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Législatives : les candidats alternatifs proposent une vision plus citoyenne de l'écologie

Les élections législatives voient se multiplier les candidatures alternatives aux partis traditionnels, en qui les électeurs ont de moins en moins confiance. Au programme : renouvellement démocratique et véritable transition écologique.

Gouvernance  |    |  Eva GomezActu-Environnement.com
Législatives : les candidats alternatifs proposent une vision plus citoyenne de l'écologie

Rassemblés dans des collectifs, ou totalement indépendants, de plus en plus de profanes de la politique veulent prendre le sujet à bras le corps. ''Relève Citoyenne'' est une ''plateforme d'appui qui permet la candidature de gens ordinaires'', selon sa co-présidente Anne Lefèvre. ''Nous accompagnons les candidats dans leurs démarches administratives, nous les aidons à organiser leur campagne, à obtenir leurs professions de foi, à gérer leurs réseaux sociaux, tout cela sans parti pris'', explique-t-elle. Ben Lefetey, figure du combat associatif contre le barrage de Sivens, ancien président des Amis de la Terre et consultant en tourisme responsable, est passé par cette plateforme pour candidater aux législatives dans le Tarn. Selon lui, ''on n'a plus besoin des partis pour désigner des candidats, Internet a facilité le rassemblement et l'organisation''.

Un rejet de la politique traditionnelle

Ces candidats veulent s'affranchir de la politique professionnelle, la relocaliser et la rendre aux citoyens. D'ailleurs, la décision d'Emmanuel Macron d'intégrer la société civile dans son gouvernement en fait sourire quelques uns. Si François Verret, candidat décroissant de la neuvième circonscription de Seine-et-Marne y voit un pas en avant, Ben Lefetey critique vivement le nouveau Président. ''De quelle société civile parle-t-on ? Il n'y a quasiment aucun représentant associatif, personne qui se bat pour l'intérêt général, uniquement des gagnants du capitalisme''. Ce candidat citoyen de la deuxième circonscription du Tarn, était adhérent d'Europe Ecologie les Verts (EELV) de 2013 à 2016. Il a préféré prendre le large. ''J'ai démissionné car j'étais en désaccord avec leur stratégie pour 2017, notamment sur le fait qu'ils voulaient présenter des candidats en autonomie, alors qu'ils avaient présenté des candidatures communes aux régionales de 2015'', explique-t-il en ironisant sur la décision finale de Yannick Jadot (EELV) de rejoindre la campagne de Benoît Hamon (PS). Partisan d'une sixième république, il se plait à rappeler que ''les maires de Barcelone et de Madrid sont des citoyens hors partis ! Pas des politiques professionnels''.

Pour lui, l'écologie politique est trop considérée comme punitive : ''il faut mettre en avant les emplois d'avenir, prouver qu'on peut créer un million d'emploi en dix ans dans les secteurs de l'agriculture biologique, des énergies renouvelables et de l'économie circulaire notamment''.

La démocratie participative au service de l'environnement

A 25 ans, Margot Medkour, entrepreneure et étudiante, est candidate du Mouvement du 10 novembre et du parti Pirate dans la première circonscription de Loire-Atlantique. Pour elle, démocratie, écologie et travail sont intimement liés. La jeune candidate estime que l'écologie est un ensemble qui prend en compte l'environnement et l'humain. ''Il est primordial de préserver la nature que nous sommes en train de détruire avec un système économique sans limites'', estime-t-elle, ''mais cela ne se fera pas sans le développement de moyens qui rendront les gens autonomes et épanouis dans un environnement favorable''. Dans son programme, on trouve des réunions mensuelles ouvertes à tous les citoyens, ou encore la réappropriation de la réserve parlementaire par un jury de citoyens tirés au sort, chargé de désigner des initiatives locales alternatives à financer. ''J'ai une vision auto-gestionnaire de la société, il faut se réapproprier l'économie au niveau local'', assène-t-elle, afin d'enclencher une ''vraie transition écologique''.

 
On ne peut pas s'en tenir à moins gaspiller et mieux consommer, il faut revoir le système représentatif de notre politique pour donner plus de place à la démocratie participative.  
François Verret
 

Ingénieur en agronomie et bénévole pour la Ligue de protection des oiseaux (LPO), le décroissant François Verret, partage cette vision. Engagé pour la protection de la biodiversité et l'aménagement du territoire, notamment auprès d'élus socialistes et Les Républicains (LR) de Sénart (Seine-et-Marne), il affirme pourtant être bien loin de leurs programmes : ''Nous sommes anti-productivistes, anti-capitalistes et anti-nucléaire, notre modèle de société actuel est en train d'épuiser les ressources naturelles''. Comme la candidate de Loire-Atlantique Margot Medkour, il considère ''qu'on ne peut pas s'en tenir à moins gaspiller et mieux consommer'' et qu'''il faut revoir le système représentatif de notre politique pour donner plus de place à la démocratie participative''. Christian Ghiotti, suppléant de la candidate décroissante de la 16ème circonscription de Paris, Yasmina Khaznawi, et défenseur des circuits-courts, abonde dans ce sens : ''Nous sommes fondamentalement démocrates et faisons confiance au peuple pour prendre ses affaires en main. Il faut relocaliser la politique, tout comme le commerce''. Ces candidats rêvent d'une politique des ''petits pas'', où chacun pourrait être acteur d'un changement qu'ils n'attendent plus de la part des partis traditionnels, ni de l'Union européenne d'ailleurs, dont les traités de libre-échange sont jugés néfastes.

Avant d'être élu, diffuser des idées

Pourtant, ces mouvements avouent souffrir d'un manque de visibilité dû à l'absence de figure représentative dans leurs rangs. ''C'est un peu plus difficile de communiquer car aucune « star » n'est dans notre mouvement ou nous soutient'', admet Margot Medkour. ''Mais c'est aussi un avantage car personne ne souhaite mettre tout le mouvement à son service et fixer des objectifs électoraux'', ajoute-t-elle. François Verret, qui n'est même pas sûr d'atteindre 1% de voix dimanche 11 juin, la rejoint. ''Je profite surtout de ce moment médiatique pour faire passer le message des décroissants, dans l'espoir que d'autres se l'approprient'', assume le candidat de Seine-et-Marne. Il pense même qu'''accéder au financement des partis par l'élection, serait le début d'un cercle vicieux qui nous pousserait à remettre nos idées en question, dans le but de plaire aux électeurs et faire perdurer ces financements''. Son homologue parisien Christian Ghiotti constate que ''les gens sont globalement d'accord avec nos arguments mais freinent devant un changement aussi radical de la société''.

Ce constat est partagé par Ben Lefetey, Margot Medkour et François Verret, pour qui les électeurs, malgré leur intérêt pour les alternatives, restent trop souvent traditionnels une fois dans l'isoloir. ''On me dit que pour cette fois-ci on ne votera pas pour moi, mais qu'on veut bien m'aider à porter des projets alternatifs'', décrit Margot Medkour, qui espère toutefois arriver parmi les six premiers candidats de sa circonscription (sur 17). Même sans l'espoir d'être élus, tous comptent persévérer et aller jusqu'aux municipales de 2020. Au risque de marcher sur les plates-bandes les uns des autres et de contribuer ainsi à une division de la gauche, qui leur est souvent reprochée.

Réactions1 réaction à cet article

 

Leur programme se lit à longueur d'année dans le journal "la décroissance" Mais jamais les medias ne s'y réfèrent .Pas étonnant que ces thèses restent marginalisées alors qu'elles apportent une vision nouvelle .(Il ne leur manque que la lucidité en matière de natalité incontrôlée.)

sirius | 09 juin 2017 à 13h09
 
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