans l'ultraviolet remplace la diode bleue. Enfin, la dernière technique consiste à assembler au moins trois diodes émettant dans des longueurs d'ondes visibles qui en se combinant émettent une lumière blanche. Or, "à ce jour, la méthode la plus rentable économiquement et la plus utilisée est la première méthode", note l'Anses.

L'expertise de l'Anses s'est focalisée sur les questions liées à l'usage des LED pour l'éclairage public et sur les lieux de travail. Ce travail est présenté dans un rapport de 282 pages rédigés par un groupe de travail composé d’experts en ophtalmologie, en dermatologie, en éclairage et en physique des rayonnements optiques. Ce groupe s'est réuni dix fois entre mai 2009 et mars 2010 pour passer en revue la littérature scientifique sur le sujet, étudier les mesures faites dans leurs laboratoires et interroger des scientifiques et des représentants de l’Association française de l’éclairage (AFE). De même l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a été consultée via une contribution écrite portant sur le marché de l’éclairage français et européen et sur le recyclage des lampes.

Réactions15 réactions à cet article

 

c'est quand même vraiment bizarre qu'on ait pas entouré le démarrage et la prospérité des ampoules fluo-compactes du même principe de précaution, sachant qu'elles sont vraiment suspectées pour plein de raisons(mercure, radiations, pollution...).
c'est vrai il faut finir de les écouler avant de passer aux Leds...

notnac | 27 octobre 2010 à 21h11
 
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Attention aux raccourcis! Quand on lit qu'il faut "prendre en compte les populations sensibles et les personnes particulièrement exposées (certaines populations de travailleurs : installateurs éclairagistes, métiers du spectacle, etc.)", il vaut mieux préciser que parmi les "populations sensibles" se trouvent tous ceux touchés par la DMLA (Dégénérescence liée à l' Age) à quelque stade que ce soit d'évolution de la maladie, et que 12 % de la population entre 65 ans et 75 ans présente une DMLA, cause principale de cécité non corrigeable de la personne âgée dans notre monde sécurisé.

Onésime | 28 octobre 2010 à 10h21
 
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Je voudrais savoir si ce type de led est utilisé pour les phares de voiture, car je suis complètement éblouie par certains types de phares?

Aurelie | 28 octobre 2010 à 10h38
 
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Bonjour,

J'ai bien lu votre article, mais je ne suis pas arrivée à trouver concrètement, quels sont les risques liés à l'utilisation des LED.

Vous écrivez : "Deux risques ont été identifiés et justifient l'avis rendu par l'Agence "par la gravité des dangers associés" : des luminances très élevées et un déséquilibre du spectre lumineux des LED."... quels sont donc ces 2 risques ?

Merci pour votre réponse.
Sylvie

Sylvie | 28 octobre 2010 à 10h49
 
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entièrement d'accord avec notnac, comme c'est étrange cette attention soudaine aux soi-disant danger des LEDS........qui évidemment sont un immense progrès dans les économies d'énergies! mais bien sûr, pas du tout du goût du grand fournisseur d'électricité nucléaire qu'est EDF!
les LEDS ne dégagent aucun champ électrique, et sont extrêmement économiques. Il y en a de grande qualité, vendue par une boutique de produits écologiques en ligne, qui éclairent vraiment très bien, et ne consomment que 4 ou 5 watts pour l'équivalent d'ampoules 80 watts........c'est tout dire!
et bien sûr, chez soi, on les met dans des lampes avec abat-jour, donc, pas de risque d'éblouissement!
c'est l'ampoule d'avenir, dommage qu'elle soit si chère, mais ramenée sa durée de vie, elle est vraiment très économique!

VGBIO | 28 octobre 2010 à 13h02
 
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Enfin des réactions intelligentes à cet article qui n'est qu'un copié collé du communiqué de presse. Vraiment curieux ce buzz négatif sur les LED alors que les fluocompactes et leur mercure n'ont pas suscité les mêmes frayeurs.

CJung | 28 octobre 2010 à 17h23
 
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@ Sylvie
le risque est la mise "hors circuit" des récepteurs de l' oeil par une sorte de brûlure des dits récepteurs. Avec comme conséquence, une cécité partielle ou totale. J' ai vécu cela sur certaines îles du Sud du Japon, où les yeux étaient littéralement brûlés par les UV, et mis HS par l'éblouissement. Les autochtones en étaient conscient et travaillaient trés tôt le matin pour essayer de neutraliser ces effets trés destructeurs du soleil qu'ils savaient mener à la cécité. Les "lunettes de neige" des eskimos sont l' un des outils utilisés pour neutraliser la réverbération sur la neige, ou plutôt, les effets dévastateurs de celle-ci.

Onésime | 28 octobre 2010 à 20h39
 
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Hier,suite à l'article aux infos,plusieur personnes,y compris moi, posaient la question:qu'en est-il des téléviseurs à écrans LED ?
Merci d'une réponse.

Lecteur45 | 29 octobre 2010 à 06h44
 
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@ Onésime
Un < Grand > Merci pour cette réponse qui m'a amené un véritable éclairage quant aux risques réels des led sur la santé.
Je cours de ce pas sortir la lampe à led "solaire" que j'avais achetée pour équiper la table de chevet de mon fils, de manière autonome, afin d'éviter les flux électriques.
En résumé, Plus de led, plus de lampes fluo-compactes... reste encore les lampes "halogènes"... en espérant qu'un fabriquant bienveillant trouvera rapidement un mode d'éclairage à la fois respectueux de l'environnement et de la santé.
Bonne journée.
Sylvie

Sylvie | 29 octobre 2010 à 09h57
 
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Je trouve plus que douteux cette nouvelle "chasse aux sorcières" concernant les leds. Pour en avoir mesuré, je peux affirmer que les leds ne génèrent ni champ électrique, ni champ magnétique. Ce qui n'est pas le cas des lampes fluocompactes basses consommation qui génèrent un champ magnétique considérable.

Isabelle Consultante Habitat & Santé | 29 octobre 2010 à 12h39
 
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@Sylvie
C'est dommage, mais les lampes à halogènes sont aussi assez dévastatrices. Le problème de l'éclairage est délicat, et il faut se rappeler que la lumière naturelle est la seule à être naturelle. Quelques points importants pour protéger la vue:
-sortir avec des lunettes filtrant les UV quand il y a un bon ensoleillement. C'est cher, mais incontournable.
-ne pas fixer longtemps le regard à une distance constante (ex: écran télé, ordi, etc.), car risque d'atrophie musculaire.
-bien regarder: près, loin, regarder des scènes colorées, ce qui stimule le fonctionnement "normal" des yeux.
-bien dormir (8h min)
-manger "intelligent", i.e. vitamines, crudités, frais si possible, etc.
-faire vérifier sa vue régulièrement (1 fois par an, par ex)

On commence à penser que les problèmes de vision des "hautement civilisés" sont en partie dus à l' usage d' écrans, et semble se vérifier peu à peu l' hypothèse que les écrans divers et variés, les super-loupiotes high-tech, et quelques autres inventions "modernes", "brûlent les yeux", plus précisément le fond de l' oeil, et cela au moins aussi bien que notre bon vieux soleil quand il veut s'y mettre.

Onésime | 29 octobre 2010 à 14h12
 
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à Sylvie:
c'est exactement le genre de réaction qu'attend le lobby nucléaire d'EDF. Je suis atterrée par une tells réaction!
ce qui aurait été intelligent et pédagogique, c'est d'expliquer à votre fils les risques s'il venait à regarder en face, à moins de 20 cm, cette ampoule........il n'est pas bête votre fils, il va comprendre parfaitement ce que vous lui dites!
cette réaction montre bien que le communiqué de l'ANSES n'est pas du tout neutre! car ce communiqué parle uniquement des lieux de travail et les éclairages publics, pas du tout de l'éclairage dans la maison. Et je suis maintenant, hélas, sûre que ces "détails" vont disparaître dans "la rumeur publique"!

VGBIO | 29 octobre 2010 à 15h00
 
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@ VGBIO
Je comprends votre indignation et elle est légitime.
En matière d'électricité, cela fait bien longtemps que j'ai dit NON au nucléaire.
J'ai choisi un Fournisseur d'électricité 100% renouvelable. Ce sont des puristes en la matière et je suis ravie de les avoir choisi à tous niveaux.
En effet il aurait peut-être été plus intelligent (ne me jugez pas trop vite) et pédagogique d'expliquer, à mon fils, les risques s'il venait à regarder les ampoules Led en face, à moins de 20 cm...
La mise en œuvre est surement plus problématique étant donné que lorsque l'on lit couché, on éclaire du dessus.
Soyez donc rassuré, j'ai fait un choix entre cœur et raison... et puis petite confidence... je trouve la lumière de ces lampes exécrable ! Ce blanc-bleu-surnaturel me donne la nausée !
J'espère avoir apaisé vos inquiétudes.
Bonne soirée.
Sylvie

Sylvie | 29 octobre 2010 à 17h22
 
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@Isabelle Consultante Habitat & Santé
Citation de l'article: "Deux risques ont été identifiés et justifient l'avis rendu par l'Agence "par la gravité des dangers associés" : des luminances très élevées et un déséquilibre du spectre lumineux des LED."
Il n' est donc pas question ici de "champ électrique, ni champ magnétique."
Evitons les mélanges pour essayer d'y voir plus clair.;-))

Quant à la lampe de lecture, j' utilise depuis des années, et cela suivant les conseils d' un ophtalmo chevronné, un modèle de lampe dite portative qui reproduit assez bien la lumière naturelle, la Daylight, nom de la compagnie qui la produit. Ceci n' est pas une pub, mais une simple indication d'un type de produit qui semble correct.

Onésime | 30 octobre 2010 à 10h18
 
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les LEDs présentent un spectre d'émission avec une forte patie dans l'UV donc dangereuse. La nouvelle technologie qui vient d'être commercialisée est la techno OLED avec aucun risque sanitaire et une lumière douce très agréable. on va bientôt changer nos lampes en OLED.

OLED | 25 novembre 2011 à 12h07
 
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