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Loup : les nouvelles autorisations de tirs pourraient menacer la survie de l'espèce en France

Un nouvel arrêté porte à 38 le nombre de loups autorisés à la destruction cette année. S'appuyant sur une expertise scientifique publiée fin mars, plusieurs associations estiment que la survie de l'espèce est menacée.

Biodiversité  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Par un arrêté paru ce mercredi 19 avril, les ministres de l'Environnement et de l'Agriculture autorisent, sur avis défavorable du Conseil national de protection de la nature, la destruction de deux loups supplémentaires. Une décision justifiée par l'augmentation du nombre de victimes du prédateur par rapport aux années précédentes, chiffré à 1.469 pour le premier trimestre 2017.

Ces deux spécimens s'ajoutent au quota de 36 loups autorisés à la destruction sur la période d'un an courant du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017. Un deuxième arrêté en préparation pourrait porter ce nombre à quarante sur cette période.

La publication de cet arrêté suscite la colère des associations de protection de la nature. Plusieurs d'entre elles, s'appuyant sur une expertise scientifique collective publiée le 24 mars, estiment qu'un tel prélèvement menace la survie de l'espèce en France, la population de loups ayant été évaluée à 292 individus dans l'hexagone à la sortie de l'hiver 2016.

"L'Etat s'enferre dans une politique contre-productive", ont réagi France Nature Environnement (FNE), Humanité & Biodiversité et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) avant même la publication de l'arrêté. "Une fois de plus, l'Etat français ignore l'avis des scientifiques et des citoyens français qui se sont exprimés à plusieurs reprises majoritairement contre les tirs de loups", réagit également l'association Ferus, qui annonce, avec les autres associations formant le collectif Cap Loup, le dépôt d'un recours devant le Conseil d'Etat. Elle rappelle que le 36e loup autorisé a été abattu le 5 avril et qu'une dizaine de cas de mortalité connus doivent s'jouter à ce chiffre.

Un prélèvement de 14% des effectifs

Que concluait l'expertise scientifique invoquée par les associations ? Réalisée par l'Office national de la chasse et de la faune sauvages (ONCFS) et le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) à la demande du ministère de l'Environnement, elle apporte des conclusions en terme de survie de l'espèce mais aussi de gestion des attaques de troupeaux.

Sur le premier point, elle indique que "les prélèvements légaux ne devraient pas, s'ils sont purement additionnels aux autres causes de mortalité, dépasser 10% de l'effectif estimé pour que la population présente un bilan numérique au moins stable". Or, le pourcentage de loups prélevés légalement représentait 14% des effectifs en 2015 et devrait être du même ordre sur la période actuelle, voire plus si le deuxième arrêté venait à être publié.

Les experts constatent d'ailleurs une cassure dans la courbe d'évolution des effectifs depuis trois ans liée au changement de politique de gestion de l'espèce qui s'est traduit par le passage d'un nombre de prélèvements de quelques individus à une quarantaine chaque année. "Si cette politique devait entraîner une stabilité des effectifs, elle induirait l'impossibilité d'atteindre les objectifs de viabilité génétique à long terme au sein du seul territoire français", concluent les chercheurs.

Les prélèvements ne peuvent à eux seuls moduler les niveaux d'attaque

Concernant la gestion des attaques de troupeaux, l'étude relève que la relation entre le nombre de loups tués et les dégâts aux troupeaux est "bien trop complexe pour n'être analysée que par une simple relation de nombre". Ses auteurs avancent plusieurs raisons à cela. En premier lieu, les analyses de corrélation peuvent générer de fausses conclusions si elles ne tiennent pas compte de la dépendance entre les mesures réalisées d'une année à l'autre. Il est nécessaire, ensuite, de prendre en compte les différences de distribution des loups et des ovins sur le territoire pour analyser correctement les effets des prélèvements, 20% des unités pastorales attaquées concentrant 60% des victimes. Enfin, les tirs peuvent avoir des effets contre-productifs en modifiant la structure sociale des meutes ou provoquant des réactions démographiques compensatoires.

"Le nombre de loups pouvant être retirés de la population ne peut à lui seul moduler les niveaux d'attaques sur le long terme", conclut en conséquence l'expertise. Elle s'appuie pour cela sur les travaux les plus récents en écologie de la faune et en sciences sociales selon lesquelles "les méthodes non létales pour réduire les dégâts sur les troupeaux seraient plus efficaces et plus justifiables que les tirs de prédateurs". Les auteurs encouragent la "mise en place combinée de tous les outils disponibles visant à une population de loups viable en France coexistant avec le pastoralisme" dans le cadre d'un processus de décision évolutif.

Une coexistence à laquelle la majorité des éleveurs ne croit pas. "La vie pastorale n'est pas compatible avec la présence du loup", estime ainsi la Confédération paysanne, qui demande notamment le retrait du loup de la liste des espèces protégées et des prélèvements en fonction non de la gestion de l'espèce mais des dégâts subis par les troupeaux.

Réactions1 réaction à cet article

 

Une fois encore ,mais Dieu merci plus pour très longtemps , S.Royal
ajoute à son palmarès de ministre de l'anti-écologie .
Cette dernière mesure vient compléter "l'autorisation environnementale unique "On pourra donc, grâce à elle, tuer des loups et donner le champ libre aux aménageurs destructeurs de la nature .

sirius | 20 avril 2017 à 17h37
 
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