Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

MaPrimeRénov' : la Cour des comptes salue son succès assorti de bémols

La Cour des comptes souligne le démarrage réussi de MaPrimeRénov' et appelle le gouvernement à pérenniser son financement après 2022. Si elle pointe son apport pour lutter contre la précarité énergétique, elle demande aussi des modifications.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
MaPrimeRénov' : la Cour des comptes salue son succès assorti de bémols

Ce jeudi 30 septembre, la Cour des comptes a publié les conclusions de son « audit flash » portant sur l'aide publique MaPrimeRénov' distribuée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah). Le bénéfice de cette prime a été étendu en janvier 2021 aux propriétaires (occupants comme bailleurs) et aux copropriétaires pour les aider à mener la rénovation énergétique de leurs logements. Lancée au printemps 2020, cette aide était d'abord réservée aux propriétaires modestes occupant leur logement.

Le démarrage « réussi » de la prime

« Depuis 2021, la quasi-totalité des propriétaires peuvent recevoir une aide dégressive selon leur niveau de revenu », rappelle la Cour des comptes, qui salue la mise en œuvre « réussie » du dispositif. Au 30 juin 2021, 574 000 dossiers ont été déposés, dont près de 300 000 demandes acceptées en un peu plus d'un an. Soit un montant de 862 millions d'euros de primes versées, relève l'institution. « Ces résultats montrent un véritable intérêt de la part des propriétaires et des entreprises et attestent d'un démarrage réussi ».

Par conséquent, le programme MaPrimeRénov' « répond bien aux objectifs de massification de la rénovation énergétique », estime la Cour. Et « poursuivant un objectif de 500 000 logements par an (rénovés), ce dispositif a été confié, de façon cohérente et légitime, à l'Anah ». De même, « une (de ses) forces » repose sur sa « simplicité » d'accès, ajoute-t-elle. Les demandes sont en effet déposées en ligne, par le propriétaire ou par un intermédiaire qu'il a choisi. MaPrimeRénov' est basée « sur des délais de réalisation réduits, compte tenu du caractère simple des travaux engagés et prévoit en outre une mise en paiement sous quinze jours, dès remise des factures attestant de la fin des travaux ».

Pérenniser le financement du dispositif

Fort du succès de la prime, le Premier ministre prévoit d'allouer 2 milliards d'euros supplémentaires au dispositif l'année prochaine et il vise 800 000 bénéficiaires en 2021. Ces crédits sont inscrits dans le projet de loi de finances pour 2022. Pour autant, « aucune visibilité n'existe à ce jour quant à la poursuite du programme à compter de 2023 », préviennent toutefois les Sages de la rue Cambron. Sa « soutenabilité financière n'est pas avérée ». La Cour rappelle que l'Anah a dû notamment augmenter ses effectifs de 60 % pour répondre aux demandes. MaPrimeRénov' « répond à une attente des propriétaires, si l'on en juge par leur recours grandissant à cette aide. Parallèlement, les objectifs publics de rénovation énergétique ont été revus à la hausse. La réussite du dispositif dans le temps devra, en conséquence, s'accompagner d'un financement stable et pérenne », juge la Cour.

Une aide qui ne favorise pas l'éradication des passoires thermiques

L'institution s'interroge toutefois sur la capacité de MaPrimeRénov' à financer « sur le long terme des travaux lourds ». Cette aide répond à des travaux « simples et souvent uniques, tels que le changement de chauffage ou l'isolation de fenêtres, ce qui ne favorise pas le bouquet de travaux complémentaires qui permettrait souvent d'éliminer les passoires thermiques (logements en étiquettes F et G) », souligne la Cour des comptes. Et « aucun gain de consommation énergétique minimal n'est requis ».

Par ailleurs, les aides de MaPrimeRénov' « ne visent pas prioritairement à réduire la précarité énergétique des propriétaires très modestes », ajoute l'institution. Elle appelle le gouvernement à réévaluer « à court terme » l'impact de cette prime en faveur des ménages précaires. De même, la Cour lui recommande de mener « une évaluation des bénéfices environnementaux du programme d'ici à 2023 ».

