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Marais poitevin : le bras de fer se durcit autour d'une retenue d'eau en construction

Dans les bassins de la Sèvre niortaise et du Mignon, la construction d'une seconde retenue d'eau, parmi les seize prévues, cristallise les tensions. Une manifestation, ce week-end, vient d'être interdite par la préfecture des Deux-Sèvres. Explications.

Eau  |    |  Dorothée Laperche
Marais poitevin : le bras de fer se durcit autour d'une retenue d'eau en construction

« Nous voulons obtenir un moratoire sur ces projets de mégabassines », indique Benoît Feuillu, du mouvement Les soulèvements de la terre, pour justifier la mobilisation, normalement prévue les 29 et 30 octobre prochains, visant à s'opposer à la création de grandes retenues d'eau.

Le rassemblement envisagé comme « festif et familial », selon les organisateurs, prévoyait initialement des tables rondes durant tout le week-end, des concerts, promenades, mais aussi de contribuer à l'arrêt du chantier de la retenue d'eau sur la commune de Sainte-Soline (79). Car ce projet d'aménagement au lieu-dit des Terres rouges fait partie des seize retenues d'eau des bassins de la Sèvre niortaise et du Mignon (Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Vienne), emblématiques du débat autour des choix de gestion de l'eau. Le projet prévoit une retenue de grande ampleur d'une capacité de près de 720 000 m3 - près de 300 piscines olympiques - et une emprise de 16 hectares.

Les opposants veulent gagner du temps

Opposés à ce chantier, des mouvements de différents horizons et modes d'action - des associations environnementales et collectifs, des syndicats, des politiques et des agriculteurs - se sont regroupés pour organiser la mobilisation.

 
Nous serons là pour informer le public sur les enjeux du bassin et les impacts sur l'environnement  
Patrick Picaud, Nature environnement 17
 
« [L'association environnementale] NE 17 n'appellera pas à bloquer le chantier et souhaite rester dans le cadre de la loi. Nous serons là pour informer le public sur les enjeux du bassin et les impacts sur l'environnement, s'est positionné Patrick Picaud, vice-président de Nature environnement 17. Le protocole d'accord [signé avec les agriculteurs pour engager une transition du modèle en contrepartie de la construction des retenues] est exemplaire, mais n'est pas à la hauteur des enjeux. »

L'enjeu pour les organisateurs est également de gagner du temps sur le terrain administratif. « Nous demandons la suspension des travaux, car nous craignons de nous retrouver dans la même situation que les bassines de l'Asa des Roches, qui ont été construites et ensuite reconnues illégales, a expliqué Mélissa Gingreau, du collectif Bassines non merci 79. Nous avons lancé des recours contre les autorisations de construction, pas encore statués pour l'instant. »

Certains autres participants ont, quant à eux, une position en faveur de la désobéissance civile et d'une intervention sur le chantier pour l'arrêter.

Une interdiction sur 12 communes

L'initiative prévue ce week-end a fait réagir la Coordination rurale. Dans une lettre ouverte aux ministres de l'Intérieur et de l'Agriculture, Bernard Lannes, président du syndicat agricole, incite les services de l'État à prendre des mesures de protection du site. « Les actions prévues à Sainte-Soline sont l'acte premier d'une série dont Mauzé-le-Mignon était la répétition générale, aux dires des organisateurs », souligne-t-il. La construction de cette première retenue avait en effet entraîné une forte opposition, des manifestations et conduit à la dégradation de la retenue, notamment au démontage d'une pompe.

La préfecture des Deux-Sèvres a donc arbitré dans ce sens et a interdit les manifestations, les attroupements ou rassemblements, du samedi matin 29 octobre au lundi matin 31 octobre à Sainte-Soline et onze communes avoisinantes. Parmi les motivations invoquées : le « risque avéré d'affrontements avec des agriculteurs », « la nécessité de préserver l'intégrité des exploitations agricoles parties prenantes au projet de réserve » et la nécessité « d'empêcher toute atteinte au chantier de Sainte-Soline ».

Une interdiction que regrettent les organisateurs. « C'est une atteinte grave à la liberté de manifester, a réagi Mélissa Gingreau. Nous allons déposer un référé liberté le plus rapidement possible et réfléchissons à des options pour maintenir la manifestation. » Le collectif souhaite pouvoir alerter sur les implications à long terme de ces chantiers.

« La première bassine construite à Mauzé-sur-le-Mignon est remplie à 80 % de sa capacité totale, en dessous des seuils de remplissage autorisés, en raison de la tension sur la ressource de cet été, a indiqué Mélissa Gingreau. De nombreux scientifiques appuient que ces solutions sont une maladaptation. »

Réactions49 réactions à cet article

 

je suis assez perplexe vu ce qu'on vient de vivre dans l'Ouest, 16 hectares ce n'est pas 16 km2, le champ de mon voisin fait plus de 30 hectares!
Bien sûr l'eau s'évaporera pour partie, tant mieux, on peut planter des arbres autour ! En tout cas je trouverais cela très bien près de chez moi, en espérant que personne ne se noie dedans bien sûr.

28plouki | 27 octobre 2022 à 10h24
 
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Pas assez d'informations dans l'article pour que je me penche "pour" ou "contre".
En tout cas, ce n'est que le début de "la bataille de l'eau" qui aura lieu dans les années à venir dans le monde entier.

