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Liste rouge des espèces menacées : haro sur les sushis et sashimis

Le marché alimentaire en pleine expansion exerce des pressions sur plusieurs espèces en déclin, alerte l'UICN. Parmi elles, le thon rouge du Pacifique et le fugu, victimes des amateurs de sushis et de sashimis, menacés par la surpêche.

Biodiversité  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a mis à jour ce lundi 17 novembre sa Liste rouge mondiale des espèces menacées.

L'UICN a évalué 76.199 espèces dont 22.413 sont désormais menacées d'extinction, a–t-elle annoncé à l'occasion du Congrès mondial des parcs réuni à Sydney (Australie).

Parmi ces espèces, 41% des amphibiens, 13% des oiseaux, 25% des mammifères ou encore 33% des coraux sont menacés. Dans sa dernière Liste rouge, l'UICN a également alerté sur l'extinction du thon rouge du Pacifique, du fugu chinois, de l'anguille d'Amérique et du cobra chinois "pour satisfaire notre appétit insatiable de ressources, la pêche, l'exploitation du bois, les activités minières et l'agriculture, entre autres".

Surpêche en Asie

Le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) est passé de la catégorie "Préoccupation mineure" à "Vulnérable". L'espèce est victime des marchés asiatiques de sushis et de sashimis. Or, la plupart des poissons capturés sont des juvéniles qui ne se sont pas reproduits. Conséquence : sa population a chuté de 19 à 33% au cours des 22 dernières années, estime l'UICN qui pointe la protection insuffisante des aires marines protégées. "Tant que les pêcheries n'appliqueront pas les mesures de conservation et de gestion élaborées pour l'océan Pacifique occidental et central, notamment la réduction des captures de juvéniles, nous ne pourrons nous attendre à ce que l'état de ce poisson s'améliore à court terme", a prévenu Bruce Collette, président du groupe de spécialistes des thonidés à l'UICN.

Autre mets populaire japonais menacé : le fugu (Takifugu chinensis), un poisson-globe chinois classé "En danger critique". Sa population mondiale a diminué de 99,99% depuis 40 ans en raison de la surpêche. Il fait partie des quatre principales espèces de fugu consommées en sashimis. "Le prélèvement doit être contrôlé de toute urgence pour empêcher l'extinction de l'espèce", a indiqué l'UICN.

L'anguille d'Amérique (Anguilla rostrata), inscrite dans la catégorie "En danger", subit de son côté l'impact du changement climatique, des parasites, de la pollution et de la surpêche consécutive au déclin de l'anguille du Japon (Anguilla japonica), également classée "En danger". "Les élevages industriels intensifs d'anguilles, en Asie de l'Est, tentent de reconstituer les stocks d'ensemencement avec d'autres espèces, telles que l'anguille d'Amérique (…). Des mesures de conservation dynamiques pourraient améliorer l'état (de l'espèce)", souligne l'organisation.

La population de cobras chinois (Naja atra) a également baissé de 30 à 50% ces 20 dernières années. L'espèce est classée dans la catégorie "Vulnérable". Le cobra chinois figure parmi les principales espèces exportées de Chine continentale vers Hong Kong pour le marché alimentaire. "Bien que le commerce international de l'espèce soit réglementé, il est urgent de renforcer les initiatives nationales de conservation pour garantir sa survie", a-t-elle indiqué.

Destruction des habitats

Outre les pressions des marchés alimentaires, l'organisation a aussi mis en garde contre la destruction des habitats, menaçant 66 espèces de caméléons.

Bien que présent dans la réserve naturelle Amani (Tanzanie), une aire protégée, le caméléon Kinyongia matschiei, espèce endémique des monts Usambara orientaux de Tanzanie, est classé dans la catégorie "En danger". Ce reptile est menacé par le déboisement pour l'agriculture, la production de charbon de bois et l'exploitation de bois d'œuvre.

Deux autres espèces ont été déclarées "Eteintes" à cause de la destruction de leur habitat. Il s'agit de l'escargot malaisien Plectostoma sciaphilum, où est exploitée une carrière de calcaire à proximité de son habitat ainsi que le perce-oreille géant de Ste-Hélène (Labidura herculeana), autrefois présent à Horse Point Plain, une aire protégée de l'île de Ste Hélène. Depuis le début des années 1960, l'habitat du perce-oreille a été dégradé par l'élimination, pour la construction, de presque toutes les pierres de surface qui lui assuraient un abri. "Il faut, sans délai, imposer des limites strictes sur le prélèvement et prendre les mesures appropriées pour protéger les habitats", a appelé Jane Smart, Directrice du groupe mondial pour la biodiversité de l'UICN.

Les espèces "mal représentées dans les aires protégées déclinent deux fois plus vite que celles qui y sont bien représentées. Nous avons le devoir d'augmenter le nombre d'aires protégées et de veiller à leur gestion efficace pour qu'elles puissent aider à sauver la biodiversité de notre planète", a déclaré Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l'UICN.

Réactions1 réaction à cet article

 

les zoos ne vont plus tarder à être les seuls refuges de la faune sauvage, dramatique

lio | 18 novembre 2014 à 12h37
 
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