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Pollution plastique : la course à l'innovation est longue et ne doit pas nous faire oublier l'urgence

La pollution plastique gagne du terrain. Et tous les acteurs, qui de près ou de loin côtoient cette matière, doivent se responsabiliser. La prise de conscience doit être collective selon Louise Koch, responsable développement durable de Dell Emea.

Avis d'expert  |  Déchets  |    |  Actu-Environnement.com

Les emballages plastiques sont un problème mondial que rien ne semble pouvoir résoudre pour le moment. Notre culture du jetable aboutit au rejet d'au moins 8 millions de tonnes de plastiques dans les océans chaque année et, selon les prévisions de chercheurs, les mers contiendront plus de plastiques que de poissons d'ici à 2050.

Le résidu de plastique, une arme minuscule au pouvoir de destruction massif

Le plastique ne se dégrade jamais entièrement mais se décompose plutôt en petits déchets. La grande majorité de ceux présents dans les océans mesurent moins de 5 mm et sont souvent mangés par des poissons, qui les confondent avec le phytoplancton. En conséquence, quiconque consomme une quantité "moyenne" de fruits de mer ingère environ 11.000 particules de plastique par an. Cela fait froid dans le dos, sachant qu'une surexposition aux produits chimiques plastiques peut être à l'origine de certaines formes de cancer, de troubles immunitaires ou encore d'obésité.

La pollution plastique n'a pas seulement un impact considérable sur la faune marine mais aussi sur le climat. Dérivé du pétrole, sa fabrication dégage des gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Avec une population sans cesse croissante, nous regardons tous du côté de la recherche et de l'innovation en espérant voir émerger rapidement une solution miracle. Plusieurs start-ups réfléchissent à la façon de dépolluer les océans et des scientifiques en Europe et aux Etats-Unis ont affirmé, il y a peu, avoir mis au point une enzyme mangeuse de plastique qui pourrait à l'avenir aider à lutter contre la pollution. Ces initiatives offrent des solutions à moyen ou long terme mais l'urgence environnementale nous rappelle à nos responsabilités immédiates et à la nécessité de faire cause commune, aujourd'hui, pour prendre la question à bras-le-corps. Alors, quel rôle pouvons-nous jouer pour mettre fin à la crise du plastique ?

Une nécessaire prise de conscience collective

En juillet 2017, le Premier Ministre Edouard Philippe a, par exemple, affirmé devant l'Assemblée nationale que 100% des plastiques serait recyclés en France d'ici 2025. Cet objectif semble particulièrement ambitieux lorsque l'on sait que seuls 22% des déchets plastiques sont recyclés en France, selon une récente étude de PlasticsEurope, la fédération européenne du secteur. Cela représente 9 points de moins que la moyenne européenne. Pour espérer faire bouger les lignes sans attendre, il est essentiel que le gouvernement mobilise entreprises et individus pour faire front commun. Face à un fléau planétaire, il est plus vrai que jamais de dire que l'union faire la force.

La première étape consiste à endiguer le phénomène de la pollution plastique en nous détournant de l'économie du jetable et faire du recyclage un automatisme. Continuons de changer les choses en appliquant des gestions simples, à commencer par le refus des ustensiles jetables qui nous sont proposés. Ces mouvements citoyens ont fait leur preuve face à des entreprises comme McDonald's, qui a récemment annoncé que ses restaurants situés au Royaume-Uni ne distribueraient plus de pailles en plastique.

La deuxième étape que nos sociétés doivent adopter est tout aussi importante : recycler, recycler, recycler. Je parle ici du recyclage des produits que nous utilisons, mais également du recyclage des plastiques qui ont déjà été rejetés dans la nature. Au cours de ce processus de recyclage, il est possible de mélanger les plastiques issus des océans (25%) à d'autres plastiques PEHD recyclés (75% restants) provenant notamment de bouteilles et récipients de stockage alimentaire. Les granulés obtenus peuvent servir à fabriquer de nouveaux produits plastique et notamment des emballages. Dell mène d'ailleurs une campagne de sensibilisation auprès des acheteurs sur les emballages utilisés précisant qu'ils sont en polyéthylène haute densité (PEHD), une matière facilement recyclable. Au total, Dell a réutilisé environ 33.000 tonnes de ce type de matériaux recyclés dans de nouveaux produits depuis 2013, étant ainsi sur la bonne voie pour atteindre son objectif de 50.000 tonnes à l'horizon 2020.