Erikk | 27 octobre 2022 à 14h39
 
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Très bien pour vous, 28plouki. Sachez qu'en cadeau d'accompagnement de la méga bassine, vous aurez aussi droit aux aérosols de pesticides des grandes cultures irriguées, aux odeurs de la porcherie industrielle "valorisant" ces cultures irriguées et de l'unité de méthanisation pour "valoriser" le lisier porcin ou, à défaut de cette dernière, à la pestilence lors des épandages sur champ de lisier, à l'ammoniac produit par cet élevage (vous savez,ce gaz irritant des voies respiratoires), aux norias de camions et gros engins agricoles devant votre porte, etc.
Cela sans compter également, à moyen terme, avec les pénuries d'eau à votre robinet - même plus potable de toute façon (sauf bien sûr à relever les seuils de potabilité ainsi que l'ANSES sait si bien le faire pour complaire à l'agrobusiness) - car la grosse exploitation agricole voisine et les autres vont activement contribuer au déficit hivernal de remplissage de l'aquifère dont vous dépendez, et la laideur d'un paysage industrialisé sans arbres, haies et vidée de sa biodiversité.
Et, cerise sur le gâteau, une fois que cette industrie rurale sera en place, zéro chance de retour en arrière. Il vous faudra continuer à "trouver cela très bien près de chez vous"... ou déménager (mais votre maison aura subi une décote phénoménale).
Effectivement, un tel programme - dont on peut constater par soi-même la véracité en se renseignant un peu et en ouvrant les yeux - a de quoi faire envie... à condition d'être naïf.

Pégase | 27 octobre 2022 à 14h53
 
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Vu sous cet angle c'est allez déplaisant. mais pourquoi ne pas créer des bassins - 16 hectares ce n'est pas bien grand - pour garder de l'eau sachant qu'on en manquera en été ?

En Espagne, autour de Valencia, pays des orangers, il y a un système d'irrigation partagé datant de plusieurs siècles.

Conserver de l'eau quand il pleut, la partager et l'utiliser pendant la saison sèche, c'est un besoin humain, il faut savoir s'adapter.
Alors justement on est en démocratie, pour l'instant, autant en profiter et trouver les bonnes solutions. Cela doit être possible !

28plouki | 27 octobre 2022 à 17h43
 
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Malheureusement TOUT n'est pas possible, comme ENFIN on se rend compte avec le dérèglement climatique qui nous frappe de plein fouet.
On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. C'est à dire, si certains en profitent, d'autres vont en subir.
Les sujets ne sont jamais aussi simples comme présentés à la télé, des deux côtés. C'est pour ça que je botte en touche à ce sujet que je ne connais pas assez bien. Peut-être Pégase connaît les détails, moi non. Et je ne commente jamais sur les sujets que je ne maîtrise pas.

Erikk | 27 octobre 2022 à 17h56
 
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L'évaporation créée par une mégabassine, rajoute les pertes en eau. Sur 1 étude Hydrogéologique le sud 37, limite Vienne, la perte est de 3 m3/ jour/ha. Les arbres n'en profitent pas, car il y a certainement une bâche pour réaliser l'étanchéité. En plus, le Sdage, considère qu'il ne doit pas y avoir trop d' étangs dans une région, où se ferait un projet avec création étang, exemple des carrières granulats. La limite est de 3 étangs maximum sur 1 km2 autour du projet. Peu de carrières sont totalement remblayées, on a souvent S étang=50% de la surface d'Extraction, (à cause des remblais autour), ex. Semprise 25 ha, Sextraction = 20 ha, Sétang =10 ha. Seulement si le Sdage impose, les autorités DREAL, et .. et .. et .. valident très souvent les projets, au nom de sacro-sainte activité économique et de la société qui porte le projet. Sur le fait qu'une retenue d'eau pourrait emmagasiner l'eau des rivières qui part à la mer, et est donc perdue pour le sol ? On peut irriguer en été. Ce serait peut être recevable .. Hélas, sur une mégabassine, il a été pompé de l'eau en nappe (profonde), et ça épuisé la nappe fin d' automne ! au moment ou la nappe devait être pleine. La législation a évolué, et va faire la chasse aux captages industriels en nappe. Sur 1 rapport d'inspection DREAL (obtenu par cada) 2020:captage 49953 m3 d'eau nappe Cénomanien, à 80m, puisée pour laver des cailloux (50 000 m3 autorisés), pourtant captage en Creuse autorisé, a été puisé 813m3. C'est misérable !

J Cl M 44 | 27 octobre 2022 à 18h06
 
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C'est justement pourquoi ma boîte a autant de travail dans ce secteur en hydrogéologie !! Mais, je n'en dirai pas plus.

Erikk | 27 octobre 2022 à 18h39
 
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Ainsi que le souligne à juste titre J CI M 44, ces bassines sont avant tout des unités d'évaporation de l'eau, comme tout plan d'eau. L'argument de l'eau qui est "perdue" si elle n'est pas stockée n'est rien d'autre que du marketing de l'agrobusiness, par et pour ceux qui ont intérêt à le faire croire. Car même si elle ruisselle jusqu'à la mer, l'eau n'est en rien "perdue" : c'est le cycle naturel de l'eau. C'est donc surtout du fait de l'évaporation induite par ces installations que l'eau est "perdue" pour les cours d'eau ou les nappes, à laquelle il faut ajouter une évaporation immédiate jusqu'à 75 % de l'eau projetée par les rampes d'irrigation en pleine canicule. Gâchis énorme !
Toute une continuité de transport alluvionnaire et une chaîne alimentaire se sont constituées autour des fleuves depuis la nuit des temps, de l'amont à l'aval, laquelle est déjà fortement perturbée par les aménagements hydrauliques et l'imperméabilisation liée à l'urbanisation et aux infrastructures routières.
Les communes qui sont en aval, à l'embouchure des fleuves et sur le littoral, ont d'ailleurs plutôt tendance à s'inquiéter d'un manque d'apport d'alluvions par les fleuves pour lutter contre l'érosion du trait de côte qui les concerne de plus en plus.
Il est donc bien plus raisonnable d'adapter les cultures et les itinéraires techniques agricoles au changement climatique que de chercher à faire l'inverse (à grandes ponctions de fonds public du reste...).

Pégase | 27 octobre 2022 à 19h13
 
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Erikk, vous participez à l'activité économique sans cesse décriée sur ce site. Honte à vous.
Sérieusement, il y a beaucoup à apprendre de l'Espagne qui a développé une gestion de l'eau ET une production agricole qui alimente les marchés de l'UE (elle est passée devant la France pour nombre de produits).
A part ça, ça gagne bien ?

Albatros | 27 octobre 2022 à 20h09
 
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Sur encyclop..envir_t, on trouve la justification du Sdage sur la limitation des étendues d'eau. "La vapeur d’eau est l’élément de l’atmosphère contribuant le plus à l’effet de serre. Sa contribution est approximativement 2 à 3 fois supérieure à celle du CO2.
La vapeur d’eau atmosphérique résulte essentiellement de l’évaporation des surfaces d’eau liquide à la surface de la Terre et son contenu maximum est contrôlé par la température de l’air. Pour chaque degré de réchauffement l’atmosphère peut potentiellement augmenter son contenu d’environ 7%. Elle joue donc un rôle essentiel dans le climat de la Terre. Contrairement au CO2 ou à d’autres gaz à effet de serre avec des temps de résidence suffisamment importants pour leur permettre d’être bien mélangés dans l’atmosphère, les molécules de vapeur d’eau demeurent dans l’atmosphère durant des périodes beaucoup plus courtes, typiquement de l’ordre de 10 jours. Après quoi elles condensent en gouttelettes d’eau ou en particules de glace et précipitent à la surface du globe.
Les activités humaines produisent-elles de la vapeur d’eau atmosphérique ?
Oui, de la vapeur d’eau supplémentaire est injectée .." Même si la vapeur d'eau créée sur 1 masse d'eau disparaît en 10jours, l' étendue d'eau PERMANENTE en crée en PERMANENCE ! Qui n'a pas vu, des irrigations par aspersion, grands jets aériens, pleine chaleur, sol chaud, et avec vent ? . Evap maximum ! Quel % d'eau va aux racines ? Et la méthode ancestrale, par sur-verse la nuit ??

J Cl M 44 | 28 octobre 2022 à 09h09
 
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Sur ce site, je ne sais pas. Cependant, notre siège est dans le coin et la "gestion" du cycle de l'eau est une activité historique. On fait bien des bassins, mais ce n'est pas une activité principale. Cependant, on travail de plus en plus sur des sujets liés à la rareté de la ressource. Puis, justement le recul du trait de côte est également (malheureusement) un sujet d'actualité où on est sous staffé.
Bref, on travaille dans, et j'espère POUR l'environnement!

Erikk | 28 octobre 2022 à 14h56
 
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C'est évident, il va falloir s'occuper de l'eau et que tout le monde soit d'accord. Cet été, des communes ont manqué d'eau en France, robinet mort!
A côté de chez moi, un fermier a foré et arrosé en pleine journée, un grand jet d'eau qui tourne dans le ciel, à la grande joie des corbeaux d'ailleurs.
Dans le reste du monde, on voit que ce n'est pas terrible.
Petite question sur le dessalement de l'eau de mer : où va ensuite le sel ?

28plouki | 28 octobre 2022 à 20h09
 
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Il y a deux jours lors d'une réunion d'un SAGE j'ai à nouveau entendu un intervenant dire que l'eau qui arrive à la mer serait "perdue". Il faut ne plus vouloir consommer des coquillages ou des poissons se reproduisant ou croissant dans les eaux de transition pour avancer de telle inepties.
Mais que sont les "bassines"? Donnée importante : elles ne sont pas remplies par la pluie ou le ruissellement. Il s'agit officiellement de "retenues de substitution" dont le principe est de pomper l'eau en hiver pour l'utiliser en été. On ne voit déjà pas très bien en quoi le fait de pomper dans la même nappe en hiver plutôt qu'en été change les volumes prélevés, à ceci près que la mise en surface provoque une perte par évaporation.
Sur le plan financier ces retenues sont financées à plus de 75% par de l'argent public, et ce, au profit d'une poignée d'agriculteurs irrigants mais bien positionnés au niveau de l'agro-business et de la politique. Ils sont souvent dans les deux en même temps. Et cela durera tant que ceux qui vivent de l'agriculture sans être agriculteurs génèreront plus de profits que la majorité des agriculteurs. C'est toute la différence entre "agriculteur" et "exploitant agricole" ou "chambre d'agriculture". Et ne parlons pas des "paysans".

petite bête | 29 octobre 2022 à 09h52
 
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Permettez-moi de revenir sur ce sujet après des incidents entraînant des blessés, ce qui toujours dommage.
A partir du moment où des groupes veulent pas la force revenir sur des décisions votées légalement, il n'y a plus de solution.
Le fait est que, probablement, les agriculteurs locaux importants, produisant du maïs, cherchent à s'adapter au changement de climat.
S'ils pouvaient produire une plante qui n'a pas besoin d'eau ? je suppose qu'ils le feraient, cela suppose des changements de structure complexes. Ils ont sans doute des prêts en cours. Ils pourraient clore leur exploitation, vendre tout et s'inscrire comme demandeur d'emploi. Je n'en sais rien. Dans ces manifs, je ne vois que désespoir et jalousie, mais rien de constructif, c'est le moins qu'on puisse dire.
Qui donc a des solutions positives en ce cas ?