 
La politique d'aide à la rénovation énergétique doit conserver comme objectif d'aider prioritairement les ménages les plus modestes  
Jean Castex, Premier ministre
 

Dans sa réponse adressée à la Cour et publiée dans le rapport d'audit, le Premier ministre Jean Castex indique que les ménages très modestes et modestes restent « les principaux bénéficiaires » du dispositif. Au premier semestre 2021, ils représentent respectivement 60 % et 22 % du volume financier de la prime engagée par l'Anah (17 % pour les ménages aux ressources intermédiaires, 1 % pour les ménages aux ressources supérieures).

« La prochaine évaluation ex post de l'efficacité des aides à partir des données de consommations individuelles, engagée par le ministère de la Transition écologique, devrait permettre de confirmer et de préciser l'apport décisif des aides à la rénovation énergétique pour lutter contre la précarité énergétique », assure aussi M. Castex. « La politique d'aide à la rénovation énergétique doit conserver comme objectif d'aider prioritairement les ménages les plus modestes, et je souhaite que le dispositif de suivi et de pilotage de MaPrimeRenov' permette d'y veiller. Une évaluation complète au plus tard en 2023 me paraît donc souhaitable, comme le recommande la Cour », souligne le Premier ministre.

Réactions4 réactions à cet article

 

Je n'ai rien compris, il est vrai que je suis un intellectuel de faible niveau (bac+5 seulement ), et vous ???

Darwin | 01 octobre 2021 à 12h56
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Je pense avoir un projet en cours, mais l'idée de voir débouler chez-moi un débile mental galonné RGE me révulse un peu, le système inventé par le gouvernement de considérer tout les Français d'imbéciles heureux incapables de faire la moindre bricole.
Donc j'ai un début de projet mais ça en restera la.
Ca serait tout de même plus économique de faire soi-même les travaux envoyer les photos et toucher la prime

pemmore | 01 octobre 2021 à 19h57
 
Signaler un contenu inapproprié
 

La prime Rénov' est à distinguer des aides dites "OPAH" de l'ANAH qui sont applicables au sein des Opérations programmées et qui, elles aussi, participent à l'élimination des passoires thermiques.
Oui, pour de la rénovation globale, la prime rénov' n'est pas efficace pour les ménages modestes et très modestes puisque ce sont les autres aides ANAH qui prennent le relai.
(Il faut regarder les plafonds de ressource).

Les systèmes sont tellement complexes et les communications peu claires que tout le monde s'y perd. Même les décideurs visiblement...

Pourtant ces aides OPAH ANAH sont aussi importantes. Elles requièrent un gain énergétique d'au moins 35%.
Il me semblait que la prime rénov' exigeait un gain de 55% ...
Donc ce reproche me semble un peu tiré par les cheveux.

Parlons plutôt des beugs et lenteurs sur les plateformes dématérialisées... Cela freine véritablement les gens. Idem pour les conseils subjectifs de certaines plateformes.

AnaïsCql | 04 octobre 2021 à 08h43
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Bof, il y a quelques années j'avais fait le chemin de piste des aides anah et autres, un truc in fine à dépenser le peu d'argent qu'on à de côté ou emprunter à plus de 70 ans!
Puis depuis j'ai vu cette semaine en gros l'arnaque chez une entreprise soi-disant poussé par EDF, le m2 d'isolation sous combles et sous-sol 18€ ce qui est raisonnable le prix moyen de ces "spécialistes " RGE" 50€.
Pour un travail d'intérêt très moyen, notre climat est doux, je chauffe au bois gratuit et une pompe à chaleur chinoise ( les plus fiables car des centaines de millions d'utilisateurs) que j'ai installé moi-même, et en appui un poèle électronique à pétrole (la régulation est super).
Par contre une pergola solaire chauffant en même temps l'eau qui serait bien plus utile, on tape dans du lourd 22500€.
Alors 22500 d'aides, faut se lever tôt matin pour les trouver.
La sécurité de disposer d'un peu d'électricité et de l'eau chaude est loin d'être négligeable.
Et une plus-value supposée de la maison.

pemmore | 04 octobre 2021 à 10h11
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Rachida Boughriet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager