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Une nouvelle limite planétaire vient d'être transgressée, celle de l'eau verte

En étudiant le cycle méconnu de l'eau verte en lien avec l'humidité des sols, des chercheurs du Stockholm Resilience Center plaident pour créer une nouvelle limite planétaire. Leurs premières estimations suggèrent que celle-ci est déjà dépassée.

Eau  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Une nouvelle limite planétaire vient d'être transgressée, celle de l'eau verte

Si le renforcement de la connaissance des écosystèmes a toujours du bon, il est souvent porteur de mauvaises nouvelles. Dernier exemple en date : l'étude d'une équipe de chercheurs internationaux, dirigée par Lan Wang-Erlandsson, du Stockholm Resilience Center, et publiée dans la revue Nature. Ces derniers ont concentré leurs recherches sur le cycle de l'eau verte pour en conclure que la limite planétaire de sécurité qui s'y réfère est déjà dépassée. Après celle sur les polluants chimiques, c'est donc la deuxième limite planétaire à être franchie cette année.

Au nombre de neuf selon la communauté scientifique, ces limites planétaires illustrent la notion de déséquilibre des cycles biophysiques provoqué par la pression des activités humaines. Au-delà d'un certain seuil de sécurité, le déséquilibre est tel que le fonctionnement du cycle est altéré et met en péril l'humanité et la résilience du système terrestre. Changement climatique, érosion de la biodiversité, perturbations du cycle de l'azote et du phosphore, et pollution chimique sont les quatre limites déjà dépassées. Cinq autres font l'objet d'un suivi : le changement d'usage des sols, l'acidification des océans, la destruction de la couche d'ozone, les aérosols atmosphériques et l'usage de l'eau douce.

Affiner les connaissances du cycle de l'eau

L'équipe de Lan Wang-Erlandsson s'est particulièrement intéressée à un sous-ensemble du cycle de l'eau douce, celui de l'eau verte. Ce cycle intègre les phénomènes de précipitations terrestres et d'évaporation en lien avec l'humidité des sols, un cycle « fondamental pour la dynamique du système terrestre », rappellent les chercheurs. Par exemple, l'expansion de l'agriculture et des pâturages influence le taux d'évaporation du sol et de sa couverture végétale. Une concentration accrue de CO2 dans l'atmosphère peut aussi modifier la transpiration végétale.

 
« Une articulation explicite de l'eau verte est nécessaire pour mieux représenter toute l'étendue et la diversité des pressions humaines sur le cycle de l'eau »  
Auteurs de l'étude
 

Or, aujourd'hui, la définition de la frontière planétaire de l'utilisation de l'eau douce est uniquement donnée par l'eau bleue, c'est-à-dire les rivières, lacs et réservoirs d'eau souterraine renouvelables. Selon les scientifiques, l'absence d'une représentation explicite de l'eau verte dans le cadre des frontières planétaires peut donc masquer et déformer les modifications humaines. Par exemple, selon la définition actuelle, la déforestation qui détériore le fonctionnement de l'eau verte en faveur d'une disponibilité accrue de l'eau bleue par ruissellement ne contribuerait pas à la transgression des limites. « Une articulation explicite de l'eau verte est nécessaire pour mieux représenter toute l'étendue et la diversité des pressions humaines sur le cycle de l'eau », estiment les scientifiques.

Se baser sur l'humidité du sol

Conceptuellement, chaque limite planétaire est associée à une variable de contrôle qui permet de suivre les risques d'impacts sur le système terrestre. Dans leur étude, les scientifiques proposent de suivre le pourcentage de surface terrestre libre de glace dans laquelle l'humidité du sol s'écarte de la variabilité naturelle observée au cours des 11 000 dernières années (ère géologique actuelle relative stable). Même s'ils reconnaissent que les données « font encore cruellement défaut, en particulier dans les zones à haute importance pour le fonctionnement du système terrestre de l'eau verte, y compris les forêts tropicales humides et les zones arides ».

Et selon leurs estimations provisoires, les écarts sont tels aujourd'hui que c'est « la preuve d'une détérioration généralisée du fonctionnement du système terrestre, indiquant que la limite planétaire de l'eau verte est déjà considérablement transgressée ». L'équipe du Stockholm Resilience Center a ainsi placé le seuil de sécurité à 10 % des sols planétaires qui s'écarteraient de la situation observée ces 11 000 dernières années. Or, selon leurs estimations, 18 % des sols de la planète seraient en déséquilibre. « Les modifications de l'eau verte entraînent désormais des risques croissants pour le système terrestre à une échelle à laquelle les civilisations modernes n'auraient peut-être jamais été confrontées », concluent de manière inquiétante les chercheurs, tout en encourageant la communauté scientifique à s'emparer de ce sujet pour affiner ces résultats.