28plouki | 30 octobre 2022 à 11h18
 
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"Ils ont sans doute des prêts en cours"
Tout est là. Le système de l'agrobusiness, qui pèse sur toute l'agriculture, c'est de convaincre l'agriculteur de se "moderniser", et l'endetter. A partir de là il est coincé et se doit de surproduire pour honorer ses emprunts. A lui tous les risques, aux banques et aux vendeurs les bénéfices, sans parler du devenir de ce qu'il produit et vend à bas prix à des "pseudo-coopératives" qui sont des organismes de spéculation boursière dont les agriculteurs ne sont que la variable d'ajustement des bénéfices. D'où la colère de ceux qui ne veulent plus être victimes de ce système quasi-mafieux. Car pour ce qui est des irrigants intensifs (les céréal-killers), ils sont à la fois les promoteurs et les bénéficiaires, captant pour leurs seuls profits la ressource commune. Ce système a montré ses limites cet été, avec des milliers d'hectares de maïs secs sur pied. Pourquoi les avait-on malgré tout semés, sachant qu'il n'y avait pas d'eau au sortir de l'hiver? Crois-t-on pouvoir adapter le changement climatique aux pratiques actuelles? La réponse est ci-dessus : des emprunts à rembourser. Changer de pratiques agricoles, l'agro-business n'en veut pas. Car moins ou pas du tout de pesticides, d'intrants et de matériel de plus en plus monstrueux et onéreux, c'est moins de bénéfices pour ce système et ses filières. Et les débordements sont bien utiles et bien pratiques pour condamner et jeter le bébé avec l'eau du bain. Ouf! Il y a eu des débordements!

petite bête | 31 octobre 2022 à 09h47
 
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En effet, petite bête : l'agrobusiness, partie cachée de l'iceberg agricole, a de très gros intérêts à ce que ce système mortifère pour l'humain (paysans en tête) et la planète continue dans cette fois car c'est ainsi qu'il capte indirectement un maximum du montant des primes de la PAC perçues par les exploitations agricoles.
C'est principalement pour cette raison principale que la PAC est aussi difficile à réformer et qu'un très puissant lobby s'arcboute contre le Green Deal de l'UE et sa stratégie Farm to fork.
"Touche pas au grisbi, salope !" comme on dit chez Tontons flingueurs...

Pégase | 31 octobre 2022 à 10h57
 
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Chaque activité a ses contraintes, et la faire changer n'est pas simple. Vont-ils laisser les terres en jachère comme un de mes voisins ?
Comment reconvertir les jeunes des cités qui vivent bien dans l'illégalité?
Et comment reconvertir les usines de téléphonie, Matra Quimper, Philips Le Mans, etc... des 10.000 personnes d'un coup. Une usine qui ferme ça ne se voit pas trop, certes.
Alcatel, Moulinex ont fermé leur production d'un coup, sans me prévenir, direction Asie. Ma reconversion fut difficile...
Donc pour les agriculteurs, je ne sais pas. La PAC verse une aide quand ils font la jachère, sous condition. Le maïs est une industrie locale, comment la transformer positivement?
Les coupeurs de tuyaux ne sont pas la solution !

28plouki | 31 octobre 2022 à 11h02
 
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"voie" et non "fois". Mea culpa.

Pégase | 31 octobre 2022 à 11h02
 
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Le maïs n'est pas non plus la solution. Il y a d'autres cultures, telles le sorgho, qui peuvent contribuer à sortir les agriculteurs de l'impasse technique, financière et sociétale dans laquelle nombre d'entre eux se trouvent.
Sauf que, comme l'explique petite bête, le système de l'agrobusiness n'a surtout pas intérêt à ce que les exploitants agricoles sortent de sa domination totale. Tout est bon pour cela, désinformation et manipulations comprises.
Dans le cas présent des bassines, il lui faut absolument faire en sorte que ce soient les opposants à ce système mortifère qui endossent le mauvais rôle auprès d'une presse des 13 et 20h avide de raccourcis simplistes et d'images racoleuses, des naïfs et des décideurs politiques, trop heureux que pouvoir tirer sur l'ambulance. En cela, oui, "Ouf! Il y a eu des débordements!".
Mais nos décideurs auraient tort de balayer un fois de plus d'un revers de la main cette contestation sociétale et paysanne qui monte.

Pégase | 31 octobre 2022 à 11h20
 
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Il est vrai que, quand on voit ces grands jets d'eau en plein soleil, on a envie de les stopper.
Un voisin agriculteur qui a pris l'option de fabriquer des pâtes alimentaires avec son blé voit ces captages d'un mauvais oeil, il connaît le prix d'un forage.

28plouki | 31 octobre 2022 à 13h39
 
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Bonjour, je suis malheureusement d'accord avec vous tous. Par contre, je ne suis pas du même avis "conspirationniste" contre l'agro business. Si "l'agro business" existe, c'est bien parce que le consommateur le veut. Il veut des produit goûteux et pas chers, point à la ligne. Le reste, quoi qu'ils en disent à la télé, le consommateur s'en fout une fois au supermarché.
Tout le monde parle de l'inflation, mais les denrées alimentaires sont au plus bas niveau des prix depuis des décennies. Il suffit de comparer le % consacré aujourd'hui à 1960. Il n'y a pas photo! Mais PERSONNE dans les médias le fait....
Je me demande si la PAC n'est pas à l'origine du problème? Supprimons les subventions, laissons agir le marché, certains feront faillite, d'autres tireront leur épingle du jeu, et le consommateur payera plus cher pour des produits de qualité !
Non, je ne serais JAMAIS élu sur une telle plateforme. Mais il suffit de regarder du côté de la Nouvelle Zélande où des subventions n'existent pas. Cependant, ils ont un agneau de qualité d'un renommé mondial qui concurrence le nôtre !