Chacun a sa part de responsabilité

Les défis sont multiples mais les opportunités existent d'opérer un changement bien réel et mesurable. Chaque fois que nous utilisons un objet en plastique, nous pouvons réfléchir à l'impact de nos actes sur notre santé et notre environnement. L'encouragement des individus à se montrer responsables avec les déchets plastiques n'est que l'un des termes de l'équation. Afin de réduire considérablement le volume de ces déchets et empêcher leur rejet dans les océans, il est essentiel que les entreprises de tous les secteurs s'engagent dans un dialogue ouvert autour de ce qu'elles peuvent faire pour s'impliquer à plus grande échelle. En militant pour des solutions concrètes et en définissant des objectifs communs, nous entendons faire la différence dans notre secteur et dans d'autres secteurs à travers le monde.

Avis d'expert proposé par Louise Koch, responsable développement durable de Dell Emea

Réactions4 réactions à cet article

 

Et à quand la fin des suremballages ainsi que celle des raccords incompatibles pour les produits Dell ?
Merci pour ce publi-reportage...

Albatros | 20 août 2018 à 11h24
 
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C'est bien de recycler le plastique mais il vaudrait mieux éviter de l'utiliser: du verre recyclé et recyclable pour les liquides et des emballages en carton, papier ou composés organiques nouveaux à base de végétaux. Il faut finir par INTERDIRE le plastique dans les emballages car si on attend la bonne volonté des distributeurs, dans 50 ans on y est encore! Il est aussi URGENT d'éduquer les foules, en France, en Italie (notamment en Sicile ou à Naples), en Grèce (pays où j'ai pu constater l'ampleur du problème) une certaine catégorie de population (toujours les mêmes jem'enfoutistes jamais sanctionnés) se débarrasse de tout à travers la nature. Des paysages entiers sont jonchés de détritus jamais collectés qui finissent dans la mer, poussés par le vent. Sur les îles grecques (Milos, entre autres) une décharge monstrueuse à ciel ouvert sur des falaises, déverse ses immondices dans les flots dans l'indifférence générale : ce sera toujours ça que les municipalités n'auront pas à recycler; je n'ai pas visité toute l'Europe mais je pense qu'une enquête sur les pratiques de nos pays en matière de traitement des déchets s'impose. La France n'est pas épargnée: depuis que le tri sélectif et le recyclage y sont obligatoires, l'île de France est devenue une poubelle à ciel ouvert, il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder le bord des routes et des autoroutes au départ de Paris jusqu'à 40 km. Le pire est atteint en banlieue nord, c'est l'horreur absolue.

gaia94 | 21 août 2018 à 15h53
 
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Quelle est donc cette "certaine catégorie de population"?
Pour une enquête européenne sérieuse: une approche européenne harmonisée de la comptabilité du recyclage s'impose car la France comptabilise plus rigoureusement que nombre d'autres pays (ce qui n'est pas un défaut) et cela résulte en une litanie journalistique qui en fait systématiquement "le mauvais élève", ce qui est faux (et d'une connerie insondable).

NB: je suis en faveur de la répression féroce de tout acte d'abandon de déchet sur la voir publique.
NB2: je ne vois pas ce que serait un tri qui ne soit pas sélectif...
NB3: l'horreur absolue est chez les pauvres. Conclusion ?

Albatros | 21 août 2018 à 16h06
 
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Un tri qui n'est pas sélectif en France ni obligatoire: les ordures ménagères, qui sont triées puis rassemblées dans une seule poubelle. Des pays comme la Belgique et les pays du Nord de l'Europe trient depuis longtemps les emballages comme les pots de yaourt ou les suremballages, et les déchets verts.Il suffit d'ouvrir les yeux pour constater ce que j'ai décrit sur les déchets qui jonchent les bords de route: c'est une réalité (hélas!) et ça coûte des millions d'euros au contribuable, car au final c'est lui qui paie les véhicules et le personnel pour nettoyer.

gaia94 | 21 août 2018 à 16h25
 
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