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Assainissement non collectif : un paramétrage subtil pour satisfaire l'usager et protéger l'environnement

Une installation d'ANC repose à la fois sur un dispositif adapté à l'ensemble des critères du projet et sur tous les processus qui lui sont associés de sa pose à sa maintenance. Il ne faut donc en aucun cas négliger ces étapes, selon Luc Lary, chef produit traitement des eaux chez Sebico.

Avis d'expert  |  Eau  |    |  Actu-Environnement.com

L'assainissement non collectif (ANC) est une solution de traitement des eaux usées à la parcelle de tout immeuble qui n'est pas raccordé à un réseau d'assainissement public. Plusieurs solutions techniques sont possibles réglementairement, des dispositifs traditionnels utilisant le sol en place ou reconstitué, aux dispositifs agréés. Ces deux solutions ne s'opposent pas mais se complètent, afin de disposer d'un panel de solutions permettant de répondre efficacement à tous projets. En effet, l'étude à la parcelle permet de recueillir à la fois les paramètres techniques et les souhaits du particulier. C'est la synthèse de ces deux volets qui permet de retenir la solution technique la plus appropriée en adéquation avec le projet.

Si les filières traditionnelles font l'objet d'un dimensionnement réglementaire connu et reconnu et de directives techniques unifiées quant à leur pose, il n'en est pas de même des filières agréées. Il est donc primordial que l'ensemble des acteurs de la chaîne ANC puissent apprécier les différences techniques des dispositifs agréés, accessibles au Journal officiel et sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Le choix du dispositif : un travail d'analyse

Pour une même capacité de traitement affichée en Equivalent Habitant (E.H), on pourra trouver des process et des dimensionnements épuratoires très différents. Il est donc impératif de bien analyser le fonctionnement du dispositif, ses volumes associés et ses contraintes de fonctionnement et d'entretien.

L'assainissement non collectif de la maison individuelle, même si la base reste le traitement d'eaux usées domestiques, doit prendre en compte une multitude de fonctionnements inhérents aux modes de vie. La consommation en eau journalière d'une maison est intimement liée au taux d'occupation partiel ou complet durant les périodes de la journée. On peut donc passer, par exemple, d'un mode à deux périodes "matin et soir" à un mode lissé sur toute une journée. Le dispositif mis en place doit, par sa conception, répondre à toutes ces configurations.

Classiquement, un compartiment de prétraitement de volume approchant ou équivalant au dimensionnement réglementaire des dispositifs traditionnels (soit 3 m3) permet, entre autres, l'amortissement des pics hydrauliques et l'homogénéisation de la pollution à traiter. Le facteur oxygénation, qu'il soit naturel ou forcé via un surpresseur, doit lui aussi prendre en compte les variabilités temporelles des pics de pollution à traiter par un dimensionnement sécuritaire et/ou des aménagements particuliers pour optimiser les échanges d'air (plancher support, tube de liaison…).

Le dimensionnement des surfaces de contact, mises à disposition des bactéries pour disposer d'un biofilm performant, ne doit pas subir la pression "terrain" qui pousse à leur diminution permanente mais doit rester sur des bases garantissant un bon fonctionnement dans la durée. Pour finir, les équipements assurant le process de traitement du type aération, recirculation, répartition doivent à la fois rester simples et faciles d'entretien et de maintenance.

A toutes ces composantes de process épuratoire, il ne faut pas négliger la structure même du contenant. En effet, la ou les cuves doivent, durant toute la vie du dispositif, répondre aux sollicitations naturelles du terrain dans lequel elles sont implantées. On pense, tout naturellement, au poids des terres, aux argiles gonflantes et à la présence fluctuante d'une nappe phréatique dont les incidences sont démultipliées lors de la vidange. A ce titre, tout dispositif à fort volume de stockage des boues, dont l'espacement de vidange sera le plus important, limitera à la fois le coût d'entretien mais aussi les risques structurels. Notons enfin que, plus la profondeur de gamme est importante au niveau des produits proposés, plus il est facile de choisir le bon produit adapté au contexte terrain et au projet.

L'accompagnement des acteurs de l'ANC : une assurance qualité à toutes les étapes

Même si le dispositif, de par sa conception, répond à toutes les configurations terrain et d'utilisation, il reste assujetti à sa bonne utilisation par la chaîne des intervenants de l'ANC. De la conception à la maintenance en passant par la pose, il est indispensable d'accompagner chaque étape par des documents simples et didactiques pour une prise en main efficace. Si "le guide d'utilisation" reste le document officiel de l'agrément délivré, on s'aperçoit très vite que certaines parties du document doivent faire l'objet d'un développement plus fin agrémenté de texte et de photos pas à pas. Tous ces documents, livrés avec le produit et accessibles via internet, destinés aux professionnels, permettant une meilleure connaissance du produit, participent à la chaîne qualité indispensable à la transmission de l'ouvrage au particulier.

Si le procès verbal de réception reste l'acte de passation de l'ouvrage, il n'en reste pas moins vrai que la réussite du projet passera par l'appropriation de l'installation par l'usager. Comment utiliser mon dispositif ? Que dois-je faire pour assurer son bon fonctionnement ? Que puis-je faire suivant mes capacités ? Autant de questions de base qui doivent conduire à une bonne utilisation, un suivi et un entretien régulier par l'usager, une bonne maintenance déléguée selon les compétences de l'usager, indispensables pour assurer la pérennité du dispositif.

Il est alors indispensable de pouvoir répondre aux sollicitations terrain aussi diverses que variées comprenant des recommandations d'utilisation, des renseignements techniques et la délégation de suivi contractualisée par un contrat d'entretien. Disposer d'un service technique, d'un service commercial centralisé et terrain corroborés par un service SAV apparaît, alors, comme une évidence.

L'assainissement non collectif, solution de traitement à part entière, mérite l'attention et le professionnalisme de tous pour répondre aux enjeux environnementaux et sanitaires et assurer la satisfaction de l'usager dans la durée.

Avis d'expert proposé par Luc Lary, chef produit traitement des eaux chez Sebico

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