Erikk | 02 novembre 2022 à 11h51
 
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Erikk :
"les denrées alimentaires sont au plus bas niveau des prix depuis des décennies."
Oui, sauf si on considère les coûts indirects de cette agriculture-là : coûts sur la santé, coûts sur l'environnement, gaspillage de ressources et d'énergie. Par exemple, si certains intrants ou pesticides sont taxés à "X" au kilo, il en coûte des milliers de " X " pour éliminer un kilo de ces molécules lorsqu'elles se retrouvent dans l'eau. Pour les producteurs de ces merveilles, il suffit d'être des deux côtés : on vend des polluants d'un côté et on vend de la dépollution de l'autre. En fait, cette nourriture à bas coût coûte une fortune à l'acheteur. On appelle cela, pudiquement, la "mutualisation". L'agro-business aime bien ce terme, surtout lorsqu'il ne paye pas d'impôts en France.
Pour ce qui est de la Nouvelle-Zélande il est dommage que vous n'ayez pas suivi les remarquables enquêtes sur la situation catastrophique des éleveurs, endettés bien au-delà de la valeur de leurs terres. De même, voire pire, en Australie.
Ceci étant, oui, la subvention a des effets extrêmement pervers lorsqu'elle induit des types de production et de rendement et non des résultats acceptables en matière d'environnement.

petite bête | 02 novembre 2022 à 14h53
 
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Ce n'est pas faux, la société de consommation productiviste est liée à cela.
Revenons à un monde de frugalité, une orange à Noël comme pour mon père, un modèle de vêtement pour tous... Peut-être ce qui nous arrivera demain.
Dans l'immédiat, ces grands bassins ne sont pas déraisonnés dans le cadre de l'économie actuelle, ils ont été validés. Contester la société de consommation est un luxe de privilégiés en fait, car c'est le rêve d'abondance.
Ces actions violentes sont peut-être prémonitoires, mais auront l'effet inverse, probablement.

28plouki | 02 novembre 2022 à 15h42
 
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Petite bête, il y a bien des dérives de la science, mais pas que.
Comme je l'ai déjà dit, je suis écolo depuis fort longtemps, cependant je ne suis pas pour une interdiction totale de toutes les pesticides. Ca serait de la pure folie. Certaines sont bien nécessaires, surtout des fongiques. Cela étant dit, l'utilisation doit être faite avec parcimonie, ce qui hélas, n'est pas le cas.
IDEM pour le nucléaire. Je ne suis pas contre. Cependant je suis contre le % dédié aujourd'hui. Je prône un mix.
Comme mot final, tout ce que fait la science n'est pas mauvaise. Au contraire. Vous serez bien content d'avoir recours au "méchants produits" de "industrie pharmaceutique" si vous aviez un cancer!
D'ailleurs, nous avons plus de chance d'en avoir, non à cause des pesticides, mais surtout à cause d'une espérance de vie bien supérieur à nos ancêtres. Et pourquoi? Grâce aux progrès de la science!
Voilà pour démontrer que je n'ai pas de biais. Cependant, je suis bien d'accord que les pratiques agricoles d'aujourd'hui sont lamentables et que les lobbies on main mise sur les agriculteurs et le gouvernement. Mais ceci ne veut pas dire que la totalité des molécules sur le marché doivent être retirés.

Erikk | 02 novembre 2022 à 16h30
 
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"D'ailleurs, nous avons plus de chance d'en avoir, non à cause des pesticides, mais surtout à cause d'une espérance de vie bien supérieur à nos ancêtres. Et pourquoi? Grâce aux progrès de la science!" : justement, Erikk, la science s'inquiète de l'abondance des polluants d'origine humaine dispersés partout, dont ceux issus des pesticides (dans l'eau que nous buvons, l'air que nous respirons et la nourriture que nous consommons). Voyez, par exemple (car la littérature médicale est de plus en plus fournie sur le sujet) à https://www.ligue-cancer.net/article/26533_les-pesticides-facteurs-de-risque-de-certains-cancers. Ou encore l'ANSES (https://www.anses.fr/fr/content/pesticides-les-cancers-de-la-prostate-reconnus-comme-maladie-professionnelle), qui finit par lever un voile pudique ; c'est tout dire !
Il est donc en effet urgent d'effectuer un salutaire tri dans les pesticides, en bannissant définitivement (en Europe et à l'exportation) les molécules ET les formulations présentant un danger évident.
Le gros hic, c'est que comme l'industrie a largement biaisé, si ce n'est maquillé, les effets toxiques réels de ses produits (cf les Monsanto papers), il est désormais difficile de lui faire confiance, ainsi que l'UE l'a benoîtement fait jusqu'à présent... L'agrochimie récolte donc logiquement les fruits de la méfiance des citoyens, si ce n'est de la défiance.
Il y a aussi tous les métabolites, largement inconnus et parfois bien plus toxiques et/ou rémanents.

Pégase | 02 novembre 2022 à 18h25
 
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La société de consommation est ainsi faite, chacun a le droit d'avoir le meilleur de la planète, le tout est de produire. Demandez aux requins ce qu'ils en pensent !

28plouki | 02 novembre 2022 à 20h09
 
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Erikk,
Où avez-vous vu ou lu que je serais "anti-science"? Simplement, le progrès ce n'est pas la consommation infinie de ressources finies. Vouloir consommer - et pour faire quoi? - plus d'eau qu'il n'en est de disponible, c'est en priver les autres. Et le fond du problème, c'est bien cela : l'agriculture intensive. Pour ce qui est des pesticides, on se demande - toutes choses égales par ailleurs - comment l'humanité a pu survivre durant des millénaires en se passant de la chimie, et comment de plus en plus d'agriculteurs s'en passent sans dommage. Mais il s'agit d'une autre agriculture, avec tout autant de modernité mais moins de machinisme et de saloperies. Et le dernier rapport de l'INRAE montre que ses rendements sont égaux voire supérieurs à ceux de l'agriculture industrielle, et sans ses effets délétères sur la santé. Pour ce qui est du cancer, merci, j'ai donné et remercie ma ville de s'être équipée du robot qui a effectué l'opération. D'après le ponte qui m'a suivi, mon cancer aurait été d'origine environnementale. Amusant...car mieux vaut en rire!

petite bête | 03 novembre 2022 à 09h53
 
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Comme me l'a indiqué le pharmacien, une bonne partie des agriculteurs de mon âge sont décédés ou en cours, ils manipulaient les produits sans précaution. Sur les emballages, il est bien indiqué : mortel.
Mais autrefois le vin bon marché était filtré avec des filtres en amiante... mauvais pour l'estomac! Et avant les eaux étaient souillées et les microbes, bactéries etc... les médecins ne se lavaient pas les mains! Plus on avance en technologie, plus il est difficile de comprendre les risques, d'autant plus qu'il y a un marché, une activité qui emploie des gens. On vit certes plus longtemps, certains vivent vraiment, d'autres moins.
Il suffit de voir l'état de la planète pour comprendre qu'il y a un côté obscur, et que ce n'est simple de trouver les solutions, que la science va apporter.
Notre psychologie est spécifique, les hommes et les femmes ont des fonctions différentes, on commence à comprendre tout cela mais ce n'est pas forcément joyeux.

28plouki | 03 novembre 2022 à 10h12
 
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Le système agro-industriel en place ne se soucie guère de la santé des agriculteurs ni du nombre de survivants à ses produits hautement toxiques, du moment que les hectares vacants sont immédiatement absorbés par les exploitations voisines, garantissant ainsi le "ruissellement" de la rente des primes PAC, un accroissement de la consommation d'intrants de synthèse et un machinisme agricole toujours plus gros, synonyme de nouveaux emprunts auprès de la banque si bien implantée en milieu rural. Et on voit bien que les semenciers n'ont en rien renoncé à imposer, désormais en douce, leurs OGM.
Question côté obscur, c'est magistral !

Pégase | 03 novembre 2022 à 15h00
 
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Certes, c'est obscur. Etant dans cet environnement, je note que les agriculteurs céréaliers étaient auparavant des multi-fermiers avec cheptel, ils ont abandonné l'élevage et transformé et racheté les terres, ceux qui pouvaient, pour faire du blé, supprimer haies et clôtures, etc.. Ce sont désormais des industriels de la terre. Les autres restés fermiers survivent avec diverses solutions et moins de terre. Certains ont stoppé, loué leurs terres ou mis en jachère avec gain PAC.
Question: que faire pour diminuer les céréaliers et relancer les petits fermiers.
Je ne vois pas la solution. Pour les céréaliers, c'est plus de technologie, analyse satellite, automates, etc...

28plouki | 03 novembre 2022 à 16h48
 
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La semaine dernière j'ai assisté à une conférence animée par Florence Habets, Directrice de recherche au CNRS sur la ressource en eau et hydroclimatalogue. Elle disait largement la même chose qu'Hélène.
Mme Habets dit que les bassins ne posent pas de problème, c'est le nombre. Puis, elle disait que les calculs étaient faits de façon utopique au niveau de la recharge de la nappe. Pire, l'autorisation a été délivrée afin de pouvoir pomper la nappe à un très bas niveau. Or, il fallait d'abord travailler sur les cultures elles-mêmes, ainsi que les pratiques des agriculteurs. Visiblement, ceci n'a pas été fait et on va droit dans le mur dans peu de temps.

Erikk | 17 novembre 2022 à 16h53
 
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"Question: que faire pour diminuer les céréaliers et relancer les petits fermiers. " : changer en profondeur la PAC, 28plouki, rien que cela ! C'est un peu l'objectif du Green Deal de l'UE et de sa stratégie Farm to fork. Et c'est très exactement contre quoi se hérisse tout l'agrobusiness, qui dépend très fortement du "ruissellement" de la manne de la PAC, attribuée à l'hectare de cultures primées, donc céréales et oléoprotéagineux en tête, pour se goinfrer.
Les citoyens conscients des dérives de ce système industrialisé et financiarisé à outrance doivent donc se mobiliser via divers outils pour que l'UE ne cède pas.