Réactions9 réactions à cet article

 

Actuellement les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations (alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30% ...) ce qui provoque des inondations ET un assèchement mathématique des bassins hydrologiques. un bassin versant se vide uniquement par sa rivière, il est alimenté par les pluies et les pluies sont provoquées par la couverture végétale , plus on augmente la densité végétale plus on a d'eau et moins on a chaud ...

laurent | 02 mai 2022 à 11h51
 
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Bonsoir !
c pourquoi nécessité de reboiser à l'effet de la "restauration de l'eau verte" voir supprimer les limitations A+

DAOUD | 02 mai 2022 à 16h20
 
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Tout cela me paraît assez compliqué, comme le reste. par contre la tête de mon voisin agriculteur qui vient semer 30 hectares de tournesol et qui ne voit rien sortir car il ne pleut pas est plus explicite. Et les risques d'incendie, de faible récolte de fruits qui seront rabougris, etc... C'est clair qu'on arrive au bout d'un système humain dont la réorganisation n'est pas simple.
Ils serait temps d'y penser calmement, avec un plan réaliste.

28plouki | 02 mai 2022 à 19h12
 
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@28plouki : quand on met l'eau dans les toilettes et pas dans les champs on se retrouve avec un climat de m ... l'eau potable ne représente que 1% de la distribution, les reste doit aller à l'environnement et donc l'agriculture pour ne pas couper le cycle de l'eau. L'agriculture de conservation des sols c'est aussi l’agriculture de conservation de l'eau, du climat et de la biodiversité : La végétation est la seule "machine" a bilan positif : plus elle produit plus elle augmente ses capacités à produire. Depuis des millions d'années son objectif est de couvrir les sols en augmentant la densité végétale pour obtenir l'écosystème de référence mondiale : la forêt de feuillus ! Le secret d'un bassin versant en bonne santé hydrique c'est sa densité végétale, plus la densité végétale augmente plus il y a d'eau : 2 litres d'évapotranspiration produisent 3 litres de pluies ! C'est aussi pour cela qu'il ne pleut pas dans les déserts !

laurent | 04 mai 2022 à 06h33
 
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Effectivement, je ne sais si c'est lié, quand il y a des nuages orageux, ils se déclenchent souvent au dessus de la forêt à 15 km, les nuages restent au dessus, comme s'ils étaient attirés.
Peut-être aucun rapport, mais je l'ai constaté.
Pour ma part sur mon terrain j'essaye de conserver l'eau, haies, etc... je dois dire que ça marche car pas de dessèchement de l'herbe et végétation. Mais on est au point bas, ancienne ferme sans doute 1700 qqch, donc forcément avec point d'eau pour la vie et les animaux.
Le programme écologique ? de René Dumont, si on le reprend aujourd'hui, semble délirant! On votait pour lui à l'époque.

28plouki | 04 mai 2022 à 12h30
 
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28plouki : les nuages et les orages ne sont pas attirés par les forêts mais fabriqués par l'évapotranspiration : 2 litres évaporés provoquent 3 litres de pluie.

laurent | 06 mai 2022 à 12h36
 
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Donc c'est la forêt qui fabrique son nuage au dessus d'elle. Il faut donc plus de forêts. Ou bien supprimer notre espèce. Je vais dire la à mes enfants. Il va falloir hanger, mais nos habitudes sont là!

28plouki | 06 mai 2022 à 19h22
 
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Après tant d'avertissements scientifiques, comment se fait t-il que
nous en restions au stade des constats, des reportages qui depuis un bon nombre d'années donnent toutes les interactions sur notre environnement... A quand les mesures qui s’imposent et qui a le pouvoir de les faire appliquer... un reportage sur les vraies responsables, la mise en place d'une sobriété industrielle etc...

COLLECTIF des CITOYENS pour la PROTECTION de l'env | 11 mai 2022 à 09h36
 
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Les océans couvrent DEUX fois plus de surfaces que les continents , Donc pour faire baisser le niveau des mers de 1cm Il faudrait couvrir les terres de 2cm d'eau , Quel pays ne révérait pas de retenir 2cm d'eau pendant les inondations pour ne plus avoir de sécheresse ?

laurent | 12 mai 2022 à 16h43
 
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