Pégase | 17 novembre 2022 à 17h41
 
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Le hasard a voulu que le pédiatre conseille la campagne pour les enfants, mais pas la forêt. Nous avons trouvé une ancienne ferme entourée de haies. en quelques années les haies ont été arrachées et la région est devenue céréalière! Traitements, paysage modifié, petites inondations dues au remembrement supprimant les "vallées", les grands fossés reliées entre eux vers la rivière.
La PAC, on a les chiffres locaux c'est accès libre, on sait combien nos voisins reçoivent. Ils y a des contraintes mais ce sont des fonctionnaires de la terre ! Un peu comme les éoliennes avec les aides, tout cela est artificiel.
Quand à l'élevage, certains ont continué avec de gros troupeaux et une automatisation, fini les 365 jours an à la traite.
Les petits fermiers qui subsistent, ils vivent très "petit", en autarcie.

28plouki | 17 novembre 2022 à 19h29
 
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Comme je n'arrête pas de dire : LES GENS VEULENT TOUT PAS CHER !
Ils veulent le beurre et l'argent du beurre. Ils veulent bio, au prix de d'agro business. La seule manière est de légiférer, mais les lobbies sont puissants, et les politiques n'ont pas de c.........

Erikk | 18 novembre 2022 à 09h24
 
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Mon cher Erikk, ainsi va le monde. Chacun de nous veut vivre mieux, notre organisation politique est démocratique, 51% gagnent sur 49% et les décisions sont prises avec cette majorité. Les porteurs de mauvaises nouvelles n'ont pas la sympathie, les porteurs de rêve idéal ont plus de succès. Logique. C'est seulement après l'échec des solutions de rêve que le changement se fait, dans la douleur. vous ne sommes pas au bout de nos peines.

28plouki | 18 novembre 2022 à 09h41
 
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Je le sais très bien. Mon frère travaille dans le marketing, et sa réponse à ces questions est toujours la même :
"Le consommateur n'a qu'à voter avec son porte-monnaie !"

Erikk | 18 novembre 2022 à 10h05
 
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Certes, Erikk, mais le marketing n'est-il pas spécifiquement conçu pour orienter, si ce n'est radicalement modifier, ce vote du consommateur ?
Ainsi, les communicants de l'agrobusiness nous ont successivement pondu l'agriculture raisonnée (mais alors, existerait-il donc une agriculture non raisonnée, si ce n'est déraisonnable ?!), le zéro résidu de pesticides et la Haute Valeur Environnementale, dernier avatar fumeux dont le but fondamental est de semer chez le consommateur peu averti le doute vis-à-vis du label AB.

Pégase | 18 novembre 2022 à 10h29
 
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Je donne simplement un dicton du capitalisme.
"Le consommateur vote avec son porte-monnaie."
Qui ne sait pas qu'il y ait des restes de pesticides ?
Cependant, au supermarché, une fois devant le rayon fruits et légumes, la grande majorité de consommateurs prend le moins cher. Ceci n'a rien à voir avec le marketing, les lobbies, etc. Je n'ai pas le temps à perdre, mais il y a beaucoup d'études socio -psychologiques dans ce domaine, et le résultat est toujours le même.
L'humain n'est pas logique.
Bien sûr, la grande distribution et les corporations sont bien au courant de tout cela et en profitent pleinement. C'est pour cela que la seule solution reste la législation.
Et c'est là où ça se complique.....

Erikk | 18 novembre 2022 à 10h42
 
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Grand débat, mais en fait l'humain est logique, comme tout, et certains l'ont bien compris qui utilisent les réseaux sociaux pour influer sur les élections. Et c'est le souci, une tonne de raisonnements rationnels ne feront pas le poids contre la diffusion d'un sentiment de peur.

28plouki | 18 novembre 2022 à 11h01
 
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L'humain est illogique, mais se croit logique. Il y a des dizaines, voire des centaines de livres et d'études à ce sujet. Nous sommes TOUS illogiques, même les chercheurs dans le sujet !
Il n'y a pas une seule personne sans biais qui répond dans ce forum, y compris moi-même. Une fois qu'on a appris ceci, on peut agir de façon plus appropriée aux défis.

Erikk | 18 novembre 2022 à 11h06
 
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Je suis en train de lire "L'Enigme de la Raison".
Sinon, le sociologue français Gerald Bronner n'est pas mal. Je recommande "La Démocratie des Crédules". Ses autres livres tournent un peu en rond.

Erikk | 18 novembre 2022 à 11h08
 
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Je me méfie des gens qui luttent contre "le système" sans nuances si ce n'est qu'ils veulent en imposer un autre, de "système", idéal selon eux.
Le meilleur "système", c'est quand il n'y en a pas est que c'est la liberté qui est respectée, ainsi que le droit qui, en nos contrées n'est certes pas parfait mais au minimum démocratique. Pourvu que ça dure et qu'on évite les donneurs de leçons pour écrire les lois selon leurs "vertus" autoproclamées.
Quant au "bio" qui ne vit que par le dénigrement du conventionnel (en France, l'alimentation est parmi les plus sûres et surveillées au monde), ça commence à se voir l'arnaque. Les gens ne sont pas si cons.
Allez, bon week-end et bon courage aux agriculteurs !

Albatros | 18 novembre 2022 à 17h29
 
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Selon la définition qu'en donne Philippe Meyer, le marketing est une sorte une sociologie vénale : l'étude de ce dont vous n'avez pas besoin et qu'on pourrait quand même vous vendre.

petite bête | 18 novembre 2022 à 18h35
 
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Affirmer et surtout démontrer par toutes les études scientifiques fort nombreuses que l'agriculture productiviste ruine et pollue les sols et qu'elle empoisonne l'air et l'eau, c'est très effectivement attaquer le conventionnel. Mais les agriculteurs bio ne font que promouvoir un autre système, qui apparaît de plus en plus comme tout aussi performant sinon plus que l'industriel, et infiniment moins dommageable pour les populations comme pour le portefeuille du citoyen, lequel paye à l'heure actuelle cette nourriture "pas cher" sur les étals et les rayons, mais coûte une fortune en externalités de pollutions diverses et de santé altérée, sans même évoquer la perte de biodiversité qui risque, elle, d'être dramatique dans ses effets indirects sur l'espèce humaine. Il est vrai que les entreprises qui vendent de la pollution d'un côté et du traitement des pollutions de l'autre, cela fait marcher le commerce. C'est comme d'avoir des maladies ou des accidents de voiture : cela génère de l'activité économique.

petite bête | 19 novembre 2022 à 10h46
 
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Désolé petite bête, mais je ne suis d'accord pour mettre autant de "fautes" sur l'agriculture productiviste, et oui, qq part je rejoins Albatros.
Comme je vous ai démontrés que je chat domestique est beaucoup plus dévastateur sur la population aviaire que les éoliennes, il faudrait démontrer que l'agriculture "conventionnelle" soit plus dommageable sur la biodiversité que....les lotissements qui paraissent partout en France, les autouroutes avec leurs barrières et les dizaines de milliers de km de routes, beaucoup avec des barrières de sécurité infranchissable pour la majorité de la faune non volante.
Je suis d'avis que nous montrons beaucoup trop du doigt certaines populations (agriculteurs), que d'autres faits, où malheureusement nous sommes tous complices, et où l'impact est aussi fort, sinon plus fort. Mais ceci nécessiterait un changement radical de toutes nos pratiques et tous nos comportements. C'est beaucoup plus facile de désigner "un groupe" qui est dissocié de nous, et qui donc n'altère pas nos propres comportements.
Oui, je suis l'avocat du diable par excellence !

Erikk | 21 novembre 2022 à 09h45
 
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Il me semble que le sujet du blog est consacré aux "bassines" et en règle générale à la captation de l'eau par une minorité d'agriculteurs intensifs. Et on ne peut excuser une pollution par une autre, si réelle soit-elle et elle l'est effectivement. Dans le domaine de la pollution ou de la captation des ressources par des minorités, les négativités ne s'annihilent pas mais se cumulent. "C'est pas moi c'est l'autre"? Non, c'est les deux. Cela fait penser à ceux qui en matière de poissons migrateurs amphihalins justifient leurs barrages non-équipés par les "bouchons vaseux" des estuaires. Cela s'appelle "botter en touche", éternel système de la machine à fabriquer du doute.
D'autres part il n'y a pas LES agriculteurs mais DES agriculteurs tout comme il y a DES agricultures, fort différentes. Entre les Céréal-killers qui déclarent eux-mêmes et j'en ai été témoin qu'ils ne connaissent que trois saison : Mer-Montagne-Moissons, et des éleveurs de zones montagneuses se déclinent toutes les facettes de l'agriculture. On en revient toujours au paradigme : par qui? Pour qui? A quel prix global pour le citoyen?
Toute la science démontre l'inanité de ses bassines, inefficaces même pour le but qu'elle sont censées poursuivre.

petite bête | 21 novembre 2022 à 10h16
 
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@ Erikk : quand vous écrivez que "nous montrons beaucoup trop du doigt certaines populations (agriculteurs), que d'autres faits, où malheureusement nous sommes tous complices, et où l'impact est aussi fort, sinon plus fort", vous commettez, sans doute involontairement, une double erreur à mes yeux :
- d'une part, bien des contributeurs - dont je suis - aux forums d'AE témoignent de leur attachement à ce que l'ensemble des activités humaines, dont l'agriculture (les agricultures, devrais-je dire - cf ci-dessous), s'engage enfin dans une voie respectueuse de la planète, tout simplement parce qu'il en va de notre survie collective (nul prophétie de malheur en cela, les faits sont hélas largement documentés et de mieux en mieux établis scientifiquement et économiquement, du moins pour qui veut bien regarder objectivement le sujet...),
- en évoquant indistinctement le "groupe" des "agriculteurs", je crains fort que vous ne tombiez dans le piège tendu par ceux qui ont tout intérêt à ce que les décideurs et le public croient qu'il n'existe qu'un seul modèle de production agricole, l'intensif et tout chimique, broyeur du vivant, biodiversité comme paysannerie. La grande majorité des agriculteurs bio, dont parle petite bête, a une approche radicalement différente de l'agriculture, est bien plus pointue techniquement que les conventionnels (impossibilité de se rattraper grâce à tout un panel de pesticides de synthèse) et cherche à faire alliance avec le vivant plutôt qu'à le détruire.

Pégase | 21 novembre 2022 à 10h30
 
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En bref il ne s'agit pas de montrer du doigt LES agriculteurs, mais bien de désigner DES agriculteurs, minoritaires mais puissants et soutenus par tout le système de l'agriculture industrielle, dans laquelle le machinisme, les intrants et produits de synthèse, les coopératives (sic) ont un poids financier (dans le sens spéculatif du terme) bien plus important que le revenu de l'agriculteur moyen. Comment qualifie-t-on un pays dans lequel un "parti" a 100% des sièges de représentation comme c'est le cas de la FNSEA ? Les agriculteurs sont devenus pour l'immense majorité d'entre eux des "sous-traitants" de l'agro-industrie, dont ils sont la variable d'ajustement des bénéfices.

petite bête | 21 novembre 2022 à 10h34
 
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Bravo, je suis d'accord avec vous ! Je m'incline devant la Raison !

Erikk | 21 novembre 2022 à 10h49
 